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Blackwater, tome 1 : La crue de Michael McDowell

 

« Je suis sûre que je m’amuserais plus en trente minutes à un coin de rue de La Nouvelle Orléans ou de Nashville qu’en une vie entière à Perdido. La chose la plus excitante à faire ici, c’est de s’asseoir au bord de la rivière et compter les cadavres d’opossum qui passent. »

 

 

 

Résumé éditeur :

Pâques 1919, alors que les flots menaçant Perdido submergent cette petite ville du nord de l’Alabama, un clan de riches propriétaires terriens, les Caskey, doivent faire face aux avaries de leurs scieries, à la perte de leur bois et aux incalculables dégâts provoqués par l’implacable crue de la rivière Blackwater.

Menés par Mary-Love, la puissante matriarche aux mille tours, et par Oscar, son fils dévoué, les Caskey s’apprêtent à se relever… mais c’est sans compter l’arrivée, aussi soudaine que mystérieuse, d’une séduisante étrangère, Elinor Dammert, jeune femme au passé trouble, dont le seul dessein semble être de vouloir conquérir sa place parmi les Caskey.

 

Au-delà des manipulations et des rebondissements, de l’amour et de la haine, Michael McDowell (1950-1999), ­co-créateur des mythiques Beetlejuice et L’Étrange Noël de Monsieur Jack, et auteur d’une trentaine de livres, réussit avec Blackwater à bâtir une saga en six romans aussi addictive qu’une série Netflix, baignée d’une atmosphère unique et fascinante digne de Stephen King.

Découvrez le premier épisode de Blackwater, une saga matriarcale avec une touche de surnaturel et un soupçon d’horreur.

 

259 pages – 7/47/2022

 

 

 

« Qui n’a pas vécu une inondation de cette ampleur s’imaginera que les poissons nagent librement à travers les fenêtre brisées des maisons, mais ce n’est pas le cas. Les vitres ne cèdent pas. Quelle que soit la solidité d’une bâtisse, l’eau s’infiltre toujours par le plancher ; invariablement, un cellier sans fenêtre comme un porche ouvert aux quatre vents seront inondés. Les poissons s’en tiennent à leurs cours, inconscients des mètres de liberté supplémentaire déployés au-dessus d’eux. »

 

 

Quelle surprise et quel plaisir de recevoir les deux magnifiques livres de Michael McDowell envoyés par les éditions Monsieur Toussaint Louverture grâce à une opération masse critique de Babélio. Merci beaucoup pour cet envoi. « La crue » et « La digue » les tomes 1 et 2 de la série « Blackwater » qui en compte 6 sont deux petites merveilles : les dessins des couvertures sont gravés et les couleurs sont splendides… Ces dessins en relief reflètent en plus la lumière. Bref, j’adore ! L’histoire débute en 1919 à Perdido, petite ville d’Alabama, enserrée par les rivières Perdido et Blackwater. La ville vit des scieries appartenant aux grandes familles de Perdido, dont la famille Caskey menée de main de maître par Mary-Love et son fils Oscar, sous la coupe de sa mère, qui fait tourner l’usine. Pâques 1919, les flots se sont déversés dans la ville dévastant tout. Les habitants se sont tous rassemblés dans les hauteurs. Oscar avec son serviteur noir, Bray, fait le tour de la ville sur une barque, pour s’assurer que personne n’est en difficulté au milieu de la crue. Et c’est à cette occasion qu’ils découvrent une jeune femme à la chevelure couleur de la Perdido dans une chambre de l’hôtel. Très calme, légèrement étrange, Elinor Dammert, leur fait beaucoup d’effet. Cette dernière s’installe à Perdido chez le frère d’Oscar, James, et sa fille Grace. Grâce au départ d’une enseignante suite à la crue, Elinor reprend sa classe et enseigne ainsi à l’école de la ville. Peu à peu elle s’immisce dans la vie de la famille Caskey malgré le rejet violent de Mary-Love à son égard. Peu à peu, on suit ainsi la vie à Perdido et en particulier la famille Caskey, les tensions, les manipulations, le combat entre deux femmes au fort caractère, Mary-Love et Elinor, les rebondissements, les amours, les haines… C’est prenant, passionnant et par moment étrange car de temps en temps du surnaturel émerge dans cette ambiance par ailleurs classique. Comme un petit goût de Stephen King… C’est d’ailleurs cette allégation dans la quatrième de couverture qui m’avait tentée dans cette aventure. Stephen King est un fan de l’auteur, Michael McDowell. Ils étaient amis. Cela ne m’étonne pas. Je ne regrette absolument pas d’avoir démarré cette saga. Le deuxième tome est excellent, un billet suivra. J’ai hâte de lire la suite. A découvrir si vous aimez que parfois le surnaturel vous surprenne au détour d’une page.

 

 

 

« Elle n’était pas morte.

Les paupières fines et étirées qui recouvraient les dômes protubérants s’écartèrent lentement et deux yeux immenses – de la taille d’œufs de poule, pensa follement Annie Bell – se posèrent depuis le fond de l’eau sur ceux de la femme pasteur.

Elle eut un geste de recul et heurta un tronc. La branche au-dessus de sa tête, à laquelle elle se retenait, cassa.

Elinor émergea. »

 

 

Lien vers la fiche du livre sur Babélio

https://www.babelio.com/livres/McDowell-Blackwater-tome-1–La-crue/1388639

 

Note : 4,34/5 (46 notes) – Ma note : 4/5

 

 

 

« – Tu ne vois pas, Sister ? dit Caroline DeBordenave, secouant lentement la tête.

– Voir quoi ?

– Qu’il y a quelque chose d’étrange.

– Quelque chose qui ne va pas du tout, ajouta Manda.

