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Les dernières heures de Minette Walters

 

« Une Mort Noire s’est abattue sur notre pays. Peu seront épargnés. Repentez-vous de vos péchés et priez que Dieu vous pardonne lorsque vous vous présenterez devant Lui pour être jugés. Puisse-t-Il avoir pitié de vous et vous éviter la damnation éternelle de l’Enfer. Il n’est de salut qu’en Notre-Seigneur Jésus-Christ ».

 

 

Résumé éditeur :

Mois de juin de l’an 1348 : une épidémie monstrueuse s’abat sur le Dorset et décime peu à peu les habitants. Nobles et serfs meurent par milliers dans d’atroces souffrances.

Quand la pestilence frappe Develish, Lady Anne a l’audace de nommer un esclave comme régisseur. Ensemble, ils décident de mettre le domaine en quarantaine pour le protéger.

Bientôt, les stocks de vivres s’amenuisent et des tensions montent car l’isolement s’éternise. Les villageois craignent pour leur sécurité lorsqu’un événement terrible menace le fragile équilibre. Les gens de Develish sont en vie, mais pour combien de temps encore ? Et que découvriront-ils quand le temps sera venu pour eux de passer les douves ?

 

Quand la grande dame du roman noir anglo-saxon s’attaque à la saga historique, elle nous offre le plus captivant et haletant des page-turners.

 

524 p.

 

 

 

« Observant du coin de l’œil les adieux de la fille à son père, Thaddeus Thurkell veilla soigneusement à dissimuler son mépris. Rien chez elle n’était sincère. Sir Richard et Lady Eleanor étaient trop semblables – imbus d’eux-mêmes et réclamant l’attention d’autrui, parés l’un et l’autre d’atours richement brodés – et le seul objectif de leur grandiloquente séparation était d’attirer les regards de tous. Comme toujours, leur comportement et leur tenue reléguaient dans l’ombre leur entourage plus discret et, comme toujours, Lady Anne se tenait à l’écart, inaperçue et délaissée. Elle n’avait rien de l’extravagance ostentatoire de son mari et de sa fille, et Thaddeus ne l’en estimait que davantage. Il savait qu’elle avait passé plusieurs années de son enfance dans un couvent où elle avait été élevée par des religieuse et attribuait à leur enseignement sa sagesse modeste et sa connaissance des remèdes ».

 

 

J’avais déjà lu un livre de Minette Walters il y a quelques temps déjà, et j’avais bien aimé. C’était un thriller. Là, quand Babélio m’a proposé lors d’une opération masse critique privilégiée de lire celui-ci, j’ai tout de suite été séduite par l’accroche de l’histoire. J’ai donc accepté et j’en suis ravie car ça a été un vrai coup de cœur ! Je remercie donc vivement Babélio et les éditions Robert Laffont pour cet envoi.

