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Dictionnaire amoureux du Québec de Denise Bombardier

dictionnaire amoureux du Québec

 

 

« Les Québécois ne pensent pas comme les Français. Leur langue, plus directe, plus drue, plus brutale aussi, rend compte d’une autre éthique. La géographie modèle l’espace mental ; le français, barrière de protection, renvoie à une sensibilité de minoritaires. Les Québécois ne se caractérisent pas par leur arrogance, la prétention ou la supériorité. La spontanéité, une forme de naïveté, un enthousiasme bon enfant seraient plutôt leur lot. Ils « ne s’enfargent pas dans les franges du tapis », ce qui fait d’eux aux yeux des étrangers de curieux Nord-Américains ».

 

 

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Résumé éditeur :

Descendants des aventuriers français qui ont débarqué en Nouvelle-France au XVIe siècle, les Québécois ont dompté un pays de démesure, de froid et d’espace. Ni Français, ni Américains, plus tout à fait Canadiens, ils vivent au Canada et ont un esprit nord-américain, tout en restant très attachés à leurs racines, notamment grâce à leur langue, truffée de néologismes, d’anglicismes et d’ancien français. Défi permanent à l’uniformisation du continent nord-américain, ce peuple minoritaire a su faire preuve de modernité par ses réalisations politiques, économiques et culturelles. Avec ce dictionnaire amoureux, Denise Bombardier nous permet de mieux connaître ce pays tout en contrastes. Journaliste et écrivain, Denise Bombardier a publié La déroute des sexes (Seuil, 1993), Lettre ouverte aux Français qui se croient le nombril du monde(Albin Michel, 2000) et L’Anglais (Robert Laffont, 2012).

 

 

 

« A cette époque, dans les années cinquante, il n’était pas question de réduire la découverte de Cartier aux seules frontières du Québec. Les Français voyaient grand au XVIe siècle, et ils étaient catholiques, nous répétait-on en classe. D’ailleurs, Cartier ne s’était-il pas empressé, sitôt débarqué à Gaspé, à l’embouchure du Saint-Laurent, de planter une immense croix, signe de la prise de possession du territoire au nom du roi de France, François 1er ?

J’ai aimé Jacques Cartier comme on aime un grand-père qu’on n’a pas connu. Son portrait me plaisait. Il dégageait de la force, du courage, de la noblesse et de la gentillesse puisqu’il s’était fait l’ami des Iroquois dont le chef était Donnacona. Evidemment, l’on ne nous précisait pas que Donnacona enragea en découvrant la Croix et que Jacques Cartier du mentir en affirmant que celle-ci n’était qu’un point de repère pour les navires ».

 

 

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C’est un secret de polichinelle, je suis amoureuse du Québec ! Je ne pouvais qu’avoir très envie de lire ce « Dictionnaire amoureux du Québec » de Denise Bombardier. Et ce fut un régal… Je l’ai lu de bout en bout et j’ai apprécié chaque rubrique, j’ai beaucoup appris, mieux compris certaines choses… Vraiment une lecture passionnante et instructive.

Denise Bombardier (née le 18 janvier 1941 à Montréal au Québec, Canada) est journaliste, romancière, essayiste, productrice et animatrice de télévision. Elle décline au travers de sa propre histoire, de sa famille, de son métier, de ses passions, les différentes lettres de l’alphabets donnant autant d’explications que d’histoires, d’analyses de la vie québécoise, de son histoire, de ses habitants… Cela donne beaucoup d’humanité et d’humour et de passion à ces chapitres qui se lisent comme un roman. Je n’avais pas envie de lâcher ce dictionnaire. Il est plaisant d’apprendre ainsi sur de nombreux aspects de ce pays que l’on croit connaître, mais au final tellement mal…

A découvrir pour tous ceux qui s’intéressent et/ou qui aiment le Québec, nos « cousins » de la Belle Province.

 

 

 

« Les Américains sont fans de basket-ball, de football, de base-ball et de hockey. Plusieurs sports les réunissent et les départagent. Il en est de même dans les pays européens. Or, au Québec, l’on assiste à un phénomène social de tout autre nature. Les Québécois vivent le hockey comme une religion ».

