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Summit de Mo Malo

« Il n’y a plus ni nord ni sud ni est ni ouest. Pas plus qu’il n’y a de soleil, de lune ou d’étoiles dans le ciel éteint. Où que l’homme ne pose son regard, ne subsiste qu’un aplat uniforme et sans cap, d’un blanc bleuté dans la nuit polaire. C’est tout juste s’il distingue les quelques accidents d’un vague relief, séracs, failles ou pics rocheux qui hérissent l’horizon lointain. L’inlandsis. »

Résumé éditeur :

Après « Qaanaaq », « Diskø » et « Nuuk », le quatrième volet de la série aux 300 000 lecteurs, « Summit », allie le talent descriptif des grands polars scandinaves aux qualités d’un thriller haletant et redoutable.
Splendeurs et misères dans les contrées sublimes du Groenland.
Quand la magie du polar scandinave coule dans les veines du plus redoutable des thrillers.

Au cœur des profondeurs glacées du continent blanc, les plus grands flics scandinaves se sont réunis pour résoudre ensemble une affaire qui menace l’intégrité de leurs pays respectifs. L’inspecteur Qaanaaq Adriensen, chef de la police locale, prend la tête de l’expédition qui les emmène sur le territoire hostile de l’inlandsis – un désert glacé de plusieurs centaines de kilomètres carrés. Mais des événements troublants surviennent. Et Qaanaaq doit affronter une blessure ancienne qui le met en péril – au pire moment.
Quand un membre du groupe disparaît, tout bascule définitivement. Et si quelqu’un cherchait à provoquer leur perte et celle de la police groenlandaise tout entière ?
Au milieu du blizzard, ils sont désormais coupés du monde. Si la faim et le froid n’ont pas raison d’eux, ce pourrait bien être la folie polaire…

400 pages – 3/6/2022

« Choisir entre les siens et sa passion pour son métier. Entre son foyer et les folles équipées. Entre Nuuk et Copenhague. Entre un présent qui désormais s’inscrivait pleinement dans ce territoire, et un passé lointain. Choisir entre l’Inuk et le Danois qui s’affrontaient en lui. »

Lire Mo Malo en temps de canicule est une excellente idée ! Sa lecture vous rafraichit les idées immédiatement. C’est la quatrième fois qu’il nous emmène au Groenland à la suite de l’inspecteur Qaanaaq Adriensen. Qaanaaq est de nationalité danoise mais d’origine Inuit. En effet, il a été adopté par un couple de Danois quand il avait 3 ans et depuis il est tiraillé entre ses deux cultures. Ecartèlement d’autant plus grand encore depuis qu’il a quitté le Danemark pour devenir le chef de la police locale à Nuuk la capitale groenlandaise. Entre temps il a épousé sa cousine Massaq avec qui il a eu un petit garçon, Bodil, s’éloignant ainsi encore un peu plus du Danemark pour retrouver ses racines. Et ce n’est pas cette enquête pleine de péripéties qui va se dérouler dans des conditions dantesques sur l’Inlandsis (calotte glaciaire recouvrant 80 % du territoire du Groenland. C’est la deuxième plus grande masse de glace sur Terre après l’inlandsis de l’Antarctique), qui va calmer son conflit intérieur. Qaanaaq et quelques éléments du Politigarden sont en réunion d’échange et de cohésion avec des représentants des différentes polices scandinaves dans le grand nord groenlandais. Ce séminaire doit les aider à travailler tous ensembles contre la criminalité de deux groupes très dangereux de bikers qui sévissent dans leurs pays respectifs. Contraint par son supérieur surnommé la Fourmi avec qui il a de graves passifs, Qaanaak a dû renoncer à son voyage de noces à Paris pour organiser ce séminaire et y assister. L’avenir du Politigarden est en jeu. Son épouse Massaq l’accompagne car elle a toujours rêvé d’aller sur l’inlandsis, la nature profonde de son peuple. Ce sera leur « voyage de noces ». Pourtant, ce simple séminaire va s’avérer beaucoup plus compliqué et risqué qu’il ne pouvait le laisser présager au départ. Les disparitions, tentatives de meurtres et perte de repère dans l’Inlandsis vont s’enchaîner et mettre en péril toutes les personnes sous la responsabilité de Qaanaaq. Le début de ce roman est un peu confus et lent mais je vous garantis que très vite vous êtes pris par l’intrigue et l’aventure incroyable que vont vivre tous les protagonistes perdus sur cette glace inhospitalière dans la nuit du Grand Nord. Dans ce tome, on en apprend encore un peu plus sur Qaanaaq, son passé, sa famille danoise. C’est passionnant. J’ai énormément aimé ces aventures de Qaanaaq et j’espère que Mo Malo projette de continuer cette série. Gros coup de cœur !

