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Dent de dinosaure de Michael Crichton

 

« C’était la première fois que Johnson passait la nuit sous la vaste voûte du ciel de la prairie – impossible de trouver le sommeil. La seule pensée d’un serpent à sonnette ou d’un grizzli l’aurait de toute façon empêché de dormir, mais il y avait tant d’autres bruits autour de lui : le murmure du vent dans l’herbe, les hululements des hiboux dans la pénombre, les hurlements lointains des coyotes. Il fixait les milliers d’étoiles dans le ciel sans nuages, et il écoutait. »

 

 

Résumé éditeur :

Jamais depuis Jurassic Park la chasse aux fossiles de dinosaures n’avait été aussi dangereuse…

Le roman inédit de Michael Crichton, qui lui a inspiré Jurassic Park.

1875. Dandy désœuvré, le jeune William Johnson, après avoir perdu un pari, doit partir pour le Far West. Quittant son univers privilégié, l’étudiant de Yale rejoint une expédition à la recherche de fossiles préhistoriques dans les territoires reculés et hostiles du Wyoming. Mais la plus sanglante des guerres indiennes vient d’éclater. Et avec elle un autre conflit, opposant deux célèbres paléontologues prêts à tout pour déterrer d’inestimables vestiges de dinosaures et accéder à la gloire (Othniel Charles Marsh et Edward Drinker Cope). Pactes secrets, trahisons et meurtres rythmeront l’épopée de Johnson, peuplée de figures mythiques de l’Ouest : chasseurs de bisons et chasseurs de primes, généraux en déroute et Sioux sanguinaires, as de la gâchette et danseuses de saloon. Retrouvé dans les archives de l’écrivain, ce roman inédit au confluent du western et du thriller est fondé sur des faits réels. Il lui a ensuite inspiré Jurassic Park, son plus célèbre roman.

 

304 pages – 3/6/2021

 

 

 

« En ce mois de mai 1876, Philadelphie était la ville la plus trépidante d’Amérique. L’Exposition universelle du centenaire y drainait des foules immenses qu’elle semblait avoir du mal à contenir. L’excitation entourant la commémoration du centenaire de la nation était presque palpable. »

 

 

Bon voilà, Michael Crichton, « Jurassik Park », c’est tout un univers, un imaginaire qui est assez fascinant, qui me fascine… Donc je vois « Dent de dinosaure », je ne réfléchis même pas, je lis à peine la quatrième de couv, et hop je me lance dans cette lecture m’attendant à trouver de la science-fiction, des dinosaures, enfin bref, vous voyez. Eh bien à l’arrivée, ce n’est pas du tout cela. Oui bien sûr on parle de dinosaures, mais de fossiles !! Pas l’ombre d’un dinosaure vivant… rien, nada ! Alors bien sûr, vous avez une très bonne écriture, un roman d’aventures doublé d’un western. Vous partez en 1876 vers l’Ouest américain en pleine guerre des Sioux en compagnie d’un jeune homme de l’Est, de Philadelphie, tout juste sorti de sa première année d’études. Riche, dandy, orgueilleux et un brin naïf, Johnson est obligé de suivre l’expédition d’un grand paléontologue suite à un pari stupide. Johnson est donc intégré, pour photographier le voyage, à l’équipe d’étudiants qui part avec le professeur Othniel Charles Marsh. Oui à cette époque, il y avait déjà la photographie mais avec beaucoup de matériels et des procédés chimiques délicats. Marsh, grand paléontologue, est complètement paranoïaque et obsédé par sa haine envers un de ses confrères, un ancien ami, Edward Drinker Cope. Pour info, ces deux paléontologues et leur rivalité incroyable ont bien existé. Enfermé dans sa paranoïa, Marsh s’imagine assez vite que Johnson est un espion à la solde de son ennemi. Marsh abandonne donc Johnson à Cheyenne sur leur chemin vers l’Ouest. Le hasard fait rencontrer Johnson et Cope, le fameux ennemi de Marsh, lui aussi paléontologue, à Cheyenne. Le jeune étudiant part alors avec Cope à la recherche de fossiles de dinosaures dans les Black Hills au mépris des dangers de l’Ouest et surtout des guerres indiennes. Et cela sans oublier Marsh et ses acolytes qui vont mettre des bâtons dans les roues à Cope et ses étudiants. Des petites villes sordides où s’entassent des chercheurs d’or, des voyous de grand chemin, des tueurs qui ne rêvent que d’affronter en duel des légendes, des saloons, des filles qui n’ont pas froid aux yeux, des indiens sur le chemin de la guerre, des soldats parfois corrompus… voilà l’univers de « Dent de dinosaure ». Beaucoup d’aventures, de péripéties avec des drames humains, tout cela dans la quête passionnée et scientifique pour découvrir les secrets des dinosaures et de notre passé, mais bien sûr quête teintée de recherche du pouvoir, de haine et d’argent. C’est agréable à lire quand on ne s’attend pas à un livre de science-fiction.

