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Les hauts murs, livre et film

les hauts murs

« Ici, les traits paraissaient burinés par la misère et le vice. Même ceux qui n’avaient pas le crâne tondu n’offraient guère un meilleur aspect ».

J’ai envie aujourd’hui de vous parler d’un film vu hier soir, tiré d’un livre autobiographique de l’écrivain Auguste Le Breton « Les hauts murs ». Ce livre que j’imagine bouleversant au vu du film, raconte son enfance d’orphelin de guerre au moment de ses 14 ans. Il raconte la suite dans « La loi des rues ».

« Auguste Montfort, dit Le Breton, est un écrivain né le 18 février 1913 à Lesneven et mort le 31 mai 1999 à Saint-Germain-en-Laye. Après une jeunesse qui faillit mal tourner, il se ressaisit et entame avec succès une carrière d’écrivain. Il est célèbre pour avoir inventé en littérature le mot « rififi ». Auteur prolifique de romans policiers, il a par ailleurs, écrit des ouvrages sur l’argot. Plusieurs de ses livres ont fait l’objet d’une adaptation cinématographique, en grande partie, dans les années 1950 et les années 1960 au cinéma français ».
Wikipédia

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Lien d’Auguste Le Breton sur Babélio
http://www.babelio.com/auteur/Auguste-Le-Breton/72433


« Les hauts murs », drame de Christian Faure réalisé en 2008 avec (tous les comédiens sont excellents !) :
Emile Berling, Rôle : Yves Tréguier
Julien Bouanich, Rôle : Fil de Fer
Guillaume Gouix, Rôle : Blondeau
Anthony Decadi, Rôle : Molina
Carole Bouquet, Rôle : La mère de Fil de Fer
Catherine Jacob, Rôle : La directrice
Michel Jonasz, Rôle : Le directeur
Pascal N’Zonzi, Rôle : Oudie
François Damiens, Rôle : Le Surveillant chef
et beaucoup d’autres…. oui tous excellents !

les hauts murs yves
Synopsis :
Pour Yves Treguier (Auguste Le Breton), orphelin âgé de quatorze ans, la France des années 30 est celle des maisons de correction, qui ont tout du bagne pour mineurs. A peine placé dans l’une de ces « maisons d’éducation surveillée », bâtisse austère entourée de hauts murs, Yves, roi de la fugue et rêveur éternel, n’a qu’une idée en tête : en sortir, rejoindre un port et embarquer pour New York…

Bande annonce :
https://www.youtube.com/watch?v=HmD46qIxgP0

Quand on regarde le film, c’est effrayant de penser que cela s’est réellement déroulé ainsi pour de nombreux enfants, adolescents, en France… Le film sonne juste, rien dans l’excès mais la violence est là, et on se dit que ces gardiens, je ne peux pas les appeler autrement, n’avaient vraiment rien compris aux mots éducation, respect, pédagogie…. On sent vraiment que la France, l’Etat se débarrasse de ses enfants et ne veut absolument plus rien en savoir.
Ces lieux s’appellent des Centres d’Éducation surveillée, à l’époque endroits implacables, juste avant les colonies pénitentiaires.
La cruauté, une discipline de fer, exagérée, la violence, la promiscuité, tout cela règne en maître.

Apparemment, un audit fait en 1930 a beaucoup apporté au réalisateur pour planter ses décors :

« Les Maisons d’Education surveillée ont été transformées ou rasées, mais en 1930, une sorte d’audit a été commandée pour faire le point sur ces établissements. Grâce à ce document, Christian Faure et son équipe ont pu bénéficier de 200 photos d’archives, prises sur cinq maisons différentes, qui leur ont servi pour les décors et les costumes».
Allociné

C’est aussi la vie en collectivité, exclusivement masculine, le passage de l’enfance à l’adolescence… c’est très bien filmé, sans édulcorant, version beaucoup plus rude des Choristes !

les hauts murs 3

La représentation de la violence :

« Christian Faure a porté un soin particulier à la représentation de la violence dans le film. « Je ne voulais surtout pas d’une violence chorégraphiée, confie-t-il. En revanche, il était très important pour moi que quand les gamins se prennent des coups, il y a ait du sang et des marques. Trop souvent dans les films, les coups sont banalisés comme dans un jeu vidéo. (…) il était important pour moi de ne pas faire l’impasse. A ne pas montrer, on prend le risque d’édulcorer, mais à trop montrer, on peut provoquer le rejet. » »
Allociné

Je vous mets quelques extraits d’une critique du film lors de sa sortie du Figaro que vous pouvez lire ici en entier :
« L’enfance trahie d’Auguste Le Breton »
http://www.lefigaro.fr/cinema/2008/05/02/03002-20080502ARTFIG00278-l-enfance-trahie-d-auguste-le-breton.php

« Algoud est un pédagogue aux antipodes des terribles gardes-chiourmes qui encadrent les enfants des Hauts Murs. C’est sans doute pourquoi le producteur Jean Nainchrik a fait appel à lui pour écrire le scénario de ce film, mis en scène par Christian Faure d’après le roman autobiographique d’Auguste Le Breton. Ils ont le même sens de l’injustice faite aux enfants privés d’amour et d’éducation. Scandale d’autant plus grand, dans Les Hauts Murs, que le jeune héros, Yves Tréguier (Émile Berling), orphelin de guerre, est enfermé dans une maison de correction simplement parce qu’on ne sait que faire de lui, dans des conditions si dures qu’elles ne peuvent que provoquer la révolte ou le désespoir, avec la violence pour seul horizon ».

