Ma passion les livres

Partage de mes lectures

Le jour où je serai orphelin de Christine Adamo

 

« Maman pense jamais que je suis si petit et ça doit être normal. Moi aussi, j’oublie. Il y a que quand je vois mon reflet dans une fenêtre à côté de Mathias ou Théophile, mes copains de ma classe, que je me souviens. Et même si je me redis que j’ai sauté des classes, donc Mathias et Théophile sont forcément plus vieux que moi, c’est énervant. »

 

 

Résumé éditeur :

Tom réfléchit trop, surtout depuis qu’une tragédie a déchiré son monde en deux.

Désormais, il y a…

… En banlieue parisienne, l’appartement de Neuilly qu’il déteste… ainsi que maman qui lui interdit les-saloperie-d’iPhone et autres écrans-mange-intelligence, le-père-de-maman qui répète je-vais-mourir mais-tient-jamais-ses-promesses, Erasmus-le-chat qui n’a que-des racines-de-poils-dans-le-cerveau, et Sofia-tronche-de-cake, harceleuse de cour de récré.

… En pleine forêt, la maison de la Neuville-aux-Haies qu’il adore… ainsi que papa, tellement-gentil-qu’il-est-un-peu-moule, et Bismuth-mon-chien-mon-héros, qui veut-sauver-de-la-noyade tous ceux qui ont le culot de mettre les pieds dans l’eau.

Mais se réfugier dans « Le Dernier des Mohicans », « Charlie et la chocolaterie » ou le dictionnaire médical avec ses croûtes-et-furoncles-et-autres-trucs-dégoûtants ne suffit pas. Tom n’a bientôt plus qu’une idée en tête : rejoindre définitivement papa et Bismuth dans les Ardennes, au cœur de cette nature qu’il aime tant.

Pour cela, il échafaude un plan…

 

150 pages – 25/2/2022

 

 

 

« Pourtant, dans ma chambre, vu que j’ai pas le droit d’avoir de saloperie-d’iPhone ni de télévision-mange-intelligence ni d’ordinateur-tue-neurones, comme dit maman, les livres prennent toute la place sur mes étagères. Du coup, on voit presque plus les murs derrière et ça me fait pareil que si j’avais une deuxième peau en papier pour me protéger, et encore plus quand le papier raconte des histoires qui font oublier. C’est pour ça que je relis tout le temps les livres de Roald-Dahl, surtout Matilda qui est la petite fille trop intelligente dans sa famille trop bête, et aussi ceux de Jack-London vu qu’eux, ils me font vraiment rêver. Il y a Belliou-la-fumée, L’appel-de-la-forêt et Croc-Blanc. Celuilà, j’ai qu’à le toucher pour voir la forêt du Grand-Nord, la neige, les chiens qui courent dessus et le traîneau qui glisse. »

 

 

Christine Adamo, une auteure que j’adore !! Je l’ai découverte avec son génialissime « Requiem pour un poisson » qui a pour fil conducteur un de nos ancêtres, un mystérieux poisson, le fameux cœlacanthe… Elle m’a scotchée et jamais déçue depuis. Christine a une très belle écriture, des intrigues élaborées et des histoires intelligentes avec souvent un fond scientifique poussé. Mais, oubliez tout ce que je viens de vous dire… Oui oui !! Avec « Le jour où je serai orphelin », Christine nous offre un petit chef d’œuvre ciselé très original, un vrai OLNI, objet littéraire non identifié. Ici, c’est Tom qui s’exprime avec ses mots et ses tournures de phrases de petit garçon surdoué de 10 ans. Cette façon d’écrire est étonnante et un peu déstabilisante au départ mais on s’habitue très vite. Cela donne des petits bijoux d’écriture et des réflexions singulières de Tom. J’ai vraiment adoré ! Son QI élevé doublé d’une vie familiale très perturbée font de Tom un petit garçon très particulier à la fois attendrissant et parfois drôle mais également complètement effrayant, glaçant. Ses parents sont divorcés et Tom doit vivre la semaine chez sa mère à Neuilly, il déteste, et les week-ends dans les Ardennes avec son papa qu’il adore et Bismuth son chien qu’il adore également. La mère de Tom est une femme psychorigide, froide et peu aimante. La cohabitation entre Tom et sa mère est particulièrement difficile et conflictuelle. D’autant que le père de maman, hypocondriaque assommant, est souvent chez sa fille, donc chez Tom. Tom n’aime que son père, Bismuth, sa granma et les animaux. Les êtres humains, il n’a pas confiance. Il n’a qu’une envie, c’est vivre tout le temps avec papa dans les Ardennes. Il faut donc qu’il devienne orphelin… CQFD. Il va donc réfléchir à un plan et s’entraîner. Ahurissant ! Franchement, je vous recommande très chaudement cette lecture étonnante, perturbante et finalement très touchante (oh oui j’ai été fortement touchée par Tom). C’est un condensé d’humour noir, d’enfance blessée, d’intelligence, de souffrance familiale, de nature et de cruauté. Comme je vous l’ai dit plus haut, un OLNI. A déguster absolument.

