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La sentence de John Grisham

 

 

« Cet homme est coupable, il a commis un assassinat, et selon la loi du Mississippi, il n’a plus le droit de vivre. Nos lois ne sont pas là pour protéger les riches, les privilégiés, ou ceux qui ont servi notre pays en temps de guerre. Si je suis reconnu coupable d’un assassinat, je mérite la mort. C’est pareil pour vous. Pareil pour lui ».

 

 

Résumé éditeur :

Octobre 1946.

Pete Banning, l’enfant chéri de Clanton, Mississippi, est revenu de la Seconde Guerre mondiale en héros, décoré des plus hautes distinctions militaires. Aujourd’hui fermier et fidèle de l’église méthodiste, il est considéré comme un père et un voisin exemplaire.

Par un matin d’automne, il se lève tôt, se rend en ville, et abat calmement son ami, le révérend Dexter Bell.

Au choc que cause ce meurtre de sang-froid s’ajoute l’incompréhension la plus totale, car Pete se contente de déclarer au shérif, à ses avocats et à sa famille : « Je n’ai rien à dire.»

Que s’est-il passé pour que Pete, un membre respecté de la communauté, devienne un meurtrier ? Et pourquoi se mure-t-il dans le silence ? Personne ne le sait. La seule certitude que sa famille possède c’est que ce qu’il tait est quelque chose de dévastateur, dont les retombées les hanteront, eux et la ville, pendant des décennies…

 

Avec cette œuvre majeure et unique, John Grisham nous embarque dans un voyage incroyable, du vieux Sud ségrégationniste aux jungles des Philippines de la Seconde Guerre mondiale, d’un asile psychiatrique aux lourds secrets du tribunal de Clanton où l’avocat de Pete tente désespérément de sauver la vie de son client.

 

500 pages – 4/3/2020

 

 

 

« Une belle récolte en perspective. Mais là, il n’y aurait pas de joie, juste des larmes – beaucoup de larmes. Ne pas tuer aurait été de la lâcheté, toutefois. Et la couardise n’était pas dans ses gènes. Il sirota son café en admirant son domaine. C’était si paisible, si serein. Sous ce manteau duveteux, la terre était noire et riche, propriété des Banning depuis plus de cent ans. Ceux qui avaient le pouvoir et l’autorité allaient l’arrêter, l’emprisonner et sans doute l’exécuter, pourtant la terre continuerait à faire vivre les siens ».

 

 

« La sentence » de John Grisham est un livre fort, intense, dur et terriblement bien écrit. Quand je l’ai démarré, je ne m’attendais absolument pas à cette force, à cette claque que j’allais me prendre ! Le pitch m’avait bien plu, tenté et comme conseillé par un de mes « pourvoyeurs » de lecture (merci à toi JP), j’ai démarré tranquillement ma lecture sans me douter du tsunami qui m’attendait. D’autant que je n’avais lu qu’un livre de cet auteur, « Le dernier juré », que je n’avais pas du tout apprécié et je pensais ne jamais relire un livre de John Grisham. J’aurais eu tort. Il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis.

Mais je vous préviens tout de suite, c’est vraiment un livre très dur. Certains passages sont vraiment difficiles à lire tant la cruauté humaine est immense et imaginative.

Le récit débute dans le Mississipi en 1946, juste après la seconde guerre mondiale. Un Sud des Etats-Unis encore très ségrégationniste, le Mississipi rural avec ses fermiers blancs et leurs plantations de coton et leurs ouvriers noirs, les Nègres, qui ne sont plus des esclaves mais avec toujours des conditions de vie très difficiles. La figure centrale du livre est Pete Bannings, un fermier blanc revenu en héros (titre mérité je vous l’assure) de la guerre après avoir été porté disparu pendant de longues années. Il a survécu, après la défaite de la bataille de Bataan aux Philippines, à l’atroce marche dite de Bataan, ensuite aux conditions horribles du camp de prisonniers O’Donnell et finalement à des mois de guérilla sur l’île de Luçon, toujours aux Philippines. En lisant ce livre, je ne m’attendais pas à être immergée dans ces batailles barbares entre Américains et Japonais. J’avoue que je connaissais déjà la cruauté des Japonais pour avoir lu quelques livres sur l’invasion qu’ils ont menée en Chine, mais franchement ici cela dépasse l’entendement. Vraiment l’homme est une bête cruelle !

