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Blackwater, tome 4 : La guerre de Michael McDowell

« Une tête jaillit de la surface à une quinzaine de mètres de lui. Ce n’était pas Frances – ce n’était même pas humain. »

Résumé éditeur :

La guerre est finie, vive la guerre ! Une nouvelle ère s’ouvre pour le clan ­Caskey : les années d’acharnement d’Elinor vont enfin porter leurs fruits ; les ennemies d’hier sont sur le point de devenir les amies de demain ; et des changements surviennent là où personne ne les attendait.

Le conflit en Europe a fait affluer du sang neuf jusqu’à Perdido, et désormais les hommes vont et viennent comme des marionnettes sur la propriété des Caskey, sans se douter que, peut-être, leur vie ne tient qu’à un fil.

Au-delà des manipulations et des rebondissements, de l’amour et de la haine, Michael McDowell (1950-1999), ­co-créateur des mythiques Beetlejuice et L’Étrange Noël de Monsieur Jack, et auteur d’une trentaine de livres, réussit avec Blackwater à bâtir une saga en six romans aussi ­addictive qu’une série Netflix, baignée d’une atmosphère unique et fascinante digne de Stephen King.

Découvrez le quatrième épisode de Blackwater, une saga matriarcale teintée de surnaturel avec un soupçon d’horreur.

260 pages – 19/5/2022

« Sister et sa tête de mule de nièce formaient un ménage malheureux, sans cesse sur la défensive, épaules rentrées et mâchoire crispée sous le nuage bas de leurs secrets. Sister refusait d’admettre, y compris à sa Miriam, qu’elle n’aimait plus son mari, dont elle était même venue à redouter les rares et courtes visites. Miriam n’osait pas afficher ouvertement son hostilité envers sa mère, de peur de se faire écraser par l’habilité de celle-ci en matière de stratégie et son expérience poussée des conflits. »

Addictive ! Cette saga de la famille Caskey est vraiment addictive ! Et plus les tomes s’enchainent et plus ils se lisent vite car l’envie, l’impatience de savoir grandit. La famille évolue, les relations évoluent également et les enfants grandissent. Ils prennent une place de plus en plus prépondérante dans l’histoire. Ainsi Frances, la deuxième fille d’Elinor et Oscar se pose de plus en plus de question sur sa nature profonde. D’autant qu’elle est tombée amoureuse et se demande si sa nature différente peut provoquer des problèmes dans sa vie sentimentale à venir. Je trouve Frances très patiente avec sa mère, Elinor, à qui elle pose des questions. Elinor ne lui répond qu’à minima et ne donne que peu de réponse à sa fille, et donc à nous. A la place de Frances, je serais plus mordante et pugnace pour obtenir des réponses… Frances est bien trop gentille et respectueuse envers Elinor. J’espère qu’avant la fin de la saga on aura des réponses à nos questions. Miriam, Grace et Lucille changent et on suit avec plaisir les chemins qu’elles empruntent. Les garçons ne sont pas en reste. Je me rends compte que je ne peux absolument pas vous raconter dans le détail ce récit car cela vous en retirerait tout le plaisir de la lecture à venir. Sachez que la fin est absolument surprenante et nous laisse avec l’envie irrépressible de nous jeter sur le prochain tome ! Bravo monsieur McDowell ! Gros coup de cœur.

« Tous les Caskey assistèrent à la cérémonie de remise des diplômes de Miriam. Ils avaient découvert dans les pages du Perdido Standard qu’elle faisait partie des meilleurs élèves du lycée. Miriam n’en avait rien dit à personne, comme si elle avait voulu ôter à sa famille le plaisir de tirer la moindre fierté de sa brillante réussite. Lors de son discours, lui aussi brillant, elle compara la vie à une série de poupées russes, ce qui laissa tout le monde perplexe. Après avoir reçu son diplôme, elle permit à chacun de venir l’embrasser – y compris sa mère, son père et sa sœur. Miriam savait qu’en certaines occasions, il fallait savoir se soumettre aux conventions même les plus dégradantes. »

Lien vers la fiche du livre sur Babélio

https://www.babelio.com/livres/McDowell-Blackwater-tome-4–La-guerre/1413148

Note sur Babélio : 4,34/5 (114 notes) – Ma note : 5/5 (j’aurais aimé mettre encore plus… je ne sais pas : 10/5 ?)

