Ma passion les livres

Partage de mes lectures

Le roman oublié de Jean-Michel Lecocq

« Aix-en-Provence. La convalescence de Théo Payardelle arrive à son terme. Sa clavicule s’est ressoudée et la balle qu’il a reçue dans l’épaule ne sera bientôt plus qu’un mauvais souvenir. Cette mésaventure aura eu au moins un avantage : lui permettre de passer une villégiature des plus agréables dans un appartement spacieux et confortable, niché au cœur de la vieille ville d’Aix, entouré par les soins jaloux de sa compagne. Libéré de son attelle et de la douleur, Théo s’est senti redevenir un autre homme. Les deux tourtereaux s’en sont donné à cœur joie. Il en est à regretter que ces vacances forcées soient sur le point de s’achever. »

Résumé éditeur :

Un fameux antiquaire aixois, féru de littérature, met Théo Payardelle au défi de retrouver un roman écrit en 1866, par Émile Gaboriau, le père du roman policier. Le commissaire, bien qu’enquêtant sur deux assassinats survenus dans le Var et dans les Bouches-du-Rhône, relève ce défi. Ses recherches sur ce roman oublié vont troubler ses investigations du moment. Du passé, personne ne peut faire table rase…

184 pages – 28/10/2022

« Quand Éliane Marchand débarque dans les locaux du Mistral, flanquée de deux adjoints, sa mine et son allure donnent à penser aux employés qu’elle croise sur son chemin qu’il va y avoir du grabuge dans le bureau du rédacteur en chef. Ils connaissent tous Couturier, son mauvais caractère et son antipathie pour les autorités avec lesquelles il a déjà mené des joutes épiques. C’est presque devenu une tradition dans la presse et tout particulièrement au Mistral qui a fait de sa liberté éditoriale sa marque de fabrique. »

Cela fait un bon moment déjà que je suis fan du commissaire Théo Payardelle, mais là avec « Le roman oublié » Jean-Michel Lecocq s’est surpassé ! J’ai adoré ! Gros coup de cœur… Je remercie donc très chaleureusement Babélio et les éditions Jouanie pour cet envoi dans le cadre des masses critiques Babélio. Avec ce roman, non seulement nous suivons Théo Payardelle dans une double enquête qui se déroule en partie à Aix-en-Provence, ville de son amoureuse Diane, mais aussi une enquête qui se déroule en 1866 en Provence au château de Valbourgès, avec un écrivain, Emile Gaboriau, père du roman policier. Emile Gaboriau est peu connu et reconnu de nos jours. Grâce à Jean-Michel Lecocq, on fait sa connaissance et cela donne très envie de le lire. On le sent bien, l’auteur se fait plaisir en nous transportant dans ce magnifique château provençal, domaine viticole, en plein 19e siècle. On s’y croirait ! Bien sûr, cette incursion dans le passé n’est pas le fait du hasard. Les évènements dramatiques qui se sont déroulés en 1866 vont avoir des répercussions de nos jours et plus particulièrement dans les crimes que notre commissaire préféré doit résoudre. Théo Payardelle va devoir faire preuve d’astuce et de réflexion pour démêler les nœuds de son enquête et ce, dans une certaine urgence car l’Elysée est concernée. J’ai beaucoup aimé ce roman oublié car bien écrit comme toujours avec Jean-Michel Lecocq et avec des intrigues passionnantes et rythmées. Bref, un excellent moment de lecture à découvrir et déguster sans modération !

« Aix-en-Provence. Théo découvre en Champfleury un hôte des plus charmants. Il paraît ravi de les recevoir et se montre expansif. Diane n’a pas exagéré. L’antiquaire est volubile et ses deux invités n’ont pas à consentir beaucoup d’efforts pour meubler la conversation si tant est que ce terme soit approprié. Il s’agit davantage d’un monologue, entrecoupé de loin en loin par l’acquiescement de l’un ou de l’autre de ses invités, au mieux par une courte réplique sur laquelle enchaîne immédiatement le maître de maison. De toute évidence, l’homme s’ennuie seul dans ce grand appartement et il assouvit un impérieux besoin de se raconter, mais aussi de conter sur la bonne société d’Aix toutes sortes d’anecdotes que Diane doit l’avoir entendu ressasser mille fois et sans véritable intérêt pour Payardelle qui, sa flûte de champagne à la main, tue le temps en dégustant à petites gorgées le Ruinart dont le jeune serveur a déjà rempli son verre à trois reprises. Il a le loisir d’observer le décor raffiné du lieu. Les tapisseries et les meubles encombrés d’objets de collection donnent à la pièce des airs de cabinet d’amateur. »

Lien vers la fiche du livre sur Babélio

https://www.babelio.com/livres/Lecocq-Les-enquetes-du-commissaire-Payardelle-tome-5–Le/1456684

