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L’heure du diable de Patrick Bauwen

 

 

« C’est la dernière fois que j’ai parlé à mon père. Il est mort le lendemain dans un accident de la route. Je n’ai pas été capable de me rendre à ses funérailles.

Quelques jours après, alors que j’étais ivre, j’ai accepté une consultation en ligne au beau milieu de la nuit. La demande consistait en un simple message. La phrase disait ceci :

PREMIÈRE ÉPREUVE

Ensuite, tout a commencé ».

 

 

Résumé éditeur :

Chris Kovak est médecin, agoraphobe, incapable de sortir de chez lui. Quand un mystérieux patient le contacte, un compte à rebours meurtrier commence.

Audrey Valenti est lieutenant de la brigade Évangile, spécialiste des crimes du métro. Lorsque le corps d’une inconnue habillée en sorcière est retrouvé sur les voies ferrées, débute la plus incroyable des enquêtes.

Tous deux traquent le diable, un psychopathe monstrueux et insoupçonnable.

Mais c’est le diable qui va les trouver.

 

Après Le jour du Chien et La Nuit de l’ogre, Patrick Bauwen achève sa trilogie et révèle l’identité de son tueur hors normes.

 

480 pages – 26/8/2020

 

 

 

« – Je ne fais qu’énoncer la vérité, dit Wang. Il est toxicomane. Alcoolique. Il vit enfermé chez lui. Et il est en train de devenir paranoïaque. Il croit qu’on l’espionne. C’est pour ça qu’il m’a demandé de venir. J’ai examiné son ordinateur de fond en comble, il n’y a rien, bien sûr.

– Il a besoin d’aide.

– Il n’en veut pas. Et il a encore maigri.

– Pourquoi tu me racontes tout ça, Charlie Wang ?

– Parce que je te connais, Audrey. Tu étais juge, tu as tout plaqué pour reprendre ta carrière de flic. Tu veux sauver les gens. Mais lui, tu ne le sauveras pas ».

 

 

Wahou, j’ai dévoré « L’heure du diable » de Patrick Bauwen qui est le troisième volet de sa super trilogie avec le Docteur Christian Kovak et le mystérieux tueur en série, le Chien. Ouf, on sait enfin dans les toutes dernières pages qui est véritablement le Chien. Suspens terrible qui nous tient depuis trois livres : « Le jour du Chien », « La Nuit de l’ogre » et donc « L’heure du diable ». On sait depuis quelque temps que le Chien est un flic qui travaille à l’Evangile, la police des transports. Mais impossible de deviner qui il est !! C’est diablement bien écrit et fait pour nous mystifier, si j’ose dire… et « L’heure du diable » se termine en apothéose. Le rythme comme toujours avec Patrick Bauwen est soutenu. On retrouve Chris Kovak complètement dévasté, transformé, agoraphobe…. Il lui est impossible de sortir de chez lui et ce n’est que la dernière de ses névroses qu’il tente de « gérer » avec toutes sortes de substances plus ou moins légales. Il est médecin, il a donc accès à tout ce qu’il souhaite comme médicament et il ne s’en prive pas. Sa personnalité a changé depuis le début de la trilogie. Il est moins joyeux, moins léger et il n’est plus avec la lieutenant Audrey Valenti qui est retournée vers son ex-mari (un drôle de gugus celui-là !). Audrey reste néanmoins la seule femme qu’il a aimé en dehors de son épouse décédée. Le groupe Evangile de Valenti est sur le fil du rasoir, sa survie est en jeu. Et les voilà propulsés dans une enquête bizarre, mais c’est souvent le cas, avec un tueur en série particulièrement cruel et qui met en scène ses crimes avec minutie. Kovak est lui aux prises avec un interlocuteur mystérieux qui lui lance des défis qu’il doit absolument réussir sous peine de laisser mourir une nouvelle victime. Sa famille semble mêler à tout ça, son enfance remonte à la surface. L’enquête de l’Evangile et celle de Kovak sont finalement la même qui les emmène également dans des communautés obscures comme les Memento Mori ou le monde des combats médiévaux. Vraiment un thriller haut en couleurs et très bien écrit. J’ai adoré ! Et je vous avoue que je suis un peu triste de ne plus retrouver Chris Novak et Audrey Valenti à l’avenir. Peut-être d’autres aventures, même sans le Chien ? Je croise les doigts.

 

 

 

« Mon rendez-vous est à 3 h 30 du matin. Si je me drogue maintenant, je serai incapable de répondre à ce Yesfir Fammous. Alors je me contente d’une triple dose d’anxiolytique et d’un verre de whisky. Il y a de quoi assommer un cheval, mais dans mon cas il ne se produira rien. C’est juste assez pour diminuer mes tremblements. Sevrage, angoisse, montée, redescente : une simple question d’équilibre. Docteur Kovak, roi des funambules ».

