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Le dernier Lapon d’Olivier Truc

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« Mardi 11 janvier.

Lever du soleil : 11h14 ; coucher du soleil : 11h41.

27 minutes d’ensoleillement.

La température était un peu plus clémente, avec un léger moins vingt. Mais le froid était mordant à cause du petit vent qui soufflait ».

 

 

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Résumé éditeur :

L’hiver est froid et dur en Laponie. À Kautokeino, un grand village sami au milieu de la toundra, au centre culturel, on se prépare à montrer un tambour de chaman que vient de donner un scientifique français, compagnon de Paul-Emile Victor. C’est un événement dans le village. Dans la nuit le tambour est volé. On soupçonne les fondamentalistes protestants laestadiens : ils ont dans le passé détruit de nombreux tambours pour combattre le paganisme. Puis on pense que ce sont les indépendantistes sami qui ont fait le coup pour faire parler d’eux. La mort d’un éleveur de rennes n’arrange rien à l’affaire. Deux enquêteurs de la police des rennes, Klemet Nango le Lapon et son équipière Nina Nansen, fraîche émoulue de l’école de police, sont persuadés que les deux affaires sont liées. Mais à Kautokeino on n’aime pas remuer les vieilles histoires et ils sont renvoyés à leurs courses sur leurs scooters des neiges à travers l’immensité glacée de la Laponie, et à la pacification des éternelles querelles entre éleveurs de rennes dont les troupeaux se mélangent. Au cours de l’enquête sur le meurtre Nina est fascinée par la beauté sauvage d’Aslak, qui vit comme ses ancêtres et connaît parfaitement ce monde sauvage et blanc. Que s’est-il passé en 1939 au cours de l’expédition de P-E. Victor, pourquoi, avant de disparaître, l’un des guides leur a-t-il donné ce tambour, de quel message était-il porteur ? Que racontent les joïks, ces chants traditionnels que chante le sympathique vieil oncle de Klemet pour sa jeune fiancée chinoise ? Que dissimule la tendre Berit malmenée depuis cinquante ans par le pasteur et ses employeurs ? Que vient faire en ville ce Français qui aime trop les très jeunes filles et a l’air de bien connaître la géologie du coin ? Dans une atmosphère à la Fargo, au milieu d’un paysage incroyable, des personnages attachants et forts nous plongent aux limites de l’hyper modernité et de la tradition d’un peuple luttant pour sa survie culturelle. Un thriller magnifique et prenant, écrit par un auteur au style direct et vigoureux, qui connaît bien la région dont il parle.

 

 

 

« Nina balayait du regard le modeste gumpi de ses yeux grands ouverts. Elle aurait voulu prendre des photos, mais n’osait pas. C’était sale, repoussant. Et fascinant. Elle réalisait qu’elle venait de mettre un pied dans un monde inconnu. Cela dépassait son entendement. Comment, en Norvège, pouvait-on vivre comme ça ? Dans son propre pays ? Ça lui rappelait un reportage qu’elle avait vu à la télévision sur un campement tzigane en Roumanie. Il ne manquait plus que les enfants à moitié nus. En même temps, Nina se sentait gênée. Elle ne savait pas très bien pourquoi. Klemet paraissait à l’aise. Mais il était de cette région. Il savait. Ça aussi, c’était donc un visage du royaume scandinave. Klemet lui avait expliqué que Mattis ne vivait pas de façon permanente ici. Mais tout de même ! Ça, la Norvège ? »

 

 

 

Prix :

Prix littéraire « Complètement livres ! » – 2015

Prix AVF Ploemeur – Sillage – 2015

Prix du livre CE 38 – 2014

Prix Polar de Saint Maur en Poche – 2014

Prix littéraire du premier roman policier de Lens, festival Polarlens, 2014 – 2014

Prix des lecteurs Saint-Antoine/Tenon, sélection roman policier – 2014

Prix du Meilleur Polar francophone du Salon polar de Montigny-les-Cormeilles – 2013

