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Les éveillés de Jérôme Camut et Nathalie Hug

 

« Puisque ta vie n’a pas de sens, fais que ta mort en ait un. »

 

 

Résumé éditeur :

« Ceux qui ne dorment pas doivent affronter leurs cauchemars. »

Élise est l’une d’entre eux.

Infirmière dans un centre pour polytraumatisés, elle souffre depuis des mois d’insomnie rebelle. Dans le service, les gens racontent qu’elle a le don de réveiller les comateux. C’est impossible…

Et pourtant. Élise a ranimé celui qu’il ne fallait pas. Lorsqu’elle est enlevée par ce redoutable assassin, c’est un inconnu guidé par de terribles visions qui va retrouver leurs traces.

Qui est-il ? Arrivera-t-il à temps ?

Un terrible compte à rebours commence alors, suscitant des questions aussi redoutées que fascinantes.

Qui sont les Éveillés, ces femmes et ces hommes dont les origines semblent remonter à la nuit des temps ? Et qu’est-ce qui les relie à cette nécropole découverte par hasard et abritant des dizaines de cadavres inhumés là depuis des siècles ?

Thriller haletant et conte initiatique, Les Éveillés lève le voile sur une réalité dérangeante où l’histoire, les énigmes de la génétique et le monde des rêves entrent en résonance.

 

416 pages – 5/3/2008

 

 

 

« Un corps allongé des mois durant, singeant le sommeil ou la mort, sempiternelle pantomime du vivant endormi, inutile à lui-même et aux autres.

Inutile…

Jusqu’à ce qu’une nuit de décembre, peu de jours avant la fin du mois, les échanges chimiques de l’éveil reprennent. L’homme entama sa remontée vers la surface par un songe, le premier depuis son accident.

D’ailleurs, était-ce vraiment un rêve ?

Manifestement, l’état de veille approchait.

Approchait.

Il avait aimé la vie par-dessus tout, il avait adoré croquer dedans, mordre les chairs, couper un à un les fils de ses marionnettes. Et il ne laisserait pas s’échapper cette occasion de revenir, peut-être la seule avant jamais. »

 

 

Seulement le deuxième livre que je lis des Camhug comme on les appelle, je m’étais pourtant promis de découvrir toute leur bibliographie. Mais bon, les journées du lecteur ne faisant pas quarante huit heures, on fait comme on peut avec tous ces livres qui nous font envie. Avec « Les éveillés », nous voici catapultés dans le monde des comateux aux côtés d’Elise, jeune infirmière qui voue sa vie à ses patients. On la découvre épuisée et fébrile car elle ne dort plus depuis des semaines. Du coup, elle passe pratiquement sa vie au chevet de ces hommes, femmes, enfants, endormis qui peinent pour la plupart à revenir dans le monde des vivants. Mais Elise possède un don précieux. Elle réussit parfois à les faire revenir pour la plus grande satisfaction de son chef de service, le docteur Mariani. Elise a un taux de réussite exceptionnel dans ce domaine. Mais à quel prix ! Parmi ces réveillés, Stanislas Opalikha, un bel homme au charisme malsain, qui se trouve être un tueur en série surnommé l’embaumeur. Peu à peu il retrouve sa mémoire et ses envies cruelles. Il fait une fixation sur Elise qu’il a vue dès son réveil, telle l’apparition d’un ange. Salah est une autre réveillée d’Elise. L’infirmière lui est apparue clairement lors de son semi-réveil, cette zone grise où la jeune femme n’était plus profondément dans le comas mais n’était pas encore revenue dans le monde des vivants. Et Salah en est certaine, elle ne doit son retour qu’à Elise qu’elle veut absolument rencontrer. Mais cette dernière est partie en congés juste avant le réveil de Salah. Celle-ci ronge donc son frein en attendant de la rencontrer pour de vrai. Salah apprend petit à petit à revivre avec un bras en moins. En effet, la journaliste l’a perdu lors d’un attentat en Afghanistan qui lui a valu de tomber dans le comas. Or Elise ne revient pas de ses vacances et l’on découvre qu’elle a disparu. Les éléments de l’enquête de la police font penser à un enlèvement. L’inquiétude est à son comble. En parallèle, on suit Pierre dont la mère est gravement malade et à l’hôpital. Il découvre à cette occasion qu’il a été adopté et il en reste très troublé. D’autant que sa mère adoptive ne se réveille pas et il ne peut lui en parler. Pierre, lui aussi, ne dort plus depuis quelques semaines et se trouve dans un grand état d’épuisement et de mal-être. Il a des visions qui le mèneront sur la trace d’Elise et de Stanislas et bien plus loin encore. Commence alors une enquête incroyable avec de nombreux rebondissements et différents personnages qui vont finir par se retrouver au cœur de cette histoire à la frontière de la science-fiction, de la quête initiatique sur fond de recherches archéologiques. A l’arrivée, un thriller époustouflant. Il me faut vous prévenir néanmoins, le récit est complexe, avec des informations scientifiques poussées, et il faut s’accrocher pour suivre les tribulations des différents protagonistes. C’est parfois un peu tiré par les cheveux, mais on y croit, cela fonctionne.

