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Ils sont venus du froid de Caryl Ferey

« On n’avait pas vu ça depuis la Catastrophe. Les épines de glace s’enfonçaient dans les visages transis, poussées par un blizzard qui, fouettant leurs manteaux de peaux, les obligeait parfois à progresser à reculons. Avancer en reculant, ou comment la détresse les réduisait à l’absurde… Mais les survivants n’avaient d’autre choix que de continuer vers le Nord. Tom menait la bande de miséreux, emmitouflé comme les autres dans sa peau de renne. Il n’y avait pas que le froid, la faim surtout les dévorait. Un démon au pouvoir absolu. »

Résumé éditeur :

Après la Catastrophe, les humains ont formé des clans pour tenter de survivre dans une nature hostile et glaciale. Malgré les difficultés de leur existence, Ilia, Neige et Aurore se lient d’amitié et se prennent à rêver d’un avenir meilleur.

Mais lorsqu’ils sont capturés et réduits en esclavage, leur quotidien devient terrifiant : ils s’épuisent au fond d’une mine de charbon pour alimenter les rêves fous d’un dictateur…

Alors que la nourriture vient à manquer et que les mauvais traitements les affaiblissent, les trois amis se demandent s’ils pourront échapper à leur inéluctable destin et sauver ceux qu’ils aiment…

Un roman initiatique dans une nature hostile, où seuls l’art, l’amitié et l’amour peuvent empêcher l’humanité de sombrer…

264 pages – 5/5/2022

« Des flocons comme des lames de rasoir, des tourbillons toujours plus violents, un flou interrompu dans le blanc poisseux du ciel mêlé à la terre, mais toujours aucune trace de sa mère. Le temps passa encore, incertain. Ilia désespérait, les poumons au supplice, quand il trébucha contre une silhouette recroquevillée sous une mince couche de neige. »

J’aime beaucoup Caryl Ferey… non en fait je l’adore ! C’est vraiment un de mes auteurs préférés, si ce n’est mon préféré ! En plus, il est sympa, ce qui ne gâte rien. En règle général, Caryl écrit plutôt pour les adultes des romans noirs, des thrillers, toujours excellents. Ici, Caryl écrit pour la jeunesse, adolescents, jeunes adultes. Vous me direz que j’ai passé l’âge. OK, mais lire un Caryl Ferey ne se refuse jamais. Et puis certaines sagas écrites pour la jeunesse plaisent beaucoup aux adultes comme par exemple celle de Maxime Chattam « Autre-Monde » que j’ai dévorée. Donc, je me suis lancée dans l’aventure de « Ils sont venus du froid ». On se retrouve plongés direct dans une tempête de neige violente et glaciale aux côtés des rescapés du Clan du Sud, qui faute de gibier montent vers le Nord sous la direction de leur chef, Tom. Sa femme, Jade, qui fermait la marche a disparu. Tom envoie donc leur fils, Ilia, un jeune adolescent de 17 ans, rechercher sa mère. Quand il la retrouve finalement, c’est trop tard. Séparé de son clan, le jeune homme tente de les rejoindre quand il tombe sur deux adolescentes, Neige et Aurore, qui se sont fait piéger par des rôdeurs. Il réussit à sauver l’une des deux, Neige. Les deux adolescents se réfugient alors dans une grotte. Ce n’est là que le début des aventures des jeunes rescapés du Clan du Sud et du Clan de la rivière. Chacun va devoir faire preuve d’adaptation et de courage pour survivre dans un monde hostile et violent. Chacun fera face à son destin avec ses propres armes : la beauté pour Aurore, l’art pariétal pour Ilia et Neige. L’histoire semble se dérouler pendant la préhistoire. Mais certains éléments font douter car le Clan du Sud parle de la grande catastrophe qui a fait perdre aux hommes leurs connaissances. Serait-ce un monde post-apocalyptique, après la crise climatique par exemple ? Rien n’est sûr… A vous de le découvrir en lisant cette aventure romanesque pleine de rebondissements. C’est un texte relativement court (264 pages) donc cela ne laisse pas beaucoup de temps pour développer les personnages. Dommage. J’aurais aimé personnellement que leurs caractères soient un peu plus fouillés et vivre un peu plus longtemps auprès d’eux. Mais ce n’est qu’un petit bémol. La lecture de « Ils sont venus du froid » est agréable avec un joli suspense. Je recommande même pour les adultes.

Lien vers la fiche du livre sur Babélio

https://www.babelio.com/livres/Ferey-Ils-sont-venus-du-froid/1403980

Note sur Babélio : 3,06/5 (31 notes) – Ma note : 4/5

« Neige ôta son manteau fatigué, ses bottes et, sans plus réfléchir, se jeta à son tour dans la rivière. L’eau était gelée à fendre les os : Neige hurla pour conjurer le choc thermique. Le cœur à cent à l’heure, elle nagea vers Aurore, que les tourbillons attiraient vers le milieu de la rivière. Là où le courant était le plus violent, bouillonnant de vaguelettes qui charriaient les rebuts végétaux. Neige la rejoignit dans les remous et saisit la main qu’elle lui tendait, mais l’orpheline sentit vite qu’une puissance supérieure les dominait. À peine eut-elle le temps de prendre le torse d’Aurore sous son bras qu’elles dérivèrent dans les tourbillons. »

L’auteur : Caryl Ferey

Caryl Férey, né le 1er juin 1967 à Caen (Calvados), est un écrivain français, spécialisé dans le roman noir.