« Jusque-là Frances ne s’était jamais baignée dans le golfe. Lorsqu’elle songeait à l’eau, il n’y avait que la boueuse Perdido qui lui venait à l’esprit. La voix de la rivière était basse, secrète, composée d’un millier de bruits ténus, ininterrompus, impossibles à identifier. Tandis que celle du golfe était unie, régulière, lourde et puissante. L’eau de la Perdido était noire et fangeuse, comme si elle dissimulait à dessein on ne sait quoi dans ses profondeurs ; l’eau du golfe était lumineuse, bleue et blanche, si transparente que Frances pouvait même voir ses pieds à travers. Le fond de la Perdido était une insondable nappe de boue sombre et étale où des choses mortes étaient emprisonnées ; sous le fracas des vagues, il y avait une étendue compacte de sable blanc et des millions de fragments de coquillages aux couleurs bigarrées. »

L’auteur : Michael McDowell

Michael McDowell (de son nom de naissance Michael McEachern McDowell) est un écrivain et scénariste américain, né le 1er juin 1950 et décédé le 27 décembre 1999 à Boston, Massachusetts.

Stephen King le décrit comme « le meilleur auteur de livres de poche aux États-Unis à ce jour ».

Il est notamment connu pour avoir écrit l’histoire et le scénario du film Beetlejuice de Tim Burton.

Michael McDowell a suivi des études à l’Université d’Harvard, et a poursuivi en doctorat en anglais à l’Université Brandeis en 1978. Sa thèse s’intitulait « Comportements américains envers la mort, 1825-1865 ». En même temps qu’il rédige sa thèse, il se rend compte qu’il ne veut pas enseigner, mais devenir écrivain. Son premier roman n’essuie que des refus, mais il se lance dans l’écriture d’un deuxième. Dans son entretien avec Douglas E. Winter, il raconte que la bande annonce de La Malédiction et L’Exorciste l’ont interrogé sur les enfants possédés, ce qui lui a donné de la matière pour l’écriture d’un autre livre.

Il soutient quand même sa thèse et obtient son doctorat, puis trouve un emploi de secrétaire et se consacre pleinement à l’écriture. Sa carrière littéraire sera réellement lancée avec « The Amulet », et il pourra vivre de son écriture à partir du début des années 1980.

McDowell était un grand collectionneur d’objets liés à la mort. Sa collection, vaste et variée, qui comprend plus de soixante-seize boîtes, incluait des objets tels que des broches mortuaires, des photographies et des plaques provenant de cercueils de nourrissons.

De janvier à juin 1983, Michael McDowell fait paraître chez Avon mois après mois une mini-série de romans autour d’une ville et d’une famille de l’Alabama : « Blackwater ». Le procédé inspirera Stephen King pour la publication de « La Ligne Verte ».

Les sources d’inspiration de Michael McDowell sont multiples. Comme Lovecraft, il imprègne son œuvre de ses racines, le lieu où il a grandi : l’Alabama.

Stephen King était un fan incontesté de Michael McDowell (qui a écrit le scénario de son film « La Peau sur les os »), tout comme Steven Spielberg, pour qui il a travaillé sur la série « Histoires fantastiques ».

McDowell a été diagnostiqué comme étant atteint du SIDA en 1994. Après son diagnostic, McDowell a enseigné l’écriture de scénarios à l’Université de Boston et à l’Université Tufts, tout en continuant à écrire des scénarios sur commande. L’un de ses derniers projets, sur lequel il travaillait au moment de sa mort, était une suite de « Beetlejuice ». Son dernier roman inachevé, « Candles Burning », a été complété par la romancière Tabitha King et publié en 2006.

