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Le tout dernier été d’Anne Bert

 

 

« Notre mort ne tue rien du monde ni de la nature.

Le moment venu, seule notre existence cesse

Les lilas continueront de fleurir. L’été de chauffer le jardin, et l’automne de revenir ».

 

 

Résumé éditeur :

« Je viens de rencontrer mes passeurs. Ces hommes qui font désormais partie de ma vie puisqu’ils vont m’aider à la quitter.

Je les ai sentis rigoureux, exigeants, prudents. Et engagés à me tendre doucement la main. Une autre médecine qui, quand elle ne peut plus soigner le corps, se décide à soigner l’âme ».

Parce qu’elle aime furieusement la vie et qu’elle est condamnée, Anne Bert a décidé de choisir et de ne pas subir jusqu’au bout les tortures que lui inflige la maladie de Charcot. C’est ce cheminement qu’elle nous raconte ici. Celui de devoir mourir hors-la-loi, et hors-les-murs, puisque la loi française ne l’autorise pas à abréger ses souffrances. Celui aussi de son dernier été.

Il faut découvrir le goût des dernières fois et des renoncements, apprendre à penser la mort, dire au revoir à ceux qu’elle aime, en faisant le pari de la joie malgré le chagrin.

Un récit poignant, une ode à la liberté et à la vie, permise seulement par sa détermination à dire non. 

 

 

 

« Et cette lutte, parce qu’elle m’expose, est une difficile épreuve.

Je n’ai jamais étalé de bon gré la mortalité de mon mal, ni mon image. Mais la maladie est par nature impudique, elle me fiche à poil, dans la rue, partout et se passe de mon accord.

Ce sont la médecine, incapable de m’apporter des soins curatifs, et la France, de m’accorder aide et assistance pour mourir, qui m’obligent à me prêter au collectif, dans l’espoir que cette exposition secoue les consciences et aide chaque Français à obtenir sa liberté de choix.

Cet exercice ne fait que rappeler de plein fouet ma prochaine mort à ceux qui m’aiment et me donne la peine infinie de leur tenir ouverts les yeux qu’ils voudraient tant détourner de l’inexorable ».

 

 

Pas très simple d’écrire cette critique, mais je pense que la lecture de ce livre et en parler est très important pour notre société, pour nous êtres humains.

L’été dernier j’avais été touchée et bouleversée par l’histoire d’Anne Bert, auteure que je ne connaissais pas, mais qui faisait le tour des plateaux télé, avec beaucoup de courage je trouve, pour parler de sa vie, de sa maladie, la maladie de Charcot, actuellement incurable, et du livre qu’elle écrivait pour relater son tout dernier été avant son euthanasie en Belgique, puisque tel était son choix. En effet, cette saloperie de maladie qui provoque une paralysie progressive de l’ensemble de la musculature squelettique des membres, du tronc (y compris les muscles respiratoires) et de l’extrémité céphalique, et donc à terme, de manière assez rapide, la mort dans des conditions affreuses. En pleine conscience, Anne Bert a fait le choix de ne pas aller jusqu’au bout de son chemin de souffrance mais de demander une assistance médicale pour en finir avec la vie au moment où elle estimera que c’est le moment. Et ce moment s’est déroulé le 3 octobre 2017. Elle a dû se rendre en Belgique car en France, on impose aux malades d’aller au bout de leur agonie. J’ai admiré le combat d’Anne Bert pour que son expérience puisse réveiller les consciences et surtout les politiques pour qu’enfin la loi française laisse enfin le choix à toute personne sur la façon dont elle va mourir et quand. C’est le minimum des droits que devrait avoir tout être humain. Alors, voilà, lisez « Le tout dernier été » d’Anne Bert et réfléchissez sur le sujet et partagez…. C’est la moindre des choses que l’on puisse faire pour elle, pour nous… Car cela peut arriver à tout le monde.

 

 

 

« L’amour me porte même s’il complique tout. Mes amis et mes amours s’inventent de joyeuses attentions palliatives. Je végète étroitement attachée à eux dans la lumière. Ils sont ma force et ma faiblesse. Mes guides et ma plaie. J’apprends le détachement. Je dois découdre les petits points si serrés, relâcher l’ouvrage de l’amour. Consentir à la distance, alléger le fardeau pour rendre la séparation définitive moins cruelle. Je veux les voir courir vers la vie, sans moi, les regarder partir ».

 

 

Lien vers la fiche du livre sur Babélio

https://www.babelio.com/livres/Bert-Le-tout-dernier-ete/984399

 

 

 

« Ma pensée a perdu sa grammaire, je ne sais plus faire de phrase, accorder ni même nommer. Je ne veux pas de cette foutue maladie. Déjà immobilisée, un pied sur la terre ferme, l’autre dans les sables mouvants qui vont m’avaler ».

 

 

 

« Marcher calme la violence qui me ravage. Je déambule dans les rues, et chaque enjambée disgracieuse ravive mon plaisir de bouger.

Je ressens encore le travail de mes muscles moribonds mêmes si mes pieds et mes mollets se tétanisent.

Mes pas chancelants me dirigent vers la passerelle qui enjambe la Charente.

Mes bras pendent le long de mon corps, leur poids tire sur mes épaules, mon cou, et je dois les réunir sur le bas de mon ventre, une main posée sur l’autre pour les soutenir.

Je continue à longer les quais en suivant des yeux les avirons qui glissent silencieusement sur l’eau et s’éloignent.

Comme eux, je suis libre et me grise de ce mirage ».

 

 

 

Interview témoignage d’Anne Bert le 5 septembre 2017, quelques semaines avant son décès assisté en Belgique

 

 

 

 

« Puisque la mort fait partie de la vie à défaut d’être gaie, elle mérite d’être belle et non souffrante ».

 

 

 

« Cette maladie de Charcot, en France, j’aurais eu l’obligation de la subir jusqu’au bout.

Des mots, des textes de lois posés sur des patients qui n’ont plus leur mot à dire dès que les médecins les jugent excessifs. Des voiles jetés sur la réalité des horreurs de fin de vie.

Mais un malade incurable n’a aucun devoir. Je ne nuis à personne en assumant mon choix, je ne fais aucun tort à ceux qui acceptent de vivre l’enfer ».

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Cette entrée a été publiée le 9 juillet 2018 par dans actualité, autobiographie, découverte auteur, et est taguée , , , , , , , , .

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