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Cogito de Victor Dixen

 

« – Mais depuis quelques années, nous sommes aussi les pionniers d’une toute nouvelle technologie fonctionnant en sens inverse : non pas l’IA inspirée du cerveau humain, mais l’IA appliquée au cerveau humain. Comme l’explique Damien Prinz dans ses discours visionnaires, c’est là la nouvelle frontière de la cybernétique : la programmation neuronale ! Repousser les limites mentales de notre espèce grâce à la science ! Or, nous obtenons nos résultats les plus spectaculaires sur des patients comme vous…

– … l’intelligence artificielle pour soigner la bêtise naturelle, c’est ça l’idée de Damien Prinz ? je lâche, incapable de me contenir plus longtemps. Une demeurée comme moi, ça doit être le jackpot pour vous, non ? Pas la peine d’en rajouter, j’ai compris le tableau ».

 

 

Résumé éditeur :

Un don du ciel…

Roxane, dix-huit ans, a plongé dans la délinquance quand ses parents ont perdu leur emploi, remplacés par des robots. Sa dernière chance de décrocher le Brevet d’Accès aux Corporations : un stage de programmation neuronale, une nouvelle technologie promettant de transformer n’importe qui en génie.

…ou un pacte avec le diable ?

Pour les vacances de printemps, Roxane s’envole pour les îles Fortunées, un archipel tropical futuriste entièrement dédié au cyber-bachotage. Mais cette méthode expérimentale qui utilise l’intelligence artificielle pour « améliorer » la substance même de l’esprit humain est-elle vraiment sûre ? En offrant son cerveau à la science, Roxane a-t-elle vendu son âme au diable ?

Demain, l’intelligence artificielle envahira toutes les strates de la société.

L’ultime frontière sera notre cerveau.

 

544 p.

 

 

 

« Comme si j’avais été assez folle pour lui dire que je postulais chez l’ennemi ! Ma présence ici relève de la haute trahison. C’est une intelligence artificielle produite par Noosynth qui a remplacé mon père à la compatibilité du siège d’Urbanex, et c’est aussi une IA de chez eux qui gère le service « entretien » du Bois-Joli…

HygéIA, qu’elle s’appelle (Noosynth affuble ses programmes de noms ridicules issus de la mythologie – Hygéia était la déesse de l’hygiène chez les Grecs, si j’ai bien compris). Ramassage programmé des poubelles ; changement des ampoules d’éclairage écologique ; décapage des trottoirs à l’air comprimé – les robots font le gros œuvre, entièrement automatisé. Mais il y a toujours des petits trucs qui déconnent, des imprévus bien crades : le sac-poubelle qui éclate avant qu’un bras articulé le jette dans la benne ; le piaf venu se cramer en haut d’un pylône d’éclairage ; le vieux chewing-gum dégueu incrusté dans le trottoir depuis des lustres… C’est là que les humains entrent en scène, pour ramasser la merde que même les robots ne veulent pas toucher ».

 

 

Et hop un bon roman d’anticipation sur un sujet dans l’air du temps, l’humanité face aux IA, pour changer un peu des polars et thrillers… Découverte pour moi de l’auteur, Victor Dixen, et pour tout dire, bonne pioche !

J’ai beaucoup aimé suivre Roxane et ses nouveaux « amis », stagiaires comme elle sur les Iles Fortunées créées par Damien Prinz, le fondateur de Noosynth, la société qui gère la majorité des IA qui ont envahi toutes les strates de l’humanité. Dans ce monde d’un futur proche, où les changements climatiques ont déjà fait des ravages, les robots font partie de la société, ils aident ou supplantent complètement les humains, leur prenant, entre autres, leurs emplois. Une société fracturée est née : Ceux qui ont encore un emploi, une minorité riche qui vit dans des cités perchées en hauteur, ceux qui n’en ont plus et qui vivent dans les bas-fonds des villes, et ceux qui ont décidé de vivre sans technologie, loin des IA, en zone franche (en Lozère) entourée d’une frontière infranchissable. Roxane vit au Bois-Joli, qui n’a de joli que le nom. Ses parents ont été déclassés après que des IA leur aient pris leur travail, et ils sont devenus des auxis. Sa mère est morte il y a 3 ans, fauchée par une voiture. Rox est en pleine rébellion contre son père, alcoolique, à qui elle reproche la mort de sa mère, contre l’école, contre les robots qu’elles surnomment les pantins, qui ont pris les emplois de ses parents… C’est dans ce contexte qu’elle obtient une bourse pour un stage d’une semaine proposée par Noosynth pour « bachoter » et ainsi avoir la possibilité d’obtenir son BAC (brevet d’accès aux corporations)… et oui l’Education Nationale a bien changé elle aussi… Le BAC permet d’intégrer des corporations pour avoir un emploi. Durant ce stage, il ne sera pas question de travailler, mais plutôt « d’ingurgiter » en dormant toutes les connaissances nécessaires à l’obtention du BAC. En effet, des neurobots vont être injectés aux stagiaires et les connaissances leurs seront transmises via la WIFI directement à leurs cerveaux durant leur sommeil. Et dès le lendemain matin, ils auront « acquis » une partie du programme. Un simple copié-collé en quelque sorte. Voici le contexte. Tout le piment du livre vient essentiellement des relations qui vont s’établir entre les stagiaires, d’un côté 27 stagiaires issus des familles les plus riches de France dont les parents ont payé une petite fortune pour ce stage pour que leurs rejetons obtiennent au moins leur BAC avant de diriger l’entreprise familiale, et de l’autre 3 boursiers qui viennent de milieux beaucoup plus défavorisés, Roxane donc, Faune, un affranchi et Lorrenzo dont les parents viennent d’être mis en prison pour escroquerie et qui ont donc perdu toute leur fortune. Tous ces jeunes vont beaucoup évoluer à tous niveaux durant ce stage qui paraissait idyllique au départ et qui peu à peu va se transformer en véritable cauchemar. J’ai aimé ce récit qui est haletant, bien écrit et agréable à lire. De nombreux rebondissements ponctuent l’histoire ainsi que des réflexions sur la vie, notre condition d’humain, les IA, la différence, les relations humaines… Bien que la fin soit un peu idéaliste et peu réaliste, – mais nous sommes dans une fiction donc on peut rêver ! -, c’est un joli coup de cœur que « Cogito » et cela me donne bien envie de découvrir un peu plus cet auteur.

