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Paz de Caryl Ferey

 

« Ex-acteurs du conflit recyclés dans le privé, groupes armés d’extrême gauche ou droite toujours en exercice, délinquants manipulés, narcos, capos mafieux et sicarios, tout ce que la Colombie comptait de criminels était susceptible d’avoir planifié pareille boucherie. Jusqu’à présent rien n’expliquait ces meurtres sauvages, mais la coupe du « vase à fleurs » était un marqueur, tout comme l’exposition publique du corps, relents des massacres qui avaient précipité le pays dans la guerre civile : la Violencia ».

 

 

Résumé éditeur :

Un vieux requin de la politique.

Un ancien officier des forces spéciales désormais chef de la police de Bogotá.

Un combattant des FARC qui a déposé les armes.

Un père, deux fils, une tragédie familiale sur fond de guérilla colombienne.

 

544 p.

 

Résumé 2 :

Pour la première fois depuis des décennies, paramilitaires, FARC et narcotrafiquants ont déposé les armes et sont sur le point d’aboutir à un accord de paix. La guerre civile aura laissé derrière elle des milliers de morts et de disparus.

En politicien avisé, Saul Bagader a réussi à s’arroger une place de choix auprès des artisans de la paix. Mais des corps mutilés rappelant les pires heures de la Violencia sont retrouvés aux quatre coins du pays.

Lautaro Bagader, fils de Saul et ancien militaire désormais chef de la police de Bogota, ne sait sur qui porter ses soupçons : narcos, anciens Farc ou paramilitaires opposés au processus de paix ? Il doit impérativement faire cesser l’hécatombe au plus vite, avant que la presse ne s’en mêle, même si, pour cela, il doit ouvrir cette boîte de Pandore qu’est son histoire familiale.

 

 

 

« On lui disait qu’elle finirait mal, elle répondait qu’il était facile d’abdiquer en Colombie et refusait de vivre comme une autruche parmi les hyènes qui se nourrissaient de la charogne – trois cent mille civils assassinés depuis le début du conflit, six millions de déplacés, record à battre ».

 

 

Le dernier Caryl Ferey est arrivé ! Et perso, je ne résiste jamais à l’appel de Caryl Ferey… et cela depuis la découverte incroyable de son écriture avec « Zulu » !!

Après l’Argentine et le Chili, il nous emmène encore en Amérique du Sud, et cette fois-ci, c’est en Colombie… Mais quel pays ! Pourtant avec Caryl, on est habitué à partir à sa suite dans des pays à l’histoire violente et cruelle (Afrique du Sud, Nouvelle-Zélande, Argentine, Chili….) mais là j’avoue qu’avec la Colombie cela dépasse tout… C’est un pays bouffé de l’intérieur par la violence, la corruption, la pauvreté, la drogue, où la vie et la souffrance humaines ne valent absolument rien. C’est désespérant, étouffant, navrant, révoltant, triste…. Honnêtement je ne sais pas comment ce pays va pouvoir s’en sortir, se relever avec un tel passé et une telle situation actuelle. Dans les autres destinations décrites par Caryl Ferey, il y avait tout de même un peu d’espoir… Nelson Mandela pour l’Afrique du Sud, des tentatives de réconciliation et des enquêtes pour l’Argentine etc. Mais là, rien… La drogue, des mines illégales, la corruption… tout est trop ancré dans le pays depuis de si longues années. Du coup, j’ai eu un peu de mal à rentrer dans l’histoire. Trop dur et trop d’infos à ingurgiter. J’ai fini par réussir à m’attacher aux personnages malgré la désespérance de la description de cette misère humaine et de cette cruauté. On retrouve trois hommes d’une même famille, les Bagader. Saul, le père. Patriarche très puissant, politicien « investi » dans le processus de paix qui tente de se mettre en place en Colombie. Lautaro et Angel, ses deux fils. L’un ancien militaire (voire paramilitaire) cruel et efficace, à la tête de la police à Bogota, et l’autre ancien FARC, sorti de prison après des années et en réinsertion, loin, très loin de sa famille qui l’a renié et trompé. Famille complexe avec de lourds et douloureux secrets. Deux femmes essaient de tracer leur chemin dans cette Colombie violente et cruelle, chemin qui les mènent dans le sillage de la famille Bagader à leurs risques et périls. Diana, une journaliste intrépide qui aime la vérité avant tout et aussi l’adrénaline du danger et Flora, une formatrice auprès des ex-FARC qui par amour va s’engager dans une quête périlleuse. Je ne rentrerais pas dans le détail de l’intrigue ni de la situation de la Colombie, il vous faut lire « Paz » pour cela et ce serait retiré trop de suspens au récit. « Paz », paix, quelle ironie que ce titre pour ce livre et ce pays qui en manquent cruellement.

Pour ceux qui ne connaissent pas encore Caryl Ferey (y en a ? ça existe encore ?), il faut savoir que c’est un écrivain, un homme qui se documente beaucoup et qui va sur place avant d’écrire ses livres. Et il y met ses tripes, et se trouve toujours du côté de l’humain, de celui qu’on n’entend pas, qui souffre et qui est maltraité. Ça fait à l’arrivée des sacrés bouquins, parfois durs à avaler mais dont il ne faut pas faire l’économie.

 

 

 

« Spécialisé dans l’extorsion, l’exploitation minière illégale et les réseaux de prostitution, le Clan disposait de trois mille hommes répartis dans treize départements et cent cinquante municipalités, et était aujourd’hui responsable de quarante pour cent du trafic de cocaïne. L’Armée avait lancé plusieurs raids l’année passée contre cette structure à la capacité de corruption tentaculaire et complexe, mais le Clan du Golfe avait riposté en déployant son « Plan Pistola » : tuer le maximum de policiers, le plus souvent en pleine rue, comme aux pires heures du cartel de Medellín. Une impasse, à l’heure où le pays réclamait la paix ».

