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Qaanaaq de Mo Malø

 

« – On pourrait peut-être arrêter de parler de l’ours.

– Et pour quelle raison je vous prie ?

– Parce que jusqu’ici, on avait un « ours » capable d’ouvrir ou de crocheter une serrure, un « ours » six fois moins lourd que ses congénères, un « ours » assez agile pour foncer droit sur ses pattes arrières, un « ours » qui perd ses dents au premier morceau de viande un peu résistant …. Et voilà qu’on aurait un « ours » capable de faire livrer un colis ! Désolé, mais moi, un ours comme ça… j’appelle ça un homme ».

 

 

Résumé éditeur :

Dans le vaste pays blanc, l’esprit de Nanook se réveille. Le grand ours polaire, seigneur des lieux, protégera les siens. Jusqu’au bout.

Adopté à l’âge de trois ans, Qaanaaq Adriensen n’a jamais remis les pieds sur sa terre natale, le Groenland. C’est à contrecoeur que ce redoutable enquêteur de Copenhague accepte d’aller aider la police locale, démunie devant ce qui s’annonce comme la plus grande affaire criminelle du pays : quatre ouvriers de plateformes pétrolières ont été retrouvés, le corps déchiqueté. Les blessures semblent caractéristiques d’une attaque d’ours polaire. Mais depuis quand les ours crochètent-ils les portes ?

Flanqué de l’inspecteur inuit Apputiku – grand sourire édenté et chemise ouverte par tous les temps –, Qaanaaq va mener l’enquête au pays des chamanes, des chasseurs de phoques et du froid assassin. Et peut-être remonter ainsi jusqu’au secret de ses origines.

 

Mo Malø est l’auteur de nombreux ouvrages, sous d’autres identités. Il vit en France. Qaanaaq est son premier roman policier.

 

496 pages

 

 

 

« Le plus déstabilisant pour un flic comme Qaanaaq, c’était d’avoir à appréhender un nouveau territoire. Essentiel, pour un flic, son territoire. Il faut l’apprivoiser, le quadriller, le humer jour après jour. Mais aussi y laisser son empreinte, le baliser d’indics et de repères bien à soi ». 

 

 

Quand on vieillit et qu’on est une lectrice boulimique, notre PAL a tendance à s’allonger et se diversifier un peu… et c’est tant mieux, car cela permet de découvrir de nouveaux auteurs. Et en voilà un que je ne connaissais pas, Mo Malø, apparemment un auteur français qui a écrit sous pseudonyme « groenlandais », ses deux thrillers qui ont pour cadre le Groenland, sous domination danoise. Ici dans « Qaanaaq », prénom du Capitaine Qaanaaq Adriensen mais également le nom d’une petite ville tout au nord du Groenland, on fait connaissance justement avec Qaanaaq, inuit métisse, adopté à l’âge de 3 ans par un couple danois, après la mort de toute sa famille dans un drame, dont il ne sait rien et dont il n’a aucun souvenir. Il revient pour la première fois sur la terre de ses ancêtres à l’occasion d’une enquête. Des ouvriers d’une plate-forme pétrolière au large de Nuuk, la capitale groenlandaise, ont été tués sauvagement par ce qui semble être à première vue un ours blanc, mais cette théorie, très vite, ne tient pas la route. En arrivant à Nuuk, il est confronté à la mentalité inuite bien différente de la danoise, des méthodes de travail également bien différentes, et aussi à l’hostilité de la cheffe de la police groenlandaise, Rikke Engell, une Danoise ambitieuse qui voit d’un mauvais œil l’arrivée de son collègue de Copenhague. Il travaille en particulier avec l’inspecteur inuit Apputiku, un personnage tout à fait attachant. Petit à petit l’intrigue se complique et les pistes se multiplient mais les vérifier dans un pays au climat si extrême n’est pas chose simple. Au moment où Qaanaaq a l’impression de tenir enfin un semblant de piste sérieuse, deux autres meurtres similaires se déroulent à Qaanaaq, tout au nord. Rikke Engell envoie immédiatement Qaanaaq et Appu suivre l’enquête sur place. Ils y arrivent en pleine tempête et sont confrontés aux éléments climatiques tout comme aux traditions inuites. De plus, pour Qaanaaq, l’arrivée dans son village natal revêt des sensations très particulières, pleines d’émotions.

