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Partage de mes lectures

Marcas de Jacques Ravenne et Éric Giacometti

 

« – Un ultime conseil ?

– N’affiche pas ton sourire conquérant quand tu salueras ton prédécesseur devant les photographes. Aie le triomphe modeste.

– Pas un avis de communicante, Léa.

– Alors, prends ton temps quand tu remonteras la cour, savoure chaque seconde. Chaque pas que tu feras, chaque inspiration, te mènera vers ta destinée. La plus haute. Jamais plus tu ne connaîtras un tel instant de grâce. Je t’envie.

– C’est à toi que je le dois.

– Je sais. Mais, quand nous nous reverrons, je t’appellerai monsieur le Président.

– Seulement en public…

Il lui offrit son plus beau sourire et sortit de la voiture, le cœur battant. »

 

 

Résumé éditeur :

Paris, palais de l’Élysée. La cérémonie de passation de pouvoir est en train de se terminer quand on révèle au nouveau chef d’État l’existence du cinquième rituel. Un secret qui ne se transmet qu’entre présidents. Un mystère que nul n’a jamais percé.

Cinq ans plus tard. Alors que de nouvelles élections approchent, un meurtre au cœur d’une obédience maçonnique fait ressortir l’étrange rituel.

La légende devient réalité.

Des profondeurs hantées de Moscou jusqu’à un château maudit : ce que la nuit des temps n’a pu effacer s’apprête à ressurgir.

Et cette fois, Antoine Marcas va devoir affronter son destin.

 

432 pages – 13/10/2021

 

 

 

« Là, maintenant, au milieu de la cour du palais, aux yeux des Français et du monde, il était le nouveau président. Une onde de joie infinie le submergea. Son esprit allait à toute allure : des échanges pendant la passation, il avait déjà intégré tous les dossiers sensibles. Mais curieusement, il ne pensait qu’à une seule chose.

Le cinquième rituel. Qui mène à un secret.

Deux fois, il avait fait répéter son interlocuteur tant cela dépassait l’entendement. Un secret si incroyable qu’on aurait pu le croire sorti de la bouche d’un fou, d’un illuminé.

Pas d’un président.

Mais il allait prendre cette révélation très au sérieux. Contrairement à son prédécesseur, il allait le découvrir.

Comme de Gaulle, il avait toujours été intimement persuadé d’avoir été choisi par le destin, par la providence. Par une force supérieure, dont peu lui importait le nom. Cette force venait de se manifester à nouveau. Et cette fois, elle avait un nom.

Le cinquième rituel. »

 

 

Et voilà, bonne pioche pour le premier livre de l’année. Je ne prenais pas beaucoup de risque avec un « Antoine Marcas » de Jacques Ravenne et Eric Giacometti. Sobrement intitulé « Marcas », les dernières aventures de ce flic franc-maçon sont comme toujours bien écrites, haletantes et passionnantes. On retrouve le commandant Antoine Marcas, deux ans après une agression, reprenant petit à petit ses marques dans sa vie professionnelle et personnelle. Alors qu’un meurtre s’est déroulé dans les locaux du Grand Orient, on fait appel à Antoine Marcas pour « aider » le commandant Alice Grier de la Crim’. Bien évidemment cela ne plaît pas du tout à Alice et Marcas va devoir l’amadouer et trouver sa place dans cette enquête qui se révèlera rapidement plus complexe qu’en apparence. L’intrigue sur les traces du meurtrier du Grand Orient mènera les deux enquêteurs sur la piste d’un manuscrit très ancien, le cinquième rituel. Ils ne sont pas seuls à sa recherche. L’assassin lui aussi le recherche. Et étrangement, l’histoire nous emmène également dans les coulisses de l’Elysée lors de la passation entre l’ancien président et un tout jeune président qui vient de gagner. Plein d’ambition, lui aussi veut connaître le mystère de ce cinquième rituel à ses risques et périls. Et pour compliquer le tout ou plutôt pour nous donner des éléments de compréhension, les auteurs nous racontent, en alternance, l’histoire de la famille de Turenne, les propriétaires d’un château en Dordogne, Castelrouge, depuis les années 1200, en pleine guerre cathare. Il se raconte dans la région qu’une étrange malédiction poursuit cette famille sur toutes les générations depuis un drame survenu en bord de Dordogne impliquant Alix de Turenne et une femme assassinée. J’ai adoré !! Mention spéciale pour l’histoire de cette famille de châtelains du Moyen-Age jusqu’à nos jours. Passionnant et intriguant. En plus l’écriture de Ravenne/Giacometti est érudite, fluide et très agréable à lire. Leurs personnages sont attachants et on aime suivre leurs aventures. Bref un très bon moment de lecture. Pour info, il est préférable d’avoir lu les autres aventures d’Antoine Marcas, mais pas indispensable. Je vous recommande vivement !