 

 

 

« J’ai toujours autant envie de passer trois mois dans l’Ouest que trois mois enfermé dans une loge d’opéra à écouter des arias en allemand. Mais j’admets volontiers une excitation croissante et plaisante à mesure qu’approche la date du départ. J’ai procédé à l’acquisition de l’ensemble des fournitures demandées, notamment un couteau Bowie, un revolver six coups Smith & Wesson, un fusil de calibre .50, des bottes de cavalier rigides et un marteau de géologue. À chaque achat, mon excitation grandit. Ma maîtrise des techniques photographiques est satisfaisante. Je me suis en outre procuré les quelque trente-cinq kilos de produits chimiques et de matériel ainsi que cent plaques de verre. En bref : je suis prêt.

Un seul obstacle se dresse à présent entre moi et ce voyage : ma famille. Je dois retourner à Philadelphie pour leur annoncer la nouvelle. »

 

 

Lien vers la fiche du livre sur Babélio

https://www.babelio.com/livres/Crichton-Dent-de-dinosaure/1308655

 

Note sur Babélio : 4,1/5 (25 notes) – Ma note : 3/5

 

 

 

« Soudain, un cri électrisant résonna :

– Les Indiens !

Tous se précipitèrent de l’autre côté du wagon et collèrent leur visage aux vitres. Au loin, ils distinguèrent trois tipis entourés par une demi-douzaine de poneys et des silhouettes sombres – des hommes debout qui regardaient passer le train. Puis les Indiens s’évanouirent derrière une colline.

– Ils sont de quelle tribu ? demanda Johnson à Gall, l’assistant de Marsh.

– Des Pawnees sans doute, répondit ce dernier, blasé.

– Ils sont hostiles ?

– Ça leur arrive.

Johnson pensa à sa mère. »

 

 

L’auteur : Michael Crichton

Michael Crichton, né le 23 octobre 1942 à Chicago et mort le 4 novembre 2008 (à 66 ans) à Los Angeles, est un écrivain américain de science-fiction, scénariste et producteur de films. Auteur de nombreux romans et nouvelles à succès comme « Jurassic Park », « Le Monde Perdu », « Sphère » ou encore « Westworld (Mondwest) » et « Le 13e Guerrier », il est souvent considéré comme l’un des pionniers du techno-thriller qui consiste à développer une intrigue contemporaine de politique-fiction dont la résolution passe par l’usage de moyens technologique de pointe.

Michael Crichton est diplômé de la Harvard Medical School. Pour financer ses études médicales, il écrit des romans, sous les noms de plume John Lange et de Jeffery Hudson. Ils sont principalement dans le même esprit que les James Bond écrits par Ian Fleming. Il remporte l’Edgar du meilleur roman en 1969 avec le roman « Extrême Urgence » publié sous le pseudonyme de Jeffery Hudson.

Il était membre du conseil d’administration de The Gorilla Foundation, fondation pour la protection des gorilles.

Il est aussi connu comme le producteur de la série télévisée à succès « Urgences ».

Michael Crichton meurt le 4 novembre 2008 d’un cancer, à l’âge de 66 ans. À sa mort, des ébauches de ses trois derniers romans sont retrouvés sur son ordinateur personnel. Ces écrits seront publiés à titre posthume par Harper Collins sous les titres « Pirates », « Micro » et « Dent de dinosaure ».

 

 

 

« – Et toi ? Tu vas dans les Black Hills, à la recherche d’or ?

Il sourit.

– Non. Je suis dans une expédition scientifique, je pars chercher des fossiles.

Une ombre passa sur le visage de Lucienne.

– Des fossiles. De vieux os, expliqua-t-il.

– On gagne bien sa vie, là-dedans ?

– Non, non. C’est pour la science.

Elle posa une main chaude sur son bras, et ce contact électrisa le jeune homme.

– Je sais bien que vous avez des secrets, vous autres chercheurs d’or. Je ne dirai rien. »

 

 

 

« Mais, en fin d’après-midi, le soleil déchira les nuages et l’air se réchauffa. Tous se sentaient ragaillardis, surtout quand, après avoir gravi une colline en pente douce, ils découvrirent une des scènes les plus inoubliables de l’Ouest.

Aussi loin que portait le regard, un troupeau de bisons. Des formes sombres et touffues amassées sur l’herbe jaunie des plaines. Les bêtes paraissaient paisibles, avec quelques beuglements et mugissements çà et là.

Cope estimait leur nombre à deux millions, peut-être davantage.

– Vous avez de la chance de pouvoir les admirer, dit-il. Dans un an ou deux, des troupeaux tels que celui-ci ne seront plus qu’un lointain souvenir. »

 

 

 

« Chicago était la ville dont l’expansion était la plus rapide au monde, tant par sa population que par son importance commerciale. Simple village rural de quatre mille habitants en 1840, elle avait explosé pour se métamorphoser en une métropole d’un demi-million d’âmes et doublait désormais de taille tous les cinq ans. »

 

 

 

« Quiconque imagine les Indiens comme des peuples nomades vivant librement au grand air recevrait un choc terrible en visitant ces habitations. Le village des Indiens des Plaines est à l’image d’une vie de guerrier, réglementée à l’extrême. Les tipis sont tous conçus de la même façon, avec des peaux de wapitis, disposés de façon régulière, et aménagés selon des règles, bien précises : le placement des coussins, des tapis, des coffres à peaux ; il y a aussi des règles pour les motifs ornementaux des tuniques, des vêtements et des tipis ; des règles pour la façon de faire un feu et de cuisiner ; de comportement que l’Indien doit suivre à tout moment et à toute période de sa vie ; des règles pour la guerre, des règles pour la paix, des règles pour chasser et des règles pour se préparer à la chasse. Toutes ces règles sont respectées avec une rigueur implacable et une détermination farouche, qui confirment à l’observateur qu’il se trouve en présence d’une race guerrière. »

 

 

 

« Maintenant, suivez cette strate jusqu’à ce que vous tombiez sur ces espèces de reliefs… Vous y êtes ? La forme ovale ? Ce sont des os.

Ils regardèrent. Puis ils les virent : les os reflétaient le soleil d’une façon bien différente de la roche, leur couleur était d’une teinte légèrement différente. Une fois ceux-ci identifiés, le reste venait facilement : ils remarquèrent une autre zone, et encore une autre, et une autre… »

 

 

 

« Vous et moi sommes les premiers hommes dans l’histoire de l’humanité à pouvoir observer ces dents. Elles vont changer tout ce que nous pensions connaître de ces animaux et, malgré ma réticence à prononcer ce genre de phrase, je dois le dire : on se sent plus petit quand on découvre quelles créatures remarquables ont existé avant nous. »

 

 

 

« La révélation du Brontosaurus géant suscitait une quantité inhabituelle de spéculations.

– Il y a tant de choses dans la nature qu’on n’imaginerait jamais, commença Cope. Du vivant de ce Brontosaurus, l’ère glaciaire avait disparu et toute notre planète avait basculé dans un climat tropical. Il y avait des figuiers au Groenland, des palmiers en Alaska. Les immenses plaines d’Amérique étaient d’immenses lacs – nous sommes en ce moment assis au fond d’un lac. Les animaux que nous trouvons ont été préservés car ils sont morts et ont coulé au fond du lac où des sédiments vaseux les ont recouverts, avant de se comprimer pour devenir de la roche. Mais, sans ces preuves, qui aurait pu concevoir une chose pareille ? »

 

 

 

« On pourrait penser que des gens ayant été victimes d’injustice répugneraient à faire subir la même injustice à d’autres. Pourtant, ils s’y adonnent avec un plaisir manifeste. Les victimes se transforment en bourreaux avec un sens de la vertu glaçant. Telle est la nature du fanatisme : il attire et provoque des comportements extrêmes. C’est pour cela que les fanatiques sont tous les mêmes, quelle que soit la forme particulière prise par leur doctrine. »

 

 

« Du point de vue de l’armée, les choses étaient simples : les hommes avaient reçu la mission de mener une guerre sans qu’on leur demande leur avis ni qu’on s’interroge sur sa faisabilité ou sa légitimité. Ils avaient obéi aux ordres du mieux qu’ils avaient pu, avec un succès considérable, et ils se sentaient en colère de ne plus être soutenus et de prendre part à une guerre devenue impopulaire. »

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Cette entrée a été publiée le 21 août 2021 par dans aventures, Livre, Mes lectures, roman, et est taguée , , , , , , , , , .
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