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L’île du diable de Nicolas Beuglet

 

 

« Sarah commençait à comprendre qu’elle allait devoir accepter une hypothèse qu’elle avait refusé d’envisager depuis le début. Car elle ne voyait qu’une explication à ce meurtre. Une explication tout aussi effrayante que le visage déformé du cadavre : son père n’était pas celui qu’il prétendait être ».

 

 

 

Résumé éditeur :

La vengeance est affaire de mémoire

Le corps recouvert d’une étrange poudre blanche…

Des extrémités gangrenées…

Un visage figé dans un rictus de douleur…

En observant le cadavre de son père, Sarah Geringën est saisie d’épouvante. Et quand le médecin légiste lui tend la clé retrouvée au fond de son estomac, l’effroi la paralyse.

Et si son père n’était pas l’homme qu’il prétendait être ?

Des forêts obscures de Norvège aux plaines glaciales de Sibérie, l’ex-inspectrice des forces spéciales s’apprête à affronter un secret de famille terrifiant.

Que découvrira-t-elle dans ce vieux manoir perdu dans les bois ? Osera-t-elle se rendre jusqu’à l’île du Diable ?

 

Après Le cri et Complot, Nicolas Beuglet nous livre un thriller glaçant, exhumant des profondeurs de l’histoire un événement aussi effrayant que méconnu. Il nous confronte à une question vertigineuse : quelle part de nos ancêtres vit en nous, pour le meilleur et pour le pire ?

 

320 p.

 

 

 

« En l’espace d’une année, Sarah avait perdu dix kilos et ce qui était naguère de la minceur avait pris la dérangeante apparence de la maigreur. Elle n’arborait plus sa queue-de-cheval, mais une coupe courte et désordonnée qui faisait ressortir ses yeux d’un bleu glacial. Que restait-il de sa redoutable camarade de combat qu’il avait côtoyée dans les forces spéciales ? Qu’était devenue l’inspectrice solide qu’il avait dirigée pendant près de dix ans ? »

 

 

 

Ça y est, la trilogie norvégienne avec l’inspectrice Sarah Geringën se termine avec « L’île du diable ». Pour info, les deux autres tomes qu’il faut absolument avoir lus avant ce livre (Tome 1 : Le cri https://mapassionleslivres.wordpress.com/2019/07/04/le-cri-de-nicolas-beuglet/ – Tome 2 : Complot https://mapassionleslivres.wordpress.com/2019/07/14/complot-de-nicolas-beuglet/). Heureuse de retrouver Sarah Geringën après un an d’emprisonnement, acquittée dans l’affaire du Vatican et sur le point de sortir de prison. Cependant, rien ne se passe comme prévu. On vient la chercher dans sa cellule plus tôt que l’heure prévue pour lui apprendre que la veille son père a été tué dans des conditions étranges et assez cruelles. Son supérieur lui demande d’enquêter officieusement avec à ses côtés, comme enquêteur officiel, un jeune diplômé, l’Officier Koll. Très éprouvée par son emprisonnement, toujours en proie à des démons intérieurs et meurtrie par l’assassinat de son père dont visiblement elle ne connaissait pas entièrement sa vie, Sarah se jette à corps perdu dans cette enquête difficile et si personnelle. Sur les traces du passé trouble de son père et toujours accompagné par le si efficace Officier Koll, Sarah part vers le Nord, vers la Sibérie pour se rendre sur l’île de Nazino, l’île du diable, qui semble au centre de toute l’affaire. Quand j’ai lu ces faits horribles et malheureusement historiques, cela m’a rappelé une autre lecture où j’avais découvert cette effrayante île des cannibales. Si cela vous intéresse je vous recommande chaudement la lecture de « Toutes les vagues de l’océan » de Victor Del Arbol https://mapassionleslivres.wordpress.com/2015/12/26/toutes-les-vagues-de-locean-de-victor-del-arbol/. Un livre très fort qui m’a beaucoup bouleversée.

Je reviens à « L’île du diable » de Nicolas Beuglet. J’ai aimé toute la trilogie et ce 3e tome ne déroge pas à la règle, même si j’ai eu l’impression qu’il était moins fouillé, moins intense que les précédents. Et en vérifiant à l’instant le nombre de pages des différents volumes, il est évident que le 3e est plus rapide (170 pages en moins en moyenne). Mais évidemment à lire absolument si on est devenu comme moi accro à l’inspectrice Sarah Geringën.