 

 

 

« Claudia s’était desséchée sans lui. Elle avait dû hurler dans le noir, le suppliant de revenir auprès d’elle. En vain. Et il n’avait pas pu déguster ses supplications et ses plaintes.

Il n’avait pu recueillir son dernier souffle.

Claudia était morte seule. »

 

 

Lien vers la fiche du livre sur Babélio

https://www.babelio.com/livres/Camut-Les-eveilles/63628

 

Note sur Babélio : 3,43/5 (134 notes) – Ma note : 3/5

 

 

 

« Il quitta la pièce sans attendre la réponse d’Élise.

La jeune femme s’appuya contre le mur, les yeux rivés sur les noms inscrits au tableau. Salah, Vincent, Robert, Bénédicte et Jean-Paul. Ses endormis. Ils étaient toute sa vie à présent. Tous partis dans des contrées bien vagues.

Seuls. Effrayés. Perdus.

Salah Tounsi était la plus proche du retour. C’est pourquoi elle la veillait inlassablement. Elle sentait que la nuit prochaine serait la bonne. Élise espérait que cette fois encore, elle pourrait ouvrir la porte, une dernière fois. »

 

 

Les auteurs : Jérôme Camut et Nathalie Hug

  • Jérôme Camut, né en 1968 à Rueil-Malmaison (Hauts-de-Seine), est un écrivain français de science-fiction, de fantastique, de thriller et de romans d’aventure.

Bien que né en région parisienne, Jérôme Camut, benjamin d’une fratrie de deux garçons et d’une fille, grandit à Angoulême.

Après sa scolarité obligatoire, il rallie Paris pour y poursuivre ses études à l’École supérieure de réalisation audiovisuelle. Son projet à l’époque est de devenir réalisateur. Les deux années d’études se déroulent à merveille. Vient alors le temps du service militaire, passé pour partie en Bretagne aux écoles de Coëtquidan en tant qu’officier de réserve, dont il sort lieutenant. Depuis 2004, il écrit en collaboration avec Nathalie Hug.

 

  • Nathalie Hug, née à Nancy le 13 janvier 1970, est un écrivain, auteur de polar et scénariste française.

Nathalie Hug est née à Nancy. Après quinze ans passés dans l’industrie pharmaceutique, où elle exerce plusieurs fonctions, de la formation des réseaux de visiteurs médicaux à la direction régionale, elle décide de se consacrer à sa première passion, l’écriture, auprès de son mari, Jérôme Camut, l’auteur de Malhorne. Depuis 2004, ils publient des thrillers et des romans d’anticipation. Quand elle écrit seule, Nathalie Hug se tourne plutôt vers le roman contemporain ou historique. Son premier ouvrage en solo paraît en 2011 (L’Enfant-rien). Ensemble, les Camhug, comme on les appelle, ont écrit plus de treize romans, dont le premier, Prédation, est en cours d’adaptation pour le cinéma.

 

Source : Wikipédia

 

En 2004, Jérôme Camut publie les deux premiers tomes de la tétralogie Malhorne aux éditions Bragelonne. Nathalie Hug se les procure et contacte Jérôme sur Internet. Ils se rencontrent peu après. Ils ne se quitteront plus et commencent très vite à écrire ensemble. Ils ont publié aux éditions Télémaque la trilogie Les Voies de l’ombre, rééditée au Livre de Poche.

