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Je fus un mauvais homme de Pierre Faupoint

 

« Après quelques instants, je fus installé, crépuscule brumeux, à l’arrière d’un fourgon sans chauffage. Assis sur la même banquette que la mienne, un brigadier, à l’air ribaud, proposa de me tutoyer. Il avait l’âge de mon père, j’aurais été dédaigneux de lui refuser un tel passe-droit. Et puis, après tout, frais émoulu de mes 18 ans, de la morve coulait encore de mon nez ! »

 

 

Résumé éditeur :

Ismaël a tout juste 18 ans lorsqu’il est condamné pour trafic de stupéfiants. À sa sortie de prison, à défaut de pouvoir se venger sur ceux qui l’ont condamné, il déverse sa haine sur la gent féminine.

En 2005, il commet l’irréparable et le double meurtre sanguinaire dont il est l’auteur fait la une des journaux : quelles sont les raisons qui ont poussé L’assassin poétique à recueillir une enfant ? Où se trouve la petite Lélia ?

Quelques années plus tard, oscillant entre pulsions meurtrières et son rôle de père, Ismaël rencontre Nahima. Enfin heureux, il tombe de haut quand celle-ci le quitte sans un mot, et reprend ses massacres… Parviendra-t-il à échapper aux mains de la police et à garantir l’éducation de sa fille ?

Découvrez un thriller psychologique haletant qui nous entraîne aux côtés d’un personnage sombre et complexe !

 

183 pages – 11/2/2019

 

 

 

« 85 jours. Je resterais reclus 85 jours comme un chien. Alors que certains de mes « collègues », bien plus concernés que moi par le trafic de stupéfiants, bénéficièrent de leur levée d’écrous les uns après les autres, le juge d’instruction souhaitait me tenir sous sa coupe. Il mit en exergue, pour me maintenir aussi longtemps captif, que je connivais aux actes suspects d’une famille connue de la région. Mais je n’étais qu’un jeune adulte, paumé, qui appréciait la compagnie des filles, et celles, de temps à autres, de l’absinthe et de l’opium ».

 

 

Rarement une chronique aura été autant difficile à écrire pour moi. Ceux qui me connaissent savent que je suis trop honnête pour pervertir mon ressenti. Tout d’abord, je souhaite remercier sincèrement Pierre Faupoint, jeune auteur, qui m’a envoyé son premier livre, un thriller psychologique « Je fus un mauvais homme ». Il en a écrit un depuis, « Les écervelés » dans un genre différent, une dystopie. Je suis très ambivalente par rapport à ma lecture. Je n’ai pas du tout aimé le début pour différentes raisons qui m’auraient sans doute poussé en temps normal à lâcher ce livre, mais par respect pour l’auteur j’ai continué. J’en suis heureuse car j’ai beaucoup aimé la deuxième partie de ce thriller. Alors pourquoi, le début m’a déplu ? C’est d’une part d’un point de vue de l’écrit : des temps mal utilisés de mon point de vue, des termes anciens ou trop soutenus pour le propos… J’ai vraiment eu du mal avec ceci au début. J’ai eu aussi du mal à comprendre réellement le pourquoi de la descente aux enfers d’Ismaël quand il était jeune. A 18 ans, il est emprisonné 85 jours pour un petit trafic de stupéfiants. L’auteur ne nous dit pratiquement rien de ses 85 jours de détention et je suis étonnée que ce séjour en prison soit à ce point destructeur pour le faire plonger ensuite très vite dans le mal absolu. En tout cas, j’aurais aimé que l’auteur développe cet aspect. On ne connait pas non plus son passé familial. Peut-être y a-t-il des racines de son mal intérieur dans son enfance, son adolescence, le rapport à ses parents, présents ou pas etc. Bref, son passage à la violence et à la destruction mentale des femmes m’a paru trop rapide. Surtout que c’est effectivement un mauvais homme…. Jusqu’à sa rencontre avec Leila, la petite fille qu’il va « sauver » de la maltraitance et adopter dans son cœur de toute son âme. Il devient alors un autre homme en devenant père, et Ismaël je l’avoue m’a alors vraiment touché. Mais cet amour si pur et absolu ne sera malheureusement pas suffisant pour le guérir de son mal-être profond et de sa folie meurtrière. J’ai beaucoup apprécié toute cette partie avec Leila et leur chienne Soquettes jusqu’à la fin assez étonnante, à laquelle je ne m’attendais pas du tout. Et j’aime beaucoup que les auteurs me surprennent. Contrat réussi ! Bref vous l’aurez compris, ce thriller psychologique est de qualité inégale mais prouve que Pierre Faupoint est un auteur avec un fort potentiel et je pense que ça vaut le coup de le découvrir. Je lirai sans doute ses prochains livres.

 

 

 

« De retour dans ma chambre d’hôtel, j’essayais de faire entendre raison à ma folie mais je sentis que mes efforts devenaient inutiles. Je perdais pied ; le fil de mon existence. Il me prit une envie de dingue de brûler le tableau qui me regardait de biais. La tête dans les mains, je m’interrogeai sur le vrai sens de ma destinée et, au bout du compte, je soupçonnai « le mec de là-haut », depuis belle lurette, de s’être pendu avec mes propres illusions ».

 

 

Lien vers la fiche du livre sur babélio

https://www.babelio.com/livres/Faupoint-Je-fus-un-mauvais-homme/1136965

 

 

 

« La nuit, expressive, balançait des étoiles filantes au-dessus de ma tête. J’avais causé tant de dégâts dans cette famille, pour sans doute, deux ou trois générations entières, que j’éprouvais un extraordinaire sentiment de satisfaction intérieure. Il était grand temps pour moi de disparaître. Avec, dans le bissac de mon âme, une seule idée, un unique objectif : traquer une nouvelle nourriture humaine ».

 

 

 

« Je me faufilai comme une ombre dans la nuit gélive. Posté sur le perron de la porte d’entrée, je vérifiai la présence de mon havresac, des instruments de torture que j’avais prévus : les cisailles crocodiles, l’araignée espagnole et la lampe à souder. Avec mille précautions, je saisis ma combinaison de peinture avec capuche et l’enfilai par-dessus mes habits de ville ».

 

 

 

« Puis, une voix, feutrée, que je connaissais si bien, si chaude, me chuchota : « Au revoir, papa… ». Ce fut comme un coup de massue sur la tête que je venais de recevoir ! Mais une massue de plumes, et de velours. Moi, moi qui avais tant espéré que Leila s’appropriât ces deux lettres magiques, ces deux syllabes salvatrices, interchangeables, « pa – pa », voilà qu’elle avait exaucé mon vœu le plus cher ».

 

 

 

« Derrière le comptoir de la cuisine, je n’en menais pas large. Je voyais bien que Leila avait du mal à me croire sur parole. Grâce à la relation surnaturelle qu’elles avaient toujours entretenue entre elles, Leila et Soquettes étaient comme deux sœurs jumelles. Et je n’aurais pas été surpris que la seconde eût dévoilé à la première la vérité sur notre voyage en voiture ! J’en étais là de mes pensées quand je m’aperçus que le journal télévisé de 19 heures accaparait toute l’attention de Leila ».

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