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Le Roi Fol de Laurent Decaux

 

« Le 1er novembre 1388, au retour d’une expédition contre le duc de Gueldre, le jeune Charles VI a chassé ses oncles qui s’octroyaient tous les pouvoirs depuis la mort du feu roi.

Quelques jours plus tard, les ducs de Bourgogne et de Berry quittent Paris, tandis que Charles y rappelle les anciens conseillers de son père.

Bureau de La Rivière, Jean de Montaigu, Renaud Le Mercier, tous ces serviteurs de modeste origine ont brillé sous l’ancien règne. Le roi sage, ainsi qu’on surnommait Charles V, leur devait beaucoup. Ils siégeront désormais avec son fils ».

 

 

Résumé éditeur :

Au début de l’année 1392, tous les rêves sont permis à Charles VI. La reine Isabeau vient d’accoucher d’un fils, le pays retrouve la prospérité, la guerre avec l’Angleterre touche à sa fin. Mais, en quelques mois, un scandale d’adultère, un attentat contre son premier ministre, une maladie inexplicable s’abattent sur le jeune roi.

Charles diminué par ses crises de démence, les factieux s’agitent en coulisse. À la cour, le vice est l’affaire de tous et l’ambition n’est pas l’apanage des grands. Dans l’incroyable entreprise de démolition d’un règne, le spéculateur Nicolas Flamel, l’Italienne Valentine Visconti, le peintre Paul de Limbourg et le cuisinier Taillevent auront tous un rôle à jouer.

La France en sera quitte pour cinquante années de chaos.

Complots, joutes sanglantes, plaisirs débridés, Le Roi fol est le roman d’une France médiévale exaltée, soumise à toutes les passions.

 

336 p.

 

 

 

« – Les Anglais ? Ainsi, Richard le bougre a débarqué ?

Clisson avait passé la moitié de sa vie dans des casernes ; il s’adressait à ses amis comme il parlait à ses soldats.

– Si tu veux parler du roi d’Angleterre, grinça La Rivière, nous l’attendons toujours. Mais Richard a dépêché Woodstock et Lancastre, qui siègent à son Conseil étroit.

Clisson fronça les sourcils.

– Les oncles du roi d’Angleterre ne valent pas mieux que ceux du roi de France… Les négociations n’ont guère dû avancer depuis qu’ils ont passé la Manche.

– En effet, dit Bureau de La Rivière. Le roi s’épuise en vaines entrevues. Aujourd’hui même, Lancastre et Woodstock ont demandé le paiement de la rançon du roi Jean, comme préalable à l’ouverture des pourparlers.

– Par saint Thurien ! Ils oublient qu’à l’époque, les Etats se saignèrent jusqu’à l’os pour faire libérer le roi ! »

 

 

Ce livre a retenu mon attention lors de la rentrée littéraire. J’avais loupé le premier ouvrage du fils d’Alain Decaux et j’avoue que j’étais curieuse de le découvrir et de me rendre compte du talent du fils. Quand l’occasion s’est présentée grâce à une masse critique proposée par Babélio, j’ai tenté ma chance… Et me voici avec « Le roi fol ». J’en profite pour remercier vivement Babélio et les éditions XO pour cet envoi.

Je connais peu, j’avoue, l’Histoire du Moyen-Age. Un roman historique est un bon moyen pour le découvrir de manière agréable. Ici, avec un petit moment auprès de Charles VI, jeune homme fragile quand il monte sur le trône au décès de son père, Charles V, dit le sage. Il est alors sous la coupe des deux frères de son père, les ducs de Berry et de Bourgogne qui ne voient que leurs intérêts et non ceux de la France et de son peuple. Charles VI finit par avoir la bonne idée de les congédier pour reprendre à son service des anciens conseillers de son père, qui ont le goût du bien du peuple français. Mais les complots et les intrigues se multiplient à la cour contre le roi et ses conseillers, les Marmousets. Le roi tente en vain de faire la paix avec les Anglais, son frère Louis d’Orléans veut le convaincre de partir en croisade contre le pape romain pour établir celui d’Avignon, leurs oncles veulent revenir au pouvoir, la reine Isabeau frivole et adultère complote également… Bref, la situation du roi n’est pas stable et sa santé se détériore. En effet, il semble souffrir du même mal que sa mère, Jeanne la folle, ce qui lui donne des crises d’hallucinations et de démence et le laisse dans des périodes de passages à vide. On suit également la jeune Florie, petite fille de Bureau de La Rivière, qui rencontre un jeune peintre talentueux, Paul de Limbourg, dont elle tombe amoureuse. Ce roman nous fait découvrir la vie à la cour et ses coulisses, la vie en France en 1388. C’est un livre agréable à lire et intéressant. Petits bémols, j’aurais aimé qu’il soit un peu plus long, un peu plus fouillé… J’ai trouvé que l’auteur était resté un peu trop en superficie des personnages et de l’histoire. On ne sait pas ce que va devenir le roi en fin de compte. On craint pour lui… Malgré ces petits bémols, c’est un livre bien écrit et à découvrir si on s’intéresse un peu à l’Histoire de France.

 

 

 

« – Les Anglais n’abandonneront jamais leur allié romain, dit Charles. Une croisade en faveur du pape d’Avignon rendrait la paix caduque…

– Quelle paix, messire ? Voilà un mois que le roi d’Angleterre annonce sa venue, un mois qu’il vous fait patienter et rend plus patente votre humiliation !

Le roi baissa les yeux. Son humeur avait changé.

– Naguère, vous me parliez en frère, soupira-t-il, désormais vous me parlez en baron.

– Avant d’être mon frère, vous êtes roi, répondit sèchement Louis. Avant d’être votre frère, je suis baron.

Charles hocha la tête tristement. Depuis quelques mois, Louis lui livrait une guerre sourde qui ne semblait pas avoir de fin. Et pourtant, naguère, que ces deux frères s’étaient aimés ! »

 

 

Lien vers la fiche du livre sur Babélio

https://www.babelio.com/livres/Decaux-Le-Roi-Fol/1156975

 

 

 

« Florie jeta à son grand-père un sourire où perçait un reproche. Elle n’aimait pas être complimentée.

– Oui, tu es belle, insista le vieillard. Est-ce un crime de le faire remarquer ?

Blonde, petite, vive, les pommettes un peu trop hautes, les yeux un peu trop grands, Florie n’était pas belle, elle était jolie.

– Suis-je bien obligée d’aller à cette fête ? demanda-t-elle d’une voix résignée.

– Vais-je encore devoir t’excuser ? répondit Bureau. Tu as seize ans, Florie ; il est temps d’affronter le monde…

La jeune fille détourna la tête.

– Je n’aime pas ce monde. Qu’y ferais-je ? Il n’est pas le mien.

– Eh bien, pour commencer, tu pourrais t’y faire des amis.

Depuis deux ans qu’elle avait rejoint Paris, son grand-père lui avait présenté bien des enfants d’amis nobles ou d’officiers royaux. Mais ces adolescents, jugeant la jeune fille d’après ses robes et ses souliers, l’avaient prise pour une provinciale arriérée. Florie n’avait rien fait pour les détromper. Ces filles et fils de grande maison étaient stupides et superficiels ; leur seule occupation consistait à railler tous ceux qui leur étaient inférieurs ou ne leur ressemblaient pas ».

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