Le hasard veut qu’après avoir lu dernièrement « Le Roi Fol » qui se déroulait déjà dans les années 1300, je me retrouve de nouveau dans cette période du Moyen-Age (ici l’année 1348) mais cette fois en Angleterre et plus précisément dans le Dorset. Le récit se déroule à Develish, domaine de Sir Richard, homme cruel et dévoyé qui fait peu de cas de « ses » gens, tout le contraire de son épouse Lady Anne. En effet, cette dernière éprouve de l’empathie et du respect pour les serfs du domaine, et leur a apporté l’hygiène et l’éducation depuis son arrivée au domaine pour que leur vie soit meilleure et tente de les soustraire aux mauvais traitements de son époux et de sa fille, Eleanor, le portrait craché de son père. Alors que Sir Richard et sa fille ne savent ni lire ni écrire, Lady Anne a enseigné l’écriture et la lecture aux gens du domaine, un bon moyen pour eux de réfléchir par eux-mêmes et de pouvoir penser à leur avenir. Sir Richard et sa fille se pensant si supérieurs aux autres, estiment quant à eux qu’ils n’ont pas besoin de ces savoirs. Etonnant cette bêtise, et tant pis pour eux. Cela a permis à Lady Anne de discrètement « diriger » le domaine pour le bien de tous. Tous les serfs lui vouent un grand respect contrairement à sa fille qui ne supporte pas du tout sa mère et lui voue une haine tenace. Sans doute est-elle jalouse de l’attention que Lady Anne porte aux gens du village et n’est-elle pas assez intelligente pour faire la part des choses. Elle hait tout autant tous les serfs du village et en particulier Thaddeus Thurkell, un serf instruit et intelligent, un bâtard si différent du reste de sa famille et des gens du village aussi d’ailleurs. Alors que Sir Richard est parti du domaine pour arranger le futur mariage de sa fille, un terrible fléau s’abat dans la région : une pestilence inconnue fait mourir les gens en quelques jours dans de terribles souffrances. Apprenant la nouvelle, Lady Anne a l’intelligence de rassembler tous les gens du domaine à l’intérieur des douves et de fermer les portes du domaine à toutes personnes venant de l’extérieur pour se prémunir du mal. Le village et les champs restent donc hors de portée. Quand son époux revient avec quelques soldats survivants, tous porteurs du mal, elle ne les laissent pas rentrer pour protéger le domaine de la pestilence. Ils meurent tous, sauf Gyles qui miraculeusement s’en sort indemne. Suite au décès de Sir Richard, Lady Anne nomme pour l’épauler Thaddeus Thurkell régisseur du domaine. Nommer un serf régisseur ne s’est jamais vu. Eléanor explose alors de colère et sa haine envers sa mère et Thaddeus n’en est que plus exacerbée. Survivre à la pestilence et à la famine qui se profile est l’objectif numéro un des gens de Develish. Mais vivre en communauté coupée du monde, et sur un territoire si restreint n’est pas chose aisée. Je ne vous en dirai pas plus. On suit avec beaucoup d’intérêt la vie de ce domaine, l’évolution des caractères des différents personnages…. C’est passionnant… et le pitch de l’éditeur est tout à fait vrai, c’est un véritable page-turners que nous offre Minette Walters. Emouvant, haletant et captivant jusqu’au bout. On en apprend beaucoup sur les conditions de vie des serfs et des femmes au Moyen-Age, considérés comme les biens du maître des lieux, à l’instar d’un meuble. Effarant !

Juste un petit bémol si l’on peut dire… Je lisais, lisais, espérant enfin avoir le fin mot de toute cette histoire quand je suis arrivée à la fin des 524 pages et découvrir…. A suivre ! Je ne savais absolument pas que « Les dernières heures » faisait partie d’une saga. Il me faudra donc attendre pour connaître ce qui va arriver aux gens du domaine de Deverlish. J’ai hâte !!

Un vrai coup de cœur que je vous conseille vivement !

 

 

 

« La rapidité et l’ampleur des évènements le laissaient perplexe. Il ne connaissait aucun fléau qui pût faire autant de victimes en un seul jour – hormis la guerre.

Néanmoins, il s’inquiétait plus pour Develish et pour sa famille que pour Bradmayne. Dans l’ignorance de ce qui se passait ici, Lady Anne et ses gens seraient sans défense si leur seigneur leur rapportait le mal à son retour au domaine. Gyles savait que Sir Richard n’aurait aucun scrupule à le faire pourvu qu’il puisse aller voir le prêtre corrompu qui, tous les matins, purifiait sa conscience noircie en lui administrant le corps et le sang du Christ. Un homme sincèrement repentant de ses péchés lui-même répugnerait à quitter ce monde sans les secours et la bénédiction de l’Eglise, or Sir Richard n’était pas un tel homme ».

 

 

Lien vers la fiche du livre sur Babélio

https://www.babelio.com/livres/Walters-Les-dernieres-heures/1157725

 

 

 

« Il trouva son calme surprenant. N’avait-elle donc pas vu l’effroi qu’exprimait le visage du messager ni entendu le tremblement de sa voix ? « Pourquoi ne redoutez-vous pas ce fléau, Milady ? Si Dieu décide de nous châtier, nous n’y échapperons pas.

– Je serais plus encline à croire qu’Il nous aime, maître de Courtesmain, et qu’Il nous a accordé raison et sagesse pour nous aider à vivre.

– Ce que vous avez écrit à propos d’herbes et d’onguents est-il exact ?

– Vous devriez espérer que oui. Si vous en doutez, accordez au moins à autrui la pensée réconfortante qu’une boisson narcotique atténuera ses souffrances. Le meilleur remède, je vous le répète, est de fermer notre porte au mal.