 

 

 

« Le seul objet plus personnel était une photo dans un cadre. Sur le cliché, son père, déjà âgé, était souriant, entouré de ses deux filles adolescentes et de sa femme. La photographie avait été prise devant la maison. Sarah s’en souvenait d’autant mieux que son père avait ce jour-là osé leur dire qu’il les aimait. Ce fut la seule fois.

Les larmes à la lisière des paupières, Sarah reposa le cadre et ouvrit un tiroir du bureau. Elle y trouva des pochettes de documents administratifs qu’elle éplucha, assise dans le profond fauteuil de son père ».

 

 

Lien vers la fiche du livre sur Babélio

https://www.babelio.com/livres/Beuglet-Lile-du-diable/1168709

 

 

 

« – Je le croyais aussi, mais ça revient sans cesse. C’est là, tapi au fond de mes entrailles, et ça tourne, attendant son heure. Et tant que ce sera là, jamais je ne pourrai te rendre heureux. Ni toi, ni Simon. Pire encore, je vous entraînerai dans mes angoisses et détruirai votre vie. Et ça… plutôt mourir ».

 

 

 

« « Timshel ». Ce mot de la Bible se traduit par « Tu peux ». C’est un mot à la fois grisant et terrifiant parce qu’il dit une chose fondamentale sur l’homme : contrairement aux animaux qui fonctionnent à l’instinct, l’homme est libre de choisir ses actions. Il est libre de faire le bien ou le mal. Or faire le bien demande un effort. Et c’est lorsque l’homme fait cet effort qu’il devient pleinement humain ».

 

 

 

« Sarah fut touchée par la bienveillance du légiste. Et cette douceur qu’elle n’avait pas connue depuis un an libéra une telle tension qu’elle ne put retenir les larmes qui embuèrent son regard. Les gouttes qui coulaient sur son visage apportaient à ses lèvres le goût salé de la tristesse. Thobias la prit doucement dans ses bras.

En cet instant, tout l’amour qu’elle avait pour son père jaillit en elle et fit exploser son cœur. Elle avait mal, tellement mal. Secouée par les spasmes du chagrin, Sarah s’en voulait. Elle s’en voulait à la fois d’aimer son père et de le détester de ne leur avoir dit qu’une seule fois dans sa vie ce qu’il ressentait pour elle et sa sœur. Pourquoi n’avait-elle pas cherché à savoir avant ce qu’il ressentait au fond de lui ? Maintenant, il était trop tard. Son père, cet inconnu, était mort ».

 

 

 

« Elle déplia le papier avec d’infinies précautions. Le texte manuscrit était en caractères cyrilliques. Sarah était incapable de le déchiffrer. À part peut-être la ligne qui précédait le corps du texte et qui ressemblait à une date : 14 suivi d’un mot qu’elle ne comprenait pas et du nombre 1933.

À la lecture de l’année, Sarah frissonna de tout son corps. 1933, la période de l’entre-deux-guerres qui semblait être au cœur des recherches de son père, comme le prouvaient les ouvrages de sa bibliothèque. Que s’était-il passé dans sa vie cette année-là ? »

 

 

 

« Jusqu’à présent, on pensait que notre génome était définitif et figé à vie. Or ce que l’on vient de découvrir, c’est que si les gènes ne changent pas, leur expression dans notre corps peut varier ».

 

 

 

« Elle baissa la tête et ne mit guère de temps à reconnaître la substance qui tachait le sol : du sang. Du sang frais.

Sarah recula, se rappelant le cri effroyable qu’elle avait entendu depuis sa chambre. Et alors elle distingua, sur quelques arbres qui encerclaient l’herbe souillée, une dizaine de photos clouées aux troncs. Sur chaque arbre, le portrait d’une personne âgée surmontait celui d’une personne plus jeune. Lorsque Sarah reconnut deux visages, celui de son père et le sien, elle comprit ce que cela signifiait. Ces portraits étaient ceux de déportés de Nazino et d’un de leurs descendants.

Se refusant à imaginer ce qui se jouait dans cette salle, Sarah pressa le pas vers une porte opposée à celle qu’elle avait empruntée ».

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Cette entrée a été publiée le 14 novembre 2019 par dans Livre, Mes lectures, polar, policier, Thriller, et est taguée , , , , , , , , , , .

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