– Non, je ne vois pas !

– Eh bien, tu devrais, intervint Mary-Love. Regarde ses cheveux ! Tu as déjà vu des cheveux de cette couleur ? On les croirait teints par la Perdido… Voilà ce que je vois, moi ! »

 

 

Auteur : Michael McDowell

Michael McDowell (de son nom de naissance Michael McEachern McDowell) est un écrivain et scénariste américain, né le 1er juin 1950 et décédé le 27 décembre 1999 à Boston, Massachusetts.

Stephen King le décrit comme « le meilleur auteur de livres de poche aux États-Unis à ce jour ».

Il est notamment connu pour avoir écrit l’histoire et le scénario du film Beetlejuice de Tim Burton.

Michael McDowell a suivi des études à l’Université d’Harvard, et a poursuivi en doctorat en anglais à l’Université Brandeis en 1978. Sa thèse s’intitulait « Comportements américains envers la mort, 1825-1865 ». En même temps qu’il rédige sa thèse, il se rend compte qu’il ne veut pas enseigner, mais devenir écrivain. Son premier roman n’essuie que des refus, mais il se lance dans l’écriture d’un deuxième. Dans son entretien avec Douglas E. Winter, il raconte que la bande annonce de La Malédiction et L’Exorciste l’ont interrogé sur les enfants possédés, ce qui lui a donné de la matière pour l’écriture d’un autre livre.

Il soutient quand même sa thèse et obtient son doctorat, puis trouve un emploi de secrétaire et se consacre pleinement à l’écriture. Sa carrière littéraire sera réellement lancée avec « The Amulet », et il pourra vivre de son écriture à partir du début des années 1980.

McDowell était un grand collectionneur d’objets liés à la mort. Sa collection, vaste et variée, qui comprend plus de soixante-seize boîtes, incluait des objets tels que des broches mortuaires, des photographies et des plaques provenant de cercueils de nourrissons.

De janvier à juin 1983, Michael McDowell fait paraître chez Avon mois après mois une mini-série de romans autour d’une ville et d’une famille de l’Alabama : « Blackwater ». Le procédé inspirera Stephen King pour la publication de « La Ligne Verte ».

Les sources d’inspiration de Michael McDowell sont multiples. Comme Lovecraft, il imprègne son œuvre de ses racines, le lieu où il a grandi : l’Alabama.

Stephen King était un fan incontesté de Michael McDowell (qui a écrit le scénario de son film « La Peau sur les os »), tout comme Steven Spielberg, pour qui il a travaillé sur la série « Histoires fantastiques ».

McDowell a été diagnostiqué comme étant atteint du SIDA en 1994. Après son diagnostic, McDowell a enseigné l’écriture de scénarios à l’Université de Boston et à l’Université Tufts, tout en continuant à écrire des scénarios sur commande. L’un de ses derniers projets, sur lequel il travaillait au moment de sa mort, était une suite de « Beetlejuice ». Son dernier roman inachevé, « Candles Burning », a été complété par la romancière Tabitha King et publié en 2006.

McDowell est décédé le 27 décembre 1999 à Boston, Massachusetts, des suites d’une maladie liée au sida.

 

 

 

« Mère et fille avaient pour habitude d’adopter des tons contradictoires à chacun de leurs échanges : lorsque Mary-Love était excitée, Sister gardait son calme. Quand Sister s’indignait, Mary-Love se faisait conciliante. Cette dynamique s’était développée au fil des années et leur était devenue si naturelle qu’elles s’y soumettaient sans y penser. »

 

 

« (…) même lorsque tout ce qui avait été abîmé fut jeté et brûlé, que l’on débarrassa les jardins des branches et autres carcasses pourrissantes, et que l’herbe eut recommencé à repousser, la ville, aux aguets le soir venu, découvrait que sous le parfum de jasmin et de rose, sous l’odeur du dîner sur le feu et l’amidon des chemises, elle empestait la crue. Ses relents avaient infiltré les poutres, les planches et les briques mêmes de chaque maison et de chaque bâtiment. »

 

 

 

« Quelquefois, en rentrant de la scierie en fin d’après-midi, il contemplait ces chênes surgis du sable par miracle et s’exclamait : « Maman, tu as déjà vu pousser quelque chose aussi vite que ces arbres ? »

Et Mary-Love, assise sous le porche, disait simplement : « Ce sont les arbres d’Elinor. »

Et Sister, assise à ses côtés, ajoutait : « Elinor les adore. »

Et Elinor, lorsqu’elle lui ouvrait la porte, concluait : « Rien ne poussait là. Il fallait bien qu’on ait quelque chose. » »

 

 

 

« Oscar se tourna vers Elinor Dammert. Celle-ci ni dit rien, ne cilla pas ni ne changea d’expression. Elle ne livra aucun indice quant à ce qu’elle pensait qu’il devrait répondre – en vérité, seule son ignorance masculine empêchait Oscar de comprendre qu' »aucun indice » était en soi un indice suffisant. »

 

 

 

« À Perdido, les femmes se moquaient toujours des hommes. Les Yankees de passage logeaient à l’Osceola, discutaient avec les propriétaires des scieries, faisaient leurs courses dans des boutiques tenues par des hommes et se faisaient couper les cheveux par un homme en bavardant avec une clientèle masculine, sans jamais se douter une minute que c’étaient en réalité les femmes qui dirigeaient la ville. »

 

 

 

« Ce qu’il savait en revanche, c’est qu’Elinor ressemblait énormément à Mary-Love : dotées d’un caractère fort et dominant, toutes les deux exerçaient leur pouvoir d’une façon avec laquelle il ne pourrait jamais rivaliser. »

Un commentaire sur “Blackwater, tome 1 : La crue de Michael McDowell

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