– Pensez-vous que telles seraient les instructions de Sir Richard ?

– Vous savez bien que non, répliqua-t-elle. Sir Richard ne se soucie pas de ses gens. Il vous donnerait l’ordre de faire venir son chariot et ses chevaux afin qu’il puisse s’éloigner au plus vite de ce fléau. Le sort de Develish serait alors entre nos mains, à vous et à moi. Comme c’est le cas présent ». »

 

 

 

« Il ne la considérait pas pour autant comme une femme intelligente. Bien qu’elle sût lire et écrire, il voyait en elle, comme dans toutes les représentantes de son sexe, une créature inférieure aux hommes et pleine de la duplicité avec laquelle Ève s’était jouée d’Adam ».

 

 

 

« (Extrait d’un grand livre tenu par Lady Anne pour servir d’histoire de ses gens, si nul ne réchappait de la pestilence)

Le treizième jour du mois d’août 1348

Le domaine paraît moins agité depuis la visite du seigneur de Bourne. Peut-être nos gens avaient-ils besoin d’une preuve des dangers qui rôdent hors de nos murailles pour comprendre que j’aie préféré les confiner. Entendre Milord dire que la Mort consume le pays du sud au nord du Dorseteshire nous a tous effrayés, tout comme l’incendie de notre village qu’il a ordonné. Agissait-il sur le commandement du high sheriff ? Ou pire, du roi ? Les hommes du pouvoir ont-ils pour dessein de détruire la totalité des communautés touchées par la maladie ?

Le retour de Gyles nous a tous réjouis, car il semble que l’on puisse échapper à cette affreuse pestilence ».

 

 

 

« Ces hommes ne vous auraient pas sauvée, vous savez. Ce n’est pas parce que vous portez des bijoux en or que vous valez mieux que les autres. Votre mère n’en porte pas et pourtant, si le seigneur de Bourne avait emmené une dame, il n’en aurait pas choisi d’autre qu’elle. Elle est aussi intelligente que belle et n’importe qui n’a besoin que d’une seconde pour comprendre qu’elle est de haute naissance. Alors que quand vous ouvrez la bouche, vous, vous montrez à tous qui vous êtes : une drôlesse sans cervelle et qui a fort mauvais caractère ».

 

 

 

« Lady Anne se tourna à nouveau vers la fenêtre. « Ni vous ni moi ne pouvons revendiquer Develish, Eleanor, répondit-elle calmement. Vous le savez. Je vous ai expliqué maintes fois qu’à la mort de Sir Richard, vous dépendriez de la charité d’un nouveau seigneur. Si le cousin de Sir Richard est encore en vie quand la pestilence sera passée, c’est à lui que reviendra le domaine. S’il n’est plus, le seigneur de Blandeforde imposera un étranger ici, à la tête de Develish.

– Je ne l’accepterai pas.

– Alors il ne vous reste qu’à espérer que Blandeforde vous trouve suffisamment aimable pour trouver quelque riche veuf disposé à vous épouser et à payer les frais et taxes de succession. Si vous avez de la chance, l’homme qu’il choisira n’aura pas plus de quarante ans.

– Vous ne le permettrez pas. Vous le prendrez pour vous, afin de rester maîtresse ici ». »

 

 

 

« Elle s’approcha de l’autel et posa sa lanterne à côté de la croix, repoussant le capuchon de sa houppelande pour révéler son visage. « Nous ne nous sommes jamais fait confiance, vous et moi, lui dit-elle. On vous a appris à croire en la religion de l’Eglise, alors que l’on m’a appris que la parole de Dieu est écrite dans la Bible. Ce n’est pas la même chose. Jésus prêchait l’amour alors que l’Eglise ne prêche que la cruauté et la peur. » »

 

 

 

« Plus une femme était intelligente, plus elle devait feindre de ne point l’être en présence d’un homme à l’esprit inférieur, qui exerçait sur elle les mêmes droits de propriété que sur tous ses biens meubles ».

3 commentaires sur “Les dernières heures de Minette Walters

  1. Lord Arsenik
    17 octobre 2019

    En stock, je savais pour ma part que c’était le premier d’une saga. Un tome deux est déjà dispo en anglais, reste à espérer une traduction rapide… par contre je ne sais pas combien de tomes va compter la série 🙂

    Aimé par 1 personne

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