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Disparitions, une enquête du commissaire Payardelle de Jean-Michel Lecocq

 

« Les conversations vont bon train, le chauffeur ferme les portes. L’autocar s’ébranle. En arpentant l’allée centrale, le guide fait le compte de son groupe. Vingt-neuf, annonce-t-il en tournant la tête à gauche et à droite et en grimaçant, étonné de n’avoir pas le compte juste. Ils devraient être trente. Il recompte. Toujours vingt-neuf.

– Qui manque ? lance-t-il à la cantonade.

Vérifier n’est pas difficile : depuis le départ d’Erevan, chacun a gardé le même fauteuil. Les personnes présentes ont dû mémoriser l’identité de celles et ceux qui étaient assis près d’eux, devant ou derrière. Tigran se penche pour scruter les environs et surtout la rue qui s’ouvre sur le parking et qui conduit au centre-ville. Nul ne peut arriver d’une autre direction. C’est la seule voie pour rejoindre le bus, à moins de prendre le chemin des écoliers par on ne sait quel cheminement erratique. Mais la rue reste désespérément vide de toute présence humaine.

Il faut se rendre à l’évidence : il manque quelqu’un. »

 

 

Résumé éditeur :

Une nouvelle enquête du commissaire Théo  Payardelle.

En Écosse, un jeune thésard parti étudier un site mégalithique se volatilise. En Arménie, c’est un touriste niçois qui disparaît. Le commissaire Théo Payardelle part pour Édimbourg, Marthe Sénard, son ex-adjointe, s’envole vers Erevan. Les deux affaires ont-elles un lien ?

L’Arménie et ses paysages aussi mystérieux que stupéfiants, l’Écosse et son histoire aussi curieuse que passionnante, Le Haut-Var et ses petits villages aussi charmants que secrets… Le commissaire Théo Payardelle, héros de « Un charmant petit village  » et de « La Caresse des orties  », est de retour pour une enquête qui s’annonce aussi passionnante que dépaysante.

 

376 pages – 13/11/2020

 

 

 

« Nice, jeudi 15 novembre 2018.

Entre l’audience dans le bureau de l’ambassadeur de France à Erevan et la fin des investigations de la police niçoise, il s’est écoulé plus de trois semaines. Un délai normal pour une telle affaire qui, dans un premier temps, n’a pas alerté outre mesure le ministère des Affaires étrangères. Interpol a juste effectué un signalement. Une fiche. Un touriste français qui disparaît des radars au cours d’un voyage organisé, ce n’est certes pas banal mais, des ressortissants français qui s’évaporent à l’étranger, il y en a plusieurs dizaines chaque année. Les causes peuvent être multiples et, tant que la preuve d’un crime ou d’un enlèvement n’est pas établie, personne ne s’affole. On les inscrit au fichier des personnes disparues et basta. »

 

 

Depuis sa première enquête dans « Rejoins la meute ! », j’ai tout de suite beaucoup aimé le commissaire Théo Payardelle et je le retrouve avec beaucoup de plaisir dans cette nouvelle enquête, « Disparitions ». Dans ce nouvel opus, l’auteur nous emmène dans deux pays qu’il affectionne tout particulièrement : l’Arménie et l’Ecosse. Il en profite pour nous parler de l’histoire, de la culture et aussi des délices culinaires. C’est très agréable et intéressant. Pour moi, l’Arménie se résumait jusqu’à présent à peu près au génocide des Arméniens… Et visiblement, l’Arménie a l’air d’être un très beau pays. Merci Jean-Michel Lecocq de nous le dévoiler un peu. Le titre au pluriel porte bien son nom puisqu’il s’agit dans ce roman de plusieurs disparitions. Un touriste français, Valentin Leroux, disparaît en Arménie lors d’un voyage touristique en groupe. Après une enquête sur place qui ne mène à rien, l’Arménie fait appel à la police française. C’est l’une des anciennes collègues et très bonne amie de Payardelle, Marthe Sénard, qui s’envole vers l’Arménie pour tenter de comprendre ce qui est arrivé à ce compatriote français et de démêler l’imbroglio de sa disparition. Pendant ce temps-là, Théo Payardelle est envoyé en Ecosse où un étudiant français a lui aussi disparu. Pour son plus grand plaisir, il va y retrouver l’inspecteur-chef Mac Pherson de Scotland Yard qu’il connaît bien et qui est comme lui un épicurien dans l’âme. L’affaire est là aussi complexe et les deux compères ont bien du mal à comprendre ce que faisait exactement l’étudiant en Ecosse. Sa mère remue ciel et terre et émeut les deux hommes, en particulier Payardelle qui fond complètement. Marthe quant à elle est revenue en France poursuivre l’enquête d’autant plus qu’un autre des touristes français ayant fait partie du groupe en Arménie vient lui aussi de disparaître à Aups en Provence. Les deux disparitions semblent lier mais cela épaissit encore le mystère. Comme vous vous en doutez sans doute, les disparitions sont toutes reliées entre elles et Marthe et son équipe va finir par travailler avec son mentor, Payardelle dans une étrange ambiance. Mais je ne vous en dévoile pas plus, cela retirerait beaucoup de charme à ce roman qui est délicieux. Très bien écrit comme toujours avec Jean-Michel Lecocq, intrigues intéressantes et qui tiennent le suspense jusqu’au bout, des personnages attachants qui évoluent et qu’on aime retrouver, bref un excellent cocktail pour ce policier qui est pour moi un joli coup de cœur ! Vous pouvez lire les enquêtes de Théo Payardelle dans le désordre car les histoires se suffisent à elles-mêmes mais il est plus savoureux de les lire dans l’ordre pour apprécier l’évolution des flics récurrents et leurs relations. Si je ne me trompe pas, « Disparitions » est la cinquième enquête du commissaire Payardelle. Et je vais vite lire sa sixième enquête « Trier les morts ». Comme vous l’aurez compris, je recommande vivement cette lecture.

