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Dune tome 1 de Frank Herbert

« Je ne connais pas la peur, car la peur tue l’esprit. La peur est la petite mort qui conduit à l’oblitération totale. J’affronterai ma peur. Je lui permettrai de passer sur moi, au travers de moi. Et lorsqu’elle sera passée, je tournerai mon œil intérieur sur son chemin. Et là où elle sera passée, il n’y aura plus rien. Rien que moi.

Litanie contre la Peur du rituel Bene Gesserit »

Résumé éditeur :

Voici l’épopée prodigieuse de Paul Atréides, connu comme prophète sous le nom de Paul Muad’Dib, seigneur d’Arrakis et empereur appelé à devenir le messie de Dune.

Avec le cycle de Dune, Frank Herbert a brossé une fresque immense, digne, par l’intensité dramatique et le foisonnement des personnages, des plus grands chefs-d’œuvre du roman historique classique.

On y perçoit aussi le bruit et la fureur des drames shakespeariens. Mais cette fresque ne se situe pas dans le passé. Elle se déploie dans l’avenir. Un avenir où les hommes naviguent entre les étoiles et peuplent un milliard de mondes. Parmi ces mondes, Dune, planète désertique où l’eau est plus précieuse que l’or et pour laquelle se battent les deux grandes familles des Atréides et des Harkonnen.

Car Dune produit l’Épice, drogue miracle, source de longévité et de prescience.

Edition originale 1965 – Celle-ci : 21/1/2021 – 630 pages

« Thufir Hawat, le Maître Assassin de son père, lui avait expliqué ; leurs ennemis mortels, les Harkonnen, avaient résidé sur Arrakis durant quatre-vingts ans. Ils avaient signé un contrat de semi-fief avec la compagnie CHOM pour l’exploitation du Mélange, l’épice gériatrique. À présent, les Harkonnen allaient être remplacés par la Maison des Atréides qui recevrait Dune en fief sans restriction aucune. À première vue, c’était là une victoire pour le Duc Leto mais, selon Hawat, cela représentait en réalité un péril mortel. Le Duc était populaire auprès des Grandes Maisons du Landsraad, « et un homme trop populaire provoque la jalousie des puissants »… »

