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Le voleur d’amour de Richard Malka

 

« La peur aussi nous façonne. Elle est l’autre force. Celle, obscure, qui conduit à la haine, à la colère et à la violence. Ce sont les deux sentiments sources. La peur et l’amour. Les autres ne sont que des décorations ».

 

 

Résumé éditeur :

« J’ai assisté à ton réveil ce matin, Anna. Je dis « assisté » car il ne me reste que trois matins à vivre et lorsque la fin est imminente, chaque réveil de l’être aimé est un événement. Nous avons échangé un baiser que j’ai écourté pour ne pas te tuer. Il est chaque jour plus difficile de résister… »

Ainsi se confesse Adrian van Gott, le collectionneur d’art sans âge dont nul ne connaît la fortune : dans sa maison, sa forteresse des beaux quartiers de Manhattan, il a amassé des livres, des tableaux, des souvenirs de siècles passés… Adrian est une énigme. Mystérieux, douloureux, épuisé par les siècles déjà vécus, torturé de ne pouvoir toucher la femme qu’il aime…

Qui est-il, et quel drame a-t-il connu dans la Venise des années 1780 avant de découvrir son étrange et monstrueux pouvoir ?

Pour Adrian, l’amour se vole et ne se gagne jamais. Et si aimer une femme à travers les siècles est une malédiction, c’est aussi le plus beau des destins. De Constantinople aux bas-quartiers de la Londres pré-victorienne, du Paris de la Révolution au New-York numérique, un grand roman noir et vampirique.

 

224 pages – 3/2/2021

 

 

 

« La mémoire ne peut remonter qu’au temps où le langage a été acquis. Avant, c’est impossible. Sans mots, nul souvenir. Pourtant, je me rappelle au-delà de ma naissance. Une sensation, une certitude prénatale : mes parents ne m’aimaient pas. Ce n’était pas de leur faute mais de celle de la scarlatine qui prit leurs deux premiers-nés peu après que je fus conçu. En 1769, cette affection était mortelle et Venise en connut une forme agressive ».

 

 

Je connaissais un peu Richard Malka, essentiellement parce qu’il est l’avocat de Charlie Hebdo. Je l’ai entendu plusieurs fois sur les plateaux des chaines d’infos parler avec beaucoup de sagesse et de convictions. J’ai apprécié ce qu’il disait et pensait. Et puis un soir, il était de nouveau invité sur un de ces plateaux tv mais pas pour son rôle d’avocat mais comme auteur. Surprise et découverte pour moi. Il y parlait de son deuxième roman qui venait de sortir « Le voleur d’amour ». Curieuse j’ai eu envie tout de suite de lire ce roman. Et voilà c’est fait ! Et contente de l’expérience. Je ne savais pas trop à quoi m’attendre et j’ai été comme happée ou plutôt hypnotisée par son écriture, surtout au début de ma lecture. Après, je pense m’y être habituée mais oui l’écriture de Richard Malka a quelque chose de fascinant, d’hypnotisant. L’histoire que nous conte Richard Malka est elle aussi envoutante, avec des aspects fantastiques, dignes de Dracula et autres vampires. Mais si le récit est envoutant cela ne veut pas dire pour autant qu’il est charmant, délicieux et léger. Bien au contraire, l’histoire est dure, sombre et parfois cruelle. Mais en même temps c’est une grande histoire d’amour, de quête désespérée d’amour au fil des siècles. Je ne vais pas trop vous dévoiler l’intrigue car elle est à part entière l’un des ressorts du suspense et de l’attrait du voleur d’amour. Sachez néanmoins qu’il s’agit ici du journal d’Adrian van Gott, homme mystérieux, séduisant et cultivé, qu’il destine à Anna, jeune femme qu’il vient de rencontrer et en qui il reconnait son grand et unique amour, Clélia, rencontrée à Venise dans les années 1780. Adrian qui aime comme un fou Anna, veut lui expliquer qui il est, sa vie, sa monstruosité, son drame. En effet, Adrian est né à Venise, il y a longtemps, au 18e siècle. Enfant chétif et solitaire, que ses parents n’aiment pas suite au décès de leurs deux premiers enfants, Adrian essaie de survivre. Jusqu’à sa rencontre avec Clélia, moment où il découvre son don… ou sa malédiction. Je ne vous en dirai pas plus, à vous de suivre Adrian au fil des époques, des siècles, jusqu’à nos jours et sa rencontre et son amour pour Anna. Que va-t-il faire par amour ? Que va-t-il devenir ?

J’ai beaucoup aimé « Le voleur d’amour » même si c’est une histoire pas facile, étrange mais terriblement addictive, sensible et intelligente. On sent énormément d’érudition chez l’auteur et un grand art du récit. A découvrir !

 

 

 

« Cette nuit-là, j’ai connu l’amour et l’immortalité, avec les ténèbres entre les deux. L’immortalité qui se nourrissait d’amour. J’ai su que je venais de me damner.

