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Blackwater, tome 3 : La maison de Michael McDowell

« Miriam et Frances Caskey étaient sœurs ; elles étaient nées avec à peine un an d’écart, et vivaient dans des maisons séparées d’à peine vingt mètres, pourtant, leurs deux foyers communiquaient si peu que lorsqu’elles se rencontraient sur la propriété – ce qui était rare –, elles se montraient timides et méfiantes l’une envers l’autre. »

Résumé éditeur :

1928 à Perdido. Alors que le clan Caskey se déchire dans la guerre intestine et sans merci que se livrent Mary-Love et sa belle-fille, et tandis que d’autres crises – conjugales, économiques, existentielles – aux répercussions défiant l’imagination se profilent, dans les recoins sombres de la maison d’Elinor, la plus grande de la ville, les mauvais souvenirs rôdent et tissent, implacables, leurs toiles mortelles.

Au-delà des manipulations et des rebondissements, de l’amour et de la haine, Michael McDowell (1950-1999), ­co-créateur des mythiques Beetlejuice et L’Étrange Noël de Monsieur Jack, et auteur d’une trentaine de livres, réussit avec Blackwater à bâtir une saga en six romans aussi ­addictive qu’une série Netflix, baignée d’une atmosphère unique et fascinante digne de Stephen King.

Découvrez le troisième épisode de Blackwater, une saga matriarcale teintée de surnaturel avec un soupçon d’horreur.

260 pages – 5/5/2022

« Après une arrivée tumultueuse six ans plus tôt, Queenie s’était durablement installée à Perdido. Ses enfants et elle n’étaient plus uniquement considérés comme les parents pauvres des Caskey. Personne n’ignorait que son troisième enfant, Daniel Joseph – surnommé Danjo depuis sa naissance – était le fruit d’un viol, celui qu’elle avait subi de son époux dont elle était séparée. On savait aussi que cet homme était un voyou, que Queenie ne voulait plus jamais en entendre parler, et qu’il était préférable pour Danjo de grandir sans avoir vu ne serait-ce qu’une photographie de lui. »

C’est avec un vrai réel plaisir que j’ai retrouvé tous les personnages de cette saga Blackwater de Michael McDowell dans ce troisième tome : La maison. Comme une impression qu’au fur et à mesure les épisodes sont encore meilleurs, si cela est possible. En tout cas, l’atmosphère est toujours aussi paisible en apparence à Perdido mais comme depuis le début les querelles sont constamment prêtes à éclater et le surnaturel omniprésent. Le temps a passé, Sister et son mari Early sont partis s’installer à Chattanooga. Queenie a trouvé sa place à Perdido et au sein de la famille Caskey mais elle est de nouveau persécutée par son mari. La famille va la protéger. Elinor et Mary-Love s’ignorent toujours autant mais le temps de la confrontation est proche. Quant aux deux sœurs, Frances et Miriam, elles grandissent quasiment sans aucun lien et deviennent très différentes l’une de l’autre. Frances de santé fragile est apeurée par une pièce de la Maison. Qu’est-ce qui se cache dans la penderie de la chambre d’amis ? Je ne vous en dirais pas plus car je vous souhaite le plaisir de la découverte et de lire cette saga délicieuse et prenante. J’ai déjà hâte de me plonger dans la suite. Très gros coup de cœur !

« Queenie enfouit la main dans la poche de sa robe et en sortit deux pièces.

« Tu vois ces quarters ?

– Je les vois.

– Ils sont pour toi.

– Alors donne-les moi, dit-il en essayant de les prendre, mais Queenie avait déjà retiré sa main.

– Non, ils sont spéciaux.

– Spéciaux comment ?

– Ivey Sapp me les a donnés quand j’étais chez Mary-Love hier.

– La grosse Noire ? Pourquoi elle t’a filé ça ?

– Elle m’a dit qu’elle se les était procurés spécialement pour moi, poursuivit Queenie avec un sourire qu’on ne lui avait plus vu depuis longtemps. Elle m’a dit de les garder pour le passeur.

– Le passeur ?

– Ivey m’a dit de garder ces deux pièces en argent toujours avec moi. Comme ça, quand tu seras raide mort, je te fermerai les yeux avec. C’est pour payer ton billet vers l’Enfer. »

Le sourire de Carl s’évanouit. »

Lien vers la fiche du livre sur Babélio

Note sur Babélio : 4,43/5 (126 notes) – Ma note : 5/5

« La petite fille la suivit dans le couloir, jusque dans la chambre d’ami. Sans une seconde d’hésitation, Elinor ouvrit la penderie.

« Alors, tu vois ? Il n’y a rien là-dedans. C’est tellement le bazar qu’il n’y a pas assez de place pour que quoi que ce soit puisse s’y cacher. »

Tête basse, l’enfant ne disait rien.

« Frances, est-ce que tu as parlé avec Ivey ? Est-ce qu’elle t’a raconté des histoires sur des bêtes qui mangent les petites filles ?

– Non !

– Tu es sûre ?

– Oui.

– Eh bien, si elle commence à te raconter des bêtises dans ce genre, surtout ne l’écoute pas. Ivey ne sait pas toujours de quoi elle parle. Ivey ne comprend rien.

– Alors ça veut dire qu’il y a vraiment des choses qui mangent les petites filles ?

– Pas dans cette penderie, répondit sa mère avec une inquiétante désinvolture.