 

 

Lien vers la fiche du livre sur Babélio

https://www.babelio.com/livres/Bauwen-Lheure-du-diable/1215843

 

 

 

« Des tentes de migrants sont plantées rue de la Chapelle. Plus loin, des poubelles brûlent sur le trottoir. À l’angle de la rue Boucry, un clochard édenté tient une pancarte « La fin du monde est proche ».

Audrey monte le son.

Elle ne sait pas si la fin est proche, mais la sienne oui, c’est sûr, si elle ne décélère pas. Elle a l’impression d’être ivre. Est-ce le chaos dehors, la musique qu’elle écoute ou le manque de sommeil ? Un peu des trois sans doute.

Elle donne un coup de frein place Hébert, crissement des pneus, quatrième sortie, et se retrouve rue de l’Évangile. Le surnom de l’endroit où elle travaille vient de là : Évangile, la Sûreté des Transports parisiens ».

 

 

 

 

« La puissance d’une rumeur est multipliée par les millions de cerveaux qui croient en elle ».

 

 

 

« Pourtant, ce n’est pas ce que je pense au fond de moi. En vérité, je crois profondément que chacun doit porter sa propre croix tout seul. Chacun est responsable de ses actes. Il serait trop facile de renvoyer la faute sur les autres. Ce que nous sommes, il faut l’assumer. Et plus encore, il faut savoir le reconnaître ».

 

 

 

« – Regarde sur le bureau, dis-je. Il doit y avoir un ordinateur.

Il est bien là. Un PC standard. Je reconnais le clavier de gamer à touches lumineuses. Djay l’effleure et l’écran s’allume.

Il y a un fichier vidéo, au centre, bien visible.

Il porte le nom : « REGARDE-MOI ».

Si j’étais raisonnable, je prendrais le temps de réfléchir à toutes les bonnes et les mauvaises raisons qui m’ont conduit jusqu’ici. À l’enchaînement des événements. À la présence de ce fichier, « Regarde-moi », qui me fait penser à la potion et au gâteau « bois-moi », « mange-moi », d’Alice au pays des merveilles. À ce stade, il est encore temps de m’arrêter, avant de commettre un acte qui va me transformer définitivement, et transformer l’univers qui m’entoure.

– Vas-y, dis-je à Djay. Ouvre le fichier ».

 

 

 

« Le sourire du Chien retombe, et il entre chez lui. Dans son couloir : des portraits de famille, des vêtements suspendus, des lettres sur un guéridon. Le Chien accroche son coupe-vent. Il n’y a aucune famille ici. Les portraits ont été découpés dans des pages de magazine. Les vêtements portent encore des étiquettes neuves. Les lettres sont des prospectus. Parfois, le Chien diffuse des bruitages via des haut-parleurs à l’intention des voisins, rires, disputes, ébats sexuels.

Tout n’est qu’apparence. L’appartement est vide. Un espace mort. Une coquille creuse. Comme lui.

Il s’installe sur l’unique chaise en bois qui trône dans un angle, pose ses bras sur les accoudoirs et laisse aller sa tête en arrière. Le chant liturgique est toujours là, dans son esprit. Il est fatigué. Ce n’est pas facile d’avoir une double vie, de mener ses plans à bien et de surveiller tout le monde. Mais ce n’est pas lui qui décide. Il n’est qu’un instrument au service de Dieu. Un modeste inquisiteur. Il est seulement le Chien ».

 

 

 

« – Est-ce que je suis dingue ? demande le Chien.

– Je ne sais pas, répond le psychiatre. Vous en pensez quoi ?

Le Chien regarde autour de lui en se grattant la tête. Il n’aime pas ce genre de lieu. La salle de consultation d’un service d’urgences psychiatriques. Un dimanche matin. Un bureau, deux chaises, rien d’autre, et surtout aucun objet dangereux que l’on puisse projeter, ni qui pourrait servir d’arme blanche. Il n’a pas envie d’être là, mais il est obligé de venir. C’est le seul moyen d’obtenir ce qu’il veut.

Il se tourne vers le médecin.

– Sur mon lieu de travail, des gens me soupçonnent.

– Ont-ils des raisons de le faire ?

– Oui. J’ai pas mal de secrets.

– En souffrez-vous ?

– J’en ai rien à cirer.

– Donc ce n’est pas de la paranoïa ».

 

 

 

« – D’accord, dit Audrey en lui rendant les feuilles. Mais ça n’a rien de nouveau. Les fake news existaient déjà sous la Révolution française, il y avait des campagnes de propagande contre Marie-Antoinette.

– Exact, admet Le Guirec. Mais la puissance d’Internet fait toute la différence. Quand on est capable de déchaîner la haine contre un tout petit groupe, voire une seule personne, avec la précision chirurgicale d’une bombe, c’est là que ça devient du terrorisme. Vous êtes bien placée pour le savoir, Lieutenant Valenti ».

Un commentaire sur “L’heure du diable de Patrick Bauwen

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