Note sur Babélio : 4,5/5 (1 note) – Ma note : 5/5

« Ces étapes avaient été les bienvenues pour atténuer la fatigue d’un voyage en train de près de vingt heures. Ils dormaient dans des hôtels où Amélie avait pris le soin, assez longtemps à l’avance, d’envoyer des télégrammes pour réserver une chambre. Des établissements de grand confort que l’aisance toute récente du couple lui permettait de s’offrir. Le succès inattendu de L’affaire Lerouge, parue sous forme de feuilleton quotidien depuis le 18 avril dans Le Soleil, avait généré de belles rentrées financières. Les ventes s’étaient très vite envolées. On avait cru un temps que cela était à mettre au compte du grand Victor Hugo dont le roman Les travailleurs de la mer avait commencé à paraître dans le même journal le même jour. Moïse Millaud, le directeur, avait dû très vite se rendre à l’évidence : l’intérêt des lecteurs avait été happé par le mystère qui entourait le meurtre de la veuve Lerouge. Il était à présent définitivement convaincu du talent de Gaboriau et, sans barguigner, il avait acheté pour une jolie somme les droits du roman suivant, celui que l’écrivain souhaitait situer en Provence. »

L’auteur : Jean-Michel Lecocq

Jean-Michel Lecocq est un auteur français né à Bogny-sur-Meuse, dans les Ardennes, le 19 avril 1950. De formation littéraire, il complète son parcours universitaire par une formation en droit à La Sorbonne. A sa sortie de l’Ecole normale, il embrasse la carrière d’enseignant. Après un séjour professionnel au Canada, il enseignera quelques années dans les Ardennes avant d’exercer les fonctions d’inspecteur de l’Education nationale. Retiré dans le Var où il a terminé sa carrière en qualité d’Inspecteur d’académie, il publie, en 2009, son premier roman, « Le secret des Toscans », un polar historique dans lequel il dévoile sa passion pour l’Histoire. Avec « Le Christ jaune », paru en 2010, il change totalement de registre et entraîne le lecteur dans le milieu de la peinture et des musées, pour un second polar tout aussi palpitant que le précédent. Suivent, en 2012, « 24 », un nouveau thriller historique dont l’action se déroule dans le Paris de 1572, en 2013, « Portrait-robot », un polar entre Var et Ardennes. En 2014, il publie « Rejoins la meute ! », un polar au cœur des Cévennes. Puis vient « Dans la mémoire de l’autre », en 2015, un polar azuréen. Enfin, en octobre 2016, il publie « Les bavardes », une enquête au cœur de la petite station balnéaire de Sainte-Maxime. Suivent ensuite « Un charmant petit village » en 2017, puis « Le squelette de Rimbaud » et « La caresse des orties » en 2019, « Disparitions » en 2020, « Trier les morts » en 2021 et « Le roman oublié » en 2022.

« Au fur et à mesure qu’il s’enfonce dans l’histoire, il trouve une ressemblance avec le style de Balzac. Mieux, cette parenté balzacienne se retrouve aussi dans l’analyse sociale que mène Gaboriau. Théo commence à comprendre Champfleury quand il lui présentait Émile Gaboriau comme un écrivain majeur du XIXe siècle et comme le digne héritier de l’auteur des Illusions perdues. Il se rend compte également à quel point ce romancier a su inventer un genre qui a influencé l’œuvre de ses successeurs : de Conan Doyle à Simenon, en passant par Agatha Christie. »

« Cette absence d’éclairage est de nature à plonger à nouveau Diane dans l’inquiétude. La porte principale qui donne dans la rue est fermée à clé, mais Diane en connaît une autre à laquelle on accède par une ruelle à l’arrière du magasin. C’est par là que Charles entre le matin dans sa boutique et la quitte à l’heure de la fermeture. Elle est ouverte et Théo n’a qu’à la pousser pour pénétrer dans une vaste pièce qui doit être la réserve. Elle aussi est encombrée et il faut zigzaguer entre les meubles pour atteindre la boutique. Théo retient Diane de la main pour l’empêcher d’avancer quand il aperçoit, dépassant d’un bureau, deux jambes qu’il suppose être celles de l’antiquaire. »

Maisonneuve reçut avec un plaisir non dissimulé les compliments de Gaboriau. – Ce vin est une merveille, lança Émile en quémandant du regard l’assentiment de sa compagne. Mais Amélie semblait perdue dans ses pensées. Elle suivait des yeux la servante, cherchant dans cette observation une explication au teint cireux de la jeune femme, à son manque d’assurance et à son air craintif. Cette fille est souffrante et semble apeurée, se dit-elle, en sentant naître en elle, en même temps qu’une vague inquiétude, une sorte de compassion attendrie. – Amélie ? insista Émile. – Oui, répondit-elle, tirée de ses pensées. Votre vin est excellent… »

Publicité

Un commentaire sur “Le roman oublié de Jean-Michel Lecocq

  1. Pingback: Bilan de mes lectures en 2022 | Ma passion les livres

Votre commentaire

Choisissez une méthode de connexion pour poster votre commentaire:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.

%d blogueurs aiment cette page :