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Le chant mortel du soleil de Franck Ferric

 

« Ce qui vient d’hier est mort, je n’ai que le moment qui passe pour goûter cette vie. Alors si ma chance n’est pas ici, je la trouverai ailleurs ».

 

 

Résumé éditeur :

Il s’appelle Araatan, il est le Grand Qsar. On le surnomme la Montagne car il est haut comme deux hommes, large comme un auroch. Le destin de ce géant est de mener son peuple de cavaliers sur la route de la Toute Fin : achever l’extermination totale des dieux. Une seule divinité a survécu à leur déicide : celle de la cité d’Ishroun. Pour abattre les murailles d’Ishroun et éteindre le culte de la Première Flamme, Araatan se donne un an.

Elle s’appelle Kosum. Née esclave, elle était la meilleure dresseuse de chevaux des plaines. Pour avoir tenté de castrer le fils de son maître, elle a été enchaînée nue à une tour pleine de morts. Alors qu’elle attend résignée le baiser mortel du gel, quatre cavaliers la délivrent. Ces hommes durs retournent auprès du Grand Qsar. Kosum, qui croyait mettre un pied dans la guerre, va entamer un tout autre voyage.

 

Avec le chant mortel du soleil, Franck Ferric (finaliste du Grand Prix de l’Imaginaire pour Trois oboles pour Charon) signe une fantasy de sueur, de fer et de sang – une épopée barbare et magique, à l’écriture flamboyante et dont l’ironique cruauté évoque les meilleurs westerns spaghettis.

 

 

 

« Le vieux guerrier raviva le feu et y jeta une brassée de bois. Une bouffée d’escarbilles monta rouge dans l’air. Tout autour, le campement s’accommodait pour la nuit. Un millier de montagnards libres rejoignaient les tentes et gagnaient leurs paillasses. Vers les enclos aux chevaux geignaient deux violes, accompagnées de chants graves et nostalgiques qui parlaient des exploits antiques de quelque ancêtre ayant tué un dieu, et de ses descendants impatients d’avoir un jour pour l’occasion de se montrer aussi grands que lui ».

 

 

J’ai découvert Franck Ferric, déjà grâce à Babélio et ses masses critiques, il y a quelques années avec « Trois oboles pour Charon » que j’avais adoré ! J’ai lu depuis un autre roman de cet auteur que je surveille un peu car il me plait bien. Alors quand Babélio a reproposé dernièrement dans une masse critiques un de ses romans, « Le chant mortel du soleil », je n’ai pas hésité une seconde et j’ai tenté ma chance. Et voilà, je l’ai reçu et lu. Merci à Babélio et aux éditions Albin Michel pour cet envoi.

Pour être honnête cela n’a pas été le même coup de foudre que « Trois oboles pour Charon » mais j’ai néanmoins bien aimé cette histoire à la fois violente, déroutante et attachante. Les débuts ont été un peu rudes car les termes utilisés ne sont pas courants, les noms des lieux et des personnages sont un peu compliqués et pas simples à retenir… puis au fur et à mesure, tout cela se fluidifie par la connaissance que l’on fait de chacun. Les temps, les paysages et les hommes sont durs et cruels. D’un côté les montagnards, des guerriers assez rustres, sous les ordres d’Araatan, le tyran. Chaque année, ils mènent dans la plaine, une vendetta, la grande « avalanche », pour contraindre les Drujes, ceux des plaines, à payer leur tribut pour leur subsistance sinon c’est guerre et pillage au programme. Ceux du Qsar, les montagnards, ont tué leurs anciens dieux, et le tyran a comme projet d’éliminer le dernier dieu, la Première Flamme, dieu des Drujes. Son destin, pense-t-il, est d’accomplir la Toute Fin.

On suit également Kosum, une esclave, sukaj, une mal-croyante, qui pour s’être révoltée et avoir blessé le fils de son maître, le Qasal, est condamnée à mourir de froid et de faim, nue enchaînée à une cangue. Quatre cavaliers la délivrent. Commence alors pour elle une sacrée course folle, synonyme de liberté, mais également de dureté, de souffrance, de combats et de découvertes.