Revenons à Pete Bannings, qui de retour aux Etats-Unis, et après des mois d’hôpital, retrouve sa famille (sa femme Liza, ses deux enfants, Joel et Stella, et sa sœur Florry), ses terres, ses Nègres, sa vie. Mais tout ne se déroule pas comme dans ses rêves. La situation a changé. Et le récit débute par l’assassinat du pasteur Bell par Pete. Il ne se cache pas, assume et est emprisonné en attendant son procès où il risque la peine de mort. Et quand je vous parle de peine de mort, aux Etats-Unis en 1946, c’est la chaise électrique dans des conditions terribles et inhumaines. Pete ne veut pas dire pourquoi il a tué de sang-froid ce pasteur aimé de tous. Ce sera un cataclysme pour la communauté de Clanton mais surtout pour sa famille qui ne comprend pas ce qui lui arrive et qu’on suivra dans cette période ô combien difficile à vivre. Je ne peux vous en dire plus, ce serait trop dévoiler les éléments de cette intrigue. A vous de découvrir la vie de la famille Bannings, reflet de la vie dans le Mississipi dans les années 20 à 50. Les faits historiques relatés dans ce livre sont authentiques. Intéressant et effrayant.

Je me répète mais livre fort, intense, dur et très bien écrit. A lire !

 

 

 

« Quand Pete sortit du bureau du pasteur, son revolver toujours à la main, il tomba nez à nez avec Hop. Il leva le canon vers le visage de l’employé, prêt à tirer. Hop se mit à genoux et le supplia :

— Pitié, missié Banning. Je n’ai rien fait de mal. J’ai des enfants, missié Banning !

Pete baissa son arme.

— Tu es un brave homme, Hop. Va prévenir le shérif ».

 

 

Lien vers la fiche du livre sur Babélio

https://www.babelio.com/livres/Grisham-La-sentence/1202985

 

 

 

« Nous sommes des Banning et on n’aborde pas les sujets qui fâchent. Ne rien laisser paraître et avancer, comme si tout allait bien. On enterre les secrets, et tout revient à la normale. Et personne ne saura jamais pourquoi tu nous as fait vivre cette horreur. On doit ravaler toute notre colère, toutes nos questions. C’est ce que fait un Banning, parce que les Banning sont forts, c’est bien connu ! »

 

 

 

« Quand c’était une affaire criminelle, l’accusé était un Noir, face à des jurés blancs, et les délibérations étaient rapides et prévisibles. Mais cette fois, le procès de Pete Banning était bien plus intéressant. Les Blancs allaient-ils condamner l’un des leurs et le faire exécuter ? »

 

 

 

« Si M. Banning avait tué un homme noir, pour quelque motif que ce soit, il n’aurait sans doute même pas été arrêté. En revanche quand un Noir tuait un autre Noir, le glaive de la justice devait s’abattre, uniquement sous la conduite des Blancs. Mobiles, circonstances aggravantes, alcool, passé criminel, tout cela était pris en considération, mais le plus important restait pour qui travaillait l’accusé. Avec un patron influent, la peine pouvait être réduite à quelques mois d’incarcération dans la prison du comté. Sans patron, c’était la chaise électrique assurée ».

 

 

 

« Toutefois, en 1938, lyncher un Noir n’était pas considéré comme un meurtre ou un crime dans les États du Sud, et le Mississippi n’échappait pas à la règle. En revanche, un mot de travers à l’adresse d’une Blanche était passible de mort ».