Je connaissais « Dune » de nom, mais sans plus. Le film de Denis Villeneuve est sorti et je suis allée le voir avec une amie. Par curiosité et par envie car la bande annonce était attrayante. Je suis un bon public car j’aime bien la science-fiction. Le film a été un choc visuel pour moi mais aussi une grande frustration car je sentais que je manquais certaines subtilités de l’histoire originale et la fin du film n’était en fait qu’un commencement. Du coup, assez vite en sortant du cinéma j’ai eu envie de lire le livre qui m’apporterait, lui, sans doute plus encore que le film. Et voilà je me suis plongée dans « Dune » avec bonheur et envie mais aussi un peu d’appréhension car je savais l’histoire complexe et dense. Et elle l’est ! Je viens de terminer le 1er tome et j’ai déjà hâte de me replonger dans le suivant, de retrouver cet univers incroyable. Le fait d’avoir vu le film avant m’a permis d’être assez vite à l’aise dans ce monde effectivement assez complexe. J’avais les bases mais tellement infimes par rapport à l’univers créé par Frank Herbert. Ceci dit, le film est très bien et donne une bonne idée de l’histoire même si quelques petites différences s’y glissent par rapport au livre. Dans ce 1er tome, la narration va plus loin que dans le film. Le récit de « Dune » se déroule environ 20 000 ans plus tard que notre réalité. L’humanité répartie par Grande Maison est dispersée sur différentes planètes dans l’univers régi par l’Imperium. L’empereur Padishah Shaddam IV règne en dictateur avec l’aide de son armée de Sardaukars, des militaires surentrainés, cruels et sanguinaires, sur toutes ces Grandes Maisons, dont la Maison Atréides, celle de Paul, le jeune héros de Dune et la Maison Harkonnen, leurs ennemis jurés. Au début de l’histoire, le Duc Léto de la Maison Atréides (père de Paul) reçoit de la part de l’empereur la planète Arrakis, dite Dune, comme fief. Cette planète était sous la domination des Harkonnen depuis 80 ans. Dune est une planète très importante dans l’univers car c’est la seule planète qui possède l’épice. Et l’épice est indispensable, entre autres, pour les voyages interstellaires mais aussi pour la prescience et la longévité. L’épice est donc une source de richesse incroyable que tous envient mais au prix d’une vie sur une planète inhospitalière, dangereuse et désertique. En effet, la planète n’a presque pas d’eau et se trouve sous la domination des gigantesques vers des sables, les Shai-Hulud. Sans eux, pas d’épice. Les Fremens dont c’est la planète ont appris à vivre ou plutôt survivre sur Dune et ne veulent plus d’envahisseurs oppresseurs que ce soient les Harkonnen ou les Atréides. Dame Jessica, la mère de Paul, le jeune Duc Atréides, est une Bene Gesserit, sorte de « secte » de femmes très puissantes aux grands pouvoirs, des sorcières pour beaucoup. Les Bene Gesserit poursuivent un grand plan secret dont Paul pourrait bien être enfin celui dont elles attendent la venue depuis des millénaires : le Kwisatz Haderach. Elevé à la manière Bene Gesserit par sa mère, Paul a déjà de grands pouvoirs et des rêves prescients avant Arrakis. Arrivés depuis peu sur Dune, les Atréides sont attaqués par les Harkonnen aidés par les Sardaukars de l’empereur. Le Duc Léto est assassiné grâce à la complicité d’un traitre et les Harkonnen reprennent Dune suite à une bataille sanglante et sans merci. Paul et sa mère survivent en fuyant dans une effroyable tempête de sable. Ils sont recueillis par des Fremens. Là commence la nouvelle vie de Paul qui deviendra ensuite Paul Muad’Dib, le chef des Fremens et le messie tant attendu. Sa mère, dame Jessica, sera à ses côtés et deviendra Revérende Mère des Fremens. Je ne peux vous en dire plus pour ne pas trop dévoiler l’intrigue même si j’en ai déjà dit beaucoup. Sachez qu’au-delà de l’histoire, des combats, de la survie sur Dune, des relations entre les personnages, cet ouvrage est beaucoup plus profond. C’est une grande réflexion écologique qui prend racine dans les conditions extrêmes d’Arrakis, le manque d’eau et l’espoir d’une planète plus vivable. Mais aussi une réflexion sur les religions, le danger de la manipulation des masses, la violence dans l’asservissement des croyants, le cynisme de la politique, l’art de la guerre, l’âme humaine… Paul est beaucoup plus dur dans ses pensées, ses actions et ses craintes, dans le livre que dans le film. Il sent, il voit son destin se dessiner dans ses rêves ou ses visions augmentées par l’épice… Il a peur d’un but terrible qui se dessine, le jihad, dont il ne veut pas. Il fait tout pour l’éviter. Y arrivera-t-il ? Les personnages sont très intéressants et bien campés par l’auteur. Certains sont attachants et on prend plaisir à les suivre. Bien sûr il y a aussi les méchants qui le sont vraiment… Mais personne n’est vraiment blanc ou noir dans cette histoire. Sur cette planète inhospitalière où la survie est l’occupation de tous les instants, les relations sont plus violentes, âpres… Faire une chronique qui rende pleinement justice à Dune est franchement quête impossible. J’espère juste vous avoir donner l’envie de de découvrir cette saga incroyable et addictive. Gros coup de cœur… Si j’avais pu mettre plus de 5 étoiles, je l’aurais fait !

« La Révérende Mère Gaius Helen Mohiam, assise dans un fauteuil tapissé, regardait approcher la mère et le fils. De part et d’autre, les fenêtres ouvraient sur la courbe de la rivière qui coulait vers le sud et sur les terres verdoyantes des Atréides, mais la Révérende Mère était indifférente à ce paysage. Ce matin, elle ressentait son âge. Elle en rendait responsable ce voyage dans l’espace, cette association avec l’abominable Guilde Spatiale aux menées obscures. Mais cette mission requérait l’intervention d’une Bene Gesserit-avec-le-Regard. Et la Diseuse de Vérité de l’Empereur Padishah elle-même ne pouvait se soustraire à son devoir.

