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Là où chantent les écrevisses de Delia Owens

 

« Un marais n’est pas un marécage. Le marais, c’est un espace de lumière, où l’herbe pousse dans l’eau, et l’eau se déverse dans le ciel. Des ruisseaux paresseux charrient le disque du soleil jusqu’à la mer, et des échassiers s’en envolent avec une grâce inattendue – comme s’ils n’étaient pas faits pour rejoindre les airs – dans le vacarme d’un millier d’oies des neiges.

Puis, à l’intérieur du marais, çà et là, de vrais marécages se forment dans les tourbières peu profondes, enfouis dans la chaleur moite des forêts. Parce qu’elle a absorbé toute la lumière dans sa gorge fangeuse, l’eau des marécages est sombre et stagnante. Même l’activité des vers de terre paraît moins nocturne dans ces lieux reculés. On entend quelques bruits, bien sûr, mais comparé au marais, le marécage est silencieux parce que c’est au cœur des cellules que se produit le travail de désagrégation. La vie se décompose, elle se putréfie, et elle redevient humus : une saisissante tourbière de mort qui engendre la vie ».

 

 

Résumé éditeur :

Pendant des années, les rumeurs les plus folles ont couru sur « la Fille des marais » de Barkley Cove, une petite ville de Caroline du Nord. Pourtant, Kya n’est pas cette fille sauvage et analphabète que tous imaginent et craignent.

A l’âge de dix ans, abandonnée par sa famille, elle doit apprendre à survivre seule dans le marais, devenu pour elle un refuge naturel et une protection. Sa rencontre avec Tate, un jeune homme doux et cultivé qui lui apprend à lire et à écrire, lui fait découvrir la science et la poésie, transforme la jeune fille à jamais. Mais Tate, appelé par ses études, l’abandonne à son tour.

La solitude devient si pesante que Kya ne se méfie pas assez de celui qui va bientôt croiser son chemin et lui promettre une autre vie.

Lorsque l’irréparable se produit, elle ne peut plus compter que sur elle-même…

 

Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Marc Amfreville

 

480 pages – 2/1/2020

 

 

 

« Plus tard, Kya s’installa de nouveau sur le perron et attendit longtemps, mais, alors qu’elle gardait les yeux rivés sur le bout de chemin, aucune larme ne lui échappa. Son visage restait imperturbable, les lèvres serrées et le regard attentif. Ce jour-là non plus cependant, Ma ne revint pas ».

 

 

J’avais vu beaucoup de critiques élogieuses à la sortie de ce livre au titre énigmatique et poétique. On ne peut pas tout lire et j’étais donc passée à côté de « La où chantent les écrevisses ». Et puis une amie très chère vient de me l’offrir (merci beaucoup) et j’ai tout de suite eu envie de le lire. Il faut dire aussi que la couverture est déjà très belle, c’est attirant et puis ce titre… Quel beau livre ! Une histoire dure et très belle en même temps, très bien écrite. Kya a six ans et elle vit dans une vieille baraque au cœur des marais en Caroline du Nord avec ses parents et ses frères et sœurs. Elle est la petite dernière. La vie est assez dure. La famille n’est pas riche et vit au rythme des colères et des coups du père, un vétéran revenu blessé de la guerre et alcoolique. Heureusement la vie est un peu égayée et adoucie par Ma. Mais un matin, après des énièmes coups reçus, Ma s’en va, sans se retourner, laissant les enfants sous le joug de Pa. Très vite, les aînés partent pour fuir ce père violent. Restent Kya et son frère Jodie, de sept ans son aîné. Mais assez vite, Jodie lui aussi quitte la maison, le cœur lourd de laisser sa petite sœur seule avec Pa. A six ans, Kya ne comprend pas tous ces abandons, surtout celui de Ma et de Jodie. Mais elle a de la ressource et sais déjà se débrouiller et surtout fuir le plus souvent le plus loin possible dans les marais, loin de Pa. Celui-ci lui laisse quelques pièces chaque lundi, de quoi à peine survivre. Sans Ma désormais pour aller faire les courses au village, Kya du haut de ses six ans, se rend au magasin pour acheter quelques aliments indispensables. Elle tente de dissimuler du mieux qu’elle peut, l’absence de Ma. Les courses sont des moments difficiles, car Kya ne sait ni lire ni compter. Elle essaie de se souvenir comment Ma cuisinait. Là où elle se sent bien, c’est dans le marais, au milieu de la nature qui la console un peu de sa solitude. Elle donne à manger aux mouettes et aux goëlands et leur parle. Un moment, la tension entre elle et Pa s’est un peu apaisée mais l’arrivée d’une lettre de Ma, que Kya n’a pas su lire, rend fou Pa qui part lui aussi définitivement. Kya se retrouve alors complètement seule, et surtout sans les quelques pièces que Pa lui donnait chaque semaine. Elle décide alors de ramasser les moules que lui donne le marais et de les vendre à Jumpy, un Noir qui vend sur un ponton de l’essence pour les bateaux et quelques denrées alimentaires. Un échange entre Kya et Jumpy se crée et peu à peu une sorte d’amitié. Commence alors une vie de solitude et de survie pour Kya, la fille des marais comme la surnomme les habitants du coin. Kya aime le marais, le connaît mieux que quiconque, et ce marais l’aide à survivre et ressentir du bonheur. Elle observe les animaux, collectionne les plumes d’oiseaux et les dessine avec beaucoup de talent. Cependant, la solitude est lourde et difficile à vivre. Quand un ancien ami de son frère Jodie, Tate, vient à sa rencontre, crée une relation avec elle, et lui apprend à lire. A vous de lire la suite pour découvrir la suite de la vie de Kya, la fille des marais. Je me suis beaucoup attachée à Kya. J’ai le cœur qui a saigné avec et pour elle et j’ai été happée par cette histoire dure, poétique, pleine d’humanité et aussi avec un certain suspense. La chute du livre m’a surprise. Bravo, j’ai beaucoup quand les auteurs me surprennent. Un joli coup de cœur !

