Ma passion les livres

Partage de mes lectures

Blackwater tome 2 : La digue de Michael McDowell

 

 

« « Écoute-moi bien Zaddie. Cette digue – si jamais un jour elle est construite – n’apportera rien de bon à la ville.

– Qu’est-ce que vous voulez dire ?

– Moi vivante, et tant que j’habiterai dans cette maison, il n’y aura pas de crue à Perdido, avec ou sans digue. Les rivières ne monteront pas.

– Mam’selle Elinor, vous pouvez pas… »

Elinor ignora cette protestation.

« Par contre Zaddie, quand je serai morte, reprit-elle, avec ou sans digue, cette ville et tous ses habitants disparaîtront de la surface de la terre… » »

 

 

Résumé éditeur :

Tandis que la ville se remet à peine d’une crue dévastatrice, le chantier d’une digue censée la protéger charrie son lot de conséquences : main d’œuvre incontrôlable, courants capricieux, disparitions inquiétantes.

Pendant ce temps, dans le clan Caskey, Mary-Love, la matriarche, voit ses machinations se heurter à celles d’Elinor, son étrange belle-fille, mais la lutte ne fait que commencer.

Manigances, alliances contre nature, sacrifices, tout est permis. À Perdido, les mutations seront profondes, et les conséquences, irréversibles.

Au-delà des manipulations et des rebondissements, de l’amour et de la haine, Michael McDowell (1950-1999), ­co-créateur des mythiques Beetlejuice et L’Étrange Noël de Monsieur Jack, et auteur d’une trentaine de livres, réussit avec Blackwater à bâtir une saga en six romans aussi ­addictive qu’une série Netflix, baignée d’une atmosphère unique et fascinante digne de Stephen King.

Découvrez le deuxième épisode de Blackwater, une saga matriarcale avec une touche de surnaturel et un soupçon d’horreur.

 

257 pages – 22/4/2022

 

 

« Quoi qu’il en soit, chacun sortit apaisé de la réunion. La crue de 1919 avait causé un bouleversement si grand, si inattendu, et la ville avait été si peu préparée, que cette première étape vers plus de sécurité semblait un pas de géant aux membres du conseil. Ils imaginèrent les effets qu’auraient les digues une fois érigées. Les eaux des rivières Perdido et Blackwater pourraient monter très haut contre les constructions d’Early Haskew, les enfants garderaient le sourire en continuant de jouer à la corde à sauter et aux billes sur la terre sèche, bien en deçà du niveau de l’eau noire et tourbillonnante qui s’agiterait sinistrement de l’autre côté. »

 

 

A peine terminé le premier tome de la série Blackwater « La crue », j’ai enchaîné avec avidité et plaisir avec le deuxième tome « La digue » grâce à l’opération masse critique de Babélio. Merci encore à Babélio et aux éditions Monsieur Toussaint Louverture pour cet envoi qui franchement me ravit ! On ne peut pas dire qu’il y a un suspense comme dans un thriller mais tout de même, l’envie de savoir la suite de la vie de la famille Caskey et de Perdido est prenant. La fameuse digue va-t-elle être construite ? Comment va réagir la mystérieuse et dangereuse Elinor qui aime tant la rivière et qui ne veut absolument pas de cette digue ?! D’autres évènements et personnages vont se mêler à cette saga qui ne manque pas de rebondissements. Les relations familiales des Caskey sont complexes et réjouissantes. Mary-Love, Elinor et Sister sont trois personnages féminins qui sont passionnants à suivre. Les femmes ont dans cette histoire de fort caractère et forcent leurs destins. Très bien écrit et parsemé de quelques moments surnaturels ou d’horreur, juste ce qu’il faut pour pimenter l’histoire, j’ai beaucoup aimé ! Meilleur que le premier tome à mon avis. J’ai dévoré ce deuxième tome et me voilà en attente de la suite qui ne sortira que le 5 mai ! Dur ! Coup de cœur pour moi !

 

 

 

« Elle était surtout troublée que sa découverte ait été le fruit du hasard – cela signifiait qu’Elinor n’avait pas agi pour produire un effet. Aux yeux de Mary-Love, commettre une action sans chercher à susciter de réaction dénotait une forme de perversité. Ça lui coupait le souffle. »

 

 

Lien vers la fiche du livre sur Babélio

https://www.babelio.com/livres/McDowell-Blackwater-tome-2–La-digue/1388643

 

Note sur Babélio : 4,37/5 (24 notes) – Ma note : 5/5

 

 

 

« Mary-Love aimait s’imaginer en mécène de la famille, prodiguant sans relâche et à longueur de journée richesses et largesses. Elle s’estimait largement récompensée par la gratitude de ses enfants ; et dans le cas où, à ses yeux, celle-ci ne serait pas suffisante, elle pouvait sévir. »

 

 

Auteur : Michael McDowell

Michael McDowell (de son nom de naissance Michael McEachern McDowell) est un écrivain et scénariste américain, né le 1er juin 1950 et décédé le 27 décembre 1999 à Boston, Massachusetts.

Stephen King le décrit comme « le meilleur auteur de livres de poche aux États-Unis à ce jour ».

Il est notamment connu pour avoir écrit l’histoire et le scénario du film Beetlejuice de Tim Burton.