Maudite soit cette Jessica ! songea la Révérende Mère. Si seulement elle nous avait donné une fille ainsi qu’il lui avait été ordonné ! »

Lien vers la fiche du livre sur Babélio

https://www.babelio.com/livres/Herbert-Dune-tome-1/1346862

Note sur Babélio : 4,28/5 (3567 notes) – Ma note : 5/5

« « Les hommes ont autrefois confié la pensée aux machines dans l’espoir de se libérer ainsi. Mais cela permit seulement à d’autres hommes de les réduire en esclavage, avec l’aide des machines. »

« Tu ne feras point de machine à l’esprit de l’homme semblable », cita Paul.

« Oui, c’est ce que disent le Jihad Butlerien et la Bible Catholique Orange. Mais l’un comme l’autre devraient dire en vérité : Tu ne feras point de machine qui contrefasse l’esprit humain. As-tu étudié le Mentat de votre Maison ? »

« J’ai étudié avec Thufir Hawat. »

« La Grande Révolte nous a débarrassés de nos béquilles en obligeant l’esprit humain à se développer. On créa alors des écoles afin d’accroître les talents humains. »

« Les écoles Bene Gesserit ? »

Elle acquiesça. « Deux grandes écoles ont survécu : Bene Gesserit et la Guilde Spatiale. La Guilde, c’est du moins ce que nous pensons, incline plutôt à développer les mathématiques pures. La fonction du Bene Gesserit est tout autre. »

« La politique ! » lança Paul. »

L’auteur : Frank Herbert

Frank Herbert, né Frank Patrick Herbert, Jr. le 8 octobre 1920 à Tacoma dans l’État de Washington et mort le 11 février 1986 (à 65 ans) à Madison dans le Wisconsin, est un écrivain américain, auteur de romans de science-fiction.

Ses œuvres connurent un succès critique et commercial. Il doit principalement sa célébrité au roman Dune et à la série de cinq romans qui s’ensuivit. La saga de Dune aborde des thèmes tels que la survie de l’espèce humaine et son évolution, l’écologie, ou encore les interactions entre la religion, la politique et le pouvoir. Elle est considérée par beaucoup comme un classique dans le domaine de la science-fiction.

Depuis toujours, le jeune Frank Herbert cultive l’ambition de devenir écrivain. Il a été journaliste, photographe de guerre pendant la seconde guerre mondiale, psychanalyste, maître de conférence en études interdisciplinaires à l’université de Washington, consultant en écologie et même directeur de la photographie pour un show télévisé… mais ce qui occupera l’essentiel de sa vie sera l’écriture dans le domaine de la science-fiction. C’est en 1959 qu’un véritable tournant est pris par Frank Herbert. Censé rédiger un article sur les dunes de Florence (de l’Oregon Dunes National Recreation Area) dans l’Oregon, et sur les moyens scientifiques employés pour empêcher l’érosion des sols et l’avancée du sable sur les terres, Herbert recueille bien plus de documentation que nécessaire. Il se passionne sur le sujet. L’article ne paraîtra jamais, mais l’idée de Dune, elle, germe lentement dans son esprit. Il mettra six ans à finir d’écrire le premier volet de son récit. Il peut se consacrer à l’écriture grâce à sa femme, qui reprend alors un travail à temps plein comme publicitaire. L’écrivain subira les refus de plus de vingt éditeurs avant que la petite maison d’édition Chilton n’accueille son ouvrage. Salué par la critique, Dune recevra le prix Nebula en 1965 et le prix Hugo en 1966. Il ne deviendra cependant pas un best-seller immédiatement et Frank Herbert devra collectionner bien des métiers avant de pouvoir s’installer en tant qu’auteur à plein temps en 1972.

Ce qui nous intéresse aujourd’hui, les ouvrages constituant le Cycle de Dune :

    Dune (1965)

    Le Messie de Dune (1969)

    Les Enfants de Dune (1976)

    L’Empereur-Dieu de Dune (1981)

    Les Hérétiques de Dune (1984)

    La Maison des mères (1985)

« « Il faut bien que le Duc pense qu’il jouit d’un degré supplémentaire de sécurité. Puis, quand le moment opportun sera venu, nous ferons signe à Yueh, nous lancerons toutes nos forces et… »

« Va, dis-lui tout », intervint le Baron.

