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La capture : Qui sème les coups récolte la vengeance de Nicolas Lebel

 

« Il avait eu des binômes gendarmes, soldats, commandos, qui s’étaient battus et connaissaient la guerre, ses horreurs, ses crimes et ses criminels. Et, pour son dernier mois, sa dernière affaire, on lui accolait un flic de quartier dépressif, hypersomniaque, un Michel Blanc période Marche à l’ombre, ignorant tout de son affectation et des missions de l’OCLCH. Pire, Romero était là parce qu’il y avait un trou et qu’il fallait le remplir. »

 

 

Résumé éditeur : 

LA nouvelle voix du noir revient avec une enquête en huis clos, inspirée de faits réels, où se mêlent thriller, policier et roman d’aventures. Addictif !

 

Morguélen. Un nom funèbre pour une île bretonne giflée par les vents.

Un terrain idéal pour la lieutenante Chen, lancée dans une traque sans merci. Dans son viseur : des tueurs à gages insaisissables, les Furies, déesses du châtiment.

Mais à l’heure de la rencontre, la partie pourrait bien compter plus de joueurs qu’il n’y paraît. Et quand le prêtre de cette île du bout du monde entre à son tour dans la danse, une seule certitude demeure : quelqu’un va mourir.

 

Jeu de miroirs à huis clos, le nouveau roman de Nicolas Lebel entraîne le lecteur dans une course échevelée où tout n’est qu’ombres et reflets. Porté par l’humour et l’ingéniosité inégalables du lauréat du Prix des lecteurs du Livre de Poche, La Capture impose Nicolas Lebel comme l’une des voix les plus brillantes du thriller français.

 

288 pages – 23/03/2022

 

 

 

« Évidemment, l’institution envisageait de se débarrasser d’elle au plus vite. Ça tombait bien ; elle n’était pas faite pour les relations longues, ni pour les courtes, d’ailleurs, et s’arrangeait toujours pour se rhabiller la première. »

 

 

Lire un Nicolas Lebel cela ne se refuse pas car on est sûr de passer un bon moment de lecture. Et avec « La capture », cela a été encore le cas, bonne pioche ! Pratiquement la même couverture que « Le Gibier » son roman précédent, sauf qu’ici elle est bleue au lieu de rouge, et titre faisant pareillement référence à la chasse, on retrouve la lieutnante Yvonne Chen au caractère bien trempé toujours sur les traces des Furies qui sont responsables de la mort de son seul ami, le commissaire Starski. Elle ne répond plus à sa hiérarchie qui l’a trahie et traque ces assassins jusque sur un bout de caillou isolé en Bretagne, l’île de Morguélen. Peu de résidents à l’année, tous du cru, sauf deux « étrangers », un retraité et son cousin. Son instinct d’enquêtrice se porte évidemment vers ces deux hommes qui sortent du lot, mais qui sont en réalité deux agents de l’OCLCH surveillant le curé de l’île, un criminel de guerre, celle de l’ancienne Yougoslavie. Ils tentent en vain depuis de longues années de prouver sa véritable identité pour l’appréhender et le conduire devant le tribunal de La Haye où il sera enfin jugé pour ses crimes. Cela fait presque trente ans. Dans quelques semaines ce sera trop tard. Tout comme Yvonne Chen, les enquêteurs sont eux aussi sur des charbons ardents. Bien évidemment les deux enquêtes vont se télescoper et les protagonistes vont aller de surprise en surprise. L’île de Morguélen va perdre pour quelques temps sa tranquillité ennuyeuse. Impossible de vous résumer la suite de l’intrigue mais je vous garantis que c’est passionnant. Juste un petit bémol, j’ai trouvé le début un peu lent. Mais franchement Nicolas Lebel se rattrape après. Plaisir de retrouver son humour noir et grinçant, c’est un réel bonheur de le lire. J’adore les petits clins d’œil qu’il fait à ses copains écrivains. Et n’ayez pas peur, si vous n’avez pas lu « Le Gibier », vous vous y retrouverez sans soucis, même si c’est toujours plus savoureux de l’avoir lu avant. Bonne lecture !

 

 

 

« D’un regard circulaire, elle balaya la place de la mairie, attendit, mais personne ne vint. Dans le classement des villes fantômes du globe, le bourg de Morguélen devait arriver en troisième position derrière Tchernobyl et Pompéi, quatrième si on comptait Limoges après 22 heures. Chen se dit que si elle arpentait ces rues vides à pied, elle serait rapidement repérée et abattue. En même temps, son déguisement la protégeait. Elle tira le rétro et rajusta sa perruque aux cheveux châtain clair bouclés, son bonnet vert sapin et ses lunettes de soleil. Mazza peinerait sûrement à la reconnaître, alors les Furies… Pendant un moment, elle pesa le pour et le contre, puis décida que, pour fouiller ce bled et poser des questions, il valait mieux le faire pendant les heures d’ouverture si elle voulait croiser un humain. À moins que les résidents de l’île ne sortent qu’au coucher du soleil, comme dans les Carpates ou à Mykonos… La nuit tombait vers 18 h 30 en ce début d’octobre. Elle serait vite fixée. »

