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Les fantômes d’Eden de Patrick Bauwen

 

« Un jour mon père m’avait dit : « Accroche-toi à tes rêves ! Tu le dois à trois personnes : à toi aujourd’hui, à l’enfant que tu as été, au vieil homme que tu deviendras. Ne les déçois pas ! ». George était le roi de la citation. Je ne sais pas à quel auteur beatnik il avait emprunté celle-ci, mais elle nous avait bien plu. Stan l’avait recopiée au stylo-bille sur son jean et en avait fait sa devise ».

 

 

Résumé éditeur :

« Été 1979. Nous étions à la pointe sud de la Floride, dans les Ten Thousand Islands. Les Dix-Mille Îles. Et devant nos yeux écarquillés se déployait tout un monde d’aventures. À ce stade, nous étions encore sur le versant de l’enfance. Purs et libres. Des êtres de lumière. Pourtant, d’ici la fin de cette journée mémorable, l’un de nous allait commettre un meurtre. Et trente ans plus tard, ce crime serait toujours impuni ».

Paul Becker (le héros de « Monster ») est dans une mauvaise passe : obèse, dépressif, divorcé et ruiné. Réfugié dans le parc de Yellowstone pour tenter de se reconstruire, il réchappe de justesse à une tentative de meurtre. Afin d’en retrouver le commanditaire, il se fait passer pour mort et se lance dans une enquête qui le plonge dans les souvenirs de son adolescence.

 

Il était une fois en Floride, cinq ados partis à l’aventure.

Ils vous feront rire. Pleurer. Frissonner.

Mais ce qu’ils affronteront les changera à jamais.

Et l’un d’eux sera assassiné.

C’est sur ce crime que j’enquête.

… parce que le mort, c’est moi.

 

640 pages – 3/11/2014

 

 

 

« Sarah. La fille inaccessible. Il y en a toujours une dans chaque école. Une créature qui flotte à vingt centimètres au-dessus des mortels ».

 

 

L’auteur, Patrick Bauwen, a repris les personnages de Monster pour écrire cette « suite » en y rajoutant de nombreuses autres personnes, comme en particulier les amis d’enfance de Paul Becker… Dans Monster, parmi ceux-ci, on ne faisait la connaissance que de Cameron Cole. Dans « Les fantômes d’Eden », on découvre la bande entière, une sorte de club des cinq que j’ai beaucoup aimé : Paul le capitaine de l’équipe, Cam, Stan dit Stan le dingue, Jerry le bigleux et la seule fille : Sarah Lewis dont Paul est amoureux… Stan aussi… L’auteur indique au début du livre qu’on peut lire « Les fantômes d’Eden » sans avoir lu « Monster ». C’est vrai car il donne quelques informations quand c’est nécessaire pour bien suivre l’histoire mais je vous conseille fortement de lire « Monster » avant car c’est tout de même plus savoureux. Le récit alterne les aventures de Paul avec ses copains d’enfance en 1979, et les évènements de la vie de Paul de nos jours, quelques années après « Monster ». On retrouve un Paul Becker qui vient de faire un infarctus. Il est devenu obèse, malade, dépressif et il a refusé toute visite de ses amis à l’hôpital. Sa clinique bat de l’aile. Presque sur un coup de tête, il décide de vendre ses parts à ses amis, Cam et Jerry, qui avaient investi dans son affaire pour la sauver de la faillite. Et il part loin, très loin, pour essayer de se reprendre en main physiquement et moralement. Personne ne sait qu’il se trouve maintenant dans le parc de Yellowstone où il se réfugie dans un chalet isolé. Il se met au vélo et change son alimentation. Il est déterminé à survivre. Un an plus tard, il est méconnaissable. La seule personne avec qui il s’est liée et qui bizarrement ressemble au Paul Becker obèse, se fait assassiner sous ses yeux horrifiés devant son chalet. Il est évident que le tueur s’est trompé. Il voulait assassiner Paul. Du coup, pour tous, Paul est mort, ce qui va lui permettre de mener l’enquête pour savoir qui veut sa mort. Et pour mieux comprendre ce qui lui arrive aujourd’hui, il faudra fouiller dans ses souvenirs et son adolescence car tout est lié. Encore une intrigue très très bien ficelée, mais c’est la marque de fabrique de Patrick Bauwen… avec à l’arrivée un suspense haletant jusqu’au bout. Très bon thriller avec un petit goût de club des cinq que j’ai beaucoup aimé. Coup de cœur !

 

 

 

« Nous étions à la pointe sud de la Floride, dans les Ten Thousand Islands. Les Dix-Mille Îles. Et devant nos yeux écarquillés se déployait tout un monde d’aventures.

– Capitaine, mon capitaine !

Cette fois je me retournai.

– Oui, matelot ?

– Vous êtes certain de savoir où on va ?

