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Extincta de Victor Dixen

 

« Aujourd’hui encore, les Derniers Humains expiaient la démesure de leurs ancêtres. Ils avaient dû fuir le monde d’avant, ravagé par les pluies acides, les incendies titanesques et les canicules mortelles. Rescapés venus de tous les horizons, ils s’étaient fondus au fil des générations en un seul peuple métissé, parlant une seule langue : le parler commun, hybride bancal de tous les idiomes ».

 

 

 

Résumé éditeur :

L’espèce humaine disparaîtra dans 255 heures.

Les pires prédictions climatiques se sont réalisées, le Grand Effondrement a eu lieu et presque toutes les espèces animales se sont éteintes. Les Derniers Humains se sont réfugiés dans les Dernières Terres : un archipel rocailleux surgi des glaces, où ils survivent dans des cités-royaumes éparses. Accaparés par la lutte pour les maigres ressources, ils ignorent que l’ultime cataclysme est sur le point de balayer ce qu’il reste de l’espèce Homo sapiens.

La dernière histoire d’amour s’écrira en lettres de feu.

Née dans les bas-fonds de Viridienne, la cité-royaume pourrissante envahie d’algues, Astréa rêvait de se consacrer tout entière au culte de Terra. Mais sa foi vacille le jour où son frère est accusé de sacrilège et condamné à mort.

Élevé derrière les remparts du castel, le prince Océrian était né pour régner. Mais un mystérieux accident lui arrache sa jambe et son honneur, l’écartant à jamais de la ligne de succession.

Le destin va jeter ces assoiffés de justice l’un contre l’autre, embrasant leurs cœurs avant de consumer le monde.

La flamme brûle plus fort juste avant de s’éteindre.

 

608 pages – 28/11/2019

 

 

 

 

« Récolter les algues mûres avant qu’elles ne se décomposent et empoisonnent l’air de leurs gaz ; faire remonter les jeunes pousses en surface afin qu’elles croissent et s’épanouissent ; trier la récolte pour séparer les algues gélatineuses destinées à la consommation, les brunes destinées au tissage, et toutes les autres variétés ; enfin, étaler un humus constitué des algues asséchées et des restes des morts dans le désert entourant Viridienne, pour tenter de créer un semblant de terreau. Telle était la mission ancestrale des suantes et des suants ».

 

 

J’ai découvert Victor Dixen l’année dernière avec « Cogito » que j’avais beaucoup aimé. Je n’ai pas résisté à l’envie de découvrir son dernier roman « Extincta »… et j’ai de nouveau été transportée dans l’univers créé par Victor Dixen… et j’en redemande !

