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Le dernier chant de Sonja Delzongle

 

« Au début de la pandémie de covirus, les promesses d’un « monde d’après », un monde meilleur, avaient fusé dans le ciel noirci, aussi belles que les Perséides d’été et aussi trompeuses qu’un mirage.

Au fond, personne n’y avait cru.

Était-ce pour cette raison que l’humanité courait à sa perte ?

Parce qu’elle n’avait plus foi en elle-même ?

En ses propres illusions ?

Parce que, au lieu d’être composée de millions d’êtres humains en joie ou en souffrance se reconnaissant un peu en chacun, elle se décomposait en riches, en pauvres, en politiques, en criminels, en délinquants, en drogués, en fous, en méchants, en idiots, en intelligents, en pour ou en contre ? »

 

 

Résumé éditeur :

Et si les animaux n’étaient que de malheureuses sentinelles…

« C’est le bruit, qui tue. Le dernier chant. Il apporte la mort ». Telle est la prédiction de la vieille Innu devant l’immense cimetière qu’est devenu le fleuve Saint-Laurent en ce matin d’août 2021. A perte de vue, des marsouins, des bélugas, quelques orques, flottent le ventre en l’air. Une hécatombe sans précédent.

Deux mois après, dans une réserve du Congo, les gorilles succombent eux aussi à un mal inexpliqué. Et, chose stupéfiante, les survivants, prostrés semblent pleurer…

Quel lien entre ces phénomènes qui se multiplient dans le monde ? A qui profite la disparition de ces êtres vivants ? C’est ce que se demande Shan, chercheuse à l’Institut de virologie de Grenoble, en découvrant le dossier déposé sur son bureau par un stagiaire.

La voilà décidée à mener l’enquête, seule. Mais déjà, des yeux la surveillent, quoi qu’elle fasse, où qu’elle s’envole… Et à l’approche de la vérité, Shan mettra en jeu non seulement ses convictions, mais aussi sa propre vie.

 

Entre peurs ancestrales et angoisses de fin du monde, une plongée vertigineuse aux confins de l’humanité. Un thriller intense et bouleversant.

 

480 pages – 31/3/2021

 

 

 

« Fin août, début septembre. Comme lors des grandes migrations en Afrique, la meilleure période, ici, pour observer les baleines. Il y en avait plusieurs espèces dans le fleuve Saint-Laurent. Du rorqual commun à la baleine bleue, la plus grande de toutes, en passant par la baleine à bosse. Quant au béluga, présent lui aussi, se faisant de plus en plus rare, les zodiacs et les bateaux, chargés de touristes avides d’une rencontre inoubliable, avaient l’interdiction de s’en approcher à moins de trois cents mètres. En plus de répertorier les mammifères marins du fleuve et leurs mouvements, Liam et quelques autres s’employaient à faire respecter les distances réglementaires ».

 

 

Voilà avec « Le dernier chant », le dernier roman de Sonja Delzongle, auteure que j’aime beaucoup. Comme nombre de ses collègues écrivains de thrillers/polars, elle nous livre ici un ouvrage sur l’après covid et surtout sur la planète en souffrance due essentiellement aux humains. Le climat se dérègle et surtout de nombreuses espèces animales, sauvages ou domestiques, meurent mystérieusement, en larmes, après un stade de sidération et de tristesse. Quelques humains figurent également dans cette hécatombe. La communauté mondiale ne s’intéresse pas encore vraiment à ce phénomène pourtant mondial, quand « on » confie ce dossier « Animal » à Shan, une jeune virologue de talent. Immédiatement le sujet la choque, l’attriste et la passionne. Elle se lance alors à corps et cœur perdus dans cette énigme qui la touche profondément. Cette quête ne se fera pas sans embûche mais bien au péril de sa vie car de nombreuses puissances secrètes se dissimulent derrière ce massacre des animaux. Sa vie personnelle en sera également chamboulée. Ce livre est très bien écrit comme toujours avec Sonja Delzongle, mais j’ai trouvé que cette fois-ci, les rebondissements et la trame de l’histoire étaient parfois un peu tirés par les cheveux. Beaucoup de sujets, importants, comme la défense animale, le changement climatique, mais aussi l’amour, le deuil, le déracinement, la recherche d’immortalité, etc. s’entremêlent, un peu trop à mon goût, car finalement cela nuit parfois à la force du discours, des convictions. On sent bien que c’est un livre écrit pendant la pandémie et le confinement et certaines réflexions à relent conspirationniste apparaissent parfois au détour de l’histoire. Bien qu’il y ait dans ce récit de nombreux très beaux moments poétiques et touchants sur la nature et les animaux et que l’on sente beaucoup de sincérité et de force de la part de l’auteure, ce dernier chant ne m’a que moyennement convaincu. Ceci dit, l’essentiel des thématiques développées dans ce roman m’intéresse et m’interpelle profondément. Que sommes-nous en train de faire subir à notre planète, notre terre nourricière ? Il est plus que temps de réagir. Ces lectures sont aussi là pour nous faire réfléchir.

 

 

 

« Le regard perdu au-delà des massifs à la couronne immaculée luisant dans un ciel pur, les doigts refermés sur son médaillon, Shan pensait à leur dernière soirée sur la Chartreuse. À la beauté et à la cruauté de la vie qui donne et reprend, dans une comptabilité parfois inique. Avec le poids de son histoire familiale et la mort de son père, Shan croyait avoir eu son lot, mangé son pain noir. Son jumeau lui manquait. Ayden lui manquait. Son père lui manquait. Trois hommes dans son cœur. Un seul vivant. Mais tout aussi absent ».

