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Dans les brumes de Capelans d’Olivier Norek

 

« Peseur des âmes des criminels était sa mission, chef des frontières, sa légende. »

 

 

Résumé éditeur :

Une île de l’Atlantique battue par les vents, le brouillard et la neige. Un flic qui a disparu depuis six ans et dont les nouvelles missions sont classées secret défense. Sa résidence surveillée, forteresse imprenable protégée par des vitres pare-balles. Une jeune femme qu’il y garde enfermée. Et le monstre qui les traque. Dans les brumes de Capelans, la nouvelle aventure du capitaine Coste se fera à l’aveugle.

 

400 pages – 7/4/2022

 

 

 

« Nous avons quitté sa chambre et au milieu du couloir, mes pas amortis par le lit d’une moquette épaisse, j’ai entrebâillé la porte de celle de ses parents. Ils dormaient, épuisés, rassurés par l’artificielle sécurité que constituent les quatre murs d’une maison.

Leur bébé entre mes mains, j’ai regardé ce couple. Elle et lui. Au matin, ils ne seraient plus. Décharnés, vides, fantomatiques. Tout ce qu’ils vivraient d’heureux, tout ce qu’ils verraient de sublime, serait anéanti par une absence.

Ils ne traceraient plus que des lignes de vie parallèles, sans plus jamais se croiser, ni se retrouver.

Ils deviendraient des instruments désaccordés à jamais. »

 

 

J’avais été assez mitigée sur le dernier roman d’Olivier Norek « Impact ». J’attendais donc avec impatience « Dans les brumes de Capelans » car j’aime l’écriture de cet auteur et j’espérais bien être de nouveau conquise. Ouf, je suis rassurée, j’ai beaucoup aimé cette nouvelle aventure de Coste même si ce flic attachant et meurtri est dans un sale état à la fin du livre. L’histoire est dure et cruelle. On parle ici de meurtres de jeunes filles, d’un tueur en série méticuleux et introuvable et de familles détruites par ces deuils impossibles sans le corps de leurs enfants. On suit au début un flic que l’on ne connait pas, Russo, qui est complètement investi dans cette enquête impossible. Retrouver cet assassin insaisissable et sauver au moins une de ses victimes… Il finit par retrouver la victime n°9… morte… qui est en fait une 10e victime ! C’est là que rentre en jeux Coste. Il fait toujours partie de la police mais depuis six ans, il officie sous secret défense à Saint-Pierre-et-Miquelon, très loin de la métropole où il a laissé derrière lui toute sa vie d’avant. Seul, solitaire, dans le plus complet anonymat, il travaille au service de la protection des témoins. En toute discrétion, il évalue les criminels repentis pour déterminer s’ils peuvent bénéficier oui ou non du système. Contrairement à d’habitude, il va devoir se confronter à Anna, la première victime du monstre. Deux âmes fracassées vont ainsi se rencontrer, se confronter. A vous de découvrir la suite qui mérite vraiment votre lecture. Lourde psychologiquement, dans un quasi huit-clos, l’intrigue est bien ficelée et nous tient en haleine jusqu’au bout. Un sacré final d’ailleurs ! Bravo monsieur Norek. Bref vous l’avez compris, j’ai été happée par les brumes de Capelans, j’ai beaucoup aimé, coup de cœur pour moi !

 

 

 

« En rideaux opaques, la neige tombait à l’horizontale, portée par le vent violent qui soufflait contre les fenêtres blindées de la maison, posée sur les rochers d’une falaise recouverte d’une forêt dense dont les derniers pins surplombaient l’océan. À l’intérieur, le flic regardait dehors sans voir autre chose que du blanc parasite, comme si la baraque était enserrée d’un fil d’araignée épais et hermétique.

C’était apaisant, de ne rien discerner. Il aimait cet endroit où le mot « disparaître » s’entendait au sens propre comme au figuré. Et voilà bien longtemps qu’il avait disparu. »

 

 

 

Lien vers la fiche du livre sur Babélio

https://www.babelio.com/livres/Norek-Dans-les-brumes-de-Capelans/1382059

 

Note sur Babélio : 4,61/5 (365 notes) – Ma note : 5/5

 

 

 

« Ainsi, dix ans plus tard et deux pontages coronariens réussis, Russo était revenu au tout premier jour de son enquête, dix ans plus tôt, dans la chambre d’Anna Bailly, sans savoir à l’époque qu’elle était la première victime d’une trop longue série à venir. Suite à la découverte du journal intime incriminant, l’enquête s’était logiquement dirigée vers une fugue. Le père avait nié, la mère s’était murée dans un silence accusateur, et l’un comme l’autre n’avaient évité la prison que grâce à l’absence de la victime. « La fugue de votre enfant est votre salut », avait asséné le juge. »

 

 

L’auteur : Olivier Norek

Olivier Norek, né en 1975 à Toulouse, est un écrivain et scénariste français.

