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Les amateurs : les coulisses d’un quinquennat de Jean-Michel Aphatie

 

 

« « Si les professionnels c’est ceux qu’on a virés il y a deux ans et demi et que les amateurs c’est vous, alors soyez fiers d’être des amateurs ! »

À cet instant, un flottement saisit l’auditoire. Le président s’arrête. Sans doute attend-il des applaudissements. Ils arrivent, maigres. Car beaucoup grimacent.

« J’aurais préféré qu’il parle de néophytes, remarquera ensuite Olivia Grégoire, l’une des députés de Paris, entrée depuis au gouvernement. Amateur, ça fait incompétent. »

Trop tard. Le mot est posé. S’il retient l’attention, c’est qu’il sonne juste, qu’il nomme une réalité que tout le monde a ressentie, et ressent encore.

Et puisqu’en plus, il s’accompagne d’une injonction à la fierté, entrons dans la danse sans remords, ni réserve. »

 

 

Résumé éditeur :

En 2017, nous avons confié l’État à des Amateurs.

Quel est leur bilan, maintenant que le quinquennat se termine ? Si les crises – Gilets Jaunes, Covid – ont été nombreuses, les fautes, les boulettes et les maladresses aussi. Mal préparés, mal organisés, les Amateurs ont souvent été mauvais. Ajoutez à cela Emmanuel Macron et Édouard Philippe qui se sont détestés, des ministres qui ont déprimé, Nicolas Hulot pris dans la tourmente et Éric Zemmour aux aguets, et vous obtenez la chronique du quinquennat le plus déjanté de la Vᵉ République.

 

280 pages – 8/9/2021

 

 

 

« Ce matin, le président du Conseil constitutionnel adoube un homme qui aura son âge dans trente ans. Il cite Chateaubriand :

« Pour être l’homme de son pays, il faut être l’homme de son temps. »

La citation est belle. On peut la trouver creuse. On peut aussi la comprendre comme un défi.

Après avoir prêté serment, le nouveau président salue un à un tous les présents. Le chef du protocole décline leur identité. Honoré comme les autres, Gérard Collomb, maire de Lyon, laisse couler une larme, puis deux.

Il peut se le permettre. Il n’est pas encore ministre de l’Intérieur. »

 

 

Je ne suis pas une habituée des livres politiques. J’en lis de temps en temps si le sujet m’intéresse et m’interpelle. Pour me faire mon idée. Dernièrement, je regardais LCI et Jean-Michel Aphatie était invité pour y parler de son dernier livre « Les Amateurs ». Ces amateurs étant le gouvernement actuel et ses députés. La Macronie. La présentation qu’il en a fait et les réactions sur le plateau télé m’ont séduites et j’ai eu envie de le lire. Chose faite. Je me rends compte qu’il n’a pas pour l’instant de bons retour sur Babélio. Tant pis, moi j’ai bien aimé. C’est un livre qui se lit bien. On y découvre quelques secrets des coulisses du pouvoir, et moi ça m’a intéressé. J’ai aussi souri parfois car l’auteur se fait plaisir épisodiquement avec les bourdes du gouvernement (c’est un peu le but de cet ouvrage). Cependant, en parallèle de ces gaffes qui peuvent prêter à sourire, certains faits m’ont plus chagriné voire choqué. Un ministre en exercice en burn-out, dépressif, un président qui ne s’entend pas du tout avec son premier ministre, les deux hommes ne se parlant pratiquement pas, de l’arrogance à foison, de l’inexpérience, un ministre accusé de viol soutenu par le gouvernement etc. On oublie vite. La nature humaine et la vie sont ainsi faites. Notre cerveau fait du tri pour que l’on puisse continuer à vivre et surtout à apprendre de nouvelles choses. Les évènements, les scandales passent et font place à d’autres. Mais quand on se replonge dans le passé récent, tout nous revient avec force et il est bon parfois de ne pas tout oublier. Cette mémoire peut nous aider à faire des choix à venir. Bref, j’ai apprécié ce livre. Bien sûr il n’est pas parfait mais il est bien écrit et intéressant. A vous de voir !

 

 

 

« Alexis Kohler, Alsacien d’origine, inconnu des foules, dirige le cabinet d’Emmanuel Macron, au ministère de l’Économie, depuis août 2014. Jeune quarantenaire, il est énarque – un passeport utile pour le « nouveau monde ». Il est passé par la direction du Trésor, par la direction de ceci, par la direction de cela, et coche aujourd’hui toutes les cases pour prendre le secrétariat général de l’Élysée quand son patron s’y installera.

De lui, Emmanuel Macron a dit, après leur collaboration à Bercy :

« Il est plus intelligent que moi. » »

 

 

Lien de la fiche du livre sur Babélio

https://www.babelio.com/livres/Aphatie-Les-amateurs/1346866

 

Note sur Babélio : 2,94/5 (8 notes) – Ma note : 4/5

 

 

 

« Parlons de la politique.