Prix des lecteurs du Pays de Redon – 2014

Prix des Lecteurs de Quais du Polar-20 Minutes – 2013

Prix Mystère de la critique – 2012

Prix Thierry Jonquet – 2013

Prix Robinsonnais – 2013

Prix Inter polar du festival polar de Reims – 2013

Prix polar Michel Lebrun – 2013

Prix Sang d’Encre de la Ville de Vienne – 2013

Prix Goutte de Sang d’Encre, prix des lecteurs, décerné par le réseau des médiathèques de la Ville de Vienne – 2013

Prix 1001 Feuilles Noires de la Bibliothèque de Lamballe – 2013

Prix des lecteurs Plume Libre – Plume de bronze dans la catégorie « Nouvelle plume polar- thriller francophone » – 2013

Trophée 813 du festival Paris Polar – 2013

Prix Mes-Sou-Thu (prix des bibliothèques de Messimy, Soucieux-en-Jarrest et Thurins) – 2013

Prix du Polar des médiathèques d’Antony – 2013

Prix du premier roman Rotary Club et Salon du livre de Cosne-sur-Loire – 2013

Prix Biblioblog – 2013

 

 

 

« – Les Sami ont-ils des coutumes si différentes des scandinaves ? Il existerait des rites aussi sauvages chez les Sami ? Ils me donnaient pourtant l’impression d’être excessivement pacifiques.

– Ils le sont. En général. Cela m’étonne même qu’aucun d’entre eux ne t’ait encore dit que le mot guerre n’existait pas en langue sami ».

 

 

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Voilà un beau coup de cœur ! J’ai beaucoup aimé ce dernier lapon d’Olivier Truck. Cela faisait un moment qu’il était dans ma PAL… pourquoi ne l’ai-je pas lu plus tôt ? ! En tout cas, c’est fait et quelle belle découverte ! Ce polar est une vraie immersion dans le monde lapon, entre la Norvège, la Finlande et la Suède, dans le grand nord, à la suite de Klemet et Nina de la police des rennes. Et oui, il existe une police des rennes, très importante dans ce milieu d’éleveurs de rennes qui sont la principale ressource de ce coin de Laponie. Immersion et découverte passionnante des Sami, les autochtones lapons. J’en avais déjà entendu parler mais à peine. Et là, toute l’histoire, toute l’intrigue se déroule dans cette communauté. Et oui, franchement passionnant et dépaysant. J’ai aimé m’imaginer être avec eux, sur leurs scooters des neiges sur les pistes gelées des rivières, entre les arbres… de vrais héros discrets et humains. Quant à l’intrigue, elle est bien ciselée et menée de bout en bout… Un tambour sami volé, un éleveur sami tué de bien étrange manière, une vieille légende qui se raconte sur le vidda, un prospecteur français sur la piste de l’or ou d’autres minerais dangereux qui auraient décimé des villages samis, des policiers corrompus… bref, un thriller, un livre d’aventures… un super bon moment de détente que j’ai dévoré avec grand plaisir. Olivier Truc ? hummm je vais lire ses autres livres… à vous maintenant, si ce n’est déjà fait, je vous le conseille vivement !

 

 

 

« Klemet était recueilli, les yeux plissés. Le soleil avait de la difficulté à décoller. Il demeurait à proximité de l’horizon. Klemet paraissait maintenant observer son ombre dans la neige comme s’il découvrait une magnifique œuvre d’art. Puis les enfants se remirent à jouer, des adultes à se taper les mains ou à sauter sur place. Le soleil avait tenu parole. Tout le monde était rassuré. L’attente, quarante journées sans ombre, n’avait pas été vaine ».

 

 

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Lien vers la fiche du livre sur Babélio

http://www.babelio.com/livres/Truc-Le-dernier-Lapon/388398

 

 

 

« Pendant des décennies, les pasteurs suédois, danois ou norvégiens nous ont pourchassés pour confisquer et brûler les tambours des chamans. Ça leur faisait peur. Pensez donc, on pouvait parler avec les morts ou guérir. Ils en ont brûlé des centaines, des tambours ».

 

 

 

« Les courses étaient un moment important dans la vie de la police des rennes. Quand on partait pour plusieurs jours de patrouille en pleine toundra, bivouaquant dans des gumpis ou au mieux des cabanes, par grand froid, après des heures harassantes de conduite, le repas était choyé. C’était rarement de la grande gastronomie, il fallait que ça tienne au corps, suffisamment longtemps pour le cas où l’on décalerait un repas à cause d’une virée trop longue ».

