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Comment je suis devenu moi-même d’Irvin D. Yalom

« Il n’a fait allusion à la Shoah qu’une seule fois, j’avais une vingtaine d’années et nous déjeunions au restaurant seuls tous les deux. Un évènement rare : même s’il avait vendu le magasin à l’époque, j’avais beaucoup de mal à l’arracher à ma mère. Il n’entamait jamais la conversation ni ne m’interrogeait. Peut-être se sentait-il mal à l’aise avec moi, alors qu’il ne se montrait ni timide ni gêné en présence des hommes de sa famille – j’aimais le voir rire et raconter des blagues pendant leurs parties de belote. Nous nous sommes probablement manqués : il ne s’est jamais enquis de ma vie ni de mon travail, je ne lui ai jamais dit que je l’aimais. Je garde un souvenir précis de notre déjeuner ce jour-là. Nous avons discuté en adultes pendant une heure, et ce fut merveilleux. Je me rappelle lui avoir demandé s’il croyait en Dieu. « Après la Shoah, m’a-t-il répondu, comment peut-on croire en Dieu ? ». »

Résumé éditeur :

« Car, plus je me rapproche de la fin, plus le cercle dans lequel je tourne se rapproche du commencement ».

Cette phrase de Dickens résonne tout particulièrement aux oreilles d’Irvin Yalom, psychiatre américain et auteur de Et Nietszche a pleuré et Le problème Spinoza. Lui qui a passé sa vie à explorer celle des autres se penche aujourd’hui sur son propre parcours. Son récit s’ouvre sur le souvenir d’un rêve : âgé d’une dizaine d’années, il passe à vélo devant la maison d’une fille qu’il trouve séduisante malgré son acné, et lui adresse un tonitruant « Salut, Rougeole ! ». Le père de celle-ci, l’obligeant à s’arrêter, l’interpelle : « Pense à ce que tu viens de dire à ma fille et réponds-moi : qu’est-ce que tu crois que ça lui a fait ? » Pour le futur thérapeute, c’est la rencontre avec l’empathie : il n’oubliera jamais la leçon.

Pour la première fois, tissant des liens entre sa formation, les histoires de ses patients, les héros de ses romans, ses amours et ses regrets personnels, Irvin Yalom nous fait participer, de l’intérieur, à la construction de sa pensée. Comment je suis devenu moi-même n’est pas seulement l’histoire d’un homme, c’est aussi une invitation au lecteur à voyager au plus près de ce qu’il est et à songer au sens de sa vie.

« Si un adolescent comme le jeune Irvin, en pleine crise identitaire, venait chez moi pour une consultation psychiatrique, me racontant son incapacité à apprendre l’hébreu (bien qu’il soit par ailleurs un excellent élève), son expulsion de l’école religieuse (alors qu’il n’a par ailleurs aucun trouble notable du comportement), et, surtout, qu’il mange non kasher en se rendant chez son professeur d’hébreu, je crois que notre consultation se déroulerait peu ou prou de la façon suivante ».

Je n’ai lu que récemment Irvin D. Yalom grâce à une amie qui m’a fait découvrir « Le problème Spinoza » que j’ai beaucoup apprécié. Alors quand Babélio m’a proposé de lire « Comment je suis devenu moi-même » de ce même auteur, Irvin D. Yalom, psychiatre de son état, je n’ai pas hésité à accepter soupçonnant que cela serait sans aucun doute passionnant de suivre pas à pas comment on devient psychothérapeute et écrivain. Je ne m’étais pas trompée, je viens de me régaler de cette lecture à la fois très humaine et humble, mais en même temps érudite et passionnante traversée d’émotions parfois mais aussi d’humour. Grand merci donc à Babélio et aux éditions Albin Michel pour cet envoi. L’ouvrage ne sortira en librairie que le 3 septembre prochain.

J’ai beaucoup aimé la sincérité dont fait preuve Irvin D. Yalom, lui le très grand professionnel, psychiatre renommé et reconnu par ses pairs, l’écrivain aux multiples succès, qui à l’âge de 85 ans revient sur sa vie, ses doutes (incroyable qu’un homme aussi doué ait tant douté de lui), ses faiblesses, mais aussi bien sûr ses réussites, ses découvertes, ses joies. On entre vraiment avec lui dans son intimité, dans sa vie de famille, dans son travail de thérapeute (très intéressant), dans sa vie trépidante. C’est, je l’ai dit, passionnant ! Et comme de bien entendu, au détour des pages, il nous explique comme lui est venue l’écriture de ses livres. Et bien sûr, cela m’a donné une très forte envie de me plonger dans nombres de ses ouvrages !! Ma PAL ne va pas s’en remettre. C’est un homme brillant mais également très généreux. Il a beaucoup d’humanité et d’empathie dans son travail auprès de ses patients. Travail qu’il continue encore à l’heure actuelle car il aime profondément aider son prochain. Et peut-être aussi que cela lui évite de trop penser à la mort qui se rapproche. Il est vraiment très sincère dans ses réflexions et ses propres peurs, lui le thérapeute qui a passé sa vie à aider les autres à surmonter leur peur. Je voudrais rajouter que je n’ai pas toutes les références dont parle Irvin D. Yalom, n’étant pas une spécialiste de la psychiatrie, ni de la psychologie et encore moins de la philosophie, mais cela n’empêche absolument pas l’intérêt de la lecture de ce livre qui est très bien écrit, très accessible, et je me répète, d’une grande sincérité.