« Nous frapperons alors avec l’appui de deux légions de Sardaukars qui arboreront la tenue des gens d’Harkonnen. »

« Des Sardaukars ! » s’exclama Feyd-Rautha dans un souffle.

Et il évoqua l’image des terrifiantes troupes impériales, composées de tueurs sans merci, soldats fanatiques de l’Empereur Padishah.

« Tu vois à quel point je te fais confiance, Feyd, dit le Baron. Jamais le moindre mot de tout ceci ne doit parvenir à quelque autre Grande Maison, sinon le Landsraad tout entier pourrait bien s’unir contre la Maison Impériale et ce serait le chaos. » »

Bande annonce du film « Dune » de Denis Villeneuve, encore actuellement dans les salles au cinéma…

« Le procédé bene gesserit d’implantation de légendes par la Missionaria Protectiva porta pleinement ses fruits lorsque Dame Jessica fut sur Arrakis. L’ensemencement de l’univers par un thème prophétique destiné à protéger les Bene Gesserit constitue un système dont on a depuis longtemps apprécié l’ingéniosité. Mais jamais encore comme sur Arrakis il ne s’était présenté une aussi parfaite combinaison entre les êtres et la préparation. Sur Arrakis, les légendes prophétiques s’étaient développées jusqu’à l’adoption d’étiquettes (Révérende Mère, canto et respondu, ainsi que la plus grande part de la panoplia propheticus Shari-a). Et l’on admet généralement aujourd’hui que les pouvoirs latents de Dame Jessica furent gravement sous-estimés.

Extrait de La Crise arrakeen : analyse, par la Princesse Irulan.

(Diffusion confidentielle : B. G. classement AR-81088587.) »

« Le Fremen regarda le Duc puis, lentement, repoussa son voile, révélant son visage au nez fin, aux lèvres pleines dans une barbe d’un noir brillant. Délibérément, il se pencha vers la surface polie de la table et cracha.

À l’instant où tous les hommes présents se dressaient d’un bond, la voix d’Idaho lança : « Arrêtez ! »

Et dans le silence tendu il reprit : « Nous te remercions, Stilgar, de nous faire le présent de l’humidité de ton corps. Et nous l’acceptons avec l’esprit dans lequel il fut offert. » Et Idaho cracha sur la table devant le Duc. Il ajouta à l’intention de ce dernier : « Rappelez-vous à quel point l’eau est précieuse, ici, Sire. C’était là un gage de respect. » »

« Kynes le regarda. Il voyait toute la graisse pleine d’eau qui enveloppait cet homme. Il parla, la voix froide : « On ne parle jamais de probabilités, sur Arrakis. On ne parle que de possibilités. »

Halleck se raidit. « On dit Mon Seigneur ou Sire au Duc ! »

Mais Leto lui adressa le signe privé qui lui intimait l’ordre d’abandonner et il dit : « Nous sommes neufs, ici, Gurney. Nous devons faire des concessions. »

« Comme vous voulez, Sire. »

« Nous sommes vos obligés, docteur Kynes, reprit Leto. Nous n’oublierons pas ces vêtements et le souci de notre bien-être dont vous avez témoigné. »

Impulsivement, Paul cita la Bible Catholique Orange : « Tout cadeau est la bénédiction de celui qui donne. »

Les mots parurent résonner très fort et très longuement dans l’air immobile. Les Fremen que Kynes avait laissés dans l’ombre du bâtiment s’éveillèrent et surgirent alors avec des murmures excités. L’un d’eux cria clairement : « Lisan al-Gaib ! » »

« Jessica s’approcha de Leto et glissa sa main sous son bras, cherchant un instant de calme. Kynes avait dit : « … le raccourcissement du chemin. » Dans la langue ancienne, cela se traduisait par « Kwisatz Haderach ». L’étrange question du planétologiste était passée inaperçue et, à présent, Kynes se penchait vers l’une des femmes de la suite, prêtant l’oreille à quelque badinage murmuré.