Il existe un moment organique qui a toujours placé le locataire de l’Élysée et celui de Matignon en situation de tête-à-tête. Il s’agit de cette demi-heure qui précède le Conseil des ministres hebdomadaire, au cours de laquelle les deux dirigeants de l’exécutif se retrouvent, dans le bureau du président, pour passer en revue les urgences, ou seulement les dossiers en cours. À l’inverse de tous ses prédécesseurs sous la Cinquième, Emmanuel Macron a imposé la présence du secrétaire général de l’Élysée lors de leurs discussions. Loin d’être un détail, cette décision dit un refus de la proximité et produit, c’est le pire, un empêchement de la franchise. Lors d’une discussion entre quatre yeux, des mots peuvent être prononcés, qui ne seront pas toujours aimables. Mais au moins, les abcès sont crevés. Quand un tiers est présent, la confiance ne s’installe pas, parce que la relation peine à s’épanouir. Des vérités ne sont pas dites, des incompréhensions sont entretenues. Ce sont des faiblesses avec lesquelles a vécu le couple exécutif. »

 

 

L’auteur : Jean-Michel Aphatie

Jean-Michel Aphatie est né au Pays basque en 1958. Il quitte l’école à quinze ans et entre dans la vie active. Il travaillera notamment comme représentant automobile et garçon de café. Il passe un baccalauréat à vingt-trois ans, fait des études de droit, et entame une carrière de journaliste politique qui le mènera au Parisien et à France Info en passant par RTL, Canal+, ou LCI.

 

 

 

« Un ministre de l’Économie qui joue au chef de gouvernement, normalement, c’est la porte. Chez les Amateurs, c’est différent. Édouard Philippe met un mouchoir sur sa colère. Il confirme le lendemain les propos de son subordonné. Les impôts, tous les impôts, seront baissés tout de suite (ISF, sociétés, dividendes). Et pour les milliards qui vont manquer, explique-t-il, des économies seront faites.

De cet épisode, il est resté un numéro de music-hall.

Souvent, au moment de l’apéritif du soir, le Premier ministre, qui possède un don en la matière, imite devant ses amis la voix profonde et l’expression ampoulée de son ministre de l’Économie :

« Que les choses soient claires entre nous, Édouard : je n’ai pas vocation à être un numéro deux. Ta place ne m’intéresse absolument pas. »

Les bons jours, on croirait entendre le vrai. L’auditoire éclate de rire et les verres s’entrechoquent. On souffre à Matignon, on s’amuse aussi. »

 

 

 

« On constate donc que les choses ne se passent pas si bien que ça, que le pouvoir issu des urnes en mai 2017 n’a jamais trouvé son assise, qu’il n’a jamais eu de sérénité.

Il a été mal élu, tout le monde le sait. Le cirque Fillon a déréglé le scrutin. Emmanuel Macron a recueilli 8,6 millions de voix au premier tour. C’est un record de médiocrité. François Hollande (2012) en avait drainé 10,2 millions, Nicolas Sarkozy (2007) 11,4. Le second tour a compté pour du beurre. Marine Le Pen n’était pas une adversaire, c’était un épouvantail. Noyée dans des dossiers dont elle ne maîtrisait pas la première ligne, elle répétait des propositions soufflées par d’autres sans en comprendre les conséquences, ni les effets.

La preuve par le sketch sur l’euro !

Cela aurait dû inciter Emmanuel Macron à la modestie.

Ce n’est pas son registre préféré. »

 

 

 

« Ce qui suit est inédit. Et, pour cette raison, semble incroyable.

Été 2018.

L’affaire Benalla souffle comme un ouragan. Elle déstabilise le pouvoir. Un ancien collaborateur de Gérard Collomb au ministère témoigne :

« Il était quasiment en burn-out. À partir de la révélation du Monde, il a mis beaucoup de distance entre lui et les membres de son cabinet. On ne le voyait pratiquement plus. »

Benjamin Griveaux, alors porte-parole du gouvernement, confirme :

« À partir de ce moment, il décroche. Il est épuisé, il ne se bat plus. Il ne prend plus personne au téléphone, il faut passer par son directeur de cabinet. Et il vient le moins possible à l’Assemblée nationale. »

La France vit avec un ministre de l’Intérieur en pointillé cet été- là.

Où faut-il le chercher, si l’on a besoin de lui ? À Lyon bien sûr, la ville qu’il a dirigée entre mars 2001, date de sa conquête, et mai 2017, date de son entrée au gouvernement. »

 

 

 

« Il faut regarder attentivement l’homme pendant cette allocution de treize minutes, peinturlurée au drame. La jeunesse a quitté son visage. Sa joie de vivre a disparu. Macron a fait ses valises, demeure un président malmené par l’Histoire.

Une expérience, qui aurait pu virer à la tragédie, explique la métamorphose.

Les images du saccage de l’Arc de triomphe, le samedi 1er décembre 2018, sidèrent l’opinion publique. Elles occultent une autre scène qui se déroule le même jour, à plusieurs centaines de kilomètres de là. Des Gilets jaunes lancent des cocktails Molotov sur la préfecture du Puy-en-Velay, en Haute-Loire. Une partie du bâtiment prend feu. Des fonctionnaires se trouvent à l’intérieur. Ils redoutent de périr dans les flammes. Massés devant les grilles, des femmes et des hommes crient leur joie mauvaise :

« Vous allez rôtir comme des poulets. » »

 

 

 

« La tempête qui se lève est de force 12. Les problèmes sont innombrables, les polémiques furieuses.

Parmi ces dernières, dérisoire dans la hiérarchie mais symbolique dans une démocratie : faut-il ou non maintenir les élections municipales, prévues pour les 15 et 22 mars ?

Comme souvent, Emmanuel Macron et Édouard Philippe ne sont pas d’accord. L’un veut ajourner, l’autre maintenir. C’est l’homme de Matignon qui gagne, comme d’habitude.

Le premier tour se déroule le 15 mars dans un climat électrique. Les scientifiques reprochent au gouvernement de favoriser la circulation du virus en incitant au déplacement des cohortes d’électeurs. Le second tour des municipales ne survit pas à la bataille. Il est reporté à des jours meilleurs dont personne ne connaît la date. »

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Cette entrée a été publiée le 27 septembre 2021 par dans découverte auteur, Livre, Mes lectures, politique, et est taguée , , , , , .
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