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La dernière geste, troisième chant : Ordalie de Morgan of Glencoe

« Pour parfaire sa « keltianisation », et parce qu’elle en voulait encore à son père, elle avait choisi de prendre le nom de sa mère, comme la tradition des Sept Royaumes l’y autorisait, à sa majorité. Enfin, hériter de la garde du Redbook of Westmarch avait fait d’elle une Sir, selon la tradition, et la princesse Nekohaima Yuri avait achevé de devenir Sir Lily d’Enez Eusa quelque part dans ses premières semaines en Keltia.

Un an et huit mois plus tard, elle vivait toujours chez Lord Clifford Lynwood Redmark, qu’elle appelait à présent uncle Cliff, comme Bran. Les frères Saint-Elme avaient également accepté d’avoir le vieux Lord pour tuteur, en particulier parce qu’il ne s’imposait pas comme une figure parentale. Ashe vivait donc avec eux toute l’année, et Pyro, désormais à l’université de Naoned, ne rentrait que pour les vacances scolaires – et encore, pas toutes… Yuri le soupçonnait d’avoir une relation amoureuse. »

  

Résumé éditeur :

Vingt mois ont passé depuis l’arrivée de Yuri en Keltia et le couronnement de Louis-Philippe en France. La tension n’a cessé de monter entre les deux pays, malgré les tentatives des Ambassadeurs japonais et ottomans pour calmer les velléités belliqueuses du jeune Roi d’un côté et la punition commerciale des Keltiens de l’autre. Lorsque la situation dérape, Yuri réalise qu’elle est la seule à pouvoir, peut-être, éviter au monde de basculer dans la guerre. Reste à savoir si elle est prête à en payer le prix…

430 pages – 20/10/2021

« Malgré ses origines plutôt inattendues, l’ex-référent technique adjoint de la Communauté de l’Égout s’était adapté sans grand mal à la majorité des mœurs des Sept Royaumes, ou du moins des deux qu’il fréquentait : Breizh, où se trouvait son université et ses nouveaux amis, et Logres, où se trouvait, eh bien… sa maison et son petit frère. Les Keltiens étaient, à son avis, plus proches des mœurs féeriques que les Français, et bien plus tolérants, et puis maintenant qu’il voyait le ciel tous les jours, il ne s’en serait passé pour rien au monde. Souvent, le soir, il grimpait jusque sur le toit de l’université pour regarder les étoiles. Il aurait, bien sûr, pu se rendre sur la plate-forme d’astronomie et profiter des nombreux télescopes et lunettes à la disposition des élèves. Mais c’était sur un toit, en compagnie de Bran, qu’il avait vu les étoiles pour la première fois, et c’était sur les toits qu’il préférait les regarder.

– Hé, ma Luciole d’amour, le taquina Loardan alors qu’ils arrivaient à destination, reviens-moi : tu rêves…

Pyro sortit de ses songes et sursauta devant la foule qui se tenait devant lui : des milliers de personnes affluaient dans un vaste pré de plusieurs hectares. »

