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Le hameau des purs de Sonja Delzongle

 

« – Les Purs, c’est une secte, avait-il déclaré. J’ignorais alors ce que c’était. Mon père ne m’en avait jamais parlé.

Léman m’expliqua. À sa façon.

– Une secte, c’est un groupe qui attire des gens de l’extérieur pour les enfermer avec eux. Un peu comme un piège à mouches, tu vois ? »

 

 

Résumé éditeur :

Audrey Grimaud, journaliste, est envoyée sur les lieux d’un incendie criminel ayant fait sept victimes. Dans ce hameau ravagé par les flammes réside une communauté de Purs qui a choisi de vivre à l’écart du monde moderne. Audrey connaît bien l’endroit : ses grands-parents faisaient partie de cette congrégation mystérieuse. Peu à peu, des épisodes troubles de son enfance remontent à la surface. Des disparitions suspectes, d’étranges accidents qui ont émaillé ses séjours là-bas. Et une figure sinistre lui revient en mémoire : l’Empailleur, un meurtrier d’une cruauté inouïe dont l’identité n’a jamais été découverte. Au risque d’y laisser sa vie et sa raison, Audrey décide d’explorer les secrets enfouis dans les ruines fumantes du hameau…

 

368 p.

 

 

 

« Était-il possible que les gens des environs, excédés, effrayés à l’idée que leurs enfants puissent être « conta minés » par la pensée des Purs, aient fini par mettre le feu ? Ou alors avaient-ils établi, de façon irrationnelle, un lien entre la communauté du hameau et les meurtres en série ? Pensaient-ils sérieusement que l’Empailleur puisse être l’un des membres de la secte ? »

 

 

Un « Sonja Delzongle » se trouvait dans la liste lors de la dernière édition de masse critique proposée par Babélio… J’aime beaucoup cette auteure, je n’ai pas résisté, j’ai tenté ma chance et voilà, je l’ai reçu et terminé. Merci pour cet envoi à Babélio et aux éditions Gallimard.

Audrey Grimaud est journaliste et revient à contrecœur sur les lieux de son enfance à l’occasion d’un incendie dans le hameau dit des purs où elle venait enfant en vacances chez ses grands-parents qui appartenaient à la secte. Ces purs sont des personnes vivant à part de la civilisation, loin des nouvelles technologies. Le père d’Audrey, né dans la communauté, l’a quitté pour épouser une non-pure. Il a trahi, il est parti, il est maintenant rejeté. Sa fille est tout juste tolérée chez ses grands-parents. Audrey, elle, aime venir voir son Papé et sa Grand-ma, malgré l’hostilité de la secte. Elle aime courir la campagne avec son ami Léman, dit Le Gars, qui lui fait découvrir la nature, les animaux, la pêche et une partie de ses secrets. Léman vit avec sa grand-mère La Crochue, depuis le décès de ses parents et de sa petite sœur, en dehors du hameau des purs. Il est peu sauvage, étrange mais Mathilde l’aime beaucoup, c’est son ami d’enfance. Quand elle revient au hameau pour l’incendie pour le compte de son journal, un tueur surnommé l’empailleur sévit dans la région depuis une décennie sans avoir encore été arrêté. L’affaire de l’incendie est-il lié à l’empailleur ? Les meurtres s’accélèrent et se rapprochent dangereusement d’Audrey. Celle-ci replonge dans ses souvenirs malgré de terribles migraines qui la terrassent régulièrement. Peu à peu les secrets remontent à la surface et des liens apparaissent, s’entremêlent et expliquent peu à peu certains faits. Je ne peux vous en dévoiler plus sans vous ôter le plaisir à venir de la découverte de l’intrigue. La dernière partie du récit est assez étonnante et inattendue, un peu tirée par les cheveux à mon avis. Cependant, globalement j’ai bien aimé cette nouvelle histoire que sait si bien nous raconter Sonja Delzongle. A découvrir !

 

 

 

« Étrangement, cet été là, il me semblait que ce qu’il pouvait rester de mon enfance m’abandonnait. Pourtant, le Gars en avait fait partie. Nos jeux dans les bois, les cabanes, les arcs qu’il m’apprenait à fabriquer, les nasses pleines de poissons frétillants, nos silences, lui et moi, assis côte à côte à regarder le ciel se charger de nuages noirs, nos baignades au lac, nos plongeons périlleux depuis les rochers, nos défis à la vie, à la mort. Des trucs d’enfant, simples et essentiels. En communion avec une nature rude et imprévisible ».

 

 

Lien vers la fiche du livre sur Babélio

https://www.babelio.com/livres/Delzongle-Le-hameau-des-purs/230307

 

 

 

« Une voix s’était élevée. Une voix d’homme. Plus forte, dominatrice, arrogante. Autour d’elle, le silence.

– La petite. Elle n’est pas d’ici. Elle ne fera jamais partie des nôtres. Je m’oppose à ce qu’elle revienne au hameau.

– Tu oublies, mon frère, qu’elle est la petite-fille du frère Abel. Un ancien maître, intervint une voix, moins assurée.

– Mais elle est avant tout la fille de l’Autre.

L’Autre. Je devinai qu’il s’agissait de mon père. L’Autre. Du vinaigre dans la bouche de l’homme ».

 

 

 

« Le soir venu, je réapparus dans la pièce à vivre, le regard sombre, vêtue des pieds à la tête comme une vraie Pure. Gabrielle, assise devant la cheminée, son tricot sur les genoux, se retourna. Un sourire soulagé.

– C’est bien. Je vois que tu es raisonnable.

Elle hocha la tête.

Je m’étais résignée pour elle, pour ne pas lui causer de tort avec ceux du hameau. Dans mon esprit, il y avait Grand-ma Grimaud et le clan. Je ne comprenais pas qu’elle en fasse partie. Elle aurait dû venir vivre chez nous. En ville. S’habiller comme les dames citadines de son âge. Se maquiller. Sortir au restaurant, au cinéma, faire les boutiques avec sa petite-fille. J’étais triste de son sort. Pour elle, la mort ne serait qu’une formalité. Elle avait cessé de vivre depuis longtemps ».

 

 

 

« Le Gars. Son goût du sang, de la mort. Il portait ça en lui, se délectait de la chair encore chaude de sa proie. Attendre, flairer, traquer, tuer. La Crochue avait raison. Jamais il ne cesserait. J’en eus d’abord la sensation confuse, puis plus tard, la conviction. Il y aurait encore d’autres proies. Tout ce qui serait à sa portée, ce qu’il pourrait suivre, chasser, puis achever. Tout, sans exception ».

 

 

 

« Malgré une certaine inexpérience, Audrey était taillée pour ce métier gouverné par l’inattendu. Elle s’y frayait peu à peu un chemin à la machette et avait pu, en quelques premières années difficiles, gagner le respect de ses confrères. C’était encore un monde d’hommes, malgré tout. Elle aimait par-dessus tout partir sur le terrain, parfois dans le chaos, la poussière, les accidents ou l’intimité d’un entretien et, la récolte faite, retourner écrire dans l’espace de son bureau ou d’une chambre d’hôtel. Après la griserie de la découverte, ce corps à corps solitaire avec les mots, ce défrichage des informations, des notes recueillies dans son carnet ou, lorsqu’il n’y avait plus de pages à noircir, griffonnées au dos d’un chéquier ou d’un paquet de cigarettes. »

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