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Ecriture : Mémoires d’un métier de Stephen King

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« Ce livre n’est pas bien long, pour la simple raison que la plupart des livres qui parlent d’écriture sont pleins de conneries. Les romanciers, moi y compris, ne comprennent pas très bien ce qu’ils font, ni pourquoi ça marche quand c’est bon, ni pourquoi ça ne marche pas quand ça ne l’est pas. J’imagine qu’il y aura d’autant moins de conneries ici que le livre sera court ».

 

 

J’aime Stephen King… découvert par hasard, il y a bien longtemps maintenant, avec Simetierre… je ne savais pas à quel genre de littérature je m’attaquais… je l’aurais su, je n’aurais peut être pas tenté l’expérience… en tout cas, cela m’a plu et j’ai récidivé. Quand il est venu récemment en tournée pour la première fois en France, François Busnel et la Grande Librairie sur France 5 lui ont consacré une émission spéciale. Interview d’une heure que j’ai beaucoup appréciée. Il m’est apparu un homme simple qui n’avait pas pris la grosse tête, malgré tous les livres vendus, qui aimait ce qu’il faisait et qui en parlait bien, avec simplicité, sincérité et enthousiasme. C’est lors de cette émission que j’ai entendu parler pour la 1ère fois de ce livre « Ecriture : Mémoires d’un métier »… Et comme j’ai toujours aimé lire, et écrire m’a toujours un peu titillé… je me suis promis de le lire. C’est chose faite et j’ai beaucoup aimé. J’y ai retrouvé la personnalité fort sympathique et sincère de Stephen King… La première partie du livre est un peu comme une « autobiographie » car il nous parle de son enfance, de son adolescence et de sa vie de jeune marié puis de jeune père de famille… et surtout de ses liens à la lecture et à l’écriture. Les tout débuts, puis enfin la « réussite ». C’est savoureux, intéressant, drôle parfois, tendre aussi… je me suis régalée. Bien sûr, je n’ai pas le même âge que lui, et je suis française… certaines références m’ont manqué… pas grave, il fait revivre une Amérique des années 50-60-70 et c’est chouette. Toute la 2e partie, il s’applique à donner des éléments pour pouvoir s’essayer à l’écriture. Il nous livre son expérience, les règles qu’il en a tirées et ce qui marche pour lui. C’est passionnant. Et à la fin, il nous parle d’un accident très grave qui aurait pu lui coûter la vie qui s’est déroulé lors de l’écriture de ce livre… comment il a repris l’écriture, ce que ça lui a apporté…

Oui un livre sincère, intéressant, passionnant…. à lire pour ceux qui aiment Stephen King et ceux qui désirent écrire. Mais pas seulement, pour ceux aussi qui aiment la lecture… et nous sommes nombreux ! Bonne découverte.

 

 

« Finalement, je montrai l’un de ces plagiats hybrides à ma mère et elle en fut charmée ; je me souviens de son sourire teinté de stupéfaction, comme si elle avait du mal à croire qu’un de ses enfants puisse être aussi intelligent – un véritable petit prodige, en vérité. Jamais je ne lui avais vu cette expression auparavant ; en tout cas, pas suscitée par moi. J’en étais absolument ravi.

Elle me demanda si j’avais inventé cette histoire tout seul, et je fus obligé d’admettre que, pour l’essentiel, je l’avais trouvée dans une de mes bandes dessinées. Elle parut déçue, ce qui fit s’évaporer une bonne partie de mon plaisir. Finalement, elle me rendit mon cahier. « Écris ta propre histoire, Stevie, me dit-elle. Ces Combat Casey ne valent rien. Il est toujours en train de faire cracher ses dents à quelqu’un. Je parie que tu peux faire mieux. Inventes-en une toi-même. »

Je me souviens d’un fabuleux sentiment de possibilité à cette idée, comme si l’on venait de m’introduire dans un vaste bâtiment rempli de portes fermées en m’autorisant à ouvrir n’importe laquelle. Il y avait plus de portes à pousser qu’on ne pouvait en franchir au cours de toute une vie – voilà ce que je me dis, et voilà ce que je pense toujours ».