– Où ça alors ?

 Ma chérie, rien ne va te manger, dit Elinor en refermant la porte et en s’asseyant sur le lit. Viens. » »

L’auteur : Michael McDowell

Michael McDowell (de son nom de naissance Michael McEachern McDowell) est un écrivain et scénariste américain, né le 1er juin 1950 et décédé le 27 décembre 1999 à Boston, Massachusetts.

Stephen King le décrit comme « le meilleur auteur de livres de poche aux États-Unis à ce jour ».

Il est notamment connu pour avoir écrit l’histoire et le scénario du film Beetlejuice de Tim Burton.

Michael McDowell a suivi des études à l’Université d’Harvard, et a poursuivi en doctorat en anglais à l’Université Brandeis en 1978. Sa thèse s’intitulait « Comportements américains envers la mort, 1825-1865 ». En même temps qu’il rédige sa thèse, il se rend compte qu’il ne veut pas enseigner, mais devenir écrivain. Son premier roman n’essuie que des refus, mais il se lance dans l’écriture d’un deuxième. Dans son entretien avec Douglas E. Winter, il raconte que la bande annonce de La Malédiction et L’Exorciste l’ont interrogé sur les enfants possédés, ce qui lui a donné de la matière pour l’écriture d’un autre livre.

Il soutient quand même sa thèse et obtient son doctorat, puis trouve un emploi de secrétaire et se consacre pleinement à l’écriture. Sa carrière littéraire sera réellement lancée avec « The Amulet », et il pourra vivre de son écriture à partir du début des années 1980.

McDowell était un grand collectionneur d’objets liés à la mort. Sa collection, vaste et variée, qui comprend plus de soixante-seize boîtes, incluait des objets tels que des broches mortuaires, des photographies et des plaques provenant de cercueils de nourrissons.

De janvier à juin 1983, Michael McDowell fait paraître chez Avon mois après mois une mini-série de romans autour d’une ville et d’une famille de l’Alabama : « Blackwater ». Le procédé inspirera Stephen King pour la publication de « La Ligne Verte ».

Les sources d’inspiration de Michael McDowell sont multiples. Comme Lovecraft, il imprègne son œuvre de ses racines, le lieu où il a grandi : l’Alabama.

Stephen King était un fan incontesté de Michael McDowell (qui a écrit le scénario de son film « La Peau sur les os »), tout comme Steven Spielberg, pour qui il a travaillé sur la série « Histoires fantastiques ».

McDowell a été diagnostiqué comme étant atteint du SIDA en 1994. Après son diagnostic, McDowell a enseigné l’écriture de scénarios à l’Université de Boston et à l’Université Tufts, tout en continuant à écrire des scénarios sur commande. L’un de ses derniers projets, sur lequel il travaillait au moment de sa mort, était une suite de « Beetlejuice ». Son dernier roman inachevé, « Candles Burning », a été complété par la romancière Tabitha King et publié en 2006.

McDowell est décédé le 27 décembre 1999 à Boston, Massachusetts, des suites d’une maladie liée au sida.

« À nouveau, elle se tourna pour regarder derrière elle. La porte de la chambre était à présent grande ouverte, le halo se déversait sur le couloir, délavant ses couleurs. Les vitraux du petit porche réfléchissaient la lumière en teintes maladives.

Frances ferma les yeux et s’agrippa à la rampe, momentanément paralysée sur place, quand dans un bruit d’énorme explosion, la grande fenêtre derrière elle vola en éclats. Un millier de bris de verre et d’échardes de bois plurent sur elle, alors Frances ne retint plus ses hurlements. »

« Carl pria pour que vienne la mort, mais il ne mourut pas ni ne perdit connaissance. Son corps en dessous du cou avait beau n’être qu’une continuelle explosion de douleur, son esprit demeurait impitoyablement clair.

« Il n’existe pas de pire souffrance », songea Carl. Pas même après mille morts. Pas même après mille ans en enfer.

Il se trompait : la douleur empira. »

« Oscar eut honte de la cruauté de sa mère.

« Très bien, maman, dit-il en se levant, la voix et le visage impassibles.

– Oublie cette histoire, tu n’y connais rien en propriété foncière.

– Comme tu veux, maman. »

Il se tenait debout, droit et immobile, et la dévisageait. Elle était assise sur un siège à bascule à côté de la fenêtre. Par-dessus son épaule, il voyait Elinor et Frances, baignées de la douce lumière de la lampe. Il entendait la voix de sa femme se mêler à celle de leur fille tandis que toutes les deux lisaient un poème à voix haute. L’air du soir était frais et humide. Loin au-dessus du sol, les branches des chênes d’eau craquaient. Sous le regard d’acier de son fils, Mary-Love s’agita avec nervosité. »

– Donc, la réponse est non ?

– Bien sûr que c’est non ! Tu croyais sincèrement que j’allais accepter ?

– Non, admit Elinor. Je voulais juste te donner une dernière chance.

– Une dernière chance de quoi ? »

Elinor ne répondit pas. Elle but la fin de son nectar et reposa le verre sur la table basse.

« Mary-Love, répondit-elle sans émotion, pense ce que tu veux de moi. Tout ce que je voulais dire, c’est que je sais ce que tu manigances. Je l’ai toujours su. Quand l’heure viendra pour toi de réfléchir aux conséquences de tes actes, rappelle-toi que je t’ai offert une dernière chance. »

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