 

 

 

« – Dieu est plus grand que tout et peut tout !

– Alors qu’il le prouve !

Une femme le saisit par l’épaule et le poussa brutalement vers la rivière qui se teintait de sang.

– Le Grand Rôdeur est à l’œuvre, il décapite les corps pour s’emparer des âmes. Alors, sauve-nous ou sois maudit !

Le prêtre n’avait fait qu’entrevoir le cadavre. Maintenant, il le fixait de près, meurtri, enfoncé, tuméfié, laminé de plaies vives comme si une bête de proie s’était acharnée à le dévorer par lambeaux. Il en était certain, seul le diable avait pu commettre pareille orgie macabre. »

 

 

Lien vers la fiche du livre sur Babélio

https://www.babelio.com/livres/Giacometti-Marcas/1356349

 

Note sur Babélio : 4,16/5 (41 notes) – Ma note : 4,5/5

 

 

 

« L’abbé se garda bien de demander ce que comptait faire le légat pour débusquer le diable de Castelrouge, mais il avait obtenu ce qu’il était venu chercher : bientôt le corps d’Alix de Turenne pourrirait dans les ruines de son château et son âme brûlerait en enfer.

– Dites-moi, n’avez-vous pas parlé de malédiction ? demanda le légat d’un ton suspicieux.

L’abbé de Sarlat faillit secouer la tête, mais il avait bien prononcé ce mot fatidique. Un mot qui pouvait attirer l’Inquisition comme un aimant.

– Ce ne sont que des superstitions de paysans incultes. Ils parlent d’un fantôme. L’âme errante de cette pauvre mère qui a été tuée au pied du château. »

 

 

 

Les auteurs :

 

Eric Giacometti

Éric Giacometti, né le 21 juillet 1963, est un écrivain de thrillers français. Il était auparavant journaliste dans la presse grand public jusqu’en 2013, en particulier au Parisien où il a été spécialisé dans l’investigation dans les milieux médicaux et pharmaceutiques (1997 à 2002). Il a ainsi enquêté sur certaines affaires de santé publique, sang contaminé, hormones de croissance, Isoméride, vaccin contre l’hépatite B. Au cours de sa carrière de journaliste, il a aussi travaillé sur les spoliations sous l’Occupation et a publié les archives inédites du ministère des Finances (Le Point) et le premier document sur le rôle de la Sacem sous l’Occupation (Le Parisien). Il a également enquêté, à la fin des années 1990, sur la face sombre de la franc-maçonnerie, dans le volet des affaires sur la Côte d’Azur.

Parallèlement, il prolonge son métier de journaliste en écrivant dix-sept ouvrages, thrillers ou essais. Pannes de cœur (Fleuve noir, 2004) est son premier roman policier, tiré de son expérience de journaliste d’investigation santé, qui traite d’une affaire de pacemakers mortels qui a réellement existé. Avec Jacques Ravenne, écrivain et franc-maçon, il lance en 2005 la série à succès des aventures d’Antoine Marcas, commissaire de police, et franc-maçon comme Ravenne. La série est publiée dans dix-sept pays.

Il est également membre historique de la Ligue de l’imaginaire, collectif d’écrivains de thrillers et d’ouvrages de fiction, et il enseigne au Centre de formation et de perfectionnement des journalistes (CFPJ), à Paris, où il anime, des modules sur l’écriture et la publication de livres.