 

 

 

« Des mois passèrent, l’hiver s’installa lentement, comme toujours dans le Sud. Le soleil, aussi chaud qu’une couverture, enveloppait les épaules de Kya, et la poussait à s’aventurer toujours plus loin dans le marais. Parfois, la nuit, elle entendait des bruits qu’elle ne connaissait pas ou était réveillée par un éclair tout proche, mais chaque fois qu’elle trébuchait, la terre la remettait sur ses pieds. Jusqu’à ce qu’un jour, sans qu’elle en prenne vraiment conscience, la douleur qu’elle avait au cœur s’écoula comme de l’eau dans le sable. Elle était toujours là, mais cachée au plus profond. Kya posa la main sur la terre mouillée et vivante, et le marais devint sa mère ».

 

 

Lien du livre sur Babélio

https://www.babelio.com/livres/Owens-La-ou-chantent-les-ecrevisses/1184153

 

Note : 4,38/5 (1703 notes)

 

 

 

 

« Elle n’avait jamais rien fait d’aussi amusant qu’apprendre à lire ».

 

 

L’auteur :

Delia Owens est née en 1949 en Géorgie, aux Etats-Unis. Diplômée en zoologie et biologie, elle part s’installer avec son mari, chercheur et biologiste comme elle, au Botswana en 1974. Ensemble, ils étudient les différentes espèces de mammifères de la région. Grâce à cette incroyable expérience au Kalahari puis en Zambie, ils publient trois livres consacrés à la nature et aux animaux, tous bestsellers aux USA. Delia Owens publie également de nombreux articles scientifiques dans Nature, Natural History, Animal Behavior, Journal of Mammalogy, en menant ses recherches sur les espèces animales en danger et elle monte des projets de sauvegarde de grande ampleur.

Après 23 années passées en Afrique, ils vivent désormais en Caroline du Nord, toujours au plus proche de la nature.

Là où chantent les écrevisses est son premier roman. Phénomène d’édition, ce livre a déjà conquis des millions de lecteurs et poursuit son incroyable destinée dans le monde entier. Une adaptation au cinéma est également en cours.

Son prochain est en cours d’écriture.

 

 

 

« Elle n’avait jamais eu d’ami, mais elle ressentait le besoin d’en avoir un. Comme un élan ».

 

 

 

« Presque tout ce qu’elle savait, elle l’avait appris de la nature. Du monde sauvage. La nature l’avait nourrie, instruite et protégée quand personne n’était là pour le faire ».

 

 

 

« Quand il est acculé, désespéré ou isolé, l’homme se replie sur son instinct de survie ».

 

 

 

« Pense surtout pas que la poésie, c’est rien qu’un truc de filles. Il y a des poèmes d’amour à l’eau de rose, c’est sûr, mais y en a aussi des drôles, beaucoup qui parlent de la nature, et même de la guerre. L’idée au fond c’est qu’ils te font toujours ressentir quelque chose.” Son père lui avait dit de nombreuses fois que la définition d’un homme, un vrai, c’était qu’il savait pleurer sans honte, qu’il pouvait lire de la poésie avec son cœur, que l’opéra touchait son âme, et qu’il savait faire ce qu’il fallait pour défendre une femme ».

 

 

 

« Dans tous les traités de biologie, elle cherchait une explication au départ de sa mère : comment était-il possible d’abandonner sa progéniture ? »

 

 

 

« Les habitants de la ville ne la voyaient que comme une forme lointaine qui se glissait dans le brouillard et, au fil des ans, les mystères de son histoire devinrent une légende, qui se racontait et se racontait encore au dîner devant des crêpes au babeurre et des saucisses de porc épicées ».

 

 

 

« Les visages changent avec les épreuves de la vie, mais les yeux demeurent une fenêtre ouverte sur le passé et elle y reconnaissait son frère ».

 

 

 

« Avec mélancolie, elle regarda les lucioles griffer le ciel de la nuit. Elle n’en capturait jamais, on en apprend plus sur les insectes quand ils ne sont pas enfermés dans un bocal ».

 

 

 

« – Avons-nous exclu cette jeune fille parce qu’elle était différente ou est-elle différente parce que nous l’avons exclue ? »

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