« – Il a disparu ? – Ben, ça ressemble pas mal à ça, oui. Les dernières personnes qui l’ont aperçu disent qu’il est parti seul sur le sentier menant au point 660. Au bord de l’inlandsis. Qaanaaq accueillit la nouvelle sans broncher. Au vu de la situation, son subordonné et ami ne pouvait être mis en cause. Si quelqu’un avait quelque chose à se reprocher, c’était plutôt cet Islandais de malheur qui avait pris des risques inconsidérés. Mais Arne Jacobsen que tous surnommaient la Fourmi, grand patron de la police judiciaire danoise, maître de Niels Brocks Gade, le siège copenhaguois des forces de l’ordre, et supérieur d’Adriensen, ne l’entendrait pas de cette oreille. »

Lien vers la fiche du livre sur Babélio

https://www.babelio.com/livres/Mal-Summit/1409100

Note sur Babélio : 3,96/5 (42 notes) – Ma note : 5/5

« Massaq n’était pas que sa cousine, sa femme, son amie, sa maîtresse, ou la mère de ses trois enfants. Elle était la plus extraordinaire créature qu’il eût jamais croisée sur cette planète. Pourquoi ? Parce que comme le vent et les éléments, comme Nuna, cette nature si belle et parfois si exigeante, elle demeurait imprévisible. »

L’auteur : Mo Malo

Sous le pseudonyme de Mo Malø, se cache Frédéric Mars, écrivain né en 1968 à Paris. Après avoir été journaliste et photographe, il s’est lancé dans une carrière d’écrivain. Outre ses romans, il a publié plus d’une quarantaine d’essais, documents et livres illustrés, sous diverses identités. Il vit en France. Sa série des enquêtes de Qaanaaq Adriensen a été traduite dans de nombreux pays et repérée par plusieurs prix littéraires : finaliste des Prix du meilleur polar des lecteurs de Points et du prestigieux Prix Michel Lebrun, lauréat du Prix Découverte des Mines Noires.

« Si les romanciers devaient s’entraîner à tuer dans la vraie vie pour pouvoir raconter leurs histoires, les morgues ne désempliraient pas. Les prisons non plus, et les éditeurs manqueraient de plumes pour alimenter les librairies. »

« – Vous pouvez m’expliquer ce bordel, Adriensen ?! Depuis toujours, le poids d’une faute originelle semblait écraser Qaanaaq dans ses rapports avec Arne Jacobsen. Un tort qui lui incomberait éternellement et dont il ne connaissait ni la nature ni le remède. Du temps où Flora Adriensen officiait encore à Niels Brocks Gade, elle jouissait d’un prestige sans égal auprès du patron de la police judiciaire. Mais pour une raison qui échappait à Qaanaaq, l’aura de sa mère adoptive pesait désormais sur lui comme un handicap qu’aucun de ses mérites propres ne paraissait pouvoir alléger. Pas même ses exploits groenlandais des quatre années passées. – Oh, je vous parle : qu’est-ce que vous avez fichu d’Horason ? »

« La station Summit ! Le fin fond du trou du cul de l’inlandsis. Le sommet du Groenland. Et l’un des spots les plus inhospitaliers de la planète. Pour ainsi dire inaccessible sans ailes ou sans rotor. »

« Tous ceux qui s’aventurent un jour sur l’inlandsis connaissent cette leçon. L’ennemi n’est pas tant le froid ; l’ennemi, le seul qu’il faut craindre, c’est l’immobilité. Celle qui tétanise et vous renvoie à cette vérité élémentaire : vous n’êtes rien d’autre qu’un morceau de chair voué tôt ou tard à la congélation, puis à la consommation par un prédateur plus résistant que vous. »

« Mais les membres de la Sirius se laissaient moins porter qu’ils ne trottaient derrière chaque véhicule. Fouet en main, courant à perdre haleine, ils aboyaient des ordres que Qaanaaq ne reconnaissait pas, malgré la familiarité de la langue. Exprimés en danois – frem pour partir, venstre pour aller à gauche, højre pour virer à droite –, ceux-ci différaient des commandes qu’il avait eu l’occasion d’entendre dans la bouche des chasseurs inuits. Kaa kaa, illi illi, youk youk… Leur écho charriait de nombreux souvenirs, qui se dissipèrent peu à peu dans le sillage poudreux du présent. »

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