Vraiment quel plaisir immense de replonger dans l’écriture de Morgan of Glencoe et de retrouver l’univers et les personnages de la « Dernière Geste ». Cette saga de modern fantasy est un réel bonheur à lire : bien écrit, original, de l’aventure et du suspense, mais aussi beaucoup d’humanité, de tendresse et de respect envers les différences. Les personnages sont pour la plupart attachants, sachant pour la plupart évoluer… Oui je dis pour la plupart, car comme dans toute bonne histoire, il faut bien des méchants, et ceux-ci sont vraiment méchants… mais ils ont tout de même leurs failles, leurs faiblesses qui peuvent en partie expliquer certains de leurs comportements, expliquer mais pas pardonner. Loin s’en faut. Je pense en particulier au roi de France, Louis-Philippe et son bras droit, Madame de Fontainebleau-d’Armentières, duchesse d’Alsace. Oui roi de France car dans le monde de la « Dernière Geste », la révolution française a raté et la Bastille est toujours là ainsi que la royauté. Le récit démarre dans ce troisième chant vingt mois après la fin de « L’héritage du rail ». Yuri et les frères Saint-Elme, Pyro et Ashe, feux-follets orphelins après l’hécatombe des Egouts, habitent maintenant en Keltia, chez Lord Clifford Lynwood Redmark qu’ils appellent tous Uncle Cliff comme le fait Bran, la petite Selkie que l’on voit peu dans ce tome car en fin d’initiation avec Maître Taliesìn. Yuri, l’ancienne princesse japonaise Nekohaima Yuri, est devenue Sir Lily d’Enez Eusa (Yuri a pris le nom de sa mère keltienne Mona d’Enez Eusa) et gardienne du Redbook of Westmarch. Pyro quant à lui va à l’Université de Naoned. Ils sont tous heureux en Keltia, nation de sauvages pour les Français, mais nation qui entretient au contraire une belle douceur de vivre et de respect envers tous les êtres humains mais aussi tous les êtres féériques. Quand il est question d’envoyer un nouvel ambassadeur de Keltia à Paris, au cœur de la Triade, la situation est très tendue à Paris, en particulier à la Grand’Gare. En effet, le roi de France considérant toutes les fées comme des animaux, a donné ordre qu’on les marque toutes au fer sur une joue. Pour rappel, en Keltia et donc sur toutes les rames de train, les Keltiens vivent en harmonie avec les fées et les considèrent à égalité. Quand un officier français prend au piège et marque au fer rouge l’Aeling Mistral Alethia, ses deux fils sur le point de subir le même sort, son épouse Cers tire depuis le toit de rame cinq et tue le Français. Drame absolu qui mène à l’arrestation et l’embastillement de la Capitaine Trente Chênes qui dirige la rame cinq. Le choix du nouvel ambassadeur de Keltia est donc très délicat. N’écoutant que son cœur et son amour pour son nouveau pays, Keltia, Sir Lily se propose comme ambassadrice. En effet, elle connaît bien la Cour de France et tous ses pièges, elle qui il y a encore deux ans était la fiancée du futur roi de France, et fille de l’ambassadeur du Japon. C’est très risqué pour elle car le désormais roi Louis-Philippe, son ex-fiancé, l’aime autant qu’il la hait. Le dernier ambassadeur keltien, Sir Edward James Longway, le parrain de Yuri, a été tué par Louis-Philippe. Le poste est vraiment dangereux et le futur ambassadeur devra tout tenter pour sauver les Fourmis de la rame cinq et éviter la guerre entre Keltia et la Triade (France, Japon et Sultanat). Sir Lily est finalement choisie comme ambassadrice de Keltia en France. Elle y retrouvera donc son ancien fiancé, son demi-frère Ryûzaki, maintenant à la tête du clan Nekohaima et nouvel ambassadeur du Japon à Paris et bien d’autres personnages de cette histoire haletante et addictive. Je ne vous en dirais pas plus. Beaucoup de rebondissements et une fin incroyable et glaçante vous attendent dans cette « Ordalie ». Il est évident qu’il faut absolument avoir lu les précédents tomes avant de déguster « Ordalie ». J’ai tellement hâte de lire la suite…. Gros coup de cœur !

« Par la fenêtre à triple vitrage blindé de sept millimètres, Ryûzaki observait le lent ballet des nuages. Les nombreux mois écoulés depuis son arrivée fracassante – et sanglante – à la tête du clan Nekohaima l’avaient beaucoup changé. Il avait quitté l’uniforme noir et rose pour un hakama violet et un kimono blanc, et la queue-de-cheval qui cachait autrefois la marque du Bakeneko était devenue le chignon haut des samûrai, montrant à qui voulait les voir les cinq grains de beauté qui l’avaient légitimé, non seulement auprès de sa tante, mais aussi de l’Empereur.

Demain, le ronronnement mécanique de la Rame Cinq s’arrêterait au bout des rails.

Demain, il serait à Paris. »

Lien vers la fiche du livre sur Babélio

https://www.babelio.com/livres/of-Glencoe-La-Derniere-Geste-tome-3–Ordalie/1364209

« Ryûzaki nota que le patrouilleur donnait à son garde du corps un mug portant l’inscription : « Je suis mignon… à l’intérieur » et figurant un petit chat portant un kigurumi de dragon. Il tiqua un peu plus en recevant celui dont le message était « Grognon du matin, pas câlin ». Shadow lui sauta sur les genoux et réclama des caresses, qui lui furent instantanément accordées. Arkhip et Tasha, les deux renards-garous, grimpèrent chacun sur une épaule d’Alcyone, dardant sur les invités leurs regards attentifs.