 

 

 

« Ce qui lui redonne un peu d’entrain, c’est l’idée que, pour sa remise de médaille, il pourra inviter ses trois compères. Marthe, Marco et César. Marthe est toujours chef de groupe à la PJ de Nice, avec le grade de commandant. Elle va sans doute se présenter bientôt au concours pour devenir commissaire. Marco coule des jours tranquilles à Toulouse. Payardelle les a revus récemment, brièvement certes, mais avec un immense plaisir. La première, en allant conduire une mission d’inspection à Nice ; le second en allant remettre les insignes de chevalier dans l’ordre du Mérite national au commandant Paul Merault, un vieil ami. Quant à César, il le croise fréquemment dans les couloirs de l’immense paquebot de métal et de verre des Batignolles où il a enfin réussi à entrer dans la brigade commandée par le charismatique commissaire Morière. Il profite toujours de ses services lorsqu’il faut assurer la garde de sa boule de poils, O’Cédar, qui, lui aussi, commence à se faire vieux. »

 

 

Lien vers la fiche du livre sur Babélio

https://www.babelio.com/livres/Lecocq-Une-enquete-du-commissaire-Payardelle-tome-3–Dis/1275574

 

Note sur Babélio : 4,1/5 (5 notes) – Ma note : 5/5

 

 

 

 

« Malgré le charme de l’instant, Marthe ne parvient pas à s’extraire totalement de l’affaire qui l’a conduite ici, ce soir.

– Il n’empêche, reprend-elle. Je me demande à quelle sauce je vais être mangée là-bas. Je dois y rester une semaine. Il va falloir que je trouve à m’occuper.

– Tu feras un peu de tourisme, au frais de l’État, rétorque Théo.

– Dommage que ce ne soit pas en ta compagnie, minaude Marthe prête à tous les abandons.

Un sourire malicieux s’est dessiné sur le visage légèrement empourpré de Théo. Il la fixe des yeux. Son regard est brillant. Est-ce l’effet du vin ou, par hasard, le bougre serait-il amoureux ? »

 

 

L’auteur : Jean-Michel Lecocq

Jean-Michel Lecocq est un auteur français né à Bogny-sur-Meuse, dans les Ardennes, le 19 avril 1950. De formation littéraire, il complète son parcours universitaire par une formation en droit à La Sorbonne. A sa sortie de l’Ecole normale, il embrasse la carrière d’enseignant. Après un séjour professionnel au Canada, il enseignera quelques années dans les Ardennes avant d’exercer les fonctions d’inspecteur de l’Education nationale. Retiré dans le Var où il a terminé sa carrière en qualité d’Inspecteur d’académie, il publie, en 2009, son premier roman, « Le secret des Toscans », un polar historique dans lequel il dévoile sa passion pour l’Histoire. Avec « Le Christ jaune », paru en 2010, il change totalement de registre et entraîne le lecteur dans le milieu de la peinture et des musées, pour un second polar tout aussi palpitant que le précédent. Suivent, en 2012, « 24 », un nouveau thriller historique dont l’action se déroule dans le Paris de 1572, en 2013, « Portrait-robot », un polar entre Var et Ardennes. En 2014, il publie « Rejoins la meute ! », un polar au cœur des Cévennes. Puis vient « Dans la mémoire de l’autre », en 2015, un polar azuréen. Enfin, en octobre 2016, il publie « Les bavardes », une enquête au cœur de la petite station balnéaire de Sainte-Maxime. Suivent ensuite « Un charmant petit village » en 2017, puis « Le squelette de Rimbaud » et « La caresse des orties » en 2019, « Disparitions » en 2020 et « Trier les morts » en 2021.

