Ma passion les livres

Partage de mes lectures

M, le bord de l’abîme de Bernard Minier

 

« J’ai lu tous ses courriers électroniques, ses Sms et ses messages sur WhatsApp, j’ai listé tous les films qu’elle a téléchargé au cours des six derniers mois, les musiques qu’elle écoute le plus souvent, j’ai analysé tous ses posts sur les réseaux sociaux et ceux de ses amis, j’ai regardé ses photos sur Instagram et celles de ses contacts. J’ai examiné ses requêtes dans Google et j’aurai bientôt accès à son dossier médical établi par le docteur Kapoor. En vérité, je la connais si bien que je sais aussi qu’elle n’aimera pas certains de mes conseils ».

 

 

Résumé de l’éditeur :

Pourquoi Moïra, une jeune Française, se retrouve-t-elle à Hong Kong chez Ming, le géant chinois du numérique ?

Pourquoi, dès le premier soir, est-elle abordée par la police ?

Pourquoi le Centre, siège ultramoderne de Ming, cache-t-il tant de secrets ?

Pourquoi Moïra se sent-elle en permanence suivie et espionnée ?

Pourquoi les morts violentes se multiplient parmi les employés du Centre – assassinats, accidents, suicides ?

Alors qu’elle démarre à peine sa mission, Moïra acquiert la conviction que la vérité qui l’attend au bout de la nuit sera plus effroyable que le plus terrifiant des cauchemars.

Vertigineux et fascinant.

Le roman d’un monde en construction, le nôtre, où la puissance de la technologie et de l’intelligence artificielle autorise les scénarios les plus noirs. Bienvenue à Hong Kong. Dans la fabrique la plus secrète du monde. Chez M… Au bord de l’abîme…

 

576 p.

 

 

 

« Conscient cependant qu’il vieillissait et que l’entreprise avait besoin de sang neuf, en même temps que de nouveaux marchés, il était allé puiser dans les forces vives de l’ennemi, en débauchant à coups de salaires mirobolants et de participations des experts en intelligence artificielle de Google, de Facebook et de Xiaomi, son rival chinois. Une équipe multiculturelle, pluridisciplinaire. Tous étaient invités à rejoindre le Centre, le laboratoire de recherche et de développement de Ming Incorporated implanté sur la péninsule de Sai Kung : un parc national de 10 500 hectares au nord-est de Hong Kong et des Nouveaux Territoires, couvert de montagnes et de forêts, frangé d’un littoral découpé, de plages de sable blanc, et miraculeusement préservé de la furie immobilière hongkongaise ».

 

 

Lire un Bernard Minier est toujours un plaisir, une expérience… J’avais donc hâte de me plonger dans son dernier : « M, le bord de l’abîme ». Et me voilà replongée, encore, dans le monde du tout informatique, des réseaux sociaux, de l’intelligence artificielle. C’est un phénomène de société et le sujet à la mode dans l’univers des thrillers / polars. On ne peut y échapper. Il est vrai que notre monde tout connecté fait peur avec ses dérives possibles ou déjà avérées. Et notre futur fait parfois froid dans le dos. Et ce n’est pas « M, le bord de l’abîme » qui va nous rassurer. L’intrigue se déroule à Hong-Kong où est basée la société Ming dont le logo est un « M » d’où le titre. On y suit Moïra, jeune informaticienne française, brillante, qui vient prendre son poste dans le prestigieux Centre. Sa mission sera de travailler sur l’intelligence artificielle nommée « Deus ». Elle doit l’humaniser si on peut employer ce terme pour un ordinateur. C’est l’un des grands projets de la société qui semble en avance sur ses concurrents. D’emblée elle est abordée par des policiers hongkongais qui la mettent en garde sur le danger qu’elle court et tente de la persuader, soit de rentrer en France, soit de coopérer avec eux pour fournir des renseignements de l’intérieur. Le contexte dans lequel Moïra arrive est en effet assez anxiogène. Plusieurs jeunes femmes ayant travaillé pour Ming sont mortes assassinées et torturées atrocement. Et là dernièrement, une vient de se suicider en se jetant dans le vide, du sommet de l’une des tours monumentales de la ville. Moïra ne sait plus que penser. Elle se jette à corps perdu dans le travail mais se pose énormément de questions. Les morts continuent. Elle rencontre alors un jeune policier, Chan, qui tente aussi de la faire travailler pour la police.