 

Source : Editions Calmann-Lévy

 

 

 

« Salah reçut Élise en plein cœur. Elle put sentir l’odeur de ses cheveux. Un mélange d’amande et de miel, comme les gâteaux de son enfance.

Une forme vague s’appuyait sur son thorax.

Salah reprit conscience qu’elle possédait une conscience, et que celle-ci allait réintégrer son corps.

Le poids disparut presque aussitôt. Sa gorge irritée tenta de rejeter le tuyau qui violait ses muqueuses.

Salah essaya de cligner des yeux. Elle pouvait deviner les traits fatigués de l’infirmière blonde penchée au-dessus d’elle.

Les voix déformées résonnaient étrangement dans son crâne. Salah envoya un signal à sa main gauche.

Son doigt bougea à peine.

Elle n’avait plus de main gauche. »

 

 

 

« Mon ange… mon ange. Ta jolie lueur pâlit, mon bel objet, ma petite chose fragile. Tu vas te racornir, te rider. Petit à petit, tes lèvres vont s’étirer et découvrir tes dents, dans un dernier sourire. Veux-tu me sourire, mon ange ? »

 

 

 

« Ne pas dormir est contre nature. Mais qu’est-ce qui se passe ?

Pierre songea soudain qu’il était peut-être malade. Il imagina une bête tentaculaire tapie dans les circonvolutions de sa matière grise, lui grignotant peu à peu chaque neurone. Mal à l’aise, il se leva et se planta devant le miroir de la salle de bains. « Vous êtes inquiet pour votre mère, ce qui peut expliquer vos insomnies. C’est assez courant. » Pierre s’accrocha aux dernières paroles de Catherine Nicot et rinça son visage à l’eau claire. »

 

 

 

« Est-ce à cause de cette programmation génétique que je sens encore mes doigts ? Non, bien sûr. Il faudra que mon cerveau intègre le fait que je ne puisse plus me servir de ce bras, qu’il ne fait plus partie de moi. Alors, les zones correspondantes finiront bien par devenir paresseuses et par l’oublier. Enfin, j’espère…

Elle imagina cette partie d’elle-même, déchirée, arrachée, collée à la tôle. À l’évocation de l’attentat, Salah manqua vomir. Sa chair pourrissait probablement dans une décharge de Kaboul, avec le reste du car. Puis elle vit des montagnes de membres arrachés, survolées par les vautours.

Stop, ma vieille. Arrête un peu de te plaindre. Tu as eu de la chance. Tu aurais pu crever là-bas. »

 

 

 

« Salah grimaça un sourire.

– Je suis restée près de trois semaines dans le coma, à un stade relativement avancé. D’après le professeur Mariani, je suis une miraculée.

– Quel rapport avec cette Elise ?

– Je ne sais combien de temps avant de me réveiller au juste, j’ai fait des rêves. J’ai eu l’impression d’avoir conscience d’exister, tout en n’ayant aucune perception de mon corps. J’étais dans un endroit que je ne pourrais pas te décrire. C’était… ni bien ni mal. Et dans ce lieu étrange, il y avait une porte. Une lourde porte en bois. J’ai le souvenir de l’odeur du chêne, des moulures dans le panneau. Et derrière cette porte, il y avait Élise.

Réjane, qui coupait sa tarte, suspendit son geste et lança un regard interrogateur à Salah.

– Tu as vu ton infirmière à travers cette porte, c’est ça ?

– Oui. Et j’ai distingué des détails très précis. Ses traits tout d’abord, les motifs en étoile de son foulard. Un carré de tissu bleu qu’elle portait pour tenir ses cheveux. Et son médaillon. Une grosse pièce ronde, probablement en or, ciselée d’un triangle inversé. »

 

 

 

« Je crois que Pierre Delcroix a des visions.

Je pense qu’il a un don.

Et je veux me servir de ce don pour retrouver un tueur en série. »

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Cette entrée a été publiée le 11 septembre 2021 par dans Livre, Mes lectures, polar, policier, roman, surnaturel, suspense, Thriller, et est taguée , , , , , , , , , , , .
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