 

 

 

« Pete savait que c’était son dernier Noël. Il avait réussi à convaincre Nix de cette fatalité et obtenu son accord pour organiser cette petite visite à la ferme. Il n’avait pas vu ses enfants depuis des mois. Et il ne pourrait pas leur parler avant très longtemps. Le shérif avait de la compassion, mais pas au point d’oublier que les enfants de Dexter Bell ne verraient, quant à eux, plus jamais leur père ».

 

 

 

« – C’est quoi, sa maladie ?

– Aucune idée. Être une femme, je suppose. C’est un monde d’hommes, Joel, n’oublie jamais ça. Si un mari influent considère que sa femme est instable, dépressive et que ses hormones lui jouent des tours, il peut la faire enfermer pour un certain temps ».

 

 

 

« Il réclamait leur pardon mais c’était trop tôt pour eux, bien sûr. Tant qu’il ne pouvait expliquer son geste, il n’y avait pas de pardon possible. Il était leur père. Comment pouvait-il leur demander ça ? Accorderait-on un pardon quand le pécheur refusait de donner la moindre justification ? »

 

 

 

« Colliver ignorait que Pete Banning avait été blessé à la guerre, battu, privé de tout, affamé, torturé, lacéré par des fils barbelés, enfermé dans des cales de bateaux, des wagons de bestiaux, des camps de prisonniers, et que, durant son calvaire, Pete avait appris l’une des grandes règles de la survie : ne jamais trop en dire à un inconnu. Colliver resta donc sur sa faim ».

 

 

 

« Il connaissait la captivité et il avait survécu à des conditions bien plus difficiles, une abomination qui, même avec le recul, quatre ans plus tard, dépassait toujours l’entendement ».

 

 

 

« Le jeudi 10 juillet, date du second ordre d’exécution signé par le juge Rafe Oswalt, Pete Banning s’éveilla à l’aube et alluma une cigarette. Roy Lester lui apporta un café et lui demanda s’il voulait un petit déjeuner. Non, il n’avait pas faim. Oui, il avait bien dormi. Non, Roy ne pouvait rien faire pour lui pour le moment, mais merci quand même. Leon Colliver, dans la cellule en face, proposa une dernière partie de crib. Pete apprécia l’idée, et ils installèrent leur plateau dans le couloir entre les deux geôles. Pete rappela à Leon qu’il lui devait 2,35 dollars et Leon répliqua que Pete n’avait jamais payé pour boire durant ces neuf mois son bon alcool de contrebande. Ils rirent de bon cœur, se serrèrent la main. Ils étaient quittes ».

 

 

 

« Déjà sous-nourris, les prisonniers étaient totalement affamés. Sous cette chaleur implacable, des hommes commençaient à s’écrouler. Comme ils le découvrirent vite, il ne fallait surtout pas aider les plus faibles. Les gardes avec leur baïonnette embrochaient quiconque s’arrêtait pour relever un camarade. Ceux qui tombaient et ne parvenaient pas à se remettre debout tout seuls étaient roués de coups de pied et abandonnés sur le bas-côté ».

 

 

 

« Ils découvrirent le camp O’Donnell en passant le sommet d’une colline. Un ensemble de baraques au fond de la vallée, cernées par des kilomètres de fils de fer barbelés étincelant au soleil. Des miradors quadrillaient l’espace, des tours menaçantes, toutes arborant fièrement le drapeau japonais.

Pete se souviendrait toujours de cette vision. S’il avait su à cet instant les horreurs qui l’attendaient dans ce camp, il se serait enfui dans les champs jusqu’à ce qu’une balle l’arrête dans sa course ».

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Cette entrée a été publiée le 19 mars 2020 par dans Livre, mes coups de coeur, Mes lectures, roman noir, saga, et est taguée , , , , , , , , , , , .

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