Ma passion les livres

Partage de mes lectures

Cemetery Road de Greg Iles

 

« Je suis revenu à la maison à cause d’une femme.

Quand je suis parti, ce n’était qu’une gamine, et moi un garçon déboussolé. Mais l’existence a eu beau s’échiner pour extirper toute douceur en moi et m’enfermer dans la carapace rugueuse du cynisme, une chose pure est demeurée vivace et vraie : la fille mi-jordanienne, mi-mississipienne qui m’avait dévoilé les joies secrètes de la vie. Elle a laissé une empreinte si tenace et forte dans mon âme qu’aucune autre femme n’a jamais pu se mesurer à elle. Vingt-huit ans de séparation ont échoué à éteindre mon désir de me retrouver auprès d’elle ».

 

 

Résumé éditeur :

Quand Marshall McEwan a quitté sa ville natale du Mississippi à dix-huit ans, il s’est juré de ne jamais revenir. Le traumatisme qui l’a chassé l’a aussi poussé à devenir l’un des journalistes les plus talentueux de Washington. Mais tandis qu’une administration chaotique se met en place sous la férule d’un Trump nouvellement élu, Marshall découvre que son père est en phase terminale de la maladie de Parkinson et qu’il doit rentrer chez lui pour faire face à son passé.

Bien des choses ont changé à Bienville, Mississippi. Le journal local dirigé par son père périclite et Jet, son amour de jeunesse, est mariée au fils de Max Matheson, l’un des puissants patriarches qui dirigent la ville depuis le très exclusif Poker Club. À la surprise de McEwan, Matheson a réussi à attirer un investissement chinois d’un milliard de dollars pour la construction d’une nouvelle usine à papier. Mais alors que l’accord est sur le point d’être conclu, deux terribles morts secouent la ville. À peine de retour, le fils prodigue va devoir s’impliquer malgré lui dans les affaires troubles de Bienville…

Après sa trilogie du Mississippi, qui lui a valu une reconnaissance critique et publique unanime, Greg Iles revient avec un roman noir vertigineux. À l’instar des courants tumultueux du fleuve, son intrigue haletante emporte tout sur son passage.

 

768 pages – 5/5/2021

 

 

 

« – Que cette ville soit maudite, grince-t-elle sauvagement. S’il fallait qu’ils tuent mon mari pour avoir leur papeterie, Bienville ne mérite pas de survivre.

On y vient.

– Il faut que tu appelles Jet Matheson, ajoute-t-elle. C’est la seule personne qui a suffisamment de cran pour s’opposer au Poker Club. Non pas que tu n’aies pas réagi, toi aussi. Je veux dire, tu as publié des articles, tout ça. Mais le propre beau-père de Jet est membre du club, et pourtant il y en a un ou deux d’entre eux qu’elle ne lâche pas, un vrai pitbull. Elle a traîné le Dr Warren Lacey devant les tribunaux, et il s’en est fallu de peu qu’elle le fasse interdire d’exercice ».

 

 

Quand j’ai vu que Greg Iles sortait un nouveau livre, je n’ai pas pu résister à l’envie de le lire. J’avais adoré et dévoré sa trilogie du Mississippi. J’étais donc impatiente et enthousiaste. Le début de « Cemetery Road » m’a un peu calmé. Pour être honnête, j’ai eu un peu de mal à rentrer dans l’histoire, mais comme c’est Greg Iles, j’ai persisté. Bien m’en a pris, la suite de ce pavé (768 pages) est passionnante, glaçante et très bien écrite… et bien documentée car Greg Iles est vraiment un homme du sud et il sait à merveille nous raconter ce sud-américain profond. Il s’intéresse visiblement beaucoup aux médias, et en particulier aux journaux papier, à la liberté d’expression. Comme dans sa trilogie, son « héro », Marshall McEwan, est un journaliste qui se bat pour publier la vérité, pas toujours reluisante, dans sa ville natale, Bienville. Après une carrière très réussie à Washington, Marshall a dû rentrer à Bienville pour prendre la direction du journal de son père dont la santé est déclinante. Les relations de Marshall avec son père sont très compliquées et quasi inexistantes depuis le décès d’Adam, le frère de Marshall, quand ce dernier avait dix-huit ans. Marshall se sent responsable de sa mort et son père ne lui a jamais pardonné cette noyade. Par ailleurs, bien sûr, Marshall retrouve également de nombreuses connaissances d’enfance, dont son meilleur ami, Paul Matheson qui est marié à Jet, le premier et seul grand amour de Marshall. La ville est gangrénée par la corruption d’un groupe qui tient la ville sous sa coupe depuis deux cent ans, le Poker Club. Max Matheson, le père de Paul, en fait partie. Marshall s’attaque à ces voyous, au risque de sa vie, d’autant plus que Buck Ferris, son « père adoptif » vient d’être assassiné alors qu’il faisait des fouilles archéologiques sur le site d’une future usine que le Poker Club fait tout pour implanter. Marshall voit rouge et tente par tous les moyens de découvrir la vérité et de la publier. C’est sans compter avec les sentiments qu’il a toujours pour Jet Matheson, la femme de son ami Paul et les complications qui en découlent. Jet qui aime toujours Marshall, rêve de partir avec lui et son fils. Mais le Poker Club tient toutes les administrations, la police, la justice etc. Je ne vous en dis pas plus. La tension est forte et monte crescendo. Le suspense nous tient en haleine jusqu’au bout. Le Poker Club est vraiment un gang de gens dangereux et pervers et la nature humaine est compliquée. On ne connaît jamais complètement les gens. J’ai beaucoup aimé « Cemetery Road ». Greg Iles est un excellent conteur.