« Au lendemain de la guerre de 1914-1918, il y avait quelque huit cent mille orphelins, que la patrie reconnaissante du sacrifice de leurs pères promettait avec lyrisme de prendre en charge, rappelle Albert Algoud. Et puis, le temps passant, les crédits s’épuisant, on les a abandonnés dans des orphelinats sinistres. Ceux qui s’en échappaient, et qu’on rattrapait presque toujours, se retrouvaient pratiquement dans des antichambres du bagne. »

les hauts murs 2

« Tous sont confrontés à la violence physique et morale. « Il fallait montrer cette violence frontalement, mais sans voyeurisme : moins les coups que les blessures qu’ils laissent, et qui ne sont pas anodines. Et il fallait montrer non seulement la violence du système mais celle des adolescents entre eux, conséquence du manque d’amour. Tout le film est une histoire d’amour à l’envers. C’est le désert de l’amour ». »
« En contrepoint, le scénariste a disséminé de légers indices (le piano en papier sur lequel joue Fil de fer, l’atlas d’Yves Tréguier, la référence à Monte-Cristo) qui suggèrent le rôle salvateur de l’art et de la culture dont sont privés ces exclus. Auguste Le Breton, lui, s’est réellement sorti des bas-fonds auxquels il était condamné grâce à l’écriture ».

Il fallait que je vous propose absolument un extrait de ce film, et je suis heureuse qu’il existe ou Fil de fer clame que les enfants ne naissent pas criminels, et ont tous droit à une éducation, à l’amour et au respect…. c’est fort, si vrai, si terrible…. et tellement nié en ces lieux.

http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=18812828&cfilm=109604.html

les hauts murs 4
Bref vous l’aurez compris, ce film m’a bouleversé, m’a chamboulé…. si vous en avez l’occasion visionnez le… trop peu de pub a été faite je trouve lors de sa sortie… ou lisez Auguste Le Breton, que moi-même je vais essayer de faire….


Trouvé sur Babélio sur la fiche du livre qui va si bien avec !

 

« Chasse à l’enfant » Poème de Jacques Prévert écrit en 1938, lors de la révolte des pensionnaires du bagne pour enfants à Belle-Ile-en-Mer

 

Bandit ! Voyou ! Voleur ! Chenapan !

 

Au-dessus de l’île on voit des oiseaux

Tout autour de l’île il y a de l’eau

 

Bandit ! Voyou ! Voleur ! Chenapan !

 

Qu’est-ce que c’est que ces hurlements ?

 

Bandit ! Voyou ! Voyou ! Chenapan !

 

C’est la meute des honnêtes gens

Qui fait la chasse à l’enfant

 

Il avait dit « J’en ai assez de la maison de redressement »

Et les gardiens, à coup de clefs, lui avaient brisé les dents

Et puis, ils l’avaient laissé étendu sur le ciment

 

Bandit ! Voyou ! Voleur ! Chenapan !

 

Maintenant, il s’est sauvé

Et comme une bête traquée

Il galope dans la nuit

Et tous galopent après lui

Les gendarmes, les touristes, les rentiers, les artistes

 

Bandit ! Voyou ! Voleur ! Chenapan !

 

C’est la meute des honnêtes gens

Qui fait la chasse à l’enfant

Pour chasser l’enfant, pas besoin de permis

Tous les braves gens s’y sont mis

Qui est-ce qui nage dans la nuit ?

Quels sont ces éclairs, ces bruits ?

C’est un enfant qui s’enfuit

On tire sur lui à coups de fusil

 

Bandit ! Voyou ! Voleur ! Chenapan !

 

Tous ces messieurs sur le rivage

Sont bredouilles et verts de rage

 

Bandit ! Voyou ! Voleur ! Chenapan !

 

Rejoindras-tu le continent ? Rejoindras-tu le continent !

 

Au-dessus de l’île On voit des oiseaux

Tout autour de l’île il y a de l’eau

2 commentaires sur “Les hauts murs, livre et film

  1. pachrimaco
    10 mai 2015

    bonjour du dimanche .. ça me plairait je pense .. à voir ! bizz ma douce

    J'aime

    • Lilou
      10 mai 2015

      bonjour ma Pascalou, oui un film à voir, même si dur, mais si vrai ! j’ai beaucoup aimé même si très émue…. gros bisous

      Aimé par 1 personne

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