Voilà en gros l’intrigue, bien ficelée et angoissante à souhait. L’auteur sait nous emmener, nous lecteurs et son héroïne Moïra, sur de nombreuses pistes, et l’on ne sait plus quoi penser. Qui est ce monstre qui viole et qui tue si atrocement ? Que se passe-t-il au Centre Ming ? Qui veut saboter Deus et pourquoi ? Bref les questions sont nombreuses et il vous faudra aller au bout de cette histoire très noire pour enfin comprendre.

J’ai bien aimé l’intrigue, elle est bien menée mais j’ai eu du mal à m’attacher aux personnages car il y avait beaucoup d’éléments « scientifiques », techniques, ce qui m’a un peu gêné pour rentrer dans l’histoire. Dans la deuxième partie du livre, je dirais que cela va mieux, moins de discours techniques et plus d’actions, j’ai préféré.

En conclusion, j’ai bien aimé, mais ce n’est pas, pour moi en tout cas, le meilleur Bernard Minier. Cependant cela vaut le coup, tout de même, de se plonger dans l’univers de Ming et de Bernard Minier.

 

 

 

« Affective Computing. Informatique affective. Internet des émotions. Est-ce que ça ne sonnait pas comme un oxymore ? Comme une fourmi individualiste ou une pierre qui pense ? Pourtant, l’Internet des émotions était le prochain eldorado, le nouveau Graal.

Du reste, des émotions étaient déjà massivement présentes dans les milliards de téraoctets de données récoltées chaque jour par les grandes firmes informatiques sur les habitants de cette planète. Grâce à la vertigineuse puissance de calcul de leurs ordinateurs, Facebook et Google analysaient non seulement tous vos « likes », mais aussi chacune des émotions exprimées dans vos posts et vos mails. Chaque fois que vous étiez en colère, triste, amoureux ou « mort de rire », Facebook et Google le savaient ».

 

 

Lien vers la fiche du livre sur Babélio

https://www.babelio.com/livres/Minier-M-le-bord-de-labime/1119766

 

 

 

 

« Combien de temps ça lui a pris pour enfoncer ses aiguilles une par une ? Le jeune flic est parcouru d’un long tremblement. Il se dit que le type qui est là, dehors, est l’homme le plus dangereux qu’ils aient jamais pourchassé. Et qu’il va recommencer… Que la prochaine fois, ce sera encore plus atroce. Car, à partir de la deuxième victime, le « prince noir de la douleur » a perfectionné sa technique… »

 

 

 

« — Ève, articula-t-il, tu peux appeler Ismaël ?

Tout de suite…

La voix suave – policée mais pas trop – avait jailli des murs. Ève était l’une des deux intelligences artificielles qui géraient la villa : verrouillage des portes et des fenêtres, climatisation, robots-aspirateurs, écrans de télévision, chaînes hi-fi, home cinéma, cave à vin, éclairages, température du bain… L’autre s’appelait Adam. Ming admettait volontiers que ça manquait d’originalité, mais il avait trouvé cela amusant. Et il avait dupliqué les systèmes par mesure de précaution.

On marche bien sur deux jambes ».

 

 

 

« Bon Dieu, vous ne voyez donc pas ce qu’est en train de devenir le monde ? Le monde que nous fabriquons ? Mais ouvre les yeux ! Tu ne vois donc pas ce qu’ils nous préparent avec leurs fermes de calcul, leurs algorithmes et leurs applications ? Un monde où tout un chacun est sous le regard des autres tout le temps, jugé pour le moindre de ses faits et gestes par une armée de petits censeurs, de petits procureurs et de petits dictateurs planqués derrière leurs ordinateurs ! Un monde où si tu émets la moindre opinion divergente tu te fais insulter et tu reçois des menaces de mort. Un monde où les gens se haïssent pour un mot prononcé, pour le quart d’une idée, où il faut tout le temps aux foules des boucs émissaires à brûler et à détester. Où des gosses en poussent d’autres au suicide sur les réseaux sociaux pendant que leurs parents appellent au meurtre, à la haine et à la destruction sur ces mêmes réseaux. C’est ça, le monde dans lequel tu veux vivre ? celui que tu veux pour tes enfants ? Parce que c’est ça le monde que nous sommes en train de leur construire… »

 

 

 

« Le plus grand luxe en ce siècle imbécile et tumultueux était bel et bien le silence ».

 

 

 

« Un sur deux se penchait sur son téléphone, occupé à pianoter ou à lire ses messages, à mater des vidéos sur Facebook ou sur YouTube, à se connecter à WeChat et à Weibo. D’aucuns s’en servaient pour prendre des photos de la soirée. C’était donc ça, leur vie ? Rien que ça ? Un téléphone ? »

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