 

 

 

« – Va, m’a dit Adam avec un calme qui me hante aujourd’hui encore.

Puis, avec un sourire triste, il a glissé sous la surface.

Pendant une fraction de seconde qui restera pour moi éternelle, j’ai fixé du regard l’endroit où mon frère s’était trouvé. Ensuite mon cerveau reptilien a pris le contrôle de mon corps. Libéré du poids d’Adam, j’ai fendu l’eau avec la sensation de voler. L’avant de la barge est retombé si près de mes pieds que le remous m’a soulevé tel un surfeur qui accroche une vague. Le courant vicieux provoqué par le reflux a empoigné le bas de mon corps et m’a tiré de nouveau vers la coque d’acier, mais la terreur a dû m’accorder une force surhumaine car j’ai réussi à me dégager ».

 

 

Lien vers la fiche du livre sur Babélio

https://www.babelio.com/livres/Iles-Cemetery-Road/1317429

 

Note sur Babélio : 2,5/5 – Ma note : 4,5/5

 

 

 

« Nadine se tient derrière le comptoir, où elle nettoie son percolateur. Elle me lance un sourire par-dessus son épaule et demande, à mi-voix :

– C’est vrai, pour Buck ?

Je me rapproche avant de répondre :

– Qu’est-ce que tu as entendu raconter ?

– Qu’on l’a trouvé dans le fleuve. Mort.

J’acquiesce, puis frissonne parce que la climatisation glace ma chemise imbibée de transpiration.

– Je viens juste de les voir retirer le corps de l’eau.

Elle secoue la tête, pose sa lavette et se détourne de la machine étincelante.

– Un accident ?

– Entre toi et moi ? Aucune chance.

Elle se suçote la lèvre inférieure, baisse les yeux sur le comptoir, le temps d’absorber la nouvelle.

– C’était le site indien ? La menace de l’usine à papier ?

– C’est ce que je pense. Et si on inclut les habitants du comté, ça nous fait dans les trente-six mille suspects ».

 

 

L’auteur : Greg Iles

Greg Iles, né en 1960 à Stuttgart, en Allemagne, où son père dirigeait la clinique de l’ambassade des États-Unis au plus fort de la Guerre froide, est un romancier, scénariste et guitariste américain, vivant dans le Mississippi.

Il connut le succès dès son premier roman, en 1993, un thriller consacré au criminel de guerre Rudolf Hess. Il enchaîne alors les livres (dont un certain nombre publié aux Presses de la Cité et repris en poche) jusqu’à l’accident de voiture en 2011 qui manque de lui coûter la vie et dans lequel il perdra une jambe. Il s’attelle alors à la fameuse trilogie Natchez Burning, composé de Brasier noir, L’Arbre aux morts et Le Sang du Mississippi.

Il vit à Natchez, Mississippi, avec sa femme et ses trois enfants.

 

 

 

 

« La plupart des membres du Poker Club présents ce soir gravitent autour de la tente de Cash, même si je repère deux ou trois des plus anciens qui font la cour à son octogénaire de fondateur, Claude Buckman.

– Salut, La Buse, me lance Paul Matheson quand j’approche de la tente. Quoi de neuf, vieux ?

Avec son petit mètre quatre-vingts, Paul est une version quelque peu réduite de son père. Blond, sociable, toujours musclé à quarante-sept ans. Il n’existe personne sur terre avec qui j’ai une histoire aussi complexe ».

 

 

 

« Le Poker Club de Bienville a été fondé peu après la reddition de Lee, à Appomattox. Ses membres d’origine – dont la plupart sont les ancêtres des douze membres actuels – ont créé cette organisation fantôme pour se défendre des déprédations des envahisseurs nordistes qui ont déferlé tels des parasites du coton, dans le seul but de piller ce qui restait des richesses de la Confédération. Et comme les Yankees avaient des gentlemen du Sud l’image de joueurs invétérés habitués à boire du whiskey et fumer des cigares loin de leur famille, les parties de poker nocturnes ont procuré une couverture à des activités plus subversives. Alors que dans d’autres villes les hommes formaient des groupes de cavaliers de la nuit qui deviendraient bientôt le Ku Klux Klan, les affairistes pragmatiques de Bienville ont recouru à des formes de résistance plus machiavéliques ».

 

 

 

« Je sens mon cœur qui cogne dans ma poitrine.

– Dis-moi à quoi tu penses. Crache le morceau.

– Je pense que tu diriges un journal. Et que je détiens certaines infos.

Un flux d’adrénaline incendie tout mon être. Les individus intègres et courageux sont rares, de nos jours. J’en ai connu quelques-uns, mais cela faisait un bout de temps que je n’avais pas croisé la route d’un chrétien authentique, qui fait des choix difficiles sur la base de sa foi et les assume.

– Tu parles d’infos anonymes ? Ou d’être cité comme source ?

– Quand je dis quelque chose, je signe de mon nom.

Bien que je sois au volant, je ferme les yeux un instant tant mon sentiment de gratitude est grand.

– D’accord, mon vieux. Je suis prêt. Raconte-moi ce que tu veux dire ».

 

 

 

« Nous sommes des hommes d’affaires. Nous ne prétendons pas être autre chose. Notre vie est vouée au profit, à l’accroissement de nos affaires et à la consolidation de notre pouvoir. Nous créons de la richesse. S’il se trouve que la condition des autres s’améliore dans le même temps, c’est très bien, mais ce n’est pas là notre souci premier ».

Un commentaire sur “Cemetery Road de Greg Iles

  1. Pingback: Mon bilan lecture 2021 | Ma passion les livres

Votre commentaire

Choisissez une méthode de connexion pour poster votre commentaire:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.

%d blogueurs aiment cette page :