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L’Homme du Grand Hôtel de Valentin Musso

« Quand il avait ouvert les yeux, après une nuit qu’il aurait pu qualifier de sereine, il s’était senti parfaitement détendu, éprouvant même l’agréable sensation que son corps flottait. Mais dès qu’il avait pris conscience de son environnement ses pensées s’étaient emmêlées et l’anxiété s’était emparée de lui. À présent, étendu dans ce lit aux draps soyeux, il était incapable de se souvenir de ce qu’il faisait dans cette chambre, malgré le violent effort de mémoire qu’il fournissait. Une histoire de fou… »

Résumé éditeur :

Et si vous vous réveilliez un beau matin en ne sachant rien de votre propre vie ?

Cape Cod, Massachusetts. Écrivain mondialement célèbre, Randall Hamilton se réveille dans la chambre d’un hôtel luxueux avec vue sur l’océan. Le problème, c’est qu’il ignore totalement pourquoi il s’y trouve et comment même il est arrivé là. Pire, il semble avoir tout oublié de sa propre existence, y compris le fait qu’il est l’auteur de plus de quarante romans.

Boston, Massachusetts. Vivant de petits boulots, le jeune Andy Marzano passe tout son temps libre à écrire des romans dans son studio. La tête pleine de rêves de gloire et de reconnaissance, il collectionne surtout les lettres de refus des agents littéraires. Conscient de son cruel manque d’inspiration, Andy s’ingénie à piller la vie de son entourage. Mais un jour il franchit la ligne rouge en séduisant une jeune comédienne, Abigaël, dans le seul but de se nourrir de leur relation et de servir son ambition. En voulant diriger les autres comme de simples personnages, il s’apprête à provoquer des drames irréparables…

Un auteur couronné de succès, un apprenti écrivain miné par les échecs : les deux hommes ignorent tout l’un de l’autre. Pourtant, leurs destins sont inexorablement liés et leurs routes ne tarderont pas à se croiser. Pour le meilleur, et surtout pour le pire.

Avec ce dixième livre, Valentin Musso nous dévoile un roman à la construction diabolique et au dénouement vertigineux.

368 pages – 3/6/2022

« Randall s’approcha du grand miroir éclairé par des néons. Face à lui, un homme qui devait avoir une soixantaine d’années : le cheveu coupé court, une légère barbe grisonnante, des yeux bleus éteints, le bas du visage un peu trop affaissé. Bien sûr, il le reconnaissait. C’était lui, ou plutôt une version négligée, plus avachie que celle qu’il avait en tête. Comme si en une nuit il avait pris dix ans. Il passa une main angoissée sur sa figure. « Quand est-ce que je vais me réveiller pour de bon ? Quand est-ce que ce cauchemar va prendre fin ? »

Dans la famille Musso, j’aime beaucoup le frère… Valentin Musso ! J’ai donc été ravie quand Babélio m’a proposé de recevoir son petit dernier pour une chronique masse critique. Merci donc à Babélio et aux éditions du Seuil pour cet envoi ! J’ai trouvé le début du récit un peu lent à mon goût… Mais ne vous y attardez pas, il faut bien que l’auteur nous installe les deux protagonistes principaux de l’histoire. Après je vous garantis que le suspense est intense et les rebondissements assez incroyables ! On suit donc alternativement deux personnages qui n’ont rien à voir entre eux, je dirais même qu’ils sont aux deux extrêmes. D’un côté Randall Hamilton, écrivain à succès, adulé par ses fans et meilleur vendeur de livres des dix dernières années et bien entendu richissime. Et de l’autre Andy Marzano, un jeune loser qui se rêve écrivain mais qui enchaîne les refus d’éditeurs et qui survit en étant veilleur de nuit dans un hôtel assez minable. Randall Hamilton se réveille un matin dans une chambre luxueuse d’un hôtel, l’hôtel de Cape Cod. Il se sent bien mais ne se rappelle absolument pas ce qu’il fait là et pire, il ne sait plus du tout qui il est. En menant une enquête discrète (il ne veut pas qu’on le prenne pour un fou), il apprend qu’il est donc un écrivain à succès et qu’il aime venir écrire dans cet hôtel avec vue paradisiaque sur la mer. Il a beau fouillé dans son esprit, aucun souvenir ne remonte. Commence alors pour lui un calvaire pour découvrir la vérité et dénouer ce qui ressemble bien à un complot. De son côté Andy qui n’a qu’un seul ami, Logan futur médecin, se lamente sur son sort et ne sait comment sortir du lot pour être enfin édité. Logan lui avoue que ses livres sont moyens car ses personnages ne sont pas assez habités… Il faudrait qu’Andy écrive avec ses tripes et puisse raconter du vécu. Un peu vexé mais sentant que son ami est dans le vrai, Andy décide de sortir avec la première jeune femme qui rentrera dans le bar pour pouvoir vivre et écrire la vie d’un vrai couple. Il jette son dévolu sur Abigaël, une jeune comédienne. Cependant, Andy n’avait pas prévu de tomber amoureux… Commence alors pour lui aussi une sorte de calvaire, tant il est obnubilé par l’écriture et finira par dépasser les limites de l’acceptable. Voilà le décor est planté, à vous de lire la suite qui est franchement savoureuse et pleine de rebondissements. L’auteur sait nous perdre dans sa toile d’araignée et le final est vraiment excellent ! J’adore être surprise et là vraiment, je ne l’ai pas vu venir. Bravo Valentin Musso ! La thématique de l’amnésie est souvent utilisée par les auteurs de thrillers, mais ici j’ai trouvé que Valentin Musso savait renouveler le sujet et innover dans ses propos. Ce thriller est aussi l’occasion de réflexions intéressantes sur le métier d’écrivain, la passion d’écrire qui peut être dévorante. A découvrir absolument.