 

 

Lien vers la fiche du livre sur Babélio

https://www.babelio.com/livres/Ferey-Paz/1153998

 

 

 

« Diana avait tellement d’amour sur le cœur qu’il aurait inondé son appartement, celui du dessous aussi. Elle ferma les vannes – des années d’entraînement ».

 

 

 

« Le palais de Justice de la plaza Bolívar avait été détruit à la fin des années quatre-vingt, lors de la prise du bâtiment par des guérilleros du M-19, qui avaient séquestré trois cent cinquante personnes dont onze juges de la Cour suprême. Refusant de négocier, l’Armée avait donné l’assaut, causant en une nuit la mort de plus de quarante otages. Une dizaine d’autres civils, soupçonnés d’appartenir au groupe d’extrême gauche, avaient été torturés en secret avant d’être portés disparus ou jetés parmi les corps calcinés pour maquiller les meurtres. Le responsable de ce fiasco, le colonel Vega, n’avait été condamné qu’un quart de siècle plus tard, et la juge en charge du procès avait dû quitter la Colombie, menacée de mort. Quant à la procureure, elle avait été limogée ».

 

 

 

« Diana consacrerait sa vie à combattre la violence en mémoire de son père, et si quelques cyniques trouvaient cela aussi chevaleresque qu’inutile, qu’ils crèvent avec le sang des autres sur les mains : c’est elle qui se couchait le soir avec la peur au ventre, elle qui se réveillait le matin en se bottant le train pour ne pas abandonner, trouver un mari et une bonne raison de l’aimer, elle qui vivait à quarante-cinq ans comme à trente, sans enfants ni patrimoine ni rien ».

 

 

 

« Cent vingt jours, c’est le temps qu’avait duré son calvaire dans le Nariño. Huit ans étaient passés mais l’ancien guérillero n’avait rien oublié. Comment aurait-il pu ?

Un officier commandait le camp retranché de la forêt, « El Diablo », comme se plaisaient à le surnommer les paramilitaires. On disait qu’il était le plus cruel d’entre tous, que la torture avec lui avait d’autres visages. Personne ne connaissait le sien, du moins aucun des prisonniers que croisait Angel lors des rares promenades autorisées – tout au plus quelques ronds dans la boue, les mains liées dans le dos et une cagoule sur la tête, qu’on leur ôtait à l’heure du repas pour qu’ils admirent le spectacle… On ne soignait pas les blessés qui tombaient entre les mains des AUC, les Autodéfenses unies de Colombie : on leur sortait des tripes les informations qu’ils avaient gardées en taillant dans le gras. Le Diable assistait aux aveux, et ceux qui voyaient le Diable en mouraient. Angel les retrouvait le matin criblés de balles, pendus aux arbres qui bordaient les cabanons, la tête éclatée, les orbites vides cernées de fourmis et de mouches bleues ».

 

 

 

« Angel devint « Cacho », un sobriquet comme en utilisaient les FARC pour préserver leurs familles. Un autre monde. Fraternité des armes, des nuits sans lune, de la peur quand le danger venait du ciel. Sa vie en dépendant, Angel avait joué son rôle à fond. On était loin du théâtre, de Julio qui l’avait mis en garde contre la violence des hommes. Le jeune révolutionnaire n’avait jamais mené d’embuscades mais, les semaines passant, son intelligence et son sang-froid le firent vite adopter. Un peu trop même ».

 

 

 

« Angel portait son jean noir, une vieille paire de bottes et une veste de cuir râpée achetées dans une friperie, son sac de voyage à l’épaule. Il n’avait pas dit qu’il y avait un Sig Sauer et ses munitions à l’intérieur, l’enveloppe avec les infos que lui avait remis son frère pour retrouver les tueurs de Rafaële, maigre dossier qu’il n’avait pas encore eu le temps de consulter ; le casque reposait sur la selle et il n’était pas en avance.

Flora abandonna un dernier baiser sur ses lèvres.

— Fais gaffe à toi, dit-elle en guise d’au revoir. Et reviens-moi.

Angel opina en empoignant son casque de moto, le cœur lourd.

— En entier, elle précisa ».

7 commentaires sur “Paz de Caryl Ferey

  1. francksbooks
    22 octobre 2019

    Intéressant, même si j’avoue avoir l’impression que Férey tourne en boucle depuis quelques romans…

    Aimé par 1 personne

    • Lilou
      22 octobre 2019

      impression sans doute due au fait que c’est le troisième romans en Amérique du sud !!

      Aimé par 1 personne

      • francksbooks
        22 octobre 2019

        Oui mais pas que . Je trouve que ses derniers ouvrages sont à mille lieues des premiers .

        J'aime

      • Lilou
        22 octobre 2019

        c’est sûr que j’avais trouvé Mapuche très abouti… et depuis je ne retrouve pas cette veine…

        Aimé par 1 personne

      • francksbooks
        22 octobre 2019

        Clairement, et pour moi la série sud américaine est même bien en dessous de zulu ou haka.

        Aimé par 1 personne

      • Lilou
        22 octobre 2019

        oui d’accord avec toi… bien que j’ai toujours un très gros faible pour Caryl ! 🙂

        Aimé par 1 personne

      • francksbooks
        22 octobre 2019

        Ce que je peux tout à fait comprendre !

        Aimé par 1 personne

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