Le Kwisatz Haderach. La Missionaria Protectiva aurait-elle donc implanté ici cette légende aussi ? À cette pensée, elle sentit se raviver l’espoir secret qu’elle nourrissait pour Paul. Il pourrait être le Kwisatz Haderach. Oui, il pourrait l’être ».

« Et il pensa : Je suis une graine.

Et il vit soudainement combien fertile était le terrain où il était tombé. Dans le même temps, cette sensation d’un but terrible revenait, l’envahissait, remplissait cette région vide, quelque part en lui. Le chagrin l’étouffa.

Sur le chemin qui les attendait, il avait vu deux embranchements importants. Le premier conduisait à un vieux Baron empli de mal auquel il disait : « Bonjour, grand-père. » Il détestait cet embranchement, vomissait ce à quoi il conduisait.

Le second sentier, lui, était plein de zones grisâtres et d’éminences violentes. Il portait une religion guerrière, un feu qui se répandait dans l’univers, la bannière verte et noire des Atréides flottant à la tête de légions de fanatiques abreuvés de liqueur d’épice. Il y avait là Gurney Halleck et quelques autres hommes de son père, mais si peu, tous arborant le signe du faucon, inspiré de la châsse du crâne de son père.

« Je ne peux pas le prendre, murmura Paul. C’est ce que voudraient les vieilles sorcières de vos Écoles. » »

« Jessica s’élança vers son fils au sein d’une mer de robes, de dos à l’âcre odeur, une mer étrangement silencieuse.

Voici le moment terrible, se dit-elle. Il a tué un homme grâce à la supériorité évidente de ses muscles et de son esprit. Il ne faut pas qu’il grandisse en s’en réjouissant.

Elle se fraya un chemin jusqu’à l’étroit espace où deux Fremen aidaient Paul à remettre son distille.

Elle regarda son fils. Il avait les yeux brillants, le souffle court. Il semblait accepter l’aide des Fremen avec indifférence.

« Il s’est battu avec Jamis et il n’a pas une marque », dit l’un d’eux.

Chani se tenait à l’écart, les yeux fixés sur Paul, et Jessica devina son excitation et vit l’admiration sur son visage.

Il faut faire vite, songea-t-elle.

Elle mit tout le mépris possible dans sa voix et son attitude et demanda : « Eh bien… Quelle impression ressent le tueur ? »

Paul se raidit comme si elle venait de le frapper. Il affronta le regard froid de sa mère et le sang afflua à son visage. Involontairement, il tourna les yeux vers l’endroit où s’était effondré Jamis. »

« Il se pencha et planta le marteleur dans le versant exposé au vent, là où le sable plus compact transmettrait le martèlement avec plus d’intensité. Puis il hésita, se remémorant ses leçons et les impératifs de vie et de mort qu’il allait affronter.

Lorsqu’il presserait la détente, le marteleur commencerait à lancer son appel. Quelque part dans le sable, un faiseur entendrait et viendrait. Paul savait qu’avec les tiges à hameçons il pouvait chevaucher un anneau de ver géant. En effet, aussi longtemps que l’anneau était maintenu par l’hameçon et que sa face interne était soumise au souffle abrasif du sable, le ver ne replongeait pas dans le désert. Il lovait son corps gigantesque afin d’élever aussi haut que possible le segment ouvert.

Je suis un cavalier des sables, se dit Paul. »

« Il était guerrier et mystique, féroce et saint ; il était retors et innocent, chevaleresque, sans pitié, moins qu’un dieu, plus qu’un homme. On ne peut mesurer Muad’Dib selon les données ordinaires. Au moment de son triomphe, il devina que la mort le guettait et accepta pourtant la traîtrise. Peut-on dire qu’il le fit pour obéir à son sens de la justice ? Quelle justice, en ce cas ? Car, souvenez-vous bien : nous parlons du Muad’Dib qui revêtit ses tambours de la peau de ses ennemis, qui rejeta toutes les conventions de son passé ducal en déclarant simplement : « Je suis le Kwisatz Haderach. Cette raison me suffit. »

Extrait de L’Éveil d’Arrakis, par la Princesse Irulan. »

Un commentaire sur “Dune tome 1 de Frank Herbert

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