« Son propre nom sur la page de garde. Il secoua la tête, de plus en plus perplexe. Il était impossible qu’il soit l’auteur de ce texte. Non seulement ce qu’il venait de lire ne lui disait strictement rien, mais il avait en plus la conviction qu’il aurait été incapable d’aligner trois phrases pour raconter une histoire, voire simplement d’imaginer une intrigue. Il ne pouvait pas être écrivain. Ces mots ne pouvaient pas être les siens. Pourtant, la réalité ne mentait pas : ce début de roman était à son nom, il se trouvait dans son ordinateur, qui se trouvait dans sa chambre d’hôtel. Que pouvait-il opposer à cela ? Peut-être quelqu’un lui avait-il joué un mauvais tour… Mais qui aurait pris la peine d’élaborer un canular aussi fou et aussi sophistiqué ? »

Lien vers la fiche du livre sur Babélio

https://www.babelio.com/livres/Musso-Lhomme-du-Grand-Hotel/1413782

Note sur Babélio : 3,58/5 (18 notes) – Ma note : 4,5/5

« Andy n’avait jamais prêté foi à ces écrivains qui prétendaient avoir pondu des romans entiers assis à une terrasse de café, au milieu des clients – un ridicule fantasme d’auteurs qui avaient dû trop regarder des cartes postales du Flore ou des Deux Magots dans le Paris de l’après-guerre. »

L’auteur : Valentin Musso

Valentin Musso, né le 19 août 1977, à Antibes, est un écrivain français, auteur de romans policiers.

Il est le frère de Guillaume Musso.

Sa mère était directrice de la bibliothèque municipale d’Antibes, ce qui a renforcé son goût pour la lecture.

Agrégé de lettres, il enseigne la littérature et le latin dans les Alpes-Maritimes.

Son premier roman, « La Ronde des innocents », a été remarqué et défendu par le chroniqueur Gérard Collard qui a contribué à le faire connaître du grand public.

Il est l’auteur de plusieurs romans, dont « Les Cendres froides » (Les Nouveaux auteurs, 2011), « Le Murmure de l’Ogre » (Seuil, 2012), « Sans faille » (Seuil, 2014) et « La Femme à droite sur la photo » (Seuil, 2017).

« L’Homme du Grand Hôtel » (Seuil, 2022) est son dixième roman.

« Accablé, Andy replia la lettre en baissant la tête. Des qualités littéraires… Du talent… Lorsqu’il ne recevait pas de simples lettres types, les mêmes remarques élogieuses revenaient, malheureusement toujours réduites à néant par les sempiternelles réserves sur son manque d’originalité. À tout prendre, il aurait préféré ne recevoir que des missives standard. Un échec complet lui aurait paru plus facile à digérer qu’une demi-réussite. »

« Ses romans l’obsédaient, le dévoraient, ne lui laissaient aucun répit. L’écriture était une malédiction. Comme il se connaissait, il allait ressasser toute la nuit les critiques de Logan. Ses histoires manquaient d’âme et de souffle. Ses personnages n’étaient que des marionnettes interchangeables. De simples êtres de papier. « Parle de ce que tu connais. » Le conseil était avisé mais comment y parvenir ? »

« Comment pouvait-il avoir écrit ces milliers de pages tout en ayant l’impression de les lire pour la première fois ? Pourquoi ses rares souvenirs demeuraient-ils aussi confus dans sa mémoire ? Randall demeura songeur. Son enfance, ses parents, deux mariages et trente-cinq ans d’écriture ne pouvaient pas disparaître ainsi du jour au lendemain. À quoi son amnésie était-elle due ? Un accident ? Un choc ? Non, puisqu’il s’était réveillé dans son lit. S’il lui était arrivé quelque chose de grave la veille, les employés de l’hôtel se seraient forcément enquis de sa santé. Et rien de ce qu’il avait trouvé sur Internet n’évoquait le fait qu’il fût sujet à des pertes de mémoire. Il se sentit soudain la poitrine oppressée. Il avait besoin d’air. Impossible pour lui de rester une seconde de plus dans cette pièce. »

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