Ma passion les livres

Partage de mes lectures

La prisonnière du diable de Mireille Calmel

 

« Elle ne devait pas avoir peur. Elle était préparée depuis l’enfance à ce que cela arrive. Préparée comme toutes celles qui l’avaient précédée dans cette salle inconnue de tous sinon de Dieu et de l’Ordre qui veillait sur Sa volonté. Comme elles, comme sa sœur, elle était l’une de ces filles recueillies aux quatre coins du monde par des prêtresses, des nonnes, dans le seul but de lire un jour le message que le Tout-Puissant inscrirait sur cette pierre. Avoir été choisie parmi tant d’autres pour l’attendre avait fait sa fierté ».

 

 

Résumé éditeur :

Quand vengeance et sorcellerie s’entremêlent, seules demeurent la force et la passion

 

Mai 1494, en Égypte.

Une roue de pierre tourne, gardée par un ordre secret.

Lorsqu’elle s’arrête, le nom de celui qui doit mourir apparaît sur la tranche.

Celui dont le diable s’est emparé et qui sera exécuté par l’Ordre.

La volonté de Dieu…

 

Juin 1494, à Utelle, sur les hauteurs de Nice.

Hersande règne sur le sanctuaire de Notre-Dame.

Elle reçoit enfin le billet délivré par la roue.

Mais lorsqu’elle lit le message, elle vacille.

Jamais ce nom n’aurait dû apparaître…

 

Un thriller médiéval vertigineux…

… dans les flammes de l’enfer

 

416 p.

 

 

 

« Elle était restée mariée huit ans à l’être le plus doux et prévenant qu’elle ait pu connaître. Il n’était pas un millimètre de sa peau dont la sienne ne se souvenait, un geste, un rire, une étincelle dans son regard d’encre qu’elle n’aurait pu reproduire en pensée. Droit, fier et noble dans ses actes, amoureux de son métier, talentueux, voici comment le prieur Grimaldi l’avait dépeint à son enterrement. Le vide qu’il laissait en elle était immense. Benoît ne lui apprendrait rien qu’elle ne savait déjà. Parler de lui me fera du bien, reconnut-elle. À moins que ce ne soit qu’une excuse pour m’aborder… Dans ce cas, il en sera pour ses frais ».

 

 

Il y avait longtemps que je n’avais pas lu un livre de Mireille Calmel… Pourtant j’aime beaucoup cette auteure. J’ai adoré « Le lit d’Aliénor » et j’ai été enchantée par « Le chant des sorcières ». Je me suis donc replongée avec délice dans son écriture et ses histoires du Moyen-Age teintées de magie et de sorcellerie. J’aime comme elle sait nous rendre attachants ses personnages et en particulier ses héroïnes. Ici, nous suivons, entre autres, Myriam, jeune femme courageuse, déjà maman de deux enfants, Margaux et Antoine, enceinte, sur le point d’accoucher. Elle est aussi une veuve inconsolable de son mari Pascal, tombé d’un échafaudage quelques mois auparavant. Il était tailleur de pierre. Myriam, malgré sa douleur, essaie de faire face pour sa famille et doit lutter contre le Baron Raphaël qui veut lui reprendre sa maison, si elle n’arrive pas à payer ses dettes. Il voudrait également lui prendre son enfant à naître, pour une raison inconnue. Elle se bat farouchement et malgré son état, travaille à la taverne du village pour faire vivre sa famille et essayer de trouver l’argent pour garder sa maison, construite par Pascal. Dans cette taverne, elle est entourée par une famille d’adoption aimante. On suit également la communauté du sanctuaire de Notre-Dame dirigé par Hersande, également femme de caractère.

Dans ce village apparemment sans histoire, va se dérouler un drame. Une étrangère, une Egyptienne, qui est venue remettre un message secret à Hersande, est sauvagement assassinée. Ce message venait de l’Ordre pour délivrer le nom de la personne, prisonnière du Diable, qui doit donc être exécutée par l’exécuteur divin, pour sauver son âme.

Qui doit être exécuté ? Qui est l’exécuteur divin ? Le Diable n’est-il pas déjà dans la place ? Les évènements étranges et dramatiques se succèdent… Jusqu’au bout Mireille Calmel nous tient en haleine et tisse une intrigue bien menée et palpitante. C’est en même temps, une belle histoire humaine, avec des amitiés, des trahisons, du courage, de l’amour, de la passion… Bref, une belle aventure et un joli moment de lecture. Je recommande.

 

 

 

« Vésubie, Utelle

Sanctuaire de Notre-Dame

20 juin 1494

Sept heures du soir

 

Le tintement joyeux de la cloche de la chapelle emplit l’air parfumé, répondant à celui, assourdi, de ses sœurs de la vallée.

Vêpres, sourit Hersande en humant avec gourmandise l’odeur du pain chaud qui se dégageait du four situé à une trentaine de pas.