 

 

 

« Séparées, on est vulnérables, des chiennes errantes à la merci de la fourrière. Mais ensemble, on est invincibles. On peut se faufiler dans les brèches de ce monde pourri, en vider les poubelles quand ça nous chante, effrayer le bourgeois à la nuit tombée. On n’a rien à attendre de la société : ce qu’on veut, faut qu’on l’arrache. Ta vraie, ta seule famille, c’est nous, les Clébardes. C’est la meute ».

 

 

Lien vers la fiche du livre sur Babélio

https://www.babelio.com/livres/Dixen-Cogito/1141899

 

 

 

« On passe devant un kiosque à café, puis une borne-librairie proposant des best-sellers à télécharger. L’écran d’affichage fait la pub du dernier roman à la mode, dans plusieurs langues. En français, ça donne : Loin des yeux, près du cœur, signé par ScribIA, « l’intelligence artificielle aux cent millions de lecteurs ». Il y a même une option « autofiction », qui se connecte aux réseaux sociaux du lecteur pour formater le personnage principal d’après lui, et les personnages secondaires d’après ses amis… »

 

 

 

« « Je m’appelle Lorenzo, elle c’est Roxane. Et toi ?

– Faune, lâche le rouquin.

– Faune ? Tu veux dire comme la faune et la flore ?

– Non : comme les anciens génies des bois, mi-hommes mi-boucs…

– Eh ben dis donc, tes parents t’ont fait un joli cadeau, là ! Un prénom à devenir chèvre ! » »

 

 

 

« « Aujourd’hui, samedi 15 avril : Injection. Cent mille neurobots sont transfusés directement dans la veine jugulaire de chaque stagiaire, dans le cadre stérile de la clinique. Ces modules d’un diamètre de quelques microns seulement remontent la circulation sanguine pour venir se déposer à la surface du cerveau.

« De la nuit du samedi 15 avril à la nuit du vendredi 21 avril : Programmation. OmnIA lance le programme de révision, contenu dans les bases de données de l’île Lovelace et transmis en continu à l’antenne omnidirectionnelle. Celle-ci convertit les informations en ondes wi-fi, d’après le protocole CBTP – Computer-Brain Transfer Protocol. Les neurobots font office de récepteurs et d’amplificateurs, répercutant les stimulations électriques dans les zones d’apprentissage de l’encéphale. C’est ainsi que les connaissances sont directement transférées depuis nos serveurs jusque dans vos cerveaux ».

 

 

 

« « On a eu un truc, lui et moi…, finit-elle par avouer à contrecœur. Pendant une soirée au Monarque, à Noël dernier, on était tous les deux bourrés… »

De l’autre côté du feu, les yeux de Greg brillent d’un éclat nostalgique, laissant supposer qu’il aimerait bien remettre ça. D’un geste réflexe, il lisse ses tempes pour mieux bomber sa pompadour, tel un coq gonflant sa crête. Mais Apolline tranche d’une voix sèche :

« C’est de l’histoire ancienne. Les mecs, c’est comme les robes de soirées : je ne m’affiche jamais deux fois avec le même, ce serait de mauvais goût. Dossier classé. Au suivant. » »

 

 

 

« Vous savez comme moi qu’en échange des dons, il y a toujours un sacrifice. Blanche Neige, qui est la plus belle du royaume, mord dans une pomme empoisonnée et perd connaissance. La Belle au bois dormant, bénie des fées, se pique le doigt sur un fuseau et s’endort pour cent ans. D’où ma question : quel est le prix à payer pour tous les dons que vous nous offrez ? »

 

 

 

« Celle que j’étais

Est morte pour faire naître

Celle que je suis »

 

 

 

« Depuis le début de ce stage, tout le monde se fout de moi, quand je préviens que toute loi risque d’être contournée. Tout le monde me traite d’allumé, quand je dis que les IA finiront par se rebeller. Et tout le monde considère que mes films de SF sont des histoires à dormir debout. Mais c’est à ça que servent les histoires, justement : à se préparer au pire, à extraire du sens, à entrevoir les possibles ! »

 

 

 

« La pensée est toujours incarnée, et on ne pourra jamais la traduire dans un langage informatique ».

 

 

 

« Je suis devenue adulte dans une civilisation qui ne peut plus vivre sans les machines, mais qui ne supporte plus de vivre avec ».

Un commentaire sur “Cogito de Victor Dixen

  1. Pingback: Victor Dixen – Cogito | Sin City

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