– Comment va Ren-san ? s’enquit Levana.

– Il dort. Il allait vraiment mal, aujourd’hui. Il dit que c’est à cause d’un truc important que fait le p’tit Orque, et que c’est pas bien grave.

– Mais tu es inquiet quand même, constata Ryûzaki.

– Tu l’serais aussi, si c’était ton frère.

– Je n’ai pas de frère.

– T’as une sœur. C’est pareil.

Ryûzaki roula des yeux. Un point pour l’Aeling. »

L’autrice : Morgan of Glencoe

Morgan of Glencoe, née en 1988 et originaire du Pays de Porhoët en Bretagne, est une autrice, compositrice, harpeuse, chanteuse, conteuse et streameuse française.

Morgan of Glencoe naît donc en 1988 et étudie la harpe celtique En parallèle, elle rejoint à 14 ans son premier cercle d’écriture.

En 2007, elle remporte son premier prix littéraire, au concours Flammes Vives de la Poésie francophone : elle reçoit la Flamme d’Or des Jeunes Poètes, pour son poème « Paris sans toit, Paris sans toi ».

En 2010, elle se lance dans une carrière de musicienne professionnelle avec son premier groupe, « les Ménestrels des Terres de Lune ». Elle est la principale compositrice, parolière, leadeuse et chanteuse, mais aussi programmatrice, graphiste et metteuse en scène du groupe qui connaîtra plusieurs formations au cours des ans. Les spectacles des Ménestrels des Terres de Lune, moitié-concert moitié-théâtre, racontent l’errance de créatures féeriques dans le monde des humains.

Dans le même temps que ses débuts sur scène, elle tente de publier un premier roman, mais la maison d’édition avec laquelle elle échange ferme. Elle décide alors de travailler sur un univers de modern fantasy : « La Dernière Geste ».

La première mouture du premier tome, alors nommé « Si loin du Soleil », est publiée en auto-édition en 2016. Il rencontre son public grâce au « bouche à oreille », jusqu’à ce qu’Ameylia Saad Wu, une harpiste et compositrice, propose le roman de Morgan of Glencoe à Audrey Alwett, directrice de collection chez ActuSF.

L’année 2017 marque la fin des Ménestrels des Terres de Lune. Morgan of Glencoe repart musicalement de zéro cette fois avec une carrière solo.

En 2019, le premier tome de La Dernière Geste est édité et publié aux éditions ActuSF, collection Naos. Remanié et rebaptisé « Dans l’Ombre de Paris », il remporte le prix Vampires & Sorcières et le prix Elbakin. Le second opus, « L’Héritage du Rail », sort en 2020 et garde l’adhésion du lectorat du premier tome. Les deux tomes passent alors les deux premières sélections du Grand Prix de l’Imaginaire.

Le premier confinement est l’occasion pour Morgan of Glencoe de trouver la formule qui lui convient sur Twitch et de développer le stream, où elle propose des matinales quotidiennes, ainsi que des soirées autour de la littérature et de la musique. En octobre 2021, elle sort le troisième tome de La Dernière Geste, intitulé « Ordalie », alors qu’elle est en train d’écrire le quatrième de la pentalogie.

« – T’as tellement de chance d’avoir connu Sir Longway et de vivre avec Lord Redmark ! Elle a vécu dans cette maison, tu sais !

Pyro s’assombrit aussitôt.

– Je suis pas sûr que ce soit de la chance. Les Égouts, c’était mieux que Paris-la-Noire, dans le sens où on risquait pas de se faire trucider dans notre sommeil par n’importe qui, mais… T’as déjà eu faim, Danig ? Faim pour de vrai, j’veux dire, faim à t’empêcher de dormir, parce que tout le monde avait beau laisser les meilleures portions aux plus jeunes, y’avait même pas assez juste pour nous ? T’as déjà partagé tes chaussures avec huit autres personnes ? On t’a déjà réveillé en pleine nuit parce que la ventilation avait planté et que si t’as pas réparé le truc en cinq heures top chrono, tous ceux que tu aimes seront en asphyxie et devront être évacués vers nulle part ? T’as déjà flippé quand tes parents sortaient, parce que t’étais pas sûr de les voir revenir ? Et qu’un jour, ils sont pas revenus ? Si c’est ça que t’appelles de la chance, je te la file quand tu veux.