Ici, dans ces montagnes, le début de l’été était toujours enchanteur. Thym, origan, sarriette, romarin… Le moindre souffle appelait à fleurir une assiette.

Cumulant les fonctions d’herboriste et de révérende mère de cette petite communauté de femmes, elle passait d’une activité à l’autre sans bouder son plaisir. Mais cela lui laissait peu de temps pour le repos ».

 

 

Lien vers la fiche du livre sur Babélio

https://www.babelio.com/livres/Calmel-La-prisonniere-du-Diable/1142205

 

 

 

 

« Le diable. Qui d’autre aurait voulu punir Anabeth ?

Elle revit l’ombre sur le mur du réfectoire, le visage cornu rougeoyant de flammes.

Il est là. Déjà… Pour m’empêcher de délivrer le message ?

Elle devait savoir qui Satan entendait protéger au point de sortir des enfers avant l’heure. Qui était son ou sa prisonnière, cet être à l’âme pervertie qui participerait un jour au règne des ténèbres sur Terre.

Elle se jeta sur le billet, déchira le scellé.

Un nom. Une date.

Il lui sembla que le sol se dérobait sous ses pieds.

Lorsque Camilla entra dans la pièce après avoir longuement frappé, elle trouva l’Égyptienne dévastée et Hersande toujours hébétée ».

 

 

 

« Jacquot plaça un bras autour de ses épaules et l’éloigna du passage.

— Regarde-moi, insista-t-il.

Elle obéit, vaincue, même si elle cherchait encore à contenir son désarroi, autant que cette douleur sous son crâne.

— Je sais que tu es attachée à cette maison, qu’elle fait partie de ton histoire avec Pascal. Seulement, il est des choses contre lesquelles on ne peut lutter. Sache qu’il y a ici une chambre pour toi et tes enfants et qu’elle ne te coûtera rien aussi longtemps que tu voudras y rester.

Touchée, Myriam refoula plus encore ce sanglot qui lui remontait la gorge. Jacquot l’attira contre lui, au mépris des taches qui maculaient son jabot. Il se pencha à son oreille.

— Tu te souviens quand tu venais, toute petiote, plonger ton doigt dans mes crèmes ? J’aime quand Antoine fait de même. J’aime le rire de Margaux qui me rappelle le tien. Leur présence me sera fête. Nous sera fête. Alors apaise-toi, fais ce que tu dois en ton âme et conscience. Mais apaise-toi. Compris ?

Il la repoussa à bout de bras. Elle hocha la tête, bouleversée par sa tendresse, cette tendresse qui la berçait depuis l’enfance ».

 

 

 

« Son cœur se serra.

Si je venais à les perdre, elle, Antoine, ou mon bébé…

Instinctivement, elle porta une main à son ventre, frôla le dos du garçonnet. Il se contorsionna aussitôt.

— Tiens-toi tranquille, tu vas lui faire mal, le tança sa sœur en dépotant les bols de terre cuite rangés l’un dans l’autre.

— Mais ça chatouille ! continua-t-il de rire.

— Tout va bien, Margaux, intervint Myriam.

Elle devait coûte que coûte ramener de la joie, de la légèreté dans cette maison. Et sur les traits de sa fille trop tôt durcis par le poids des responsabilités, du chagrin et de l’anxiété. D’autant qu’Antoine cherchait aussi bien le jeu que la confrontation avec sa sœur. Du haut de ses cinq ans, il ne mesurait pas encore ce qu’elle pouvait éprouver ».

 

 

 

« — Je l’ai trouvée dans la combe. Tout près de chez toi, annonça-t-il en faisant glisser le cadavre à terre, comme un cadeau.

Myriam sentit son estomac se révulser, un vertige l’aspirer. Son regard engloba ce tableau dément avant de se figer sur l’intérieur de la paume de la malheureuse.

Une croix dans un triangle.

Elle s’affaissa sur elle-même comme une fleur fanée, les jambes et le souffle coupés, précipitant aussitôt les filles à sa rescousse.

Ce symbole, enregistra-t-elle avant de perdre connaissance dans le hurlement de Catherine.

Elle l’avait déjà vu.

Elle savait ce qu’il impliquait ».

 

 

 

« Elle releva la tête en entendant jaillir des pleurs de nouveau-né.

Tout aussi surpris, Raphaël souleva le tissu. Il n’enveloppait plus qu’un enfant minuscule. D’apparence normale cette fois.

Mais il ne se laissa pas tromper.

Cette chose n’était pas humaine.

— Sois maudit ! cracha-t-elle devant son air vainqueur.

Il était déjà dehors ».

Un commentaire sur “La prisonnière du diable de Mireille Calmel

  1. Pingback: Bilan : Top 2019 de mes lectures et très belle année 2020 | Ma passion les livres

Votre commentaire

Choisissez une méthode de connexion pour poster votre commentaire:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.

je lis

Ce document a été créé et certifié chez IGS-CP, Charente (16)

%d blogueurs aiment cette page :