 

 

 

« Dans un tel lieu oublié du monde, aux confins de tout, le visiteur comprenait vite qu’on ne pouvait devenir qu’alcoolique ou mystique. Karesuando n’était pas un lieu qui autorisait la nuance. Ici, le gris était condamné. Noir ou blanc, il fallait basculer ».

 

 

 

« Klemet comprit, lorsqu’il vit Johan Henrik enfiler sa pelisse, que celui-ci n’avait pas l’intention de les accueillir dans son gumpi et qu’il désirait donc que l’entretien soit le plus bref possible. Ça ressemblait bien au bonhomme, se dit-il. Sale tête de mule. Si Johan Henrik avait, à l’instar des autres éleveurs lapons, toujours été respectueux de l’autorité, il n’avait jamais fait d’effort pour faciliter leur tâche. Un trait commun aux éleveurs qui préféraient régler leurs histoires entre eux ».

 

 

 

« Aslak ne connaissait pas la peur. Si on le lui avait demandé, il aurait regardé sans comprendre. Mattis lui avait posé la question une fois. Il ne voyait pas ce qu’il voulait dire. La peur ? Aslak n’aimait pas les questions qui n’avaient pas de sens. On pouvait lui demander s’il avait faim, s’il avait sommeil, s’il avait froid. Pas s’il avait peur. Aslak savait ce qu’il devait savoir. La peur ne lui servait à rien. Alors il l’ignorait ».

 

 

 

« Une brise légère soufflait, mais cela suffisait à mordre la peau du visage. Klemet n’avait pas froid. Il avait appris depuis longtemps à ne pas avoir froid. Depuis sa jeunesse. Le froid, comme la nuit, vous enlevait votre raison, éveillait des frayeurs épouvantables. Il ne pouvait plus se permettre d’avoir froid. Il se l’était juré, il y a longtemps ».

 

 

 

« Un éleveur n’aurait jamais volé un couteau, lui dit-il. Chez les Sami, tu peux voler un renne, mais jamais ce qu’il y a sur un traîneau. On ne s’en prenait pas aux choses matérielles qui pouvaient vous sauver la vie sur le vidda. C’est ce que m’a appris mon oncle Nils Ante. Les bergers ne franchissaient jamais cette frontière invisible »

 

 

 

« Un des jeunes bergers qui venaient le voir parfois avait employé le mot de bonheur. Aslak ne voyait pas ce qu’il voulait dire. Il savait seulement qu’enfant, il avait appris avec le grand-père tout ce qu’il était important d’apprendre dans une vie d’homme ».

 

 

 

« La tempête allait venir. Comme ce jour où son grand-père était parti. Il était parti seul, un soir de tempête d’hiver, comme le faisaient les vieux devenus des fardeaux pour le clan. Ils partaient seuls dans la toundra et on ne les revoyait jamais ».

 

 

 

« Il fit réchauffer son petit-déjeuner habituel, une bouillie de sang de renne. Il y a longtemps, Mattis, quand il avait encore son esprit et qu’il ne craignait pas son ombre, l’avait invité chez lui à boire du café et manger du pain. Aslak n’avait pas aimé.

Heureusement, le renne lui donnait tout ce dont il avait besoin. Depuis toujours.

Il était né dans une transhumance, voilà bien longtemps. La première fois qu’il avait tété le sein de sa mère, il faisait moins quarante degrés. Sa mère en était morte. Il avait alors été nourri à la graisse de renne fondue. Le renne était un bon animal si l’on savait en prendre soin. Il nourrissait, habillait ».

 

3 commentaires sur “Le dernier Lapon d’Olivier Truc

  1. pachrimaco
    28 février 2016

    brrr .. ça fait trop froid là bas .. et moi je suis toute contente d’avoir eu un beau soleil aujourd’hui .. même si un petit froid quand même .. biz ma Véro

    Aimé par 1 personne

    • Lilou
      28 février 2016

      oui bien froid lol mais que c’est passionnant de découvrir d’autres cultures, j’adore ! 🙂 gros bisous ma Pascalou

      Aimé par 1 personne

  2. Pingback: Bilan : Mon top coups de cœur 2016 | Ma passion les livres

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