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Apocryphe de René Manzor

 

« Les gens qu’on aime ne nous appartiennent pas, David. Aimer, c’est laisser choisir ».

 

 

Résumé éditeur :

Jérusalem. An 30.

Un petit garçon regarde avec rage son père agoniser sur une croix.

Son nom est David de Nazareth, et ceci est son histoire.

Un adolescent en quête de justice et de vérité.

Une fresque épique, violente et émouvante, un thriller biblique à couper le souffle

Relecture stupéfiante de l’histoire officielle.

 

 

« Le Messie !

Ce seul mot suffisait à donner la nausée à Ponce Pilate. Combien de messies Rome avait-elle éliminés depuis que la Judée était une province romaine ? La plupart venaient de Galilée au nord de la Palestine, à tel point que le mot « Galiléen » était devenu synonyme de frondeur. Dans leur sillage, ils ne semaient que désordre et insurrection. Après Athrongès le berger, Menahem l’Essénien et Yohanan le Baptiste, c’était au tour de Yeshua de Nazareth d’endosser le costume du Sauveur. Et il l’avait fait d’étrange manière. Il ne s’en était pas pris à l’occupant romain, mais aux instances juives ».

 

 

 

Ce n’est que le deuxième livre que je lis de René Manzor, mais je sens, je sais déjà qu’il va faire partie de mes auteurs préférés. Deux livres,deux univers complètement différents, mais une même écriture ciselée, excellente, agréable et instructive. Bref vous l’aurez compris… Gros coup de cœur pour cette histoire fascinante et passionnante qui réécrit les premiers temps de la Palestine après la mort de Yeshua de Nazareth, qui se disait le Messie du peuple juif. On découvre qu’il était marié avec Mariamne de Magdala, et qu’il avait un fils : David. Ce fils était au Golgotha et il a vu mourir son père dans des conditions épouvantables que l’on connait. On le retrouve 7 ans après, dans le désert de Qumram, caché par sa mère et son oncle, Shimon le Zélote, pour sa protection. Les apôtres ont fondé une secte, les Nazôréens : « Ce groupe a la particularité de reconnaître en Jésus le Messie tout en continuant à pratiquer les préceptes de la loi juive. (…) les Nazôréens reconnaissent la messianité de Jésus, qu’ils qualifient de « serviteur de Dieu », mais pas sa divinité ». Wikipédia.

David a 14 ans quand on fait sa connaissance et il vient de faire sa Bar Mitzvah. Il devient un homme et ne veut plus rester reclus dans le désert. Il est habité par la colère, la rage de ce qui est arrivé à son père, et aussi que ce dernier se soit laissé tuer par les Romains… il ne comprend pas. Il hait les Romains et n’a qu’une envie c’est d’aller se battre pour délivrer son pays envahi par ces mêmes Romains. Son oncle qui est zélote a veillé sur lui avec de sa belle-sœur et lui a enseigné l’art du combat. Zélote : « mouvement politico-religieux au Ier siècle, dans le judaïsme du Second Temple, qui incitait le peuple de la province de Judée à se rebeller contre l’Empire romain et l’expulser par la force des armes ». Wikipédia.

Tout au long de cette histoire pleine de rebondissements, d’amitié, d’amour aussi, d’actions, de guerre, de religion, on croise des personnages fictifs mais aussi des personnages historiques comme Pilate, Caligula, Judas, Pierre, Barabbas, Saül de Tarse, dit Saint Paul etc. J’ai été happée par cette histoire, par les mots de René Manzor, par la puissance des personnages, par leur humanité…Certains sont particulièrement attachants, d’autres complexes et vivant des transformations complètes dans leurs vies comme Barabbas, Longinus et Saül de Tarse. J’ai vraiment beaucoup aimé. Il m’a rappelé un livre qui se déroule à la même époque et qui donne aussi un autre angle aux évangiles : « Le baiser de Judas » d’Hubert Prolongeau. mapassionleslivres.wordpress.com/2015/04/18/le-baiser-de-judas-dhubert-prolongeau/

Je ne peux que vous conseiller plus que vivement de découvrir « Apocryphe » de René Manzor. C’est écrit avec beaucoup de respect pour les différentes religions, et bien écrit.

J’aime toujours lire avec attention les mots des écrivains à la fin de leurs romans, leurs remerciements. Je trouve cela toujours très instructif et souvent cela nous livre un petit bout de leur personnalité. Et bien lisez jusqu’au bout René Manzor. J’ai aimé ses mots de fin…

« Ce roman ne prétend donc pas être une exégèse ou un travail d’historien. C’est l’enquête apocryphe d’un croyant de naissance qui fait appel au petit-fils du charpentier pour retrouver la foi ; et ce, dans ce qu’il a de plus humain, de plus organique. C’est la perquisition littéraire d’un baptisé qui cherche désespérément à retrouver l’odeur du Jourdain.

Ce sont les aveux d’un homme qui doute.