Le monde actuel a connu le Grand Effondrement il y a maintenant plusieurs siècles. Effondrement dû à la pollution, au réchauffement climatique et à tous les excès de l’homme qui n’a pas su arrêter à temps ses folies et a donc détruit toute vie sur la planète, Terra. Quelques derniers homo-sapiens ont tout de même survécu sur des terres arides, dépourvues de faune et de flore. Ils se sont répartis dans quelques Cité-Royaumes, toutes avec leurs spécificités (Viridienne, Tourbeuse, Souvenance, Flamboyante etc.) et avec leurs rois dont les dynasties ont pris comme référence des animaux d’autrefois aujourd’hui disparus. Ces régnants appartiennent à la caste des apex qui ont un pouvoir de régénérescence assez exceptionnel. Car oui, les Derniers Humains sont maintenant répartis selon des castes : les suants, la plus basse caste dont fait partie Astréa – les crachants – les saignants – les pleurants et donc les apex dont fait partie Océrian. Chaque caste est distinguée par un linceul de couleur différente. Ces linceuls avec capuche protègent les corps des rayons destructeurs du soleil qui brûlent les peaux car la couche d’ozone a disparu depuis longtemps. Astréa et Océrian, que tout sépare, vivent tous deux à Viridienne, cité-royaume au bord de l’eau, dont la famille régnante est liée aux animaux marins disparus : les Cétacéens. Océrian est le fils aîné du roi. Il devait donc lui succéder, mais depuis un accident qui lui a fait perdre une jambe, il vit reclus dans le castel, à l’écart de sa famille tel un paria. Astréa, elle, est une bêcheuse d’algues qui prolifèrent dans la mer suite à la pollution des océans. C’est harassant comme activité. Elle ne rêve que d’une chose, prendre le linceul azuré pour entrer comme pleurante au service de Notre Mère, Terra. La nouvelle religion, la loi est basée sur le culte de Terra et du respect absolu pour tous les enfants animaux de Terra à l’opposé des hommes anciens, terracides qui ont mené au Grand Effondrement. L’espoir des Derniers Humains est de prier Terra et d’implorer son pardon avec les pleurants et leurs litanies des animaux disparus. Les Derniers Humains lorsqu’ils meurent, aspirent à l’honneur d’être allongés sur des lits d’humusage pour se transformer en terreau fertile, avant de rejoindre les parcelles de régénération. Car l’espérance de ces Derniers Humains est qu’un jour, la végétation d’avant puisse renaître. Ce qu’ils ne savent pas c’est que la fin du monde, celle-ci définitive, est pour bientôt : dans 255 heures. Au début de chaque chapitre, le décompte sinistre et fatal est scandé. Le récit que nous conte Victor Dixen réunit Astréa et Océrian dans une aventure épique qui va les emmener avec des compagnons dans différentes cité-royaumes à la poursuite d’un convoi qui mène à Flamboyante d’une part le frère cadet d’Océrian pour son mariage avec la fille du roi de cette cité (au départ cela devait être Océrian) et d’autre part les frères d’Astréa et de Sépien à la mort, comme offrande pour les fêtes de l’Aube de feu. Astréa et Océrian, ennemis, vont tout de même vibrés tous les deux d’un même cœur avant la fin de l’humanité.

Je préfère m’arrêter de vous dévoiler des éléments de cette histoire passionnante pour vous laisser le plaisir de découvrir « Extincta ». Vous l’aurez compris, j’ai beaucoup aimé cette aventure, même si elle décrit un avenir sombre qui pourrait très bien nous arriver si nous ne faisons rien contre le réchauffement climatique et la pollution. Vraiment Victor Dixen est un écrivain intéressant… Son récit est haletant, bien écrit, intelligent et ses personnages sont pétris d’humanité (enfin la plupart). Un coup de cœur ! Je vous conseille vivement cette lecture.

 

 

 

« Encore deux petites semaines à verser ma sueur sur les champs d’algues, songea-t-elle. Puis, si Terra le veut, je serai choisie lors de l’Aube de feu, au début des quatre lunaisons de jour polaire. Je deviendrai pleurante et je continuerai à servir Notre Mère mieux encore, en versant mes larmes jusqu’à ce que mes yeux soient asséchés ».

 

 

Lien vers la fiche du livre sur Babélio

https://www.babelio.com/livres/Dixen-Extincta/1182706

 

 

 

« Elle annonçait une explosion imminente, comme il en survenait périodiquement. Palémon avait raison : Mêtana, le terrible démon gazier des abysses, était en train de s’éveiller !

« L’Haleine ardente approche ! hurla-t-il. Fuyons !

— Pas question ! »

Le fouet de Scorpar s’abattit sur le dos de Palémon, lui arrachant un cri de douleur.

« L’Haleine ardente s’est déjà levée, peu avant l’équinoxe de printemps, beugla le crachant. L’archipleurant Octopide a prédit qu’elle ne soufflerait pas à nouveau avant le solstice. M’est avis que c’est vous autres qui avez déréglé la lanterne dans mon dos, pour raccourcir la journée de travail et aller vous saouler à la taverne. Maudits fainéants, il va falloir vous y faire : plus que onze jours avant l’Aube de feu et le retour du soleil de minuit. Il ne se couchera pas de tout l’été, et vous non plus, ma foi ! » »

 

 

 

« Soudain, la créature s’anima à nouveau, et Océrian se rendit compte que les facettes étaient en réalité des écailles.