Les hommes et les femmes sont rudes, violents, parfois fourbes et cruels, mais dans ce récit, il y a aussi beaucoup d’humanité, de réflexion sur la vie, sur la mort, sur les dieux… C’est une grande aventure, une chevauchée dans des contrées étranges et inconnues, dans des temps anciens. Si on aime le genre, la fantasy, la lecture de « Le chant mortel du soleil » est un bon moment.  

 

 

 

« Prostrée au pied du rudabad, poings fermés et mâchoires serrées, Kosum resta longtemps à maudire son sort. Quel crédit pouvait-elle accorder à un cavalier inconnu qui, c’était l’hypothèse la plus plausible, avait sans doute joué cette comédie pour s’amuser de son malheur ? Pour raconter à ses compagnons de route combien cette tête dure de sukaj tentait de se faire passer pour brave alors que de loin, on voyait bien qu’elle se vidait d’angoisse.

L’ombre n’avait pas avancé de plus de trois foulées, que depuis les Gués, Kosum entendit les sabots d’une équipée remonter vers elle. Quatre cavaliers qui allaient grand train, bannière en berne. Celui qui lui avait promis secours allait côte à côte avec le capitaine sukaj, et tous avaient rivés sur leur tête leur casque de bataille. Ils firent halte à sa hauteur. Le moustachu mit pied à terre et, à l’aide du pommeau de son sabre, fit sauter la cheville qui maintenait la cangue autour du cou et des poignets de l’esclave. Au moment où celle-ci chutait dans la boue, le capitaine dit d’une voix nerveuse : « Mon nom est Dulkem. Je ramène ces hommes vers notre seigneur. Si tu veux vivre au moins aussi longtemps que nous, saute derrière moi. Sinon, reste là et adieu ».

Kosum ne se le fit pas dire deux fois ».

 

 

Lien vers la fiche du livre sur Babélio

https://www.babelio.com/livres/Ferric-Le-Chant-mortel-du-soleil/1121649

 

 

 

« « Si tu vas au bout de cette seconde route, tu n’auras pas uniquement tué un dieu, mais tu en auras fini avec tous. Alors, il n’y aura plus aucun de vivant parmi les mortels. N’en subsistera rien d’autre que leur souvenir, voué à refroidir comme des braises sous le gel. Tu le sais comme moi : que ce soit pour la Première Flamme, le dieu nuage des anciens drujes ou les mille démons en sommeil sous le reg : prier signifie toujours de se mettre à genoux. Ce jour, toi et ton peuple pouvez atteindre une gloire qu’aucun de vos ancêtres n’a jamais osé concevoir : engendrer un monde débarrassé des dieux. Tyran : de ta guerre peut naître la Toute Fin ».

Kar Koshig conclut sa tirade dans un chuchotement qui fit frissonner l’assemblée. Tasral vit quelque chose s’allumer dans le regard d’Araatan. Il en était à se demander s’il devait s’en alarmer ou bien s’en réjouir, lorsque le tyran coupa court :

« Tu ne m’apprends rien. C’est déjà mon destin ». »

 

 

 

« Peu de temps après, les cavaliers fendaient la steppe à contrevent, glissant sous un souffle de nord qui forçait toutes choses, hommes, bêtes et buissons, à courber ou bien choir.

Trop faible pour diriger lui-même sa monture, Dulkem avait laissé sa place à Kosum. Laquelle faisait son possible pour ne pas se laisser distancer par Burgen, résolu à profiter de l’occasion pour la mettre à l’épreuve. En vain, car l’esclave fila le train de l’émouchet jusqu’à ce que le cheval de Dulkem, fatigué de porter son double fardeau, finisse par ne plus pouvoir suivre le rythme sans s’épuiser tout à fait.

L’équipée cala alors sa cadence sur Kosum, au travers d’une succession de basses collines hérissées d’armoises. Etrillées par un vent perpétuel, elles annonçaient les premières élévations du Qsar ».

 

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