Mais… le doute n’est-il pas le principe même de la foi ? Quand on dit « je crois », c’est bien qu’on n’est pas sûr ».

Vraiment à découvrir !

 

 

« David était plutôt petit pour un garçon de son âge. Des cheveux hirsutes, noirs comme l’ébène, des pommettes saillantes sous une peau hâlée, il avait l’allure d’un enfant sauvage qui avait poussé comme une plante du désert, en puisant la vie là où elle pouvait la trouver. Son nez pelé évoquait l’enfance, mais son regard sombre et pénétrant en rappelait le manque.

Mariamne, sa mère, lui avait fait troquer la douceur du Nazareth de sa naissance pour la réclusion d’une adolescence aride qui lui pesait chaque jour davantage. L’isolement de la ferme familiale était censé le protéger des ennemis de sa lignée mais, tôt ou tard, ses quatorze ans devraient s’en affranchir. Et David aurait préféré tôt. Car, loin de vouloir poursuivre une vie de reclus, il nourrissait le désir de ramasser le flambeau de la révolte là où son père l’avait laissé choir ».

 

 

Lien vers la fiche du livre

https://www.babelio.com/livres/Manzor-Apocryphe/1059606/citations

 

 

« Ce ne sont pas nos défunts qui nous quittent, c’est nous qui les quittons en cessant de croire à leur existence. Pourtant, il suffit de fermer les yeux pour les voir ».

 

 

« — Je te donne deux heures pour reposer ta monture. Tu auras de l’eau et de la nourriture. Mais si je te revois rôder dans le coin au point du jour, je ne serai plus aussi charitable.

Longinus accepta le verdict d’un hochement de tête. Il regarda son hôte s’éloigner et lui lança :

— Sur le Golgotha.

En entendant ces paroles, Shimon se retourna.

— Pardon ?

— C’est sur le Golgotha que j’ai connu Mariamne de Magdala. Et ce que je veux lui demander, elle seule peut me l’accorder ».

 

 

 

« Alors Jean prit la parole :

— Je comprends ta réaction, David. Thomas aussi a commencé par ne pas croire. S’il n’avait pas vu de ses propres yeux la cicatrice des clous dans ses poignets, si…

— J’étais sur le Golgotha, ce jour-là ! explosa David. Je l’ai vu mourir sur la croix ! Aucun de vous n’était là ! Pas même toi, Jean, contrairement à ce que la rumeur prétend ! Que ma mère et ma grand-mère refusent sa mort, je peux le comprendre. Mais que vous, ses apôtres, vous l’utilisiez pour abuser de pauvres gens déboussolés, c’est révoltant ! »

 

 

 

« – On dit qu’il était le fils du vrai Dieu, insista Farah en embrochant la viande.

– Tu as déjà vu un fils de Dieu se laisser crucifier, toi ?

La jeune Égyptienne perçut une sorte de violence contenue dans cette réplique, comme si le fils en voulait au père de s’être laissé mourir sans rien faire ».

 

 

 

« Personne n’était censé survivre aux galères. Enchaînés à un aviron pour la vie, les esclaves ne partageaient rien d’autre que leurs fers. Communiquer entre eux leur était interdit. Ils connaissaient à peine le visage de leurs voisins de banc. Quant à leurs heures de repos, elles étaient consacrées à engloutir une maigre pitance afin de se réfugier au plus vite dans le sommeil, unique espace de liberté.

Celui de Barabbas était toujours troublé par le même cauchemar. Un crucifié que l’on décroche de sa potence et que l’on enveloppe dans un linceul ».

 

 

 

« Le Souffle de Dieu t’a permis de me voir. Tu dois t’ouvrir à lui avant que le Mal ne prenne la place du doute dans ton cœur. C’est toujours dans le vide que le Mal s’introduit ».

 

 

 

« — Tu n’es pas croyante, Farah ? poursuivit le vétéran.

— Croyante, oui. Dupe, non.

— Tu veux dire quoi ?

— À qui profitent nos croyances et leurs interdits, d’après toi, si ce n’est au pouvoir en place ? Tu crois vraiment que la religion a été inventée pour notre bien ? Ce ne serait pas plutôt pour nous culpabiliser afin de pouvoir nous contrôler ? Il ne faut pas avoir peur de la vérité, Romain. Seule la vérité peut nous libérer ».

 

 

 

« L’honneur et la politique ne sont pas compatibles, mon garçon. C’est la première chose que tu dois apprendre si tu veux régner ».

 

 

 

« – Tu ne vas pas me dire que tu crois à ces fadaises ! ricana le vieillard. Les Écritures ne sont pas faites pour nous, hommes érudits. Elles sont faites pour les gens qui ont besoin d’une ligne de conduite. De règles d’hygiène et de morale. Quand l’intelligence manque cruellement, la peur est le seul rempart et l’amour l’unique récompense. Moïse le savait, comme Abraham. Leurs dix commandements en sont l’illustration ».

Un commentaire sur “Apocryphe de René Manzor

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