 

 

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Lien vers la fiche du livre sur Babélio

http://www.babelio.com/livres/Bombardier-Dictionnaire-amoureux-du-Quebec/671502

 

 

 

« Les Québécois ont toujours été « ricaneux », « étriveux », c’est-à-dire taquins. Ils aiment se moquer des autres, un peu moins d’eux, surtout ils s’exaspèrent si les moqueurs sont étrangers et en particuliers français ».

 

 

 

« Lorsque les Français débarqueront officiellement en Nouvelle-France au XVIe siècle, ils seront confrontés à une réalité à laquelle ils devront faire face. Aux yeux des Indiens, ce sont des envahisseurs, alors que, pour les découvreurs, ces tribus doivent être soit chassées ou éradiquées, soit converties au catholicisme. L’avenir des relations entre les autochtones et les Blancs sera marqué au fer rouge de cette dynamique empoisonnée.

Les quelques 90.000 autochtones du Québec sont perçus à travers le prisme déformant de la folklorisation, des préjugés ou de la rectitude politique. D’ailleurs, durant longtemps on les a appelés les sauvages, sans autre distinction. Car peu de Québécois savent sous l’appellation « Indien » l’on retrouve dix nations dont la langue, la culture et l’histoire sont différentes et qui se regroupent dans deux grandes familles : les Algonquiens et les Iroquoiens ».

 

 

 

« Pour un Québécois, parler français est un acte politique, et selon les générations l’acuité de cette réalité est plus ou moins intense. J’appartiens à la génération qui s’est battue pour imposer le français à Montréal, ma ville natale. Dans l’enfance, j’accompagnais ma mère dans les magasins de la rue Sainte-Catherine ouest où elle devait parler anglais aux vendeurs unilingues ».

 

 

 

« Les Québécois facétieux assurent que l’hiver dure six mois. A vrai dire, certaines années, lorsque la première neige surgit fin octobre dans les Laurentides, au nord de Montréal, et que certaines bordées tombent fin avril à 50 km de la ville, l’on n’est pas loin du compte.

Devant des étrangers, sauf devant les habitants des régions de froid comparable, les Québécois aiment crâner en jouant les endurcis. Façon d’exercer un ascendant sur les frileux de la planète. Il est vrai que le froid, le vrai, celui qui pétrifie, qui engourdit les extrémités, constitue un défi à relever pour les Québécois qui aiment l’idée de ne pas être des « p’tites natures ».

Les gens de ma génération allaient en classe, marchant souvent sur de longues distances, même si le thermomètre indiquait moins 25°C. De nos jours, l’on ferme les écoles, et les médias font peur au monde lorsqu’on annonce moins 15°C ».

 

 

 

« Je suis issue d’un milieu où l’on parlait joual. Dans ma famille maternelle, mes tantes adorées, de même que ma grand-mère, s’exprimaient en joual, ce mélange d’archaïsmes, de jurons, d’éclatements syntaxiques et d’anglicismes. Une langue pour moi affective conter laquelle ma mère m’a mise en garde puisqu’elle l’associait à l’ignorance et à l’indigence intellectuelle. D’où ces cours de dictions où elle m’inscrivit dès l’âge de trois ans et demi.

Le joual a atteint son apogée, si l’on peut dire, lorsque les artistes et les intellectuels au nationalisme vibrant l’ont transformé dans les années soixante en symbole politique de l’identité québécoise. Cette valorisation quasi religieuse de cette langue incompréhensible en dehors des frontières du Québec fut au cœur de la redéfinition de l’identité québécoise. Aux yeux des tenants du joual, il fallait rompre avec le colonialisme culturel français dont étaient atteintes les élites québécoises ».

 

3 commentaires sur “Dictionnaire amoureux du Québec de Denise Bombardier

  1. pachrimaco
    14 décembre 2015

    j’ai le drapeau accroché au plafond de la Rose .. déjà ça hein ! biz ma belle

    Aimé par 1 personne

  2. Pingback: Petit bilan lecture pour 2015 | Ma passion les livres

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Cette entrée a été publiée le 13 décembre 2015 par dans Dictionnaire, mes coups de coeur, et est taguée , , , .

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