Il est le petit-fils d’Herbert Norek, un « migrant silésien devenu citoyen français » qui était sous-officier dans la Légion étrangère et qui est naturalisé français en 1935. Son père, Claude Norek, est un haut fonctionnaire qui a été directeur général de Radio France de 1999 à 2004. Sa mère est directrice d’école.

Après avoir obtenu son baccalauréat, Olivier Norek s’implique en tant que bénévole chez Pharmaciens sans frontières durant trois ans, lors desquelles il participe à la réhabilitation de l’hôpital de Saint-Laurent-du-Maroni en Guyane, ainsi que de l’approvisionnement en matériel médical des hôpitaux et camps de réfugiés des territoires en guerre de l’ex-Yougoslavie (1994-1995).

En 1995, il s’engage pour deux ans au 33e Régiment d’infanterie de marine. Puis en 1997 il entre dans la police, comme gardien de paix d’abord, puis comme lieutenant et capitaine à la Section des enquêtes et recherches du SDPJ 93. Quinze ans plus tard, peu après son premier succès littéraire, il se met en disponibilité.

Entre 2013 et 2016, il publie trois romans autour de la figure d’un flic humaniste et sensible, le Capitaine Coste. Le succès est rapide (Prix du polar européen en 2016), y compris à l’étranger : en Angleterre, « The Lost and the Damned », la traduction de « Code 93 », recueille des articles élogieux du Times (qui l’élit « Crime Book of the Month ») et du Financial Times. En 2022, il ajoute un quatrième roman à la série Capitaine Coste avec « Dans les brumes de Capelans ».

De 2017 à 2020, il publie trois romans avec une thématique politique plus affirmée.

Dès 2016, il participe en parallèle à des collectifs de scénaristes, pour la série Engrenages et pour Les Invisibles.

Il fait partie du collectif d’artistes La Ligue de l’Imaginaire.

 

 

 

« Il va falloir être très ouvert, Coste. Ne pas la juger. Il faudra apprendre à accepter, vous mettre à sa place, imaginer ce qu’elle a payé pour être vivante. »

 

 

« – Je peux entrer ?

– Non.

Elle le rencontrait pour la première fois et il était aussi cordial que Soba l’en avait avertie. Malgré tout, qu’il fût rustre à ce point la déstabilisa.

– Vous êtes sérieux ? Je vais pas rester sur le pas de la porte tout de même ?

– Ecoutez, j’ai un radar à emmerdes et vous clignotez en rouge. Quoi que vous vouliez, je ne suis clairement pas la bonne personne.

– Je vous emmerderai pas plus au chaud, vous savez ?

Et comme à la fin il aurait été plus suspect de lui refuser d’entrer que le contraire, le flic céda. »

 

 

 

« Thaïs Laguerra avait constaté que se marier à dix-huit ans revenait à quitter une soirée à 20h30. C’était beaucoup trop tôt. Les premières années avaient été trompeuses et depuis quelques anniversaires, son mari se contentait de répéter la fin des phrases de sa femme en y ajoutant un point d’interrogation, considérant cela comme une conversation. »

 

 

 

« On les voudrait hideux, les monstres.

Dans les villes, dans la foule, leurs démons sont invisibles. Ils nous frôlent sans que l’on frémisse. Leurs sourires ressemblent aux nôtres, on les côtoie, on les voisine, on les invite. Ils nous charment ou nous indiffèrent, car ils sont bien normaux, les monstres. Leur peau, leur voix, leurs gestes, tout en surface est identique à l’ordinaire. Mais quelque part, une ombre s’est posée.

Elle s’est nourrie silencieusement d’une blessure, d’une humiliation, d’une violence, d’une anomalie, d’une malfaçon. Elle s’est posée sur une fine craquelure qu’à coups de bec et de griffes elle a transformée en faille. Un gouffre, un piège pour la raison, et s’engendre la colère. La colère si jouissive à libérer, pour que sur d’autres se pose une partie de l’ombre. Pensant ainsi s’alléger, le monstre s’enferme et nourrit son serpent, toujours plus affamé. »

 

 

 

« L’amour n’a pas de forme, il s’adapte et se coule dans n’importe quel moule, même brisé, ébréché. »

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