Elle avait écouté sa tirade sans l’interrompre, avec les grands yeux paniqués de quelqu’un qui réalise l’ampleur de sa bêtise.

– Non, je… Je suis désolée, Pyro. J’ai parlé sans réfléchir, et c’était blessant. Je te demande pardon. »

« Tous deux formaient une sacrée paire : Archambault, grand échalas monté en graine avec trois poils de barbe et demi, pas téméraire pour deux sous mais doté de la main la plus sûre de leur quartier pouilleux quand il s’agissait de lancer un caillou, et Roussette, petite, ronde, mafflue et musclée, une demi-dent cassée en plein milieu d’un sourire audacieux, aussi vive à choper la bonne affaire qu’à planter n’importe qui avec Dix-Sous, un couteau bas de gamme, usé et rouillé, mais soigneusement affûté. Ils osaient, ensemble, aller loin dans Paris-la-Grise, un risque que ne prenaient que peu de gamins de leur âge, surtout depuis quelques mois. »

« – Mettez-lui la tête sur le billot, que j’y voie clair.

Les quatre hommes obéirent ; l’un d’eux lui tira les cheveux pour lui tourner la tête et la placer sur un gros rondin mal tronçonné, la joue droite à découvert. Luttant contre le poison de tout son métabolisme rapide d’Aeling, Mistral parvint à fermer à moitié le pouce. À étendre sa langue jusqu’à ses dents. Aurait-il le temps d’appeler ?

– PAPA !

Le cri de détresse de Ren domina le vacarme de la Grand’Gare. Le Spectral bondit hors du train et s’élança en courant vers les Fleuris, mais arrivé à trois mètres d’eux il se retrouva avec un fusil contre la poitrine.

– Bouge pas, Intouchable. Après, c’est ton tour.

Le médecin de la Rame Cinq était brillant dans bien des domaines, mais le combat n’en avait jamais fait partie. Il se figea. À cette distance, même son Dragon des Brumes éveillé n’arrêterait pas la balle. »

« En un siècle d’existence, jamais une Fourmi n’avait tiré sur un soldat, et jamais un Capitaine n’avait été arrêté par un souverain de la Triade.

Pourtant, le Rail avait toujours su.

Naît sur le Rail, meurt pour le Rail.

Ils étaient le bouclier de Keltia. Un jour ou l’autre, il fallait bien prendre le premier coup. En attendant, la tension qui régnait sur la Grand’Gare de Paris était palpable. Les Français n’osaient plus y entrer, pas même les soldats. Sous les hautes voûtes, un silence dur comme le fer forgé des arches s’était installé.

Seuls les pas de Ren, Siegried et Tina résonnèrent, glas terrible de bottes de cuir, lorsque les trois Fourmis, couvertes par les patrouilleurs des deux Rames, ramenèrent Malaïka sur la Rame Deux. »

« Non, elle ne baisserait plus les yeux devant personne, et certainement pas devant lui, lui qui l’avait crue conquise, acquise, soumise. Le souvenir de Sir Edward revint, vivace, dans son esprit. Ce dernier sourire, ces yeux gris qui avaient soutenu les yeux bleus qu’elle affrontait à présent…

« Je chante pour toi, ô Keltia !

Et tous les miens chantent avec moi… »

Elle en avait désormais la certitude : elle n’était pas seule. Son parrain était avec elle, et sa mère aussi, et Lord William. Ils lui avaient donné une arme, la plus redoutable des armes. Alors, sans détacher son regard de ces yeux bleus qu’elle détestait tant, elle étira les lèvres en un sourire qui n’avait rien de courtisan, rien qui siée à une dame. C’était le sourire qu’elle avait vu sur les photos de Mona d’Enez Eusa, sur les portraits de Sir Edward et de sa sœur, Sir Lindsey : un sourire bravache de guerrière, qui sait que sa victoire est proche.

« Ô Keltia, si je dois mourir,

Pour que tes enfants vivent heureux,

J’irai me battre et avec un sourire,

Je tomberai dans tes bras bleus. »

Face à elle, Louis-Philippe déglutit un peu trop fort, déstabilisé. Elle comprit qu’il l’avait reconnue, et la surprise de voir sur son visage, autrefois aussi fixe que celui d’une poupée, une expression aussi franche, aussi sûre, suffit à le déstabiliser. »

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