 

 

Résumé éditeur :

Quand Stephen King se décide à écrire sur son métier et sur sa vie, un brutal accident de la route met en péril l’un et l’autre. Durant sa convalescence, le romancier découvre les liens toujours plus forts entre l’écriture et la vie. Résultat: ce livre hors norme et génial, tout à la fois essai sur la création littéraire et récit autobiographique. Mais plus encore révélation de cette alchimie qu’est l’inspiration. Une fois encore Stephen King montre qu’il est bien plus qu’un maître du thriller: un immense écrivain. La vie n’est pas faite pour soutenir l’art. C est tout le contraire.

 

 

« C’est ma femme qui fit toute la différence pendant les deux années où j’enseignai à Hampden (et où je lavai des draps à la blanchisserie New Franklin pendant les vacances d’été). Si elle avait un instant laissé entendre que je perdais mon temps, lorsque j’écrivais mes petites histoires dans notre maison louée de Pond Street, ou dans la lingerie de notre caravane de location de Klatt Road à Hermon, je crois que j’aurais perdu une bonne partie du cœur que je mettais à l’ouvrage. Mais Tabby n’a jamais manifesté le moindre doute. Son soutien a été constant, est resté l’une des rares bonnes choses sur lesquelles je pouvais toujours compter. Et, chaque fois que je vois un premier roman dédié à une épouse (ou un mari), je souris et je pense : Il y a une personne qui sait. Écrire est un boulot solitaire. Avoir quelqu’un qui croit en vous fait une sacrée différence. Ce quelqu’un n’a pas besoin de faire de discours. Qu’il croie en vous est en général suffisant ».

 

 

Lien vers la fiche du livre sur Babélio

http://www.babelio.com/livres/King-Ecriture–Memoires-dun-metier/12274

 

 

« Ce livre doit paraître, selon ce qui a été prévu, en l’an 2000, à la fin de l’été ou au début de l’automne. Si les choses se sont bien passées, vous êtes quelque part plus loin que moi dans le flot du temps… mais vraisemblablement, dans votre propre lieu pour voir loin, celui où vous allez pour recevoir les messages télépathiques. Non pas que vous ayez besoin d’y être réellement ; les livres sont des instruments de magie portables qui n’ont pas leur pareil ».

 

 

« Si vous voulez devenir écrivain, il y a avant tout deux choses que vous devez impérativement faire : lire beaucoup et beaucoup écrire. Il n’existe aucun moyen de ne pas en passer par là, aucun raccourci ».

 

 

« Si « Lis beaucoup, écris beaucoup » est le Commandement Suprême (et je vous assure qu’il l’est) que veut dire, en pratique, écrire beaucoup ?

la réponse varie, bien entendu, en fonction des auteurs. L’une de mes histoires préférées sur le sujet, qui relève sans doute du mythe, concerne James Joyce. Un ami venu lui rendre visite un jour aurait trouvé le grand homme vautré sur sa table de travail, au comble du désespoir.

– Qu’est-ce qui ne va pas James ? demanda l’ami. C’est le travail ?

Joyce hocha la tête sans même lever les yeux sur son ami. Bien entendu, c’était son travail, n’était-ce pas toujours son travail ?

– Combien de mots as-tu écrits aujourd’hui ? voulut savoir l’ami.

Joyce, toujours désespéré, toujours le nez dans ses feuilles :

– Sept…

– Sept ? Mais voyons James, c’est bien, au moins pour toi !