Ma nouvelle vie pouvait débuter ».

 

 

Lien vers la fiche du livre sur Babélio

https://www.babelio.com/livres/Malka-Le-voleur-damour/1279158

 

Note : 4,17/5 (24 notes) – Ma note : 4/5

 

 

 

« J’ai pensé au reflet du miroir, à son intensité. Qui m’avait offert ces dons ? Dieu ou le diable ? Dieu pour se racheter de la misérable existence qu’il m’avait réservée, mais alors pourquoi ma survie était-elle conditionnée à la mort d’innocents ? Le diable… mais qu’avais-je fait pour mériter son châtiment ? Et pourquoi me doter de tels dons ? Tout cela n’avait aucun sens ».

 

 

L’auteur : Richard Malka

 

Richard Malka, né le 6 juin 1968 à Paris, est un avocat français, connu notamment pour être l’avocat de l’hebdomadaire satirique Charlie Hebdo. Il est aussi scénariste de bandes dessinées et romancier.

Les origines familiales de Richard Malka sont au Maroc. Sa famille est d’origine juive séfarade ; son père était tailleur pour dames ; il a deux frères, l’un pneumologue, l’autre occupe un poste de direction à Air France.

Spécialiste du droit de la presse, il commence sa carrière en 1992 (année de sa prestation de serment comme avocat) dans l’ancien cabinet de Georges Kiejman. Il est aussitôt chargé du dossier Charlie Hebdo, lors de la relance du titre. Sept ans plus tard, en 1999, il crée son propre cabinet.

Wikipédia (pour en savoir plus sur sa carrière d’avocat entre autres, lire l’article complet de Wikipédia)

 

« Il a entrepris l’écriture de son livre en 2015, après l’attentat qui a coûté la vie à ses amis de Charlie Hebdo, journal dont il défend les intérêts depuis plus de vingt ans. « J’avais alors beaucoup de ténèbres en moi, je me sentais animé de passions mauvaises. La haine, la colère, la tristesse et le désir de vengeance, tous ces sentiments que je ressentais durement, il fallait qu’ils sortent. J’ai essayé d’en faire quelque chose et je les ai mis dans ce livre, comme une sublimation », confie au Point Richard Malka, quelques jours après la sortie de son deuxième roman, Le Voleur d’amour (Grasset) ».

Le Point 12/2/2021

 

Si vous voulez lire l’article du point en entier (fort intéressant), voici le lien

https://www.lepoint.fr/livres/richard-malka-toutes-mes-passions-je-les-ai-mises-dans-ce-livre-12-02-2021-2413680_37.php

 

 

 

« Ces événements ayant eu lieu bien avant ma naissance, tu te demandes sûrement, Anna, comment je peux en avoir une telle connaissance et tu dois te dire qu’au-delà même de la longévité que je m’attribue, ces lignes sont la preuve de ma folie. Il n’en est rien. Encore un peu de patience et tu comprendras ».

 

 

 

« Jusqu’ici, mon seul rêve était de vivre reclus au milieu des livres, mais l’individu que je contemplais pouvait conquérir le monde. Tu ne peux imaginer mon allégresse, Anna. L’apparence physique modifie la pensée. La sensation de force change le comportement ».

 

 

 

« Tous deux avaient un point commun : leur enfance fut atroce, comme celle de tous les grands hommes. C’est une règle qui ne souffre pas d’exception. Le bonheur n’enfante pas la folie nécessaire au dépassement ».

 

 

 

« C’est à quinze ans que j’ai découvert mon pouvoir. C’est un moment qui te concerne aussi. Celui où le monstre s’est éveillé ».

 

 

 

« La culpabilité me tuait. La mort ne voulait pas de moi mais me suivait où que j’aille, fauchant ceux qui m’approchaient. Elle était ma compagne mais, seule à m’aimer, jamais ne m’étreignait ».

 

 

 

« Ce que je vais t’écrire est si extraordinaire, Anna, que je dois prendre un détour. Il m’a fallu attendre pour comprendre. Que la science progresse, ce qui n’est advenu que dans la seconde partie du XXe siècle pour le phénomène qui nous intéresse. En 1784, je croyais qu’il s’agissait de sorcellerie. Aujourd’hui encore, je n’ai pas fini d’élucider ce mystère mais j’en conçois le fonctionnement ».

 

 

 

« La capacité à aimer n’est pas un rempart à la folie meurtrière, pas plus que la culture ou l’intelligence. Autre chose était à l’œuvre. Un ressort que je connaissais bien, celui de la rage qui m’avait conduit à éradiquer sans remords des hommes et des enfants dans la brousse africaine en éprouvant une jouissance à tuer. On ne devrait faire la guerre que le cœur rempli d’amour. Je n’en étais pas capable ».

 

 

 

« La science a cet avantage sur la religion qu’elle peut se déjuger sans se discréditer. La raison progresse par ses erreurs quand la foi meurt de ses errements ».

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