 

 

Lien vers la fiche du livre sur Babélio

https://www.babelio.com/livres/Lebel-La-capture–Qui-seme-les-coups-recolte-la-vengean/1406136

 

Note sur Babélio : 4,15/5 (27 notes) – Ma note : 4,5/5

 

 

 

« La société des hommes était un gloubiboulga d’injonctions contraires qui imposaient à certains le respect, la déférence, la politesse, la conformité à la loi, pendant que l’avidité, le crime, l’impunité, la fraude profitaient aux autres, sans que personne n’y puisse rien faire. Comment pouvait-on vivre avec cela, l’accepter, surtout quand on pensait être du côté du bien ? »

 

 

L’auteur : Nicolas Lebel

Nicolas Lebel est né le 29 novembre 1970 à Paris où il vit encore aujourd’hui. Après quelques allers-retours aux quatre coins du globe, il revient en France où, devenu enseignant, il exerce dans un lycée de l’Est parisien. Passionné de littérature, il publie chez Marabout puis au Livre de Poche « L’Heure des fous », « Le Jour des morts », « Sans pitié ni remords », « De Cauchemar et de feu » et « Dans la brume écarlate » (série excellente avec le capitaine Mehrlicht, truculent à souhait), des romans policiers caustiques où histoire, littérature et actualités se mêlent, et dont le ton est souvent engagé, le propos toujours humaniste. Il est lauréat du Prix des lecteurs du Livre de Poche dans la catégorie Polar en 2019 pour « L’Heure des fous ». « Le Gibier », son huitième roman paru en 2021, lui offre une arrivée très remarquée au catalogue du Masque. Il continue en 2022 avec « La capture ».

 

 

 

« Ne crois pas un mot de ce que dit ce prêtre, Raphaël ! Il a l’air d’un brave type, comme tous les criminels en planque ou en cavale. Mais c’est une ordure. Une ordure qui a une centaine de morts sur la conscience et qu’on doit coincer dans les prochaines semaines… »

 

 

« Elle se foutait en fait massivement de l’avis d’autrui, aboutissement de bêtise assumée et de frustration dévorante, et ne manquait jamais une occasion de le rappeler. Ensuite, parce qu’elle n’était pas du genre à s’enfermer chez elle pour vagir à la lune. Elle était plutôt du genre à traquer les assassins de son commissaire jusqu’à les retrouver pour leur coller une balle dans l’œil. Ou dans le nez. Ou les deux. »

 

 

 

« – Si vous pouvez me récupérer l’intégrale de Norek en Pléïade, j’aimerais bien le relire ! Il doit être sur le mur de droite ! »

 

 

 

« D’après Steenson, Alecto dirigeait deux autres personnes, un homme et une femme, plus jeunes, qu’il n’avait jamais vus. Chen savait déjà qu’ils étaient trois : Alecto, Tisiphone et Megara. Les déesses de la vengeance et du châtiment, et les messagères de mauvaises nouvelles dans la mythologie romaine. Elles étaient les « sœurs nées de la nuit », le 5 était leur chiffre maudit, le serpent et la chouette, leurs symboles. Dans la réalité, les Furies étaient un groupe d’assassins professionnels qui tuaient le 5 du mois, parfois encore les jours suivants, que l’on invoquait et apaisait à coups de millions de dollars, aux quatre coins du monde. »

 

 

 

« Phase 5 – Le roi noir

Temps restant : 30 heures 10 minutes

Avec le prêtre et les deux agents des pompes funèbres, Maé et les deux mamies étaient les seules personnes présentes à l’inhumation de Jules Meunier. C’est dire si le défunt était populaire, d’autant que pour les deux grenouilles de bénitier, leur assiduité aux funérailles tenait plus du hobby que du devoir chrétien. Il fallait bien s’occuper à Morguélen et le temps, d’après les résidents, y passait plus lentement qu’ailleurs. On s’y mariait peu, ne pouvant y trouver chaussure à son pied ni chaussure tout court ; on n’y faisait pas d’enfants qu’on aurait pu baptiser pour tromper l’ennui. Heureusement, on y mourait encore. Ça faisait une sortie. »

 

 

 

« Romero tourna sur lui-même, puis encore, girouette bedonnante dans la brise marine, inspectant l’île sous toutes ses coutures. Il s’arrêta soudain face au bourg.

– Tu m’as dit que l’église et le presbytère ont été fouillés plusieurs fois.

– Six fois ! À l’arrivée de chaque nouvelle recrue, ou presque. C’est comme un bizutage ! Personne n’a jamais rien trouvé qui puisse rattacher Petrovácz à Dragović. Tu pourras y aller, si tu veux. Le curé a une routine de fer. Il donne des messes à midi tous les jours, sauf le mardi et le jeudi. Il en profite pour rendre visite à quelques-uns de ses paroissiens : les deux mamies d’abord, Annick et Marie, puis Soazic… »

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Cette entrée a été publiée le 21 avril 2022 par dans Livre, mes auteurs préférés, Mes lectures, polar, policier, Thriller, et est taguée , , , , , , , , .
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