 

 

 

« Souvent maman me crie après, même que c’est plus facile de compter les fois qu’elle est un peu gentille et pas énervée que les fois où elle-pète-un-plomb, comme dit Mathias, sauf que Mathias, c’est son père qui pète-un-plomb, mais pas souvent comparé à maman. Donc quand ça arrive, je me sauve dans ma chambre et je pose Croc-Blanc sur ma joue et je ferme les yeux et je respire méga-fort pour être dans la forêt avec les loups. Après, ça va mieux, mon cœur résonne moins et j’ai moins envie de vomir. Maman aime pas quand je vomis. »

 

 

Lien vers la fiche du livre sur Babélio

https://www.babelio.com/livres/Adamo-Le-jour-ou-je-serai-orphelin/1399197

 

Note sur Babélio : 5/5 (2 notes) – Ma note : 5/5

 

 

« Maman comprend pas pourquoi je veux dormir avec l’odeur de Bismuth, tout pareil que s’il était là près de moi avec son museau contre mon bras. Mais Bismuth, quand il me fonce dessus, c’est pas pour me crier après ou pour me faire faire des x et des y. Bismuth, il m’aime, donc forcément je l’aime aussi. Même que quand je sens son odeur mais qu’il est pas là pour de vrai, mon cœur gonfle dans ma gorge tellement fort qu’il écrase tout dans ma tête jusqu’à mes yeux qui se pressent pour sortir. Et ça fait des larmes. »

 

 

L’auteure : Christine Adamo

Christine Adamo, née le 4 mai 1965 dans les Ardennes en France, est une romancière française issue du monde scientifique ; trois de ses romans policiers ont un fond scientifique marqué.

Chercheuse spécialisée dans la gestion de l’information environnementale, elle participe à l’élaboration, entre 1997 et 2000, d’un parc naturel pour le cœlacanthe, aux Comores.

Elle se lance dans l’écriture en 2005.

Wikipédia

 

Autobiographie de Christine Adamo sur Librinova !

J’ai écrit cinq romans : L’équation du chat, Noir austral et Requiem pour un poisson, aux Editions Liana Levi (puis Folio Policier et Points en format poche, De Geus aux Pays-bas, AlphaBook en Chine, etc.), Web mortem, aux Editions Albin Michel, Les Usurpatrices, aux Editions Librinova.

J’ai notamment travaillé en Autriche, en Irlande, au Canada et en Australie, ai été enseignant-chercheur, ai participé à la création d’un parc pour la protection du cœlacanthe (poisson-fossile vieux de 400 millions d’années). J’ai écrit des articles scientifiques et livres de vulgarisation. Je suis actuellement consultante.

En savoir plus : https://www.christine-adamo.com

 

 

 

 

« En plus, les gens m’intéressent pas vraiment. Toute façon, j’ai presque pas le droit de voir mes copains en dehors de l’école vu que maman connaît pas leurs parents et elle risque pas de les connaître vu que leurs parents la trouvent bizarre. J’ai pas non plus le droit de leur parler avec un ordinateur ou un iPhone, comme Mathias fait avec Théophile quand ils jouent à la console même de loin sans être assis ensemble. Donc j’ai décidé que j’aimais seulement les animaux et papa et Bismuth et Granma et peut-être un peu la maîtresse. Mais surtout papa et Bismuth. Et les animaux. »

 

 

 

« Après, j’ai encore été dormir sans dîner.

Ça aussi, c’est pas grave. J’ai l’habitude et il y a la réserve de chocolat que papa m’a donnée et qui est enveloppée dans le fond de la cage de Kata, mon iguane. Le chocolat, c’est bien meilleur que les carottes bouillies bonnes-pour-lasanté parce-qu’elles-font-un-teint-de-pêche et-des-fesses-roses-et-des-boyauxpropres. Toute façon, mes boyaux sont pas sales. Je vais aux toilettes tous les jours et dans les toilettes, mes crottes sont toutes pareilles que celles de maman, même si elle me dit tout le temps tu-ne-manges-que-des-cochonneries quand-tuvas-chez-ton-père. Moi, je trouve que quand maman va aux toilettes, après, ça sent aussi mauvais que moi, même si elle met un coup de pschitt à la lavande des prés de là où on va en vacances pour faire croire qu’elle a le dedans plein de fleurs. »

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