Caryl Férey grandit en Bretagne après l’installation de sa famille à Montfort-sur-Meu, près de Rennes, en 1974. Sa mère tenait une petite parfumerie, son père était VRP pour une multinationale fabriquant des emballages. Sa grand-mère institutrice lui a transmis le goût de la lecture. Son prénom lui a été donné en référence au condamné à mort américain Caryl Chessman, exécuté en 1960.

Fan des Clash, auteur d’une quinzaine de romans et figure de la Série Noire, Caryl Ferey affirme avoir trouvé sa famille politico-artistique dans le joyeux milieu du polar français, où il s’est imposé magistralement avec ses deux livres “neo-zélandais” « Haka » et « Utu », Prix SNCF du polar français 2005. Puis vient « Zulu » qui a reçu le Grand Prix de Littérature Policière en 2008 et le Grand Prix des lectrices de ELLE 2009 et a été adapté au cinéma avec une présentation au festival de Cannes. Après son très beau roman argentin « Mapuche » qui a reçu le prix Landerneau et le Prix des lecteurs du festival de Brive, une enquête chilienne au rythme effréné dans « Condor », il s’accorde une petite pause dans une ville minière… En Sibérie ! Un voyage détonnant qu’il raconte avec passion dans « Norilsk » puis dans « Lëd ». Caryl Ferey revient ensuite chez Série Noire avec un polar engagé, « Plus jamais seul », une nouvelle aventure du truculent McCash dans un roman noir à l’humour grinçant. Toujours dans la collection Série Noire paraît « Paz » qui raconte l’histoire d’un père et de ses deux fils pris dans l’histoire sanglante de la Colombie au XXe siècle.

Les principaux romans de Caryl Férey se situent dans des pays marqués par un passé récent douloureux – colonisation, apartheid, dictature – qui sert de toile de fond à ses histoires. Ses livres sont des radiographies d’un monde violent, noir, complexe, où le suspense est mêlé de sociologie, de politique ou d’économie.

Caryl Férey travaille près de quatre ans sur chaque roman. Il procède par étapes : un premier voyage pour découvrir le pays, prendre des repères ; ensuite commence un long travail de documentation, d’études, avant de passer à l’écriture de l’histoire ; un nouveau voyage sur place privilégiera les rencontres et permettra d’affiner, d’ancrer dans le réel ; et au retour c’est l’écriture elle-même qui est travaillée encore un an. Lorsqu’il écrit, c’est environ 7 ou 8 heures par jour.

Il est le père d’une fille prénommée Emma, en référence à Emma Peel.

« Ilia fouilla en aveugle dans sa besace, sortit les morceaux de bois adéquats et l’herbe sèche. Les rôdeurs l’inquiétaient : s’ils tombaient sur le clan de son père ? Il actionna le petit arc qui accentuait la vitesse de frottement du bois sur son socle, lequel commença à fumer, enflammant bientôt les herbes sèches prévues à cet effet. – Tu es un rapide, toi, nota Neige. La torche de résine de pin prit feu à son tour, illuminant leur refuge. Ils se trouvaient dans un boyau étroit qui semblait mener à une grotte. – Les rôdeurs peuvent traîner dans les environs, dit-elle, on ferait mieux de se réfugier dans cette caverne en attendant la nuit. »

« Le camp des rôdeurs se situait à une heure de marche. Ils arrivèrent à la nuit tombée. Neige retint son souffle en découvrant le site niché au fond de la vallée. On ne pouvait y descendre qu’en longeant les roches grises et blanches des moraines, surplombées par une falaise abrupte où des guetteurs pouvaient surveiller l’horizon. La rivière bouillonnait en bas, pressée par d’autres rapides dont on devinait l’écho en aval, mais c’est surtout le trou béant et les cages qui firent se dresser les poils de ses bras : des dizaines de prisonniers s’entassaient derrière des barreaux de bois, grelottant de froid sous leurs loques à demi déchirées. Leurs visages étaient noirs de crasse, leurs doigts et leurs mains écorchés, et un sentiment de détresse se lisait dans leurs yeux hagards. »

« Bonaventure était le chaman de la communauté, le maître-graveur qui racontait l’origine du monde, quand les animaux régnaient sur la nature, et les rôdeurs lui faisaient une confiance aveugle. Le gibier n’apparaissait-il pas après chacune de ses transes ? Le chemin avait été long avant de constituer une communauté digne de ce nom, sa rencontre avec Estelan déterminante pour asseoir leurs croyances. Estelan était le fils qu’il n’avait pas eu, le cerveau brillant et visionnaire que leur peuple attendait pour sortir de l’ornière où les dieux l’avait jeté. Le jeune chef avait l’intelligence et la force, Bonaventure l’art et le savoir pour amadouer les esprits insatiables et pactiser avec eux. Ensemble, ils unissaient les corps et les âmes autour d’une histoire commune, source de tous les projets humains. »

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Cette entrée a été publiée le 27 juillet 2022 par dans aventure, Littérature jeunesse, mes auteurs préférés, Mes lectures, et est taguée , , , , , , , , , .
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