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Plus jamais seul de Caryl Ferey

 

« Une amitié celte, semblable à un vieux grille-pain déglingué : difficile d’y entrer, impossible d’en sortir ».

 

 

 

Résumé éditeur :

Premières vacances pour Mc Cash et sa fille, Alice. L’ex-flic borgne à l’humour grinçant – personnage à la fois désenchanté et désinvolte mais consciencieusement autodestructeur – en profite pour faire l’apprentissage tardif de la paternité.

Malgré sa bonne volonté, force est de constater qu’il a une approche très personnelle de cette responsabilité.

Pour ne rien arranger, l’ancien limier apprend le décès de son vieux pote Marco, avocat déglingué et navigateur émérite, heurté par un cargo en pleine mer.

Pour Mc Cash, l’erreur de navigation est inconcevable. Mais comment concilier activités familiales et enquête à risque sur la mort brutale de son ami ?

 

 

 

« Les autres groupes étaient morts, The Clash, Stiff Little Fingers, The Adverts, tous les vieux punks de sa jeunesse irlandaise : crevés.

Comme lui ».

 

 

Ceux qui me connaissent ou me suivent, savent que j’aime énormément Caryl Ferey. C’est l’un de mes auteurs préférés depuis que j’ai lu, il y a longtemps maintenant, « Zulu », un véritable choc et la découverte d’un auteur que je suis avec bonheur depuis. J’essaie de lire tout ce qu’il écrit ! Je n’ai fait que très récemment la connaissance de son ex-flic borgne, à moitié Irlandais et complètement violent et suicidaire, Mc Cash, avec « Plutôt crever ». J’avais moyennement apprécié la rencontre… difficile à admettre pour moi, lectrice fan de Caryl Ferey. Je n’ai quand même pas pu résister à l’appel de son dernier écrit, « Plus jamais seul » avec le fameux Mc Cash. Et je suis ravie d’avoir persisté car là, j’ai vraiment retrouvé le plaisir que j’ai à lire Caryl même avec Mc Cash. Peut-être me suis-je un peu acclimatée à la folie du personnage ou alors il m’attendrit quand il s’occupe d’Alice, sa fille, toute fraîche débarquée dans sa vie. Il me donne l’impression d’un gros nounours avec des gants de boxe qui s’occuperait comme il peut, sans bien savoir comment faire, d’un petit girafon gracile. J’ai beaucoup aimé le duo que forment Alice et Mc Cash… Chacun avec ses blessures, avec un amour balbutiant qui les lie, ne sachant pas vraiment où ils vont, mais petit à petit une famille se crée, une famille atypique, mais une famille. Et ça fait tout drôle à Mc Cash qui est seul depuis toujours et se sent seul dans la vie, qui n’a jamais connu de vie de famille, qui est plutôt du genre autodestructeur et qui fonce dans la vie, en fonçant droit dans le mur. Avec Alice, les choses et ses idées changent petit à petit. « Plus jamais seul » lance Mc Cash sur les traces de passeurs de clandestins qui sévissent en Grèce. Il se retrouve dans cette histoire car Marco, l’un de ses rares amis, vient de mourir dans un naufrage entre la Grèce et la France. Mc Cash est désespéré et ne croit pas à l’accident. En commençant son enquête, il apprend que son ex-femme, Angélique, la seule femme qu’il a aimée dans sa vie, était à bord et est décédée elle-aussi. Son enquête le mènera dans des réseaux de passeurs, de proxénètes, de vendeurs d’êtres humains, dangereux, très dangereux, qui résonnent douloureusement avec l’actualité des migrants. Je reconnais bien là le côté humain, engagé que j’aime tant chez Caryl Ferey…D’ailleurs, ce livre est également un hommage que Caryl rend à un de ses amis, disparu lui aussi en mer sur son voilier, probablement victime d’une collision avec un cargo non identifié. C’est cet ami qui a inspiré à Caryl le personnage de Marco et sa fin tragique. J’avoue que ça m’a encore plus pris les tripes en le lisant de le savoir.

L’intrigue est haletante et en même temps complètement ancrée dans la situation géopolitique de la Grèce et plus largement des pays méditerranéens. « Plus jamais seul » est à la fois édifiant sur une réalité abominable, mais également instructif, humain et intéressant. Franchement, je conseille vivement cette aventure, car c’en est une. A lire !

Je tiens à remercier les éditions Gallimard et Lecteurs.com pour cet envoi reçu dans le cadre des explorateurs du polar.

 

 

 

« Mc Cash aimait bien l’idée de se faire casser la gueule par une femme. Ça les mettait sur un pied d’égalité, seule base acceptable d’un rapport humain ».

 

 

Lien vers la fiche du livre sur Babélio

https://www.babelio.com/livres/Ferey-Plus-jamais-seul/710870

 

 

 

« Obnubilés par son bandeau, les gens le regardaient de travers. Il les détestait pour ça, et pour le reste aussi, il mélangeait tout. Trente ans étaient passés depuis la perte de son œil mais Mc Cash n’avait jamais accepté son infirmité. Envie de meurtre, d’euthanasie générale. Avec le temps, il s’était imposé un tempérament de pirate, comme le miroir du regard qu’on portait sur lui, pillant l’amour des femmes pour mieux mépriser leurs maris, faisait tout à l’emporte-pièce et se moquait bien des conséquences ».

 

 

 

« Venue du hip-hop contestataire, naturalisée au forceps, Angélique était bien placée pour savoir que la scolarisation des enfants de sans-papiers était leur seule chance d’avoir une vie meilleure, et leur expulsion de l’école une violence collatérale à plus d’un titre. Elle et Zoé militaient pour que ces enfants aient une chance de grandir loin des guerres et des famines, garçons et filles à égalité. Ici en Europe les femmes ne se faisaient pas exciser, elles conduisaient des voitures, divorçaient, se faisaient déflorer par qui elles voulaient, jouissaient de leur propre personne sans dépendre d’aucune autorité et Dieu restait à sa place, dans l’âme de ceux qui y croyaient.

Il fallait n’avoir jamais mis un pied en Afrique ou au Moyen-Orient pour s’imaginer que c’était mieux là-bas ».

 

 

 

« – Qu’est-ce que tu comptes faire maintenant ? demanda Stavros.

– Me rendre à Astipalea. Tout vient de là-bas. Fatou n’a pas su me dire pourquoi les passeurs les triaient mais si ces fumiers gardaient seulement les femmes jeunes, il doit y avoir une raison.

Les trois hommes se turent. Prostitution, esclavage, vente à la découpe, toutes les options étaient sordides ».

 

 

 

« Il planta la sœur de Marco au milieu des tapis indiens, traversa le salon et prit la main d’Alice, qui recomptait les carrelages dans l’entrée. C’était la première fois – sa petite main chaude.

Il attendit d’être dehors pour lâcher ce qu’il avait sur le cœur.

– Je suis désolé d’avoir douté de toi, Alice. Je ne pouvais pas savoir que cette vieille sorcière mentirait.

– Ben putain, je suis soulagée !

– Dis donc, il va falloir essayer de parler un peu mieux si tu veux devenir une lady.

– Une femme normale, ça me suffira.

Mc Cash sourit – voilà que sa fille parlait comme lui… »

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