Je ne peux que vous encourager à découvrir Irvin D. Yalom avec ce très beau livre « Comment je suis devenu moi-même ».

« A l’issue de chaque séance de thérapie de groupe, je dictais de longs résumés, afin de m’aider à mieux comprendre et mieux enseigner. (Stanford m’allouait généreusement une secrétaire.) Et, un jour – je ne sais plus sous l’effet de quel stimulus -, j’ai pensé que mes patients pourraient tirer un bénéfice de la lecture de ces résumés et de mes réflexions. Ce qui a débouché sur une expérience très inhabituelle de transparence thérapeutique : le lendemain de chaque rencontre, j’envoyais une copie du résumé à tous les membres du groupe. Ils y retrouvaient les sujets principaux abordés pendant la séance (en général deux ou trois thèmes) ainsi que les contributions et le comportement de chacun des participants. J’expliquais en outre ce qui motivait mes affirmations et ajoutais des commentaires sur des choses que j’aurais souhaité avoir dites ou que je regrettais avoir dites ».

Lien vers la fiche du livre sur Babélio

https://www.babelio.com/livres/Yalom-Comment-je-suis-devenu-moi-meme/1050806 

« Cette profession, qui nous offre l’occasion de dépasser notre petite personne, fait de nous des explorateurs, plongés dans la plus grandiose des recherches – le développement et la préservation de l’esprit humain. Main dans la main avec les patients, nous savourons le plaisir de la découverte – le moment décisif où des fragments idéels disparates glissent brusquement l’un vers l’autre pour former un tout cohérent. Je me fais parfois l’effet d’un guide escortant des étrangers à travers les pièces de leur propre maison. Quel bonheur de les regarder ouvrir les portes de chambres où ils n’étaient jamais entrés, de découvrir dans des parties inexplorées des éléments de leur identité, beaux et novateurs ».

« Écrire ces mémoires est pour moi l’occasion de revenir sur mon parcours d’écrivain. Est arrivé un moment où je suis passé de l’état de chercheur écrivant articles et livres pour ses pairs à celui d’écrivain vulgarisateur, s’adressant à un plus large public, et je date cette métamorphose de la rédaction de Everyday gets a little closer (Publié en français sous le titre Dans le secret des miroirs), publié en 1974. En l’écrivant, je me suis éloigné du langage quantitatif de la recherche et j’ai tenté d’imiter les romanciers qui ont toujours compté pour moi. Je n’imaginais pas que je finirais par enseigner la psychothérapie par le truchement de quatre romans et de trois recueils de nouvelles ».

« J’avais souvent entendu des écrivains dire qu’une histoire s’écrit d’elle-même. C’est à Bali que j’ai compris ce que cela signifie. Et que j’ai vraiment saisi la signification d’une anecdote que Marilyn m’avait racontée longtemps auparavant sur le romancier britannique William Thackeray. Un soir, Thackeray sort de son bureau, et sa femme lui demande si sa journée d’écriture s’est bien déroulée. « Oh, la journée a été terrible ! Pendennis (l’un de ses personnages) s’est rendu ridicule et je n’ai simplement pas pu l’en empêcher. » »

« Mon travail avec les malades en phase terminale m’amena peu à peu à forcer des patients en bonne santé à affronter l’idée de leur finitude de façon à les aider à changer leur mode de vie, ce qui, souvent, signifie juste les écouter et les aider à prendre pleinement conscience de la durée limitée de l’existence. En de nombreuses occasions, j’ai choisi un exercice explicite ; après avoir demandé au patient de tracer une ligne sur une feuille de papier, j’ajoutais :  » Admettons qu’une des extrémités représente votre naissance et l’autre votre mort. Maintenant, marquez d’un signe sur la ligne l’endroit où vous vous trouvez actuellement et méditez sur ce tracé. » Cet exercice manque rarement d’inciter à prendre sérieusement conscience de la nature éphémère de la vie ».

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