 

 

 

« Avant de quitter le bureau du lieutenant, Louise se retourne vers lui :

– Vous pensez vraiment qu’il y a un rapport avec la disparition de mon mari ?

– Je n’en sais rien Madame. La concomitance entre ces deux disparitions est troublante, je l’avoue, surtout quand on sait que votre époux pensait avoir reconnu le disparu. Mais, à ce stade, nous ne pouvons pas nous permettre d’élaborer des hypothèses hasardeuses.

En regardant Louise Guéry et son fils s’éloigner dans le couloir, Gomez a le sentiment d’avoir menti à cette pauvre femme. Il est convaincu qu’il y a un lien ou, tout du moins, il en a l’intuition. »

 

 

« Un personnel nombreux va et vient en une noria incessante, portant sur de larges plateaux le traditionnel mezze qu’on sert en entrée. Des galettes de pain autrement appelées lavashs sont empilées sur des assiettes au centre de la table et chaque convive compose son sandwich en choisissant dans un assortiment d’une dizaine de mets variés et goûteux. Des sauces appétissantes accompagnent le tout.

Sous le regard amusé de la capitaine Mikoyan, Tigran explique à Marthe comment manger cette spécialité avec ses mains. Puis, arrive sur la table un plat que Tigran, décidément aussi gastronome qu’interprète, dit s’appeler un garni yarakh, des aubergines farcies avec du bœuf, de la tomate et de l’oignon auxquels s’ajoutent un soupçon de fenouil et de coriandre et une pointe de beurre. Le tout est accompagné d’un Karas, un vin charpenté à souhait produit dans la région d’Armavir, près de la frontière turque. »

 

 

 

« – J’ai reçu pour mission de vous accompagner tout au long de votre séjour, précise l’Écossais. De vous servir d’interprète – il sourit en pensant à l’anglais pitoyable de Payardelle et à son désarroi devant l’accent épouvantable de ses compatriotes rendant encore plus hermétique le barrage de la langue – et d’enquêter avec vous.

Il est radieux et affiche de nouveau un sourire entendu.

– Ce qui ne nous empêchera pas, mon cher Théo, de profiter des douceurs que propose ce pays que vous commencez à connaître un peu.

Derrière ces propos, Payardelle voit se profiler l’épicurien qui sommeille au fond de son collègue et qui fait qu’il apprécie son amitié. Certes, il y a le travail qui l’attend au cours de ce séjour écossais et une affaire dont il a compris qu’elle allait leur donner du fil à retordre mais, à cet instant, il a oublié Paris, Jouve, O’Cédar et jusqu’à Marthe. »

 

 

 

« Au loin, on aperçoit le monastère de Khor Virap perché sur un promontoire rocheux qui domine la plaine de l’Ararat. Il reste deux à trois kilomètres pour l’atteindre. Karmen conduit prudemment à cause des nids-de-poule qui parsèment la route. L’état du réseau routier secondaire est un des problèmes de l’Arménie. Après avoir longé une nécropole, la route grimpe en pente douce et, au terme de quelques lacets, le 4×4 atteint un parking où stationnent déjà deux bus. Malgré la saison avancée, il y a encore des touristes qui bravent les premiers frimas pour admirer cette merveille qu’est l’ensemble monastique de Khor Virap. De là, on a un point de vue panoramique sur la plaine plantée de vignes et d’arbres fruitiers. Au premier rang de ceux-ci figure l’abricotier dont la culture est une des plus importantes au monde. L’abricot séché est une production emblématique du pays. Et d’une grande saveur, comme Marthe a pu s’en rendre compte au petit déjeuner. »

 

 

 

« Diane du Moustier n’a pas cillé. Au fond d’elle-même, elle est convaincue qu’il est arrivé à son fils quelque chose d’inquiétant. Mais, elle se raccroche au fait qu’on n’a pas retrouvé son corps. Payardelle est certain qu’elle privilégie la thèse de l’enlèvement. Il adresse un regard à Mac Pherson et à Mac Grégor qui paraissent rassérénés. Il est temps de mettre un terme à cet entretien. Payardelle promet qu’ils se reverront très vite et qu’il aura sans doute du nouveau. Cette promesse ne coûte rien. Après avoir raccompagné sa visiteuse jusqu’à la sortie, Mac Grégor rejoint ses collègues et les trois hommes prennent la direction du pub. »

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