 

 

Lien vers la fiche du livre sur Babélio

https://www.babelio.com/livres/Delzongle-Le-dernier-chant/1304913

 

Note Babélio : 3,54/5 (45 notes) – Ma note : 3/5

 

 

 

« – J’ai le regret de vous informer, commença le directeur d’une voix blanche, que les trois gorilles du zoo qui devaient vous être envoyés prochainement pour une réintégration à la vie sauvage ne sont pas en état de voyager. Ils… ils ne s’alimentent plus, ne boivent plus et restent prostrés sans bouger. Mais ils ne sont pas les seuls. Ça touche aussi d’autres espèces. Certains individus sont morts. D’autres sont en urgence vitale. Et il y a une chose que nous ne nous expliquons pas.

– Laquelle ?

La voix d’Annaïk tremblait en posant cette question.

– Les animaux qui sont en état de prostration ne cessent de pleurer ».

 

 

L’auteure : Sonja Delzongle

Née le 28 août 1967 à Troyes d’un père français et d’une mère serbe, Sonja Delzongle a grandi, riche de deux cultures. La romancière grandit entre la ville de Dijon et la Serbie. Diplômée de l’école des Beaux-Arts de Dijon, elle peint et expose pendant une quinzaine d’années puis devient journaliste en presse écrite à Lyon, où elle vit toujours. En 2007, la romancière publie une nouvelle qui deviendra un premier roman court très apprécié : « La journée d’un sniper ». C’est le début du succès pour Sonja Delzongle, qui se lance rapidement dans l’écriture de thrillers et de polars. Elle se consacre aujourd’hui exclusivement à l’écriture.

 

 

 

« Des milliers de cadavres, tels des troncs morts ou des bûches, flottaient sur l’eau du fleuve. On aurait dit qu’aucun des habitants du Saint-Laurent n’avait été épargné. Une hécatombe sans précédent ».

 

 

 

« Le soir, en rentrant chez elle, après avoir joué avec Moisi, le petit singe vert qu’elle avait sauvé des tests de laboratoire, Shan avalait un bol de céréales et se mettait sur les documents.

Au terme de ce travail colossal, la jeune femme, épuisée mais déterminée, venait de décider de prendre trois semaines de congé sur les quatre qu’elle devait solder avant la fin de l’année, pour se rendre là où étaient apparus les tout premiers cas dans le monde. À Tadoussac au Québec, puis au Groenland, puis au Congo, dans la réserve de Lesio-Louna. Et elle terminerait son périple par les zoos, celui de Londres, puis celui de B… en France ».

 

 

 

« Ce qui voulait dire que ces animaux, à l’instar de tous les autres dont parlait le fameux dossier, avaient produit des larmes de véritable chagrin. Ou, en tout cas, d’un immense mal-être auquel ils auraient succombé.

Shan, le front bouillant, n’en revenait pas. Elle n’avait jamais vu ça. Pourtant, elle devait encore utiliser le conditionnel. Ce temps avec lequel les scientifiques vivent en permanence jusqu’à la preuve irréfutable qui transforme l’hypothèse en réalité ».

 

 

 

« Que tous ces animaux meurent de chagrin n’aurait rien de vraiment étonnant, vu ce que devient la planète, leur planète.

Parce qu’ils étaient là avant nous.

Parce que s’il y a un virus, et de loin le plus meurtrier, c’est l’être humain ».

 

 

 

« Immobile, retenant son souffle, les doigts serrés sur la pagaie, elle attendit. Soudain, elle entendit surgir de l’eau le chant de la baleine. Douloureux, lancinant, comme un cri de désespoir aux intonations presque humaines, il perça la surface, traversa le miroir et vint frapper Shan en plein cœur. Instantanément, il lui remplit les tympans, la tête, à la faire exploser. Fermant les yeux, elle lâcha le manche et plaqua les paumes sur ses oreilles. Faible protection contre 180 décibels.

Puis l’eau se referma comme un tombeau et tout redevint calme. Seules quelques vaguelettes hérissaient encore le fleuve, là où la baleine venait de disparaître ».

 

 

 

« Le bruit qui tue.

Shan était de plus en plus convaincue d’être sur la bonne piste. Celle du son. Mais d’une certaine catégorie de sons. Ceux qui demeurent inaudibles, qui ne se manifestent que par des vibrations ressenties au plus profond du corps, qui devient alors une caisse de résonance ».

 

 

 

« – La police l’a retrouvé hagard, sur le chemin de sa maison, les vêtements en sang, les mains plaquées sur les oreilles, criant : « Arrêtez, arrêtez ça, laissez-moi tranquille ! Que le hum cesse, par pitié ! »

– Le hum ?

– Le Bruit, en français. En as-tu déjà entendu parler ?

– Non.

– On l’appelle aussi le Bourdonnement de Taos, du nom d’une ville du Nouveau-Mexique, où le hum est apparu, dans les années 1990, avant de cesser, puis de reprendre pour s’étendre partout dans le monde. En Grande-Bretagne, en Allemagne, en Suisse, au Danemark, mais aussi en Europe centrale. En France, des gens s’en plaignent, notamment à Paris, au Havre, à Toulouse, Brive, Pau, Clermont-Ferrand et Valence, dans la Drôme. Tout le monde ne l’entend pas ».

Un commentaire sur “Le dernier chant de Sonja Delzongle

  1. Pingback: L’Avent de Polar’Osny J-15 – Les Lectures de Maud

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