McDowell est décédé le 27 décembre 1999 à Boston, Massachusetts, des suites d’une maladie liée au sida.

« – Calme-toi, Sister. Je ne voulais pas te fâcher. » Sister se rassit, les jambes croisées, les coudes sur les genoux, le visage appuyé dans une main. Elle était l’image même de la vieille fille du Sud, en version aristocrate : grande, mince, à la peau prématurément ridée et couverte de poudre au parfum de rose. Lorsqu’ils n’étaient pas froncés, les traits fins de son visage avaient tendance à s’affaisser. Son expression était dépourvue de fermeté et de vigueur, néanmoins, elle ressemblait de manière frappante à feu sa mère. Mary-Love aurait été fière. Le manque de détermination de sa fille était le résultat d’années de réprimandes, de domination et d’humiliations en tout genre. « Sister, dit doucement Oscar, j’ignorais que tu traversais une mauvaise passe avec Early… ». Elle soupira. « Ce n’est pas une mauvaise passe. Je n’ai pas particulièrement envie de le voir, c’est tout. » »

« Cet après-midi-là, écœuré de servir de l’essence et plus encore de sa pénitence forcée, Malcolm Strickland déroba l’auto de Queenie, se rendit à Mobile et s’enrôla dans l’armée. Il ne jugea pas nécessaire d’avertir sa mère des menaces à peine voilées de Travis Gann. S’évader d’Atmore ne pouvait pas être si facile que ça. »

« « Miriam ! », lança la voix de Sister au-dessus de sa tête. Elle leva les yeux. Sa tante se tenait dans la véranda d’Oscar et Elinor. « On est tous ici, ma chérie ! ». « Ils ont gagné, ils ont gagné », pensait en boucle Miriam alors qu’elle entrait chez ses parents. Ombre noire, Zaddie apparut dans le hall encore plus sombre. « Eh, mam’selle Miriam, comment ça va ? Ça va, Zaddie. Ça va très bien », répondit-elle en grimpant silencieusement l’escalier d’un pas lent. La famille au complet était rassemblée : ses parents, Sister, Frances, Danjo, James, Grace, Queenie et Lucille. « Bonsoir tout le monde, dit doucement Miriam. Je suis de retour. » Personne ne cria au triomphe. « Miriam, la salua sa mère d’une voix tranquille, Grace nous a dit qu’une de tes amies t’avait invitée à passer les fêtes avec elle, et nous sommes sincèrement ravis que tu aies changé tes projets pour venir nous voir.  Nous allons tous dîner ensemble… en ton honneur, ajouta timidement Oscar. Parce qu’on est tellement heureux de te revoir, mon cœur. » Rien de plus ne fut ajouté à propos de son retour. »

« Frances ne répondit pas. « Ma chérie, poursuivit sa mère, est-ce que tu crois vraiment que je suis sortie de cette rivière en rampant ? Non, non, répondit-elle précipitamment. Bien sûr que non. C’est juste que parfois… Parfois quoi ? Parfois, j’ai l’impression que toi et moi, on est différentes… Différentes des autres. Différentes comment ? Je ne sais pas, maman. Parfois j’ai juste l’impression que je ne suis pas complètement là. Pas de la manière dont Miriam est là. Pas comme papa, Sister, Queenie, comme tout le monde est là. J’ai l’impression qu’une partie de moi est ailleurs.Où ça, ma chérie ? Je ne sais pas. Je n’en suis pas certaine, dit-elle avant de marquer une pause. Si, je sais où. La rivière. La Perdido. Juste comme Monsieur Crawford l’a dit, l’eau noire qui s’écoule derrière la digue. Et, maman, ajouta-t-elle d’une voix très douce, quand je suis là-bas… tu y es, toi aussi. » »

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Cette entrée a été publiée le 4 juin 2022 par dans Livre, mes coups de coeur, Mes lectures, saga, surnaturel, et est taguée , , , , , , , , .
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