– Oui, répondit Joyce, relevant enfin la tête, je suppose… Mais je ne sais pas dans quel ordre les mettre ! »

 

 

« Je sors de la classe moyenne inférieure américaine, et c’est à elle qu’appartiennent les personnes dont je peux parler avec le plus d’honnêteté, car ce sont celles que je connais le mieux. Ce qui veut dire qu’ils disent plus souvent merde que flûte quand ils se tapent sur les doigts, mais ça ne me tracasse pas beaucoup. En vérité, ça ne m’a jamais vraiment tracassé ».

 

 

« Nous avons été élevés dans des religions différentes ; mais en tant que féministe, Tabitha n’a jamais été une catholique acharnée, car ce sont les hommes qui édictent les règles chez les catholiques et les femmes qui lavent les sous-vêtements ».

 

 

« Les écrivains consommant des drogues ne sont ni plus ni moins que des consommateurs de drogue – des ivrognes et des drogués de la variété courante, en d’autres termes. Prétendre que les drogues et l’alcool sont nécessaires pour atténuer les effets d’une sensibilité exacerbée, c’est avancer un ramassis de conneries simplement pour se justifier ».

 

 

« Écrivez ce que vous avez envie d’écrire, insufflez-y de la vie et rendez votre texte unique en y mêlant ce que vous savez de l’existence, de l’amitié, des relations humaines, du sexe, du travail ».

 

 

« Ce qu’il faut avant tout se rappeler à propos du contexte peut se résumer ainsi : (a) tout le monde a une histoire, et (b) elle est pour l’essentiel sans intérêt. Tenez-vous-en aux parties intéressantes, ne vous laissez pas entraîner par le reste. Les « histoires de ma vie » qui n’en finissent pas, c’est aux barmans qu’on les raconte, et seulement une heure ou deux avant la fermeture. Et si vous consommez ».

 

 

« La télé arriva donc relativement tard chez les King, et j’en suis content. Je fais partie, si l’on y réfléchit, d’un groupe passablement restreint : la dernière poignée d’écrivains américains qui ont appris à lire et à écrire avant d’apprendre à ingurgiter leur portion quotidienne de vidéo-conneries ».

 

 

« Il n’est pas incongru de se demander si Paul Sheldon, dans Misery, ne serait pas moi. Certaines parties du personnage le sont… mais si vous continuez à écrire de la fiction, je crois que vous vous rendrez compte que tous les personnages que vous créerez sont un peu vous-même. Lorsque vous vous demandez ce que tel ou tel personnage va faire, dans une situation donnée, vous décidez en fonction de ce que vous feriez (ou au contraire ne feriez pas, dans le cas où ce personnage est le méchant). En plus de ces versions de vous-même, il y a les traits, agréables ou pas, propres au personnage, que vous avez observés chez les autres (le type qui se cure le nez quand il croit ne pas être vu, par exemple). Il y a aussi un merveilleux troisième élément : l’imagination pure. C’est elle qui m’a permis d’être l’infirmière psychotique, le temps que j’écrive Misery. Dans l’ensemble, être Annie Wilkes n’a pas été dur. C’était même assez rigolo. Incarner Paul a été plus difficile, je crois. Il était sain d’esprit, je le suis aussi, pas de quoi en faire des tartines ».

 

 

« L’écriture ne m’a pas sauvé la vie – c’est au talent du Dr David Brown et à la sollicitude aimante de ma femme que je la dois –, mais elle a continué à faire ce qu’elle avait toujours fait pour moi : rendre ma vie plus lumineuse et plus agréable.

Écrire n’a rien à voir avec gagner de l’argent, devenir célèbre, draguer les filles ou se faire des amis. En fin de compte, écrire revient à enrichir la vie de ceux qui liront vos ouvrages, mais aussi à enrichir votre propre vie. C’est se tenir debout, aller mieux, surmonter les difficultés. Et faire qu’on soit heureux, d’accord ? Oui, faire qu’on soit heureux ».

 

 

« Écrire est magique, écrire est l’eau de la vie au même titre que n’importe quel art. L’eau est gratuite. Alors, buvez. Buvez, buvez à satiété ».

Billet réalisé le 13 décembre 2014

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