Ma passion les livres

Partage de mes lectures

La confession de la lionne de Mia Couto

Confession-de-la-lionne-HD

 

 

« Préférer n’était pas un verbe fait pour elle. Comment peut-on préférer quand on a jamais appris à vouloir ? »

 

 

Logo-Métailié

Résumé éditeur :

Lorsque le chasseur Arcanjo Baleiro arrive à Kulumani pour tuer les lions mangeurs d’hommes qui ravagent la région, il se trouve pris dans des relations complexes et énigmatiques, où se mêlent faits, légendes et mythes. Une jeune femme du village, Mariamar, a sa théorie sur l’origine et la nature des attaques des bêtes. Sa sœur, Silência, en a été la dernière victime. L’aventure est racontée par ces deux voix, le chasseur et la jeune fille, au fil des pages on découvre leurs histoires respectives. La rencontre avec les bêtes sauvages amène tous les personnages à se confronter avec eux-mêmes, avec leurs fantasmes et leurs fautes. La crise met à nu les contradictions de la communauté, les rapports de pouvoir, tout autant que la force, parfois libératrice, parfois oppressive, de leurs traditions et de leurs croyances. L’auteur a vécu cette situation de très près lors d’un de ses chantiers. Ses fréquentes visites sur le théâtre du drame lui ont suggéré l’histoire inspirée de faits et de personnages réels qu’il rapporte ici. Clair, rapide, déconcertant, Mia Couto montre à travers ses personnages forts et complexes la domination impitoyable sur les femmes, la misère des hommes, la dureté de la pénurie et des paysages. Un grand roman dans la lignée de L’Accordeur de silences.

 

 

 

« Je n’ai jamais aimé les aéroports. Tellement bondés, tellement vides. Je préfère les gares où il reste du temps pour les larmes et agiter les mouchoirs. Les trains démarrent lentement, en soupirant, en regrettant de partir. L’avion a des hâtes qui ne sont pas humaines ».

 

 

1146591_632442276790373_1634417746_n

Cela fait un moment que j’avais repéré ce livre…. D’une part j’avais lu de bonnes critiques le concernant, et puis je dois l’avouer, la page de couv me plaisait beaucoup ! ce beau profil de lionne majestueuse m’attirait… Donc me voilà partie pour le Mozambique (j’ai dû prendre une carte pour voir où cela se situe), plongée dans un récit qui flirte allégrement entre divers mondes, la réalité (si peu), les rêves, les cauchemars, le monde des légendes, des esprits, des traditions… et tout cela s’entremêle, pour ne faire qu’un et il est parfois difficile de tirer le fil pour comprendre… Un village, Kulumani, loin des villes et loin des hommes, est la proie de lions mangeurs d’hommes et surtout de femmes. La dernière victime est Silência, la sœur de Mariamar qui est l’une des deux voix qui nous racontent les évènements et l’histoire de cette région. L’autre voix est celle du chasseur qui vient débarrasser le village de ces lions, le chasseur Arcanjo Baleiro. Ce sera pour lui sa dernière chasse, il l’a décidé. Il est déjà venu à Kulumani, 16 ans plus tôt pour tuer un crocodile. Mariamar et lui s’étaient alors rencontrés et brièvement « aimés » puis chacun a suivi son chemin. Tout le récit est dans le domaine de l’étrange, dans les personnalités bien particulières des protagonistes… et sur les traditions, les conditions désastreuses des femmes… Contrairement à ce que je m’attendais, on parle des lions bien sûr mais finalement on ne les voit quasi jamais… Ils sont plus là, comme une menace, une peur… le mal est plutôt à l’intérieur du village, des hommes… Il faut s’habituer et persévérer au départ dans cette narration différente du linéaire, mais on finit par être happé par l’atmosphère bien particulière de Kulumani et on suit avec intérêt la vie de ce village.

 

 

 

« Les noms de mes sœurs défuntes se réverbèrent dans ce décor de brume. Je tremble de la tête aux pieds ; je venais de défier les préceptes sacrés : ne jamais prononcer le nom des morts. Attirés par l’appel de leurs noms, les défunts peuvent réapparaître dans le monde. Peut -être était-ce celle-là ma prétention secrète. Un élan désespéré me fait désobéir à nouveau :

– C’est moi, ma sœur, c’est moi, Mariamar ! »

 

 

url

Lien vers la fiche du livre sur Babélio

http://www.babelio.com/livres/Couto-La-confession-de-la-lionne/678293

 

 

 

« Personne plus que moi n’aimait les mots. Pourtant, en même temps, j’avais peur de l’écrit, j’avais peur d’être autre et d’être ensuite trop à l’étroit en moi-même. De la même manière que grand-père sculptait des bois en cachette, je gardais une mission secrète. Le mot dessiné sur le papier était mon masque, mon amulette, ma potion ».

 

 

 

« Elle retraça ce qui était arrivé : par mégarde l’employée avait traversé le mvera, le campement des rites d’initiation pour jeunes hommes. L’endroit est sacré et il est expressément interdit à une femme de pénétrer dans ce territoire. Tandi a désobéi et a été punie : tous les hommes ont abusé d’elle. Tous ont usé d’elle. La fille a été conduite au centre de santé local, mais l’infirmier a refusé de la soigner. Il avait peur des représailles. Les autorités du district ont reçu une plainte, ils n’ont rien fait. Qui à Kulumani a le courage de se dresser contre la tradition ?

Mon mari s’est tu. Même quand je l’ai menacé, il n’a rien fait…. »

 

 

 

« Je prodigue des amabilités :

Umumi ?

Nimumi, me répondent-ils joyeusement, étonnés de me voir les saluer en langue locale.

Ils sourient. Mais leur rire se noie aussitôt dans un regard inquiet. Ces hommes sont unis par une même fragilité. Pendant des siècles, ils ont existé en marge du monde. Aussi jugent-ils suspect le soudain intérêt pour leur souffrance. Ce soupçon explique la réaction d’un paysan quand Gustavo expose le but de l’entretien :

Vous voulez savoir comment on meurt ? Mais personne n’est jamais venu voir comment on vit ».

 

 

 

« Tu as entendu le tonnerre et tu penses déjà qu’il pleut, Mariamar ? Eh bien, il y a encore beaucoup de nœuds dans la corde du temps.

Je ne comprends pas, maman.

Je mentais. Je savais ce qu’elle suggérait. Les femmes de Kulumani, à chaque mois de grossesse, faisaient un nœud dans une corde qui est transmise de génération en génération.

Nous sommes femmes, dit-elle. Nous avons été faites pour dépasser la souffrance.

Après, plus un seul mot : qu’un sourire énigmatique, frôlant le dédain. Sans rien dire, ma mère ravivait la vieille blessure : j’étais sèche, mon aridité était incurable ».

 

2 commentaires sur “La confession de la lionne de Mia Couto

  1. pachrimaco
    7 décembre 2015

    tu voyages ma Véro .. et ça ne coûte pas cher ! biz et douce nuit

    Aimé par 1 personne

    • Lilou
      7 décembre 2015

      hé hé oui la lecture fait voyager ! c’est génial…. gros bisou Pascalou et bonne nuit

      Aimé par 1 personne

Votre commentaire

Choisissez une méthode de connexion pour poster votre commentaire:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.

Information

Cette entrée a été publiée le 7 décembre 2015 par dans roman, et est taguée , , , , , , .

je lis

%d blogueurs aiment cette page :