Michael McDowell a suivi des études à l’Université d’Harvard, et a poursuivi en doctorat en anglais à l’Université Brandeis en 1978. Sa thèse s’intitulait « Comportements américains envers la mort, 1825-1865 ». En même temps qu’il rédige sa thèse, il se rend compte qu’il ne veut pas enseigner, mais devenir écrivain. Son premier roman n’essuie que des refus, mais il se lance dans l’écriture d’un deuxième. Dans son entretien avec Douglas E. Winter, il raconte que la bande annonce de La Malédiction et L’Exorciste l’ont interrogé sur les enfants possédés, ce qui lui a donné de la matière pour l’écriture d’un autre livre.

Il soutient quand même sa thèse et obtient son doctorat, puis trouve un emploi de secrétaire et se consacre pleinement à l’écriture. Sa carrière littéraire sera réellement lancée avec « The Amulet », et il pourra vivre de son écriture à partir du début des années 1980.

McDowell était un grand collectionneur d’objets liés à la mort. Sa collection, vaste et variée, qui comprend plus de soixante-seize boîtes, incluait des objets tels que des broches mortuaires, des photographies et des plaques provenant de cercueils de nourrissons.

De janvier à juin 1983, Michael McDowell fait paraître chez Avon mois après mois une mini-série de romans autour d’une ville et d’une famille de l’Alabama : « Blackwater ». Le procédé inspirera Stephen King pour la publication de « La Ligne Verte ».

Les sources d’inspiration de Michael McDowell sont multiples. Comme Lovecraft, il imprègne son œuvre de ses racines, le lieu où il a grandi : l’Alabama.

Stephen King était un fan incontesté de Michael McDowell (qui a écrit le scénario de son film « La Peau sur les os »), tout comme Steven Spielberg, pour qui il a travaillé sur la série « Histoires fantastiques ».

McDowell a été diagnostiqué comme étant atteint du SIDA en 1994. Après son diagnostic, McDowell a enseigné l’écriture de scénarios à l’Université de Boston et à l’Université Tufts, tout en continuant à écrire des scénarios sur commande. L’un de ses derniers projets, sur lequel il travaillait au moment de sa mort, était une suite de « Beetlejuice ». Son dernier roman inachevé, « Candles Burning », a été complété par la romancière Tabitha King et publié en 2006.

McDowell est décédé le 27 décembre 1999 à Boston, Massachusetts, des suites d’une maladie liée au sida.

 

 

 

« Mary-Love avait d’abord considéré Early Haskew comme un simple outil à même de tourmenter sa belle-fille, mais il devint rapidement plus que cela. C’était un homme aimable, doux et gentil, et bientôt elle s’habitua à sa voix tonitruante et à sa mauvaise habitude de manger ses petits pois avec la pointe de son couteau. Ces manières frustes n’étaient sans doute pas complètement rédhibitoires chez un homme aussi jeune et séduisant, même si Mary-Love craignait qu’avec le temps cela n’empire. Sister aussi – ou plutôt, Sister en particulier – l’aimait bien, n’ayant jamais côtoyé un homme qui ne soit pas un membre de la famille. »

 

 

« On se mit à demander à Elinor ce qu’elle pensait du projet et de sa mise en œuvre, mais elle se contentait de répondre : « J’ai dit à tout le monde ce que j’en pensais. Je n’ai pas changé d’avis. Quand les digues seront finies – si elles le sont un jour -, ce sera comme vivre dans une carrière. Les digues s’usent avec le temps, elles se font emporter. Elles se fissurent et s’éventrent. Il n’y a rien qui puisse arrêter une rivière qui coule vers la mer, et rien n’empêchera l’eau de monter et de se déverser par-dessus un tas d’argile. » »

 

 

 

« – Eh bien, cette ville appartient à la rivière, mais les digues sont en train de la lui arracher sans que la rivière n’obtienne la moindre compensation.

– Tu penses qu’on devrait tous se mettre sur la rive et y jeter des billets ?

– Quand j’étais à l’université de Huntingdon, répondit-elle, j’avais un cours sur les civilisations anciennes, et chaque fois qu’elles commençaient la construction de quelque chose de très grand, par exemple un temple, un aqueduc ou un palais, ces sociétés lui offraient quelqu’un en sacrifice, qu’elles enterraient sous la première pierre. La victime encore en vie, on lui arrachait les bras et les jambes, et on empilait les morceaux, qu’on recouvrait ensuite de pierres, de briques, ou de quoi que ce soit dont on se servait pour bâtir le monument. Ces civilisations croyaient que le sang aidait à solidifier le mortier. En tout cas, c’était leur façon d’honorer les dieux. »

 

 

 

« Aux yeux de la petite fille, la maison était une tête gigantesque, et elle, un juteux morceau de viande idéalement tombé dans sa bouche béante. Le porche de devant figurait cette bouche au large sourire, la balustrade blanche en constituait les dents du bas, la frise en bois qui la surplombait les dents du haut, et la chaise en osier sur laquelle elle était assise, sa grosse langue verte. Frances attendait, se demandant à quel moment les mâchoires se refermeraient sur leur proie. »

Votre commentaire

Choisissez une méthode de connexion pour poster votre commentaire:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.

%d blogueurs aiment cette page :