Il se lance en tant que co-scénariste de l’adaptation en bande dessinée des aventures de Antoine Marcas, pour les éditions Delcourt. Giacometti et Ravenne transposent les romans déjà parus.

Il n’oublie pas son métier de journaliste : début 2016, il co-écrit, avec Ravenne, une enquête de 52 minutes pour la télévision (France 5 et la RTBF), en 2016, sur l’affaire des archives maçonniques françaises et belges volées par les nazis pendant la Seconde Guerre mondiale. Le documentaire est réalisé par Jean-Pierre Devillers.

 

 

Jacques Ravenne

Jacques Ravenne, de son vrai nom Jacques Ravaud, né le 20 octobre 1964, est un auteur de romans policiers français, également éditeur et scénariste.

Il est membre du collectif d’artistes La Ligue de l’Imaginaire.

Il est le coauteur, avec Éric Giacometti, de romans dans lesquels le personnage principal, le commissaire Antoine Marcas, est franc-maçon. Ravenne est lui-même un franc-maçon élevé au grade de maître au rite français.

Spécialiste de critique génétique, il a principalement travaillé sur les manuscrits de Paul Valéry, Yves Bonnefoy, Nerval et Mallarmé, à la fois dans le cadre de l’Institut des textes et manuscrits modernes du CNRS et avec la Fondation Hugot du Collège de France.

Auteur de plusieurs articles en France et au Japon, il a aussi dirigé la publication de deux livres de référence.

Il débute en 2008 une activité d’élu, dans son département familial du Lot, où il est élu Président de la Communauté de communes de la Vallée et du Causse jusqu’en 2013.

Il collabore à la revue maçonnique Franc-maçonnerie magazine, relatant les aventures humoristiques de Jean Acacio chez les francs-maçons.

Toutes les œuvres de Jacques Ravenne sont écrites en collaboration avec Éric Giacometti, l’essentiel de leur collaboration, depuis 2004, étant axée sur les romans de la série des aventures d’Antoine Marcas, commissaire de police et franc-maçon affilié au Grand Orient de France, mais a également porté sur une analyse de l’un des romans à arrière-plan ésotérique de Dan Brown, et est complétée par une nouvelle – Délocalisation – publiée dans le recueil collectif L’Empreinte sanglante.

 

 

 

« Marcas ignora l’avertissement. Depuis son coma, c’était la première fois qu’il était confronté à une agression. Il fallait qu’il sache s’il allait paniquer à nouveau. Si la saloperie reviendrait dans son cerveau. La saloperie, c’était le mot qu’il avait trouvé quand il l’évoquait devant la psy.

Il marcha vers eux pour s’interposer.

– Vous devriez la lâcher, lança-t-il d’une voix polie.

Les deux hommes tournèrent la tête vers lui, le visage rouge.

– Barre-toi, minable.

– Non, Marcas.

– Quoi ?

– Mon nom n’est pas minable, mais Marcas. Lâchez cette fille. Je suis… »

 

 

 

« Comme si rien ne se passait autour d’elle, Alix saisit le cadavre du moine et le retourna. Elle ramassa un silex sur le sol et déchira l’abdomen flasque, dégageant des entrailles que la putréfaction avait déjà gagnées. Au centre brillaient des pierres taillées aussi étincelantes qu’un matin d’été.

Des diamants !

Comme elle tendait la main pour s’en emparer, un fracas de tonnerre résonna dans la cavité. Elle savait que ce n’était pas un orage.

Les croisés venaient de trouver l’entrée des grottes.

Et la mort. »

 

 

 

« Paris

Ministère de l’Intérieur

Lundi matin

Marcas ne broncha pas, mais se sentit comme Louis XVI montant les marches vers l’échafaud. Le sous-directeur le fixa en silence pendant de longues et glaciales secondes avant de reprendre :

– L’ennui c’est que les images sont floues. Le portable a été confié à notre laboratoire en vue d’une analyse plus poussée.

– Je vois que l’argent des contribuables est bien utilisé. J’espère que l’on met les mêmes moyens pour identifier les casseurs de la manif.

Le haut fonctionnaire se leva pour s’adosser à la fenêtre.

– Vous m’ennuyez, Marcas. »

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