Un serpent !

Long de cinquante centimètres au moins, c’était le plus gros animal que le prince eût jamais vu. Jusqu’à présent, Bonite et les autres pleurants chargés de l’éducation des jeunes apex du castel ne leur avaient montré que de minuscules araignées du désert, des cafards au corps plat, et bien sûr les terribles moustiques : les rares insectes ayant résisté aux ravages du Grand Effondrement ».

 

 

 

« Les pleurants racontaient que dans l’ancien temps, avant le Grand Effondrement, le soleil n’était pas rouge comme une vilaine blessure infectée, mais dorée comme un citron du castel. Ils racontaient que l’air, alors plus épais, filtrait son rayonnement. C’était difficile à croire, comme tous les contes d’antan ».

 

 

 

« Sur le ventre lisse et plat de la jeune fille, aux abdominaux affermis par le bêchage, se déployait une étoile de mer. Les cinq branches, dessinées sur sa peau brune, se soulevaient à chaque inspiration, prenant vie.

Comme chaque fois qu’elle posait les yeux sur son animal-greffe, Astréa sentit le calme l’envahir, une foi absolue dans la bienveillance de Terra la gagner ».

 

 

 

« Océrian comprenait maintenant pourquoi ils s’acharnaient à vouloir libérer les prisonniers, elle et lui, au mépris du danger… Leur dévouement fraternel laissa un goût de fiel dans sa bouche endolorie. Il n’avait jamais été proche de ses frères. Boréalion et Delphinion étaient encore petits quand était survenu son accident, et depuis on les avait élevés loin de lui. Il ne savait pas s’il aurait été capable de risquer sa vie pour eux ; il était persuadé qu’ils ne l’auraient pas fait pour lui ».

 

 

 

« Tant pis pour lui ! Vultur fera céder Tourbeuse comme tant d’autres cités du Nord avant elle, dans la fureur et dans le sang. Komodor et ses gens finiront esclaves de la cité rouge – ou pire ».

 

 

 

« Plus Océrian approchait du charnier, plus ses monstrueux détails se précisaient. Des fragments mous, pendants ou flottants, étaient mêlés aux dépouilles. C’étaient des résidus de plastique pêchés en mer Viride et entassés dans cette décharge. Tout comme les cadavres des terracides des Dernières Terres, le plastique ne se décomposait jamais, marque indélébile laissée par les terracides de l’ancien temps… Il pouvait fondre en revanche, dans la fournaise du désert – ainsi avait-il enveloppé les cadavres les plus anciens sous une sorte de deuxième peau grisâtre et luisante. On eût dit un gigantesque cocon, tendu par les os d’une larve monstrueuse, prête à éclore… »

 

 

 

« Au bout de quelques secondes, le guichet coulissa dans un crissement sec.

« Que Notre Mère renaisse de votre mort…, fit la voix d’Astréa.

— … et que ses enfants animaux revivent de votre vie, répondit une voix éraillée. Mais des bénédictions ne suffiront pas à payer votre passage. En quelle monnaie comptez-vous régler ?

— En deniers viridiens, répondit Sépien ».

 

 

 

« Cultiver… songea-t-elle, butant sur ce mot.

Dans l’ancien temps, il avait une autre signification. On racontait que jadis, ce n’étaient pas les eaux que les humains retournaient avec leurs outils, mais le ventre de Terra elle-même. Comme ils n’avaient pas assez de leurs muscles, ils employaient pour la labourer des machines barbares, tranchantes et perforantes. Ils plantaient dans son sein des graines monstrueuses, modifiées pour correspondre à leurs besoins, puis ils l’aspergeaient de poisons pour tuer tout le reste – les insectes, les vers, les larves de la vie, tous les animaux dont ils ne voulaient point ».

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