– Évidemment que j’en suis certain !

Il y avait là toute ma bande :

Cameron Cole, dit Big Cam.

Jerry Goodritch, dit Le Bigleux.

Stan Monroe, dit Stan le Dingue.

Sarah Lewis, la seule fille du groupe, à qui nous n’avions pas encore trouvé de surnom.

Et puis il y avait moi : Paul Becker, qui les avais entraînés ici.

Notre moyenne d’âge était d’une douzaine d’années ».

 

 

Lien vers la fiche du livre sur Babélio

https://www.babelio.com/livres/Bauwen-Les-fantomes-dEden/649782

 

 

 

« Mais cynique et solitaire, je l’étais devenu. Elle était loin l’époque de mon enfance où nous étions unis comme les doigts de la main. Depuis, des choses terribles m’étaient arrivées. Des trahisons successives par les personnes que j’aimais le plus. La maladie, la dépression, la déchéance. Ces dernières années n’avaient pas été tendres avec moi. La fameuse citation de Nietzsche « Ce qui ne vous tue pas vous rend plus fort » me faisait bien rigoler. Cette citation, voyez-vous, c’était de la pure propagande. La vérité est que chaque coup vous rend plus faible, et plante un clou de plus dans votre cercueil ».

 

 

 

« Dans mon imagination, j’étais un héros, un guerrier sauvage avec une grande épée, je zigouillais des monstres et des sales types tels que Theroux, Fazio et Sprat, et je sauvais une fille qui ressemblait beaucoup à Sarah Lewis. Je poussai un soupir. En vérité, je trouvais ma vie à Eden complètement nulle. Mais bon, mon entrée en sixième s’était bien déroulée, et j’avais maintenant une petite bande. C’était déjà ça.

À ce moment-là, je n’aurais jamais soupçonné la succession d’événements qui allait nous conduire à ce fameux été 1979 au cœur des Dix-Mille Îles. Comment aurais-je pu savoir, alors, que j’allais croiser un monstre bien plus effrayant que dans les contes ? »

 

 

 

« – Je ne risque rien du tout, répondis-je sèchement.

Je contemplai la nuit par la fenêtre. J’avais l’impression de couler à l’intérieur, comme dans les profondeurs d’un marécage.

– Je suis mort, Connie. Vous parlez à un spectre. Le Visiteur n’est pas le danger. Le danger, c’est moi ».

 

 

 

« C’est drôle la vie. Parfois, de petits moments brillent et vous éclairent comme des pépites. Il suffit d’y repenser et de les prendre dans la paume de votre main : des années plus tard, elles n’ont rien perdu de leur éclat ».

 

 

 

« Ce que l’on trouve dans la boîte en fer (extraits)

Lettre écrite à la main, encre bleu ciel, sur feuille de cahier à grands carreaux, pliée en quatre, découverte dans la poche de mon K-Way.

Date inscrite sur la feuille : jeudi 26 octobre 1978.

« Paul Becker, je t’écris cette lettre parce que je n’ai plus le droit de te parler. J’ai demandé à une amie de la glisser dans ton K-Way. Depuis l’histoire de ta bagarre avec Theroux, ma mère est devenue comme folle. Elle dit que vous êtes tous des voyous, toi, Jerry Goodritch (que je trouve pourtant très gentil) et tes autres copains. C’est pour ça qu’elle m’a changée de classe ».

 

 

 

« Le monde n’avait aucun sens. C’était à nous de lui en donner un. Et à cette époque, le seul sens que je voyais à tout ça, à ce bordel innommable qu’on appelait la vie, à cet immonde bourbier dans lequel vous pouviez mourir fauché par une voiture en allant vous acheter une glace, où l’on pouvait vous annoncer du jour au lendemain que votre gamin était atteint d’un cancer, le seul sens qu’il pouvait y avoir à cette sinistre farce, c’était de combattre. Devenir le meilleur. Affronter le chaos. Le repousser, ne serait-ce qu’un instant, et grappiller à la mort un peu de temps supplémentaire ».

 

 

 

« Cette part d’innocence, cette merveilleuse magie de l’enfance qui nous avait permis d’être si forts à l’époque, d’affronter nos drames personnels et de soulever des montagnes, nous l’avions détruite en devenant des adultes ».

 

 

 

« J’avais besoin de calme. De réfléchir. Le bruit autour de moi m’aidait à faire le vide. Ce n’est pas tous les jours qu’on assiste à son propre enterrement, pas vrai ? »

4 commentaires sur “Les fantômes d’Eden de Patrick Bauwen

  1. francksbooks
    7 octobre 2020

    chronique enthousiasmante, merci !

    Aimé par 1 personne

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Cette entrée a été publiée le 7 octobre 2020 par dans Livre, mes coups de coeur, Mes lectures, polar, policier, Thriller, et est taguée , , , , , , , , , , .
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