Les décors sont grandioses, les personnages attachants, l’intrigue prenante… bref, j’ai passé un excellent moment de lecture et je vous conseille le voyage vers le grand Nord.

 

 

 

« Soudain, une neige lourde se mit à tomber. Appu expliqua que la météo était la seule chose qui change vite à Nuuk, souvent d’une heure à l’autre. Depuis les meurtres, il était tombé plusieurs couches successives de neige. Certaines avaient déjà eu le temps de fondre, d’autres de se figer en une croûte de glace. Sur le paysage d’il y a huit jours s’était déposé un mille-feuille de boue et de poudreuse figée, en strates imprécises et malpropres. Cette versatilité climatique a sans doute eu raison des hypothétiques traces de pas autour des scènes de crime, en conclut Qaanaaq ».

 

 

Lien vers la fiche du livre sur Babélio

https://www.babelio.com/livres/Mal-Qaanaaq/1043987

 

 

 

« – Monsieur Adriensen, savez-vous quelle pression la gueule d’un ours polaire peut exercer ?

– Non, admit Qaanaaq à regret, agacé d’avance par la leçon de choses annoncée du zoologiste.

– Huit cents kilogrammes par centimètre carré. C’est la deuxième mâchoire la plus puissante du règne animal terrestre, derrière celle du crocodile. Cinq fois plus forte que celle d’un pitbull. Elle est capable d’arracher n’importe quel membre humain d’un seul coup ».

 

 

 

« Au Groenland, aucun prévenu ne restait plus de douze heures consécutives en cellule. Pour ce peuple de chasseurs nomades, la privation de liberté s’apparente à la mort. Par le passé, un nombre important de détenus s’étaient suicidés, d’autres s’étaient simplement laissés mourir de faim ou avaient dépéri de tristesse. C’est pourquoi on n’astreignait désormais les gardés à vue, comme les condamnés, à ne passer que leurs nuits en prison. Le jour, ils étaient libres de circuler comme bon leur semblait, avant de pointer de nouveau le soir suivant, au plus tard à vingt et une heures trente. Certains d’entre eux poursuivaient même une activité professionnelle et une vie familiale parfaitement normales ; rien ne les distinguait en apparence des citoyens ordinaires ».

 

 

 

« Même informel, même amorcé en douceur, un interrogatoire devait être un choc.

Une porte qu’on force pour se servir à l’intérieur ». 

 

 

 

« Certains sentiments sont si universels qu’ils ne sont pas bien difficiles à deviner. Le désir, la compassion, l’amour ».

 

 

 

« Pour ce qu’il en savait, la délinquance de rue était quasiment inexistante au Groenland. L’île, encore intégrée au Danemark sur la scène internationale, affichait en la matière les meilleures statistiques de toute l’Union Européenne. A part peut-être au Vatican, on n’était nulle part plus en sécurité que dans les rues de Nuuk ».

 

 

 

« Elle y ajouta un généreux pourboire et quelques mots de remerciement dans un groenlandais impeccable.

– Vous parlez kalaallisut ?

– Oui… J’ai appris en arrivant ici l’année dernière. Formation intensive.

– Hå, pourtant…

– Je refuse que mon équipe le parle, je sais. C’est différent. Dans ce pays, police et justice sont encore danoises, ne leur en déplaise. Et tant que ce sera le cas, on continuera à exercer leur autorité en danois ».

 

 

 

« Soudain un cri perça le village assoupi, dissipant ses regrets. Étrange mélange de « ou » et de « i », où la stridence le disputait aux claquements de langue. Il se précipita vers le bruit. À deux cents ou trois cents mètres, un traîneau s’échappait hors de la petite agglomération, vers le nord. Vers la banquise. La détonation sèche d’un fouet excitait les chiens qui jappaient à tout rompre. Ils filaient déjà ventre à terre, ivres des grands espaces qui s’ouvraient devant eux à perte de vue ».

 

 

 

« Ils abordaient enfin l’inlandsis. Le plus gros glaçon du monde. De la taille d’un continent. Des millions de mètres cubes de neige compactés en glace au fil des millénaires. Et par-dessus tout : le territoire le moins densément peuplé sur Terre. Pas un village, pas un campement nomade, pas une tente et pour finir pas un seul humain à des centaines de kilomètres à la ronde.

Le vide hostile et absolu ».

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