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La louve cathare tome 2 de Mireille Calmel

 

« Elle s’était effondrée sur lui en hurlant de rage et de douleur mêlées.

Parce que l’histoire se répétait.

Parce que Na Loba avait frappé après avoir fait d’Altéric son complice. D’abord en convainquant le jouvenceau de vendre Mahaut à Amaury de Montfort puis, l’ayant libéré des geôles du palais, en se faisant conduire à Triboulet pour la récupérer.

– Tout. Elle m’aura tout pris, avait-elle gémi en s’accrochant désespérément au nain, malgré cette plaie qui régurgitait, empoissant son visage, ses mains, ses vêtements. »

 

 

Résumé éditeur :

  1. Abbaye de Montmartre.

Deux ans que Griffonelle, la belle effrontée, se morfond dans son couvent. Loin du jeune roi qui l’aime passionnément, mais aussi de la fabuleuse mine d’or, en pays cathare, dont elle détient le secret.

Alors que le roi, décidé à s’emparer de l’incroyable trésor, s’apprête à lancer un ultime assaut contre la forteresse de Cabaret, Griffonelle s’échappe de sa geôle et parvient à rejoindre la Montagne Noire.

Mais elle n’est pas seule à guetter sa vengeance…

Dans les entrailles du massif, un homme sans visage attend son heure. L’heure où le passé devra ressurgir dans un terrible affrontement avec la Louve cathare…

 

368 pages – 25/2/2021

 

 

 

« Angoissée, ne sachant à quoi s’attendre, elle bondit, les poings serrés, prête à se défendre si besoin était.

Mais le battant s’ouvrit franchement et elle reconnut Blanche de Castille dans l’éclairage de la lanterne qu’elle portait.

– Relevez-vous, la pria la reine devant sa piètre révérence. Je ne suis pas ici de manière formelle. Je voulais voir par moi-même celle dont chaque jour mon fils me brosse le portrait.

– Alors j’espère qu’il vous conviendra, Votre Majesté, se troubla Griffonelle.

Blanche posa le falot sur un petit meuble qui faisait office de desserte de nuit, entre un hanap et un cruchon d’eau.

– Je ne doutais pas de la joliesse de votre minois. C’est votre âme que je viens sonder, mon enfant.

Griffonelle en conclut que c’était à la fille d’une cathare qu’elle s’adressait. »

 

 

J’ai de nouveau adoré le tome 2 de « La louve cathare » de Mireille Calmel. Tout aussi bon que le 1er tome, aucun temps mort, un rythme d’aventure que l’on suit avec passion jusqu’au bout, tout aussi romanesque sur un fond historique très intéressant que j’ai vraiment apprécié. On retrouve les personnages du 1er tome avec plaisir et on fait connaissance avec d’autres qui prennent toute leur place dans l’histoire. Griffonelle finira par descendre vers la Montagne noire et la forteresse de Cabaret découvrir les lieux de sa famille où elle a vu le jour. Elle y affrontera son destin, tout comme Louis, Na Loba et Amaury de Montfort. Je ne peux rien dévoiler de plus car ce serait vous priver du plaisir de la découverte et le frisson du suspense, surtout si vous n’avez pas encore démarré cette belle saga de la louve cathare. Un vrai coup de cœur pour moi pour « La louve cathare » et qui me donne envie de me replonger dans les autres livres de Mireille Calmel que je n’ai pas encore lus. Très bon moment de lecture et merci à Mireille Calmel pour sa générosité et sa bienveillance. Prenez le temps de lire ses remerciements en fin d’ouvrage. C’est très instructif sur sa belle personnalité. J’aime lire les remerciements des auteurs. Ça permet souvent de les découvrir un peu et d’entrevoir leur nature.

 

 

 

« Indifférent à cette assemblée venue se réjouir de sa défaite, lui ne voyait qu’elle au milieu des gentilshommes, chevaliers et légats installés sur les gradins qui lui faisaient face.

Elle, assise au côté de son fils, Louis le neuvième du nom.

Blanche de Castille.

Régente du royaume par la volonté de son défunt époux Louis VIII, mais reine par les actes. Sublime dans une robe pastel brodée de fils d’or.

Elle écoutait sentencieusement le cardinal de Saint-Ange égrener les termes du traité que lui, Raymond VII de Toulouse, avait été contraint d’accepter pour mettre un terme à la croisade contre les albigeois et rendre à son pays sa prospérité.

Une soumission dictée par la politique de terre brûlée qu’Humbert de Beaujeu pratiquait depuis des mois pour le compte de la reine.

Garce…

En cet instant, elle lui retournait un regard empli de morgue et, bien qu’elle fût sa cousine, bien que le sang de la duchesse Aliénor d’Aquitaine soit en lui comme en elle, en cet instant, oui, il la haïssait du plus profond de son être. »

 

 

 

Lien vers la fiche du livre sur Babélio

https://www.babelio.com/livres/Calmel-La-louve-cathare-tome-2/1288386

 

Note sur Babélio : 4,14/5 (40 notes) – Ma note : 5/5

 

 

 

« Personne. Personne à part sa mère et lui ne savait où se trouvait Griffonelle. Et depuis que la jouvencelle avait changé de nom, bien instruit serait celui qui pourrait encore l’identifier.

Non. Elle est en sécurité. Et puis, il n’y a aucune raison pour que Na Loba se soucie encore d’elle maintenant qu’elle a récupéré la carte.

Il ne devait plus se concentrer que sur le danger que la Louve représentait pour sa mère et pour lui.

Au comte Raymond de s’accommoder de celui qu’il encourt désormais. Il n’avait qu’à résorber la plaie quand elle était encore superficielle ! Aujourd’hui, qu’il vive ou meure ne changera plus rien pour le royaume. L’Occitanie nous appartient, se déculpabilisa-t-il en repassant devant la statue.

La douceur des traits de la Vierge, de son regard de marbre couvant l’enfançon qu’elle tenait dans le repli de son coude concourait toujours à l’apaiser.

Il s’agenouilla devant, se mit à prier jusqu’à ce que le souvenir de Griffonelle cède. Jusqu’à ce que la crainte de leur ennemie commune s’efface et qu’il évalue la situation de manière posée. »

 

 

L’auteure : Mireille Calmel

Mireille Calmel, née Mireille Rouchon, est une écrivaine française née à Martigues le 8 décembre 1964.

Mireille Calmel a l’habitude de dire que l’écriture lui a sauvé la vie. Car lorsque, à l’âge de 8 ans, elle tombe gravement malade et est déclarée perdue, Mireille commence à écrire, par besoin d’extérioriser sa peur, mais aussi parce qu’elle croit profondément que tant qu’elle écrira, elle ne mourra pas.

Et inexplicablement, bien que les médecins aient renoncé, la maladie régresse. Peu à peu, Mireille reprend des forces, recommence à marcher. Elle travaille avec acharnement ses cours par correspondance, sans jamais cesser d’écrire : 250 poèmes, des chansons, un roman… Ce n’est qu’à quinze ans qu’elle retrouve une vie pleinement normale. Elle ne pense plus qu’à écrire, lire, chanter, vivre à tout prix.

Elle écrit des chansons, des nouvelles, des pièces de théâtre, dont l’une destinée aux adolescents sera couronnée d’un prix, chante dans les bals populaires, organise un festival de théâtre, monte des spectacles sur différentes scènes à travers la France…

En 1995, elle dépose un dossier d’insertion et obtient le RMI pour écrire ce qui deviendra Le lit d’Aliénor. Cinq ans après, elle envoie son manuscrit à Bernard Fixot, avec qui elle signe son premier contrat. Et c’est le succès : plus de 100 000 exemplaires vendus en librairie en France, 800 000 exemplaires vendus dans le monde… Deux ans après, les héroïnes de son Bal des Louves rencontrent le même engouement auprès du public.

Mireille Calmel vit en Aquitaine, à Saint-Christoly-de-Blaye, avec son mari et ses enfants.

 

 

 

« Paris

Abbaye de Montmartre

Griffonelle ajusta sa coiffe pour la énième fois avant de pincer ses joues jusqu’à y ramener un fard. Elle ne pouvait davantage pour atténuer l’austérité de sa tenue. Sa chevelure abondante, ses seins ronds et fermes, sa silhouette fine bien que musclée avaient troublé Louis plus d’une fois devant la taverne de l’île de la Cité. Suffisamment pour qu’il s’entiche d’elle et se laisse effrontément détrousser.

Las, ce jourd’hui, tout disparaissait sous sa bure de novice. Elle ne pouvait compter, pour raviver sa flamme, que sur « la joliesse de son minois », tel que l’avait qualifié Blanche de Castille.

Bien peu ! soupira-t-elle devant le miroir qu’elle avait réussi à chaparder à l’une des converses.

Tant pis. Je ferai avec ! Et puis, après tout, si c’était moi qu’il voulait, il serait venu avant. Là, c’est Madeleine qu’il s’attend à trouver. La Madeleine que Dieu a couverte de sa bénédiction en lui permettant de découvrir les reliques de saint Denis.

Madeleine.

Elle détestait ce prénom que l’abbesse lui avait octroyé d’autorité dès le quatrième jour.

– Griffonelle n’est pas un prénom, ma fille. Tout juste un surnom de ribaude !

– J’ai pourtant été baptisée avec, s’était-elle insurgée.

Hélisende avait éclaté d’un rire cynique.

– Pas par un bon chrétien, c’est sûr ! »

 

 

 

« Elle pouvait décider de ne pas le croire. Mais la haine de Na Loba à son égard trouvait enfin un sens. Une justification. Comment une femme comme elle aurait-elle pu aimer l’enfant d’un monstre ? Un monstre qui avait jeté des centaines de gens au bûcher ? Un monstre qu’elle avait attiré dans sa couche uniquement dans le dessein de s’emparer de la carte réclamée par Mahaut.

Elle balbutia, terrifiée :

– Na Loba. Simon de Montfort. Deux démons unis dans un lit de flammes. Alors voilà de quoi je suis née… de l’enfer.

– Regarde-moi, Griffonelle, chuchota-t-il.

Elle releva la tête.

– Si Mahaut avait pensé un seul instant que ton âme était corrompue, elle n’aurait pas quitté les siens. Elle n’aurait pas tout abandonné et jusqu’à son honneur dans la rue de Glatigny. Or, rien de ce qu’elle fit pour toi ne lui a coûté. Elle t’a aimée. Profondément. Plus que quiconque. Et jusqu’à son dernier souffle.

Elle étrangla un sanglot. »

 

 

 

« Éperon rocheux de Lastours

Quartier nord du village de Cabaret

Un bouquet d’éclairs cinglait l’horizon lorsque Na Loba se posta sur le toit de l’une des dernières maisons, en surplomb du Val du Milieu. Comme elle s’y attendait, Amaury de Montfort remontait le cours de l’Orbiel à la tête de l’armée toulousaine. N’ayant trouvé aucun angle pour le tuer, elle n’avait plus le choix. Elle devait embraser la forêt qui lui faisait face.

L’air avait fraîchi de nouveau dans un ciel privé de lumière. Mais elle connaissait chaque parcelle de cette terre qu’elle allait sacrifier.

Elle encocha une flèche, trempa sa pointe emmaillotée d’étoupe dans un tonnelet de poix puis dans le brasero. Ensuite seulement, l’œil dans le crépitement des flammes, elle visa. »

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