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Imaqa : Une aventure au Groenland de Flemming Jensen

 

« Expliquer une chose, c’est s’en éloigner, avait soutenu Gert.

Un jour d’été qui vous remplit de joie doit être savouré – pas expliqué. L’amour ne doit pas être analysé, il faut s’y abandonner.

La plus belle chose qu’on puisse dire d’un état, c’est qu’il est inexplicable. Si le coeur danse et que les yeux sont calmes – et pas le contraire – alors il ne faut pas se mettre à se demander pourquoi. »

 

 

 

Informations utiles :

Le Groenland est une île immense (la deuxième plus grande île du monde) et un territoire danois autonome situé entre l’Atlantique Nord et l’océan Arctique. Une grande partie de sa surface est recouverte de glace. La majorité de sa population vit le long des côtes libres de glace et bordées de fjords, en particulier dans le sud-ouest. Sa position, largement au-dessus du cercle polaire arctique, entraîne des phénomènes naturels tels que le soleil de minuit en été et les aurores boréales en hiver.

Avec une population de 56 421 habitants au 1er janvier 2021, il est le pays le moins densément peuplé au monde.

Le Danemark-Norvège a revendiqué le Groenland pendant des siècles. Le Groenland a été colonisé il y a plus de mille ans par les Norvégiens. En 1814, le Groenland devint une colonie danoise, puis une partie de la Communauté du royaume du Danemark en 1953 en vertu de la Constitution du Danemark. En 1979, le Danemark a accordé une autonomie interne au Groenland, et le 25 novembre 2008, les Groenlandais se sont prononcés par référendum consultatif sur la perspective d’une autonomie renforcée, la proposition étant approuvée par 75 % des suffrages exprimés. Le Parlement danois a ensuite voté la loi sur l’autonomie renforcée du Groenland, promulguée le 19 mai 2009 et entrée en application le 21 juin 2009. Le Danemark cède à son ancienne colonie 32 domaines de compétences, dont ceux de la police et de la justice. La politique monétaire, la défense et la politique étrangère restent toutefois sous contrôle danois.

 

Google et Wikipédia

 

 

 

« Ce récit se déroule trente ans avant la fin du siècle, et j’ai essayé d’être fidèle à cette époque ».

 

 

Résumé éditeur :

Martin, instituteur danois de trente-huit ans qui ressent un vide dans son existence, demande sa mutation dans la province la plus septentrionale du Danemark, le Groenland. Il prend ses fonctions dans un hameau de cent cinquante âmes : Nunaqarfik, à plus de cinq cents kilomètres au nord du cercle polaire.

Armé de ses bonnes intentions, encombré de sa mauvaise conscience coloniale et de ses idées préconçues, Martin découvre une communauté solidaire, dont la vie s’organise en fonction de la nature environnante – et pas malgré elle. Au fil des mois qui passent et des rencontres, dans une société où le rire est érigé en remède suprême contre la peur ou la tristesse, il apprend à apprécier ce qui est, sans se soucier de ce qui aurait pu être, et trouve ce à quoi il aspirait : l’aventure, l’immensité, l’harmonie, l’amour.

 

Roman chaleureux et humaniste, qui dénonce notamment les ravages de la colonisation du Groenland par le Danemark, « Ímaqa » est un hymne à la tolérance et à la douceur, porté par un humour irrésistible.

 

448 pages – Avril 2012

 

 

 

« Mais au Groenland, lorsqu’on se trouve face à une situation difficile, qui exige un choix ou une décision claire, alors c’est un tout autre mot qui s’impose toujours : ímaqa… peut-être. »

 

 

J’ai lu ce livre « Imaqa : Une aventure au Groenland » pour deux raisons : tout d’abord j’aime beaucoup les peuples autochtones des grands espaces arctiques, les Inuits au Canada, les Groenlandais… et d’autre part parce qu’il avait énormément plu à deux amies lectrices et dont les critiques m’avaient enthousiasmée. Du coup, dès que j’en ai eu la possibilité, j’ai entamé cette lecture passionnante, drôle parfois, douce et dure en même temps, très instructive et pleine d’humanité. J’aime découvrir des communautés humaines différentes de la mienne, leur façon de vivre, de penser. Ça ouvre mes pensées, mon cœur et ma vision de la vie. Ce n’est pas le premier livre que je lis qui se déroule dans ces contrées glacées. A chaque fois, j’en apprends un peu plus sur les « esquimaux » comme on les appelait avant. Là c’est avec Martin, instituteur danois, que l’on part vivre l’aventure dans un hameau de cent cinquante âmes : Nunaqarfik, à plus de cinq cents kilomètres au nord du cercle polaire. Martin a presque quarante ans et il s’ennuie dans sa vie. Il aspire à l’aventure pour donner du sens à son existence. Il demande donc à être muté dans le Grand Nord. Le Groenland étant colonisé par le Danemark, ce sont donc des instituteurs danois qui viennent y enseigner la bonne culture, la seule, l’unique, la vraie, la culture danoise. Martin n’est pas très à l’aise avec ce concept mais à priori il n’a pas forcément l’âme d’un rebelle. Il va donc tenter d’appliquer ce que sa hiérarchie lui demande : inculquer aux petits Groenlandais la langue danoise et sa culture sociétale. Cependant, très vite, les grands principes qu’on lui a inculqués se fracassent sur la réalité de la vie au sein d’une communauté accueillante et bienveillante. Martin est vite tourmenté, troublé par sa culpabilité de colonisateur. Peu à peu il s’intègre parmi ses nouveaux amis et découvre enthousiaste la beauté de la nature et des hommes et des femmes qui vivent ici. Il apprend à tenir sur un traineau, à nourrir ses chiens, à pêcher, à chasser (sans grande réussite d’ailleurs), et surtout il découvre incrédule la mentalité groenlandaise qui ne cherche pas le conflit, prend les choses comme elles viennent avec humour malgré les conditions très difficiles de vie et dont la devise est « imaqa »… peut-être. Il trouve aussi l’amour avec Naja, une jeune et belle Groenlandaise. Petit à petit, il commence à se sentir vraiment très bien dans cette communauté et cela va avoir d’importants retentissements sur sa façon de voir la vie, sur sa vie professionnelle et personnelle. Ce livre est à la fois délicieux d’humour, de tendresse, de beauté et d’humanité mais aussi dur dans la réalité de la colonisation des Danois sur le peuple groenlandais, sur la dualité que cette colonisation engendre chez les jeunes, surtout, qui partent une année complète au Danemark durant leur scolarité, la perte d’identité que cela peut générer… La mentalité dédaigneuse et stéréotypée de l’administration danoise, cette supériorité danoise supposée sur les Groenlandais, m’ont été insupportables. Cela m’a renvoyé bien évidemment à d’autres colonisations, à d’autres peuples qui se croyaient supérieurs à d’autres. Abject ! Oui j’ai aimé ce roman qui dénonce tout cela, tranquillement, au fil des pages. C’est un livre vraiment intéressant, bien écrit et de lecture agréable que je vous recommande.

 

 

 

« C’était comme ça qu’on devenait un grand chasseur : il suffisait de rester là où on était. Car il faut une vie entière pour percevoir le vent, le changement du temps, les courants de la mer et les voies de l’esprit. »

 

 

Lien vers la fiche du livre sur Babélio

https://www.babelio.com/livres/Jensen-Imaqa–Une-aventure-au-Groenland/375372 

 

Note : 4,14/5 (221 notes) – Ma note : 4/5

 

 

 

« Le concert fut un grand succès … en cette fin d’automne arctique… dans ce hameau qui s’obstine à être une part de la grande nature, où le ciel n’est pas comme une nuit d’octobre au Danemark un édredon moelleux mais pesant, enveloppant le monde, mais une voûte vertigineuse déployée à l’infini, où les étoiles et le croissant de lune de service brillent avec un éclat et une puissance qui vous font prendre conscience de la distance prodigieuse où elles se trouvent… »

 

 

L’auteur : Flemming Jensen

Flemming Jensen, né le 18 octobre 1948 à Copenhague, est un écrivain, acteur et humoriste danois.

Amoureux du Groenland et fervent défenseur des Groenlandais, il a mijoté pendant vingt-cinq ans « Imaqa », son grand roman inuit (Gaïa, 2000). Connu pour ses one-man-shows et ses sketches radio ou télé, il écrit d’abord ses « Lettres à Mogens » (Mogens est son chien), puis il use de ses talents d’humoriste dans « Le blues du braqueur de banque » (2012) et « Maurice et Mahmoud » (2013). En 2014, il adapte au Danemark « Les Racontars de Jørn Riel » pour le théâtre et publie en France « Le petit traité des privilèges de l’homme mûr et autres réflexions nocturnes ».

 

 

 

« Si un être humain vous paraît ne pas avoir de cœur, c’est peut-être votre propre position qui ne va pas. Et c’est peut-être celle-ci qu’il faut changer afin de découvrir cette personne sous un angle nouveau. »

 

 

 

« Maintenant je sais que je l’aime, pensa Martin pendant qu’ils se démenaient pour se déshabiller. Seul un amour authentique résiste à autant de couches de vêtements. »

 

 

 

« Bizarre, au fond, se dit-il, dans un pays qui fait une confiance aveugle aux mécanismes du marché, où ce dont on a le plus besoin donne aussi les meilleurs profits. Où l’offre et la demande déterminent tout.

Et pourtant, ceux qui produisent ce dont les hommes ont indiscutablement le plus besoin –à savoir la nourriture –sont incroyablement mal payés. Les paysans, les maraîchers et autres personnes patientes triment du matin au soir pour un revenu et une reconnaissance si misérables qu’il faut espérer que l’expression « le travail porte en soi sa récompense » n’est pas un vain adage. Tandis que d’autres qui déplacent des piles de papiers d’un bureau à un autre, décident quelles notes doivent être envoyées par fax, boivent de l’eau minérale avec une rondelle de citron pendant qu’ils débattent en réunion s’il faut transférer 37 % du capital en actions en yen japonais et pigeonner un fabricant de parapluies de Gdansk, se pavanent en BMW, prennent des hypothèques sur leur villa et agrandissent leur résidence secondaire.

–La vie est étrange, murmura-t-il. On a donné la priorité à tout ce qui entoure la chose plutôt qu’à la chose elle-même. Mais peut-être faut-il se retrouver sous d’autres cieux et voir les gens agir exactement de la même manière pour comprendre que quelque chose cloche ? »

 

 

 

« Au Groenland, pépins et tracasseries sont interprétés positivement – et, si c’est vraiment grave, avec humour.

Puisqu’on ne s’y attendait pas.

Alors forcément ça fait rire ! »

 

 

 

« Le long fouet à la lanière claquante était le premier jouet des garçons groenlandais, Martin avait donc presque une vie de retard. Or le fouet était l’alpha et l’oméga – il était à la fois le volant, le frein, l’embrayage et la pédale d’accélération. Il se remémorait son désagréable passage à travers la glace et était conscient que celui qui ne maîtrisait pas le fouet n’avait pas accès à l’aventure. Le fouet était la clé des étendues infinies et, si on ne savait pas s’en servir, la porte en restait close. »

 

 

 

« Mais avec Naja c’était différent : elle pensait vers le haut. Son esprit avait cette légèreté qui dans le fond a toujours été une condition à la survie. Il faut une tournure de pensée assez tordue, européenne et infectée de religion, pour faire de la légèreté d’esprit une caractéristique négative. Une telle démarche était étrangère à Naja, son esprit était aussi beau qu’il était léger. Et son corps suivait l’esprit, de sorte qu’elle emplissait sa vie de rires – et son rire de vie. »

 

 

 

« Sur la plupart des traineaux on était deux, mais c’est rarement sa propre fiancée qu’on emmenait avec soi – plutôt une sœur. Et ce en vue du dansemik qui ferait suite au match. En réalité, c’était cette fête, et ce qui en découlait, le véritable but du voyage. Sans que cela fût dit, tout ce remue-ménage avait pour fin première – outre une nouvelle démonstration esquimaude des mille formes possibles de la fête – d’éviter les unions consanguines. Et des privilégier leur contraire.

On appréciait donc fort que toutes les sœurs ne fissent pas partie du voyage de retour – mais que le nombre de personnes sur les traineaux fût le même.

Une idée très romantique – et, comme on l’a dit, extrêmement festive ! »

 

 

 

« L’organisation pour la protection de l’environnement Greenpeace, ainsi qu’une blondine française vieillissante, avait mobilisé toute la coterie branchée et « tendance » en jouant sur un sentimentalisme totalement déconnecté des faits réels et, à la suite d’une émission de télévision où l’on avait filmé d’indéniables cruautés commises sur des bébés phoques par un groupe de Norvégiens près de Terre-Neuve, avaient appelé du jour au lendemain au boycott des peaux de phoque. Gratte-papiers, vendeuses en parfumeries et représentants d’autres secteurs significatifs défilaient à présent en longs cortèges pendant leur temps libre avec des banderoles et des tracts, dans le but de rayer de la carte un métier aussi vieux que l’existence de l’homme. »

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Cette entrée a été publiée le 4 septembre 2021 par dans aventure, découverte auteur, Livre, Mes lectures, récit de voyage, roman, et est taguée , , , , , , , , .
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