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Sans pitié ni remords de Nicolas Lebel

 

« On se remet de tout, surtout parce qu’on n’a pas le choix… »

 

 

Résumé éditeur :

9 novembre, cimetière du Montparnasse. Le capitaine Mehrlicht assiste, en compagnie de son équipe, aux obsèques de son meilleur ami, Jacques Morel. Quelques heures plus tard, il se retrouve dans le bureau d’un notaire qui lui remet, comme « héritage », une enveloppe contenant un diamant brut. Il s’agit de l’un des yeux d’une statue africaine, le Gardien des Esprits, dérobée dix ans auparavant lors du déménagement du Musée des arts africains et océaniens, que Jacques avait supervisé, et recherchée depuis par la « Police de l’Art ». Merlicht prend un congé et son équipe se retrouve sous le commandement du capitaine Cuvier, un type imbuvable aux multiples casseroles, quand les inspecteurs Latour et Dossantos sont appelés sur la scène de l’apparent suicide d’un retraité. Quelques heures plus tard, ils assistent impuissants à la défenestration d’une femme qui, se sentant menacée, avait demandé la protection de la police. Les deux « suicidés » avaient un point commun : ils travaillaient ensemble au MAOO lors de son déménagement. Ces événements marquent le début de 48 heures de folie qui vont entraîner Mehrlicht et son équipe dans une course contre la montre, sur la piste de meurtriers dont la cruauté et la détermination trouvent leur origine dans leur passé de légionnaires. Une enquête sous haute tension, dans laquelle débordent la fureur et les échos des conflits qui bouleversent le monde en ce début de XXIe siècle.

 

384 p.

 

 

 

« La vérité était toujours un problème dès qu’il s’agissait de la révéler à des gens qui ne voulaient pas l’entendre ».

 

 

Bon, aussi vite découvert l’univers de Nicolas Lebel avec « Le jour des morts », je me suis précipitée sur « Sans pitié ni remords ». Et hop, encore un sacré gros coup de cœur pour le capitaine Mehrlicht et son équipe. Humour noir et tendresse pour ses personnages, décidément le cocktail de Nicolas Lebel me plaît bien.

On avait terminé le précédent polar avec le décès du grand ami du capitaine Mehrlicht, Jacques Morel, et l’on commence celui-ci par son enterrement. Logique. Le capitaine doit partir, après l’enterrement et la lecture du testament, en vacances dans le Limousin, retrouver Mado connue lors de l’enquête précédente, dite de l’empoisonneuse. Mais il sera dit que ce n’est pas aussi simple de partir en vacances… tout se complique pour le capitaine Mehrlicht qui se retrouve dans une vraie chasse au trésor concoctée par son facétieux ami Jacques… trésor volé il y a quelques années lors de son transfert au Musée des arts premiers, quai Branly. Pour le capitaine Mehrlicht, il faut sauver l’honneur de son ami, son alter ego. Cette recherche se télescope avec une enquête menée par ses lieutenants Latour et Dossantos sous la coupe d’un nouveau chef de groupe (incompétent, raciste et pervers) durant l’absence du capitaine Mehrlicht. Pas de temps mort dans cette intrigue qui tirent ses origines dans le monde de l’art, rattrapée par le monde du grand banditisme et de mercenaires, anciens légionnaires violents et toxicomanes. L’heure est aux règlements de comptes teintés de folie. Malgré une tendresse évidente pour ses personnages et beaucoup d’humour (dont l’auteur se sert pour asséner pas mal de vérités bien senties sur notre société) la traque est sanglante et bien menée. Jusqu’au bout, on se demande comment tout cela peut se terminer. Bref, vraiment bien ! Et perso, je vais continuer à découvrir cet auteur et tout son petit monde très chouette ! Je recommande vivement.

 

 

 

« Parlons-en de l’air du temps, putain ! Il a une sale odeur. Ça fait trente ans qu’on progresse vers la pestilence avec une indignation courtoise. On peut traiter une ministre de la Justice de « singe » et lui jeter des bananes parce qu’elle est noire, on peut appeler « ayatollah » une ministre de l’Éducation nationale parce qu’elle est d’origine marocaine. Il y a trente ans, on pouvait rire de l’autre, on pouvait même rire avec lui. Je me souviens des Smaïn, des Coluche, des Boujenah, des Desproges, des Fellag et d’autres qui endossaient le rôle de l’autre, de l’étranger, avec plus ou moins de talent, et se marraient d’eux, de nous, du choc de la rencontre. Finalement, de l’homme dans tous ses états. Aujourd’hui, les fachos de tout poil ont distillé le pire de ces différences pour faire de cette moquerie fraternelle une haine politique. On parlait hier de Branly et du musée des Colonies. Aujourd’hui, en France, on laisse revenir les conceptions colonialistes des années 30, dignes de Hergé : on jette des bananes au Noir ; l’Arabe est jihadiste ou délinquant. Je repense à Sarkozy qui voulait renvoyer les délinquants dans leur pays, comme s’il y avait un pays dont les habitants sont les Délinquants ! On a morcelé l’espèce humaine en groupuscules rivaux pour mieux nous monter les uns contre les autres : les Noirs, les Jaunes, les Arabes, les Juifs, les homos, les fonctionnaires, les riches, les communistes, les rentiers, les retraités, les banquiers, les francs-maçons, les politiques, les chômeurs, les Roms, les intégristes, les profiteurs… À la fin de la journée, on a tellement d’ennemis qu’on ne sait plus qui on doit haïr en priorité ! Heureusement qu’il y a le « 20 heures » pour nous donner des repères ! »

 

 

Lien vers la fiche du livre sur Babélio

https://www.babelio.com/livres/Lebel-Sans-pitie-ni-remords/734713

 

 

 

« Mehrlicht jeta un dernier coup d’œil à la pierre tombale choisie par son ami, une stèle noire luisante où l’on pouvait lire en lettres blanches :

Jacques Morel 1958 – 2014

Cynique jusque dans la mort, il avait fait ajouter en dessous et en gros caractères, un glaçant « A tout à l’heure ! » qui ne manquerait pas de scandaliser les passants ».

 

 

 

« — Mais je bois parce que je suis triste… Et il y a pas pire cocktail que d’être triste et sobre… Les Irlandais, ils enterrent leurs morts et ils filent au pub pour se poivrer le nez et chanter des chansons. Et personne leur dit rien !

— T’es pas irlandais, que je sache ».

 

 

 

« Les doutes sont des ennemis rusés, prêts à toutes les bassesses pour vous surprendre et vous détruire ».

 

 

 

« — Mais qu’est-ce qui t’est arrivé ? Tu t’es fait tamponner le tarin ? T’as la trogne en bouillie…

— Oui… L’entraînement.

— L’entraînement ? Mais vous vous roulez dessus en tracteur ou quoi ? »

 

 

 

« Kabongo déporta la voiture sur la droite en vue de la sortie. Après quelques minutes, sous l’égide de Mehrlicht, il trouva la rue Charles-Baudelaire.

— Jacques a acheté un appart’ dans la rue qui portait le nom de son poète préféré, commenta Mehrlicht en souriant. Heureusement que c’était pas Montaigne, son auteur favori ! Ça lui aurait coûté la peau des yeux ! »

 

 

 

« — Mickael, les gens se butent depuis que le monde est monde : une habitude pareille, on met du temps à la perdre… Faut que tu arrêtes tes sports violents et que tu t’essayes à la pétanque ou au tricot, mon coco ».

 

 

 

« Tout était simple avec Mado, c’est ce qu’il appréciait chez elle. Une manière de voir les choses telles qu’elles étaient et de faire avec, sans se soucier de ce qu’elles avaient été ou de ce qu’elles auraient pu être… Un pragmatisme acharné pour fabriquer du bonheur au présent, contre vents et marées ».

 

 

 

« Les hommes se répartissent naturellement en trois classes : les vaniteux, les orgueilleux et les autres. Je n’ai jamais rencontré les autres ».

 

 

 

« — Bref… Les Chinois attachaient le condamné à un poteau sur la place du village, et le bourreau le gavait d’opium. Après quelques minutes, le temps que ça fasse effet, le gars était complètement stone : il chantait, riait… Comme toi en Afghanistan, tu te souviens ? La fiesta à Kaboul ?

Le Russe sourit et opina.

— Alors le bourreau se mettait au travail, et la foule gueulait pour l’encourager. Il prenait une lame aiguisée et découpait cent morceaux. C’est pour ça qu’on l’appelle « supplice des cent morceaux ». »

3 commentaires sur “Sans pitié ni remords de Nicolas Lebel

  1. lecturesdudimanche
    12 août 2019

    Ha, moi aussi j’ai succombé au charme caché de cet enquêteur hors norme !

    Aimé par 1 personne

  2. Pingback: Bilan : Top 2019 de mes lectures et très belle année 2020 | Ma passion les livres

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Cette entrée a été publiée le 28 juillet 2019 par dans mes coups de coeur, Mes